mercredi 3 mars 2010

Troc-troc-troc, il y a quelqu'un?

Que fait-on pour éviter de mourir de frustration quand on est boulimique d'objets nouveaux et qu'on se retrouve très sérieusement fauchée pour la première fois depuis 15 ou 20 ans?

On peut, bien sûr, lire les bouquins de Dominique Loreau pour tenter d'apprendre à se détacher des choses matérielles. Malheureusement, si les propos de la dame sont d'une logique imparable sur le plan intellectuel, ils demeurent sans effet ou presque sur la partie affective (et donc irrationnelle) de l'être qui réclame toujours une nouvelle paire de chaussures - alors que l'être en question en possède déjà une bonne centaine pour une seule paire de pieds.

Dès lors, si l'on exclut le recours à la religion ou au grand banditisme, il ne reste plus qu'à trouver des solutions alternatives pour continuer à consommer sans bourse délier Carte Visa dégainer.

C'est tout à fait par hasard que m'est venue l'idée de pratiquer le troc. Avant Noël, je zyeutais sur eBay un très beau Billy rouge-orangé quasi-neuf. Prix de départ: 380 euros. J'ai envoyé un mail à la vendeuse, et ainsi découvert qu'elle était prête à échanger son sac contre un autre modèle de chez Dreyfuss, par exemple un Twee comme le violet qui dormait justement en haut de mon placard depuis des mois. Un envoi de photos plus tard, l'affaire était conclue. Chacune de nous a ainsi récupéré un nouveau sac impeccable pour le prix d'un Colissimo recommandé.

Presque au même moment, la Princesse m'a demandé si j'accepterais de faire un "portrait de chaussures" des bottes qu'elle comptait acheter chez Mlle François pendant les soldes. Flattée, j'ai accepté. Et pour le paiement? Un des très beaux bijoux qu'elle fabrique me paraissait tout indiqué. J'aime beaucoup ces boucles d'oreille mais mes perçages se sont rebouchés depuis belle lurette; ce sera donc ce ravissant collier.

En début d'année, souhaitant faire le ménage parmi mes fournitures de scrap, j'ai proposé à Lady Pops de lui en expédier une partie en Suisse. Elle a gentiment offert de me dédommager, et comme je sais qu'entre autres activités manuelles elle fabrique des amigurumi, je me suis empressée de chercher sur internet des patrons de petites bestioles à réaliser au crochet. J'avais déjà reçu un ravissant faon rose; aujourd'hui, c'est un craquant renardeau (ou peut-être une renardette: vous avez vu ces cils?) qui a atterri dans ma boîte aux lettres.

De temps en temps, ma copine Adriana, écrivain italienne installée à Bruxelles, me demande de réviser une des nouvelles qu'elle rédige en français. Je ne demande pas de paiement en espèces sonnantes et trébuchantes: les sommes seraient trop peu élevées pour que je me casse la tête à chercher comment les déclarer d'un point de vue administratif, et je n'aime pas l'idée de bosser au noir. En juin dernier, je me suis ainsi fait rétribuer par une invitation dans un bon resto japonais. Pour la nouvelle et les critiques de romans que je lui ai révisées hier, j'ai suggéré comme rémunération "la participation aux frais de voiture que je lui aurais proposée pour nous ramener, Chouchou et moi, des Imaginales à la fin du mois de mai". Ca nous fera économiser deux billets de trains Epinal-Paris/Paris-Bruxelles, et probablement un peu de temps de trajet.

J'aime beaucoup ce principe d'échange pour son côté convivial et économique en toute légalité. Je sais qu'il existe des réseaux de troc fonctionnant à plus grande échelle que mes petites bidouilles - les SELs, notamment. Certains d'entre vous en ont-ils fait l'expérience?

10 commentaires:

Capricorn a dit…

Hummmmmmm... je peus troquer avec des bijous ceramique fait a main.

Ceramique raku unique et tu peux meme les assembler à ton gout.

Tu troc avec quoi?

La Princesse a dit…

Je troque souvent avec les créateurs que je rencontre dans les expos. J'ai deja échangé une paire de boucles d'oreilles contre un magnifique agenda, une bague contre un bonnet en mohair tout moelleux..
Je ne connais pas le réseau SEL, mais je suis tout à fait pour échanger objets et / ou compétences !

Les tests de Gridou a dit…

Quelle chouette idée ?! Par contre, je pense que je serais incapable de pratiquer cela avec mes amis... Ouais, moi je donne, suis plutôt de ce genre ;-) J'ai p'tet tort, en fait, vais y réfléchir tiens...

sara a dit…

J'adore offrir et j'adore troquer. Je fabrique régulièrement des vêtements et des doudous rigolos... Et je compte très bientôt faire un énorme tri d'une garde robe débordante... Quand cela sera fait et avant de les envoyer aux Petits Riens, je te proposerai avec plaisir de venir jeter un coup d'oeil ;-)

mmarie a dit…

Oui, le SEL = système d'échange local. Je connais, je pratique (voir www.brusel.be) et ça marche. Il s'agit d'échange de services plus que d'objets, et ça fonctionne en réseau, donc avec la monnaie fictive que je reçois pour un service rendu à un membre, je peux rétribuer un autre membre pour un autre service qu'il me rendrait. C'est schématique, mais est-ce clair ?

En tout cas j'aime beaucoup l'idée de l'économie parallèle, sans argent.

Millionnaire a dit…

Tu troques tes livres aussi? A un moment j'utilisais beaucoup Troczone. C'est très sympa à utiliser, surtout quand on ne peut pas se résoudre à jeter des livres ou à les revendre quelques centimes...

ARMALITE a dit…

Ingrid: je donne aussi beaucoup de choses... dans les cas que je cite, c'est l'autre personne qui a suggéré une contrepartie, ou moi qui ai préféré un service à des sous qu'on me devait ^^

Sara: mouah ah ah, je serais très surprise qu'on fasse la même taille ;-)

Mmarie: c'est d'autant plus clair que je m'étais déjà bien renseignée sur le système et en connaissais le fonctionnement théorique... je voulais juste savoir si dans la pratique, tout se passait bien et si tu trouvais ça enrichissant. aurais-tu des exemples de services troqués à nous donner?

Millionnaire: non, je ne le fais pas, mais ça me paraît une très bonne idée, je vais aller voir le site dont tu parles!

mmarie a dit…

Un exemple ? Mon "service star" (= celui qu'on me demande le plus) c'est la coupe de cheveux. Quant à moi, j'ai via le Sel appris la technique de germination des graines, reçu d'abondants coups de main en bricolage, trouvé un soir une super babysit...

Mais les exemples de services offerts sont bien plus divers que ça. Ils vont des travaux de bureau et d'aide administrative à la déco intérieure, des cours de langues ou de math ou de musique à la sophrologie. Le tout sans hiérarchie, 1h de babysitting vaut 1h de menuiserie ou 1h de conversation en japonais.

Par ailleurs ça permet de rencontrer des gens très divers, qu'on n'aurait pas forcément côtoyés sans ça. Bien sûr je ne fais pas de chacun un ami. Mais aucune expérience négative à déplorer, même si certains contacts passent mieux que d'autres, forcément.
Voilà ;-)

ARMALITE a dit…

Merci beaucoup mmarie, c'est très intéressant!
(Alors comme ça, tu sais couper les cheveux, mmmmh?)

mmarie a dit…

Ouaip !