dimanche 19 septembre 2010

Pour le kolkhoze toulousain, c'est niet

Ca fait des années que régulièrement, Père tente de me convaincre de venir m'installer à Toulouse pour former un kolkhoze familial. Son rêve absolu serait d'avoir une grande maison à trois étages et autant de logements séparés, ou trois maisons sur le même terrain afin que Mère et lui, Soeur Cadette, David et les enfants, et moi et mon conjoint du moment puissions vivre à proximité les uns des autres. Je connais bien des gens que la perspective d'une telle promiscuité ferait fuir en courant, mais ce n'est pas mon cas. Je suis très "famille"; Soeur Cadette et son mari figurent dans la liste de mes personnes préférées au monde, et j'ai la chance d'avoir des parents serviables et peu envahissants. Par contre, les deux autres-points clés, "maison" et "Toulouse", me posent un gros problème.

Je n'aime vivre qu'en appartement. Pas pour le plaisir d'être emmerdée par des voisins à la démarche pachydermique ou de livrer des batailles interminables avec un syndic-fantôme, mais parce que je ne me sens pas en sécurité au rez-de-chaussée (ni dans un étage supérieur au 2ème, d'ailleurs: dans le premier cas, je crains les cambrioleurs et les inondations; dans le second, les incendies). Avoir un jardin ne m'intéresse pas, et je n'aime pas non plus les grandes surfaces habitables dont l'entretien nécessite, de mon point de vue, trop de temps, d'énergie et d'argent. Par ailleurs, je ne me sens bien qu'en ville, là où j'ai toutes les commodités à portée de main et aucun besoin d'une voiture.

Quant à Toulouse... Tout le monde dans ma famille semble quelque peu étonné par le rejet épidermique qu'elle m'inspire. J'ai des excuses: j'y ai passé trois années bien bien pourries pendant que j'étudiais à Sup de Co - forcément, ça a noirci ma vision de la Ville Rose. Et puis je trouve celle-ci fort mal placée géographiquement. Il faut cinq heures de TGV rien que pour aller à Paris. Les seules choses à proximité immédiate sont les Pyrénées (super: je n'ai pas le droit de skier et je déteste le froid) et l'Espagne dont la culture ne m'attire absolument pas. Quant au shopping, si ce n'est pas la misère, ce n'est pas non plus l'extase. On trouve à Toulouse des succursales de toutes les grandes chaînes possibles et imaginables, mais jamais je n'ai réussi à y dénicher un magasin de chaussures original façon Les Anonymes ou Sacha, des librairies indépendantes aussi sublimes que Cook&Book, Sterling Books, Peinture Fraîche ou Filigranes, un concept store style de vie dans le genre de Graphie Sud, ou un lieu de bien-être enchanteur comme le Serendip Spa. Je lui concède un glacier assez exceptionnel en la personne d'Octave; un sympathique salon de thé à l'anglaise: Bapz; une chouette papeterie locale: La Mucca... et, euh, c'est à peu près tout. Si je vivais là, je m'ennuierais vite.

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