vendredi 25 juin 2010

La dispute



Quand j'étais ado, mes parents ont eu une période où ils se disputaient assez souvent. Enfin, disons que Père criait et que Mère faisait le dos rond. Rien d'agréable, mais rien d'apocalyptique non plus.
Je me suis beaucoup disputée avec mon premier petit ami "sérieux" et mon ex-mari. J'étais jeune, j'avais un caractère volcanique et je n'aimais pas me laisser marcher sur les pieds. Dans une discussion houleuse, il était important pour moi d'avoir le dernier mot, presque à n'importe quel prix.
Puis il y a eu Etre Exquis, si fondamentalement gentil et placide que je n'avais ni raison ni moyen de m'engueuler avec lui. Et l'Homme, qui fâché ou contrarié était plutôt du genre à se changer en iceberg d'indifférence. Je dois pouvoir compter sur les doigts d'une seule main les "vraies" disputes qu'on a eues en 7 ans. En général, il essayait de me faire passer pour une cinglée et je partais en claquant la porte.
Avec Chouchou, c'est un peu différent. Harmonie quasi-parfaite 99% du temps et, périodiquement, une explosion monstrueuse due au fait que j'ai sans le vouloir appuyé sur un de ses mauvais boutons. J'ai appris que le meilleur moyen de résoudre le problème, c'est de ne pas jouer au jeu pervers de l'escalade, mais plutôt de me taire et d'attendre que ça se tasse. Plusieurs fois, j'ai fait la démarche de conciliation après coup alors que j'estimais n'être pas en faute à la base. Je me disais que l'important n'était pas d'avoir raison, mais que les choses reviennent à la normale. Que mon couple était plus important que ma fierté, et qu'en amour il ne devrait pas y avoir de gagnant et de perdant. (Oui, je m'assagis en prenant de l'âge; c'est impressionnant, vous ne trouvez pas?)

Quand il s'agit de me disputer avec des gens que j'aime, j'ai deux règles:
- Pas de violence physique. Fille ou garçon, on ne tape pas l'autre. Non, même une gifle, ce n'est pas acceptable pour moi. Et on ne casse pas d'objets volontairement pour passer sa colère ou se faire entendre. Chouchou l'a fait une fois (casser un objet, en l'occurrence un verre; pas me taper, bien sûr, sinon j'aurais été dans un train en direction de Monpatelin avant que son bras soit retombé), et il n'a pas vraiment compris pourquoi j'étais à ce point choquée par son geste. Certes, ce n'était qu'un verre, et il n'avait pas été lancé dans ma direction. Mais contrairement à Chouchou, je n'ai pas grandi dans un foyer où ce genre d'incident était monnaie courante, et jamais été avec quelqu'un qui s'emportait de façon autre que verbale. Donc, je trouve ça inacceptable.
- Pas de paroles qui blessent exprès. Bien sûr, on peut avoir des mots durs pour l'autre pendant une dispute, se faire des reproches assez violents. Mais je prends toujours garde à ne pas ne pas taper là où ça fait vraiment mal, et à ne pas utiliser de propos injurieux. Parce que quand la poussière sera retombée, ces choses-là laisseront des traces indélébiles. Et aussi parce que même si je suis momentanément en colère contre lui, une partie de moi se rappelle que j'aime l'autre et que je ne lui veux pas de mal. Comment dire? J'essaie d'avoir la dispute respectueuse. Cela dit, je connais des couples qui se balancent régulièrement des noms d'oiseaux dans la figure et qui parviennent encore à roucouler ensemble une fois l'orage passé. Moi, je n'y arriverais pas.

Quand ils se sont disputés, les couples de mon entourage disent facilement pourquoi. Partage inégal des charges ménagères, caractère bordélique de Monsieur ou nature dépensière de Madame (ou l'inverse), trop grand investissement de l'un ou de l'autre dans son boulot... En revanche, je n'arrive jamais à savoir comment ils se disputent. Si ça se trouve, ce qui me choque est en réalité très courant, et il n'y a pas de quoi en faire un plat. Les limites que je me suis définies ("s'il fait ça, je le quitte") ne sont peut-être qu'un symptôme de mon incapacité à sustenter une relation à long terme, de me barrer au premier truc qui me contrarie au lieu d'avaler la couleuvre pour préserver mon couple sur la durée. Alors, j'aimerais bien avoir votre avis et vos témoignages sur la question. Comment vous disputez-vous avec votre moitié? Qu'est-ce qui vous paraît acceptable, et qu'est-ce qui vous pousserait à faire vos valises? De quelle manière vos disputes continuent-elles à influer sur votre relation par la suite? Tout ce que vous pouvez avoir à dire sur le sujet m'intéresse. D'avance, je vous remercie du temps que vous prendrez pour me laisser un commentaire.

14 commentaires:

Miss Sunalee a dit…

euhhhh, violence physique, drogues et alcool à l'excès... des choses extrêmes en fait vu que je suis assez conciliante de nature. Sinon, en général, c'est moi qui m'énerve et dis des choses méchantes, et mon homme sort se calmer à l'extérieur pendant 2-3 heures, puis, nous avons une discussion dans le calme sur ce qui ne va pas (avec beaucoup de larmes de mon côté). Pour le reste, je pense que tu as déjà eu plus de détails dans nos conversations.

Les tests de Gridou a dit…

Je suis traumatisée par les disputes. Pour avoir eu droit à des hurlements et des 'tais toi petite arrogante que tu es', j'ai une trouille dingue de la prochaine qui arrivera quand je retomberai amoureuse. Parce qu'évidemment ça arrivera, le tout est de savoir comment l'autre pourra m'aider car je serai tétanisée, tellement craintive d'entendre un 'tais-toi'.
Une chose est certaine, je n'accepterai non seulement plus jamais de violence physique mais encore moins de verbale ! J'ai beaucoup trop accepté, pensant que c'était moi qui gérais mal les conflits. Et pourtant, je n'ai JAMAIS vu mes parents se disputer et pourtant, ils en ont eu des tensions énormes... Toujours réglées par le dialogue et une réconciliation sur l'oreiller m'ont-ils dit ;-)

ARMALITE a dit…

La réconciliation sur l'oreiller, c'est le bien :-)

Ladypops a dit…

Mes disputes sont influencées par le souvenir de mon père assit sur le banc de la cuisine. Devant lui la table, son assiette et son verre de rouge. Et assise à l'autre bout du banc, ma maman qui criait. Je ne comprenais pas vraiment tout, mais j'en voulais terriblement à ma maman de mettre mon papa en position de faiblesse devant ses enfants. Il gardait le silence le temps du repas et puis, lorsqu'il avait terminé, il se levait et titubant il allait se mettre sur se canapé ou allait se coucher. Le lendemain matin tout était oublié et le soir tout recommençait.

Moi je ne crie pas, je me mure dans le silence. Et je punis l'autre en l'ignorant totalement. Et je peux, en bonne peste, être une silencieuse particulièrement casse-pied. Et puis, après quelques jours, une bonne grosse discussion qui remet tout à plat. Comme tout les couples, j'ai eu avec mon cher et tendre des moments plus difficile que d'autre, mais en 16 ans je n'ai jamais douter un seul instant de nous. Même en cas de gros coup dûr, je ne me suis jamais dis que celui-là était le coup final. Je crois que je sais que c'est lui et que ces disputes ne sont qu'un caillou dans une chaussure qui fait mal mais qu'on élimine rapidement.

En ce qui concerne ce qui me ferait fuire, il y a l'alcool parce que j'en ai trop souffert, la violence verbale ou physique et qu'il me diminue et me manque de respect. Et puis, avoir peur de l'autre aussi. Je ne supporterai pas d'avoir quelqu'un à mes côtés que j'aurais peur de mettre en colère.

Voilààààà...

funambuline a dit…

Je n'ai JAMAIS été une personne à dispute. Ce qui peut d'ailleurs énerver l'autre, parce que je reste calme. Je ne crie pas. Je dis et j'explique. Ce qui peut être affreusement terrifiant et horripilant pour la personne en face qui elle a parfois besoin que ça explose pour que ça puisse retomber.

Mais en fait, je crois que c'est parce que j'ai peur de ma capacité à la violence et que je ne veux pas lui laisser une seule opportunité de se montrer à moi...

La solution de l'éloignement (quelques heures) après une tension/crise/dispute/etc... m'a toujours parue une solution excellente. D'autant plus que la discussion qui suit, amputée de la passion de la crise, est souvent extrêmement bénéfique à l'équilibre du couple... et bon début pour une réconciliation passionnée sur l'oreiller.

annaD'ukraine a dit…

Ca va faire bizarre si je dis que ma "moitié" et moi on ne se dispute pas? Plus en fait...
Mais que ce n'est pas pour ça que notre couple va mieux.
On s'est beaucoup disputé avant: un mot de travers et il s'enfermait dans un silence bourru pendant des heures, parfois des jours. Cela avait le don de me rendre diiiingue.
Moi j'aime le dialogue, l'échange, la mise à plat des problèmes etc. Lui pas!! Pour lui: discussion = dispute; donc pas de discussion. Et donc dispute parce qu'au bout d'un moment j'explose, ou plutôt j'explosais.
Maintenant, on est beau: lui vit sa vie de son côté et moi la mienne de l'autre!! Plus de dialogue si ce n'est pour décider de ce qu'on va manger la semaine suivante. Résultat: psy pour moi afin de réfléchir à tête reposée à un éventuel retour au célibat...
Quant à savoir ce qu'il reste de ces disputes, je dirais quelques cicatrices: parce que je peux être très blessante sous le coup de la colère et lui encore plus quand il a pu mûrir ses arguments au calme et qu'il revient le lendemain pour m'asséner des méchancetés "froidement"...
Et là je me dis que ce dernier paragraphe est inutile: cicatrice évidemment sinon je ne penserais pas à partir.
Je pense que le type de dispute n'a pas tellement d'importance (sauf si violence physique, ou psychologique) si la communication est présente au sein du couple.

Et dernier point: ce qui me ferait faire des économies de psy et le quitter de suite c'est le mensonge ET la dissimulation, pas de temps en temps mais permanente. Cela m'est arrivé et quand la vérité a éclaté j'ai eu l'impression d'avoir bâti toute ma relation sur du sable!!

Sur ces réflexions confuses, je te souhaite un bon w-e sous le soleil!

La Princesse a dit…

En ce qui me concerne, j'ai a la fois horreur des conflits, des gens qui crient et un tempérament plutot..sanguin. Un drôle de mélange. Ce qui fait que souvent je ne dis rien, parce que ça me passe au dessus, et qu'objectivement ce sont des broutilles, et puis un jour ça ne passe pas, et paf !

Ceci, on se dispute très peu avec Chéri, surtout parce qu'il possède une fonction "huitre" particulièrement performante quand il est contrarié. En général, mieux vaut s'éloigner un moment, et laisser retomber la poussière avant de discuter, comme le dit funambuline.

J'approuve ta règle n°2, c'est très difficile de revenir sur quelque chose qu'on a dit sous le coup de la colère, donc mieux vaut éviter. Quant à la règle n°1, j'ai testé le cassage d'objets pour ménager la règle 2, mais je m'assagis avec l'age...

FraiseDesBois a dit…

Je ne m'étendrais pas sur ce sujet, juste je ne supporterais pas la violence physique contre moi ou quelque chose.

Si tu veux que je t'en parles plus je le ferais par mail

Anonyme a dit…

Ici Zorro et ses two cents

Alors déjà, je peux pas dire grand'chose car je ne ne suis pas en couple "classique". J'ai une amie de coeur, on se dispute jamais parce que ça prendrait du temps qu'on peut passer à baver sur le postérieur de David Vincent (Les Envahisseurs... Je suis pas toute jeune, hein?)

Sinon, j'ai connu des hommes, des femmes et des in-between. J'aime pas me disputer parce que ça me fatigue. Quand un truc marche pas, je pars ou je jette (enfin, au passé, tout ça, hein?)

Ce que je supporterais pas: qu'on touche à mes chats! Ou qu'on me flanque des coups, bien entendu. Y'en a un qu'a essayé, il a vite compris qu'il fallait pas repiquer au truc (bon c'était un con et j'ai dû le larguer peu après de toute façon...).

Pour répondre à ton sondage, Armalite, ben je peux pas vraiment y répondre, mais ce qui me pousserait à partir ou à rompre, c'est surtout la connerie à répétition. L'obtuseté, si ce mot existe. Et les gens qui puent des pieds. ça je supporte vraiment pas.

Un Homme a dit…

Dans mon cas, pas de couple égale pas de dispute de couple (forcément ;)

Mais sinon, de manière générale, je pense que je suis bien trop calme pour arriver à me disputer (vraiment) avec qui que ce soit... En tout cas, je n'ai pas souvenir d'une vraie dispute.

(oui je sais, ça n'aide pas, désolé ;)

sylvie-québec a dit…

je boude dans mon coin en espérant qu'il devine pourquoi...enfantin n'est-ce pas ?

Mlle C. a dit…

J'ai très mauvais caractère pour ma part. Je suis avec mon copain depuis presque bientôt un an, et nous allons bientôt vivre ensemble.
Etant jeunes ( 22 ans chacun ) , nos disputes sont souvent fondées sur des broutilles, et au final je ne me souviens même pas pourquoi on s'est disputés.
Nos rares grosses disputes jusqu'à maintenant ont eu lieu de façon assez brutale ( de ma part et par texto ), et se sont ensuivies de discussions calmes où chacun donne son point de vue et bien évidemment avec la fameuse réconciliation sur l'oreiller.
Comme toi je n'accepterais aucune violence physique, ni verbale. Je n'accepterais pas non plus l'alcool, j'ai l'exemple de ma mère sous mes yeux pour ne pas vouloir vivre ce qu'elle a vécu.
Si aujourd'hui j'ose m'affirmer dans ces "disputes", ça n'a pas été le cas dans ma première relation amoureuse ( 2 and de 16 à 18 ans ).
Je pense que ces disputes vont évoluer avec le cap que l'on va bientôt franchir.
Mais je suis seraine, et pleine d'amour pour lui. :)

Anonyme a dit…

Mes parents sont des impatients qui haussent le ton assez souvent (surtout mon père) et qui ne semblent pas parler la même langue
(incompréhension sur des choses les plus basiques). J'ai toujours été surprise qu'ils s'aiment toujours. Disons que j'ai rarement été le témoin de conversations calmes sur des points litigieux (qui devaient avoir lieu quand les enfants ne étaient pas là car, maintenant, je sais, grâce à ma mère, qu'elles existent). D'autre part, quelques disputes avec mon frère et ma soeur m'ont un peu traumatisées les rares jours où je devais les garder toute seule car je ne savais pas comment faire respecter mon autorité.

Enfant, j'étais une colérique qui déchirait tous ses posters à la moindre crise. Maintenant, je gère calmement les conflits. Mais j'ai la chance de côtoyer des gens respectueux (dans l'ensemble): je ne me rappelle plus la dernière fois où quelqu'un m'ait dit: "Tais-toi".

Néanmoins, je sais que si je gère les désaccords et les possibles conflits dès le début, c'est parce que je me connais, à un stade plus
avancé de la dispute ou du conflit, je suis un pitbull, je ne lâcherai pas, quoi qu'il m'en coûte. J'ai toujours cette peur du point de non-retour et de l'engrenage de propos de plus en plus violents, voire de violence physique car je suis quasiment sûre que je rendrai les coups sans retenue.

Dans mon couple, on ne se dispute pas vraiment. Disons que l'on a des discussions plus tendues sur les dernières choses récalcitrantes sur lesquelles on ne peut pas être d'accord malgré de nombreuses discussions... A force de peler l'oignon, il ne reste que les choses sensibles ou les valeurs différentes...

Autant je peux aborder des "gros" sujets assez facilement (sexualité, argent, valeurs du couple, ...), autant j'ai du mal à exprimer mes ras-le-bol concernant le rangement, les tâches ménagères... C'est souvent la goutte d'eau qui fait déborder le vase. J'ai un goût amer d'injustice. Habituellement, je ne dis rien sur le moment, je prend le temps de digérer, je réfléchis sur la légitimité et la pertinence de ce que je ressens, de mes revendications, comment lui dire puis j'envisage de le quitter si cela ne va pas. Parfois, cela passe parce que l'on a passé de bons moments ou que j'ai été rassurée sur un point ou l'autre sans même qu'il se soit douté de mon bouillonnement intérieur, parfois, mon compagnon voit que je ne suis pas bien, me demande ce qu'il ne va pas et je lui réponds en pleurant à gros bouillons, parfois, il ne voit rien et je lui en reparle.

Sinon, je n'accepterai pas grand chose: ni violence verbale, ni violence physique, ni drogue, ni alcool, ni le sentiment de devenir des étrangers et de vivre l'un à côté de l'autre, ni refus systématique et prolongé de dialoguer, ni machisme, ni mensonges (répétés ?), ni infidélité... Par contre, je n'ai pas de problème avec le fait qu'il passe des soirées ou des week-ends pour ses activités (tant que j'ai la même liberté).

sara a dit…

Merci de ce "sondage", tes arguments et ceux que j'ai pu lire dans les commentaires m'ont fait du bien ;-)
De mon côté, je suis une hyper sensible avec une trouille bleue du conflit. Mon absence totale de confiance en moi fait que je ne sais que pleurer face aux reproches un peu virulents, ou m'éloigner pour me calmer, réfléchir pour trouver une réponse calme... D'autant que malgré cela je reste une passionnée, angoissée et nerveuse qui a très peur de la violence qu'elle pourrait renfermée. Avec mon amoureux, on ne se dispute quasiment pas, on parle beaucoup mais il me faut parfois très très longtemps avant d'oser poser une question sur quelque chose qui me blesse, il y a d'ailleurs des sujets que je n'ai jamais osé aborder ;-)
Mais par le passé, je me suis vraiment souvent laissée marcher dessus, abuser verbalement que... ça n'aide pas ;-)