lundi 20 septembre 2010

Le rapatriement secret

A peine apprenait-elle que Père devrait subir une radiothérapie, une chimio et une opération pour sa tumeur au colon, que Soeur Cadette décidait de rapatrier toute sa petite famille à Toulouse et commençait à négocier la rupture de son contrat de deux ans avec la branche américaine de la boîte pour laquelle elle travaille. Ca un peu grincé des dents du côté de sa hiérarchie: le secteur de l'armement de pointe n'est, apparemment, pas trop habitué à ce que ses travailleurs fassent passer quelque chose d'aussi trivial et secondaire que la famille avant leur sacro-saint boulot. Chacun ses priorités, et sur ce coup-là, celles de Soeur Cadette étaient très claires.

Je ne savais pas trop quoi lui dire. D'un côté, je voulais bien aller passer du temps avec les parents et les aider au maximum pendant la période difficile, et j'étais navrée que Soeur Cadette doive interrompre prématurément son aventure américaine, avec toutes les conséquences matérielles et professionnelles que cela pouvait entraîner. D'un autre côté, me partager entre trois endroits (Bruxelles, Toulouse, Monpatelin) distants les uns des autres d'une journée de train s'annonçait un poil problématique à gérer... et surtout, je savais bien que ce n'était pas ma présence qui ferait le plus de bien à Père. Pendant la semaine que je viens de passer avec Mère et lui, il n'a pas cessé de réclamer Attila et Cahouète, parfois avec des larmes dans la voix, et de rouspéter que personnellement, il était contre cette histoire de séjour aux Etats-Unis depuis le début. Et à un moment où il n'était pas là, Mère m'a confié que s'occuper de la maison de Soeur Cadette en son absence lui causait beaucoup de stress.

Donc... je ne me sentais pas le droit d'influencer Soeur Cadette, mais je suis bien contente de la décision qu'elle a prise et qui sera forcément très bénéfique à Père sur un plan moral. Le truc, c'est que pour ne pas que mes parents culpabilisent et tentent de la dissuader, elle a décidé de ne pas les prévenir de son retour mais de les mettre devant le fait accompli - ce qui va quelque peu compliquer ses formalités de rapatriement. Par exemple, elle ne peut entamer aucune démarche administrative aussi simple que faire remettre internet chez elle. Mais je donnerais très cher pour voir le visage de Père s'illuminer quand il ouvrira la porte sur ses petits-enfants qu'il n'attendait pas avant l'été 2011.

David et les garçons devraient rentrer pendant les vacances de la Toussaint, et Soeur Cadette les rejoindra un mois plus tard. Je vais donc m'organiser pour descendre à Toulouse une fois de plus en octobre avant leur arrivée, histoire de faire le relais. Après ça... finalement, il semble que nous passerons un Noël en famille. Et même si c'est motivé par des circonstances regrettables, je ne peux m'empêcher de m'en réjouir un peu :-)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

je ne sais quoi dire, quand ma grand-mere ne sera plus ma famille belge ou ce qu'il en reste se dispersera, j'ai perdu tout mes amis d'antant je me sens parfois comme uun Hikikomori en sursis, je reve d'un grand voilier

yn2s

Sœur cadette a dit…

Bon, quand même, pour rendre à César ce qui est à César:
Ma boite ne fabrique pas d'armement mais des sytemes de communication et de navigation (non, c'est pas pareil)
Et en fait ils sont plutôt compréhensifs et essaient de m'aider

On galère un peu mais ça va aller et moi aussi j'ai hâte de voir la tête des parents! Et pour Noel ce sera foie gras et buche de chez Saint Cricq...on change pas une équipe qui gagne.

ARMALITE a dit…

yn2s: c'est toi, diane?

Soeur Cadette: duly noted :DDDDD

Miss Sunalee a dit…

(oui, c'est diane)

@ diane: je suis là, moi... et le jour où mon papa décède, je ne pense pas que je verrai encore beaucoup le reste de ma famille non plus...
Des mes anciens amis, seuls sont restés les plus fidèles mais ça n'en fait pas beaucoup. Heureusement, nous en avons des nouveaux !