jeudi 3 septembre 2009

"Votre mort nous appartient"

La petite maison d'édition Griffe d'Encre aura décidément produit bien des merveilles cette année! Après "La vieille anglaise et le continent" qui a raflé tous les prix dans sa catégorie, après "Les poubelles pleurent aussi" que j'avais beaucoup aimé et l'excellente traduction du "GiG" de James Lovegrove dont je vous chanterai les louanges prochainement, je viens de dévorer une novella (format intermédiaire entre la nouvelle et le roman) d'anticipation qui ferait froid dans le dos si son auteur n'y avait pas mis tant d'humour.

Dans un futur lointain, la mort a été pratiquement éradiquée. La médecine est capable de réparer tous les dégâts subis par le corps humain, et il est désormais possible de sauvegarder l'âme de quelqu'un sur CD. Conséquence: les naissances sont sévèrement régulées... et il faut, pour se suicider, réclamer une permission que l'administration met une éternité à accorder (voilà au moins une chose qui n'a pas changé!). Roïn Venkoo ne se sent pas à sa place dans ce monde aseptisé, où les machines sont plus nombreuses et plus efficaces que les humains et où ceux-ci ne sortent pour ainsi dire plus jamais de chez eux. Désespéré, il tente de se supprimer illégalement en sautant du haut de son immeuble. La chute lui sera fatale... Mais c'est après sa réanimation que les ennuis commenceront véritablement.

"Si je peux me permettre de formuler un avis, commença le coussin droit, je subodore un camouflage, une manipulation. Bref, en termes techniques: ça pue l'embrouille."

Je ne suis pas fan de romans d'anticipation, qui décrivent toujours un futur peu enviable. Celui-ci ne fait pas exception à la règle, mais l'absurdité des situations qu'il décrit désamorce quelque peu le cynisme extrême dont l'auteur fait preuve dans son récit - et permet d'oublier le fait que le futur qu'il décrit n'est pas si improbable que ça. Et la fin, loin d'être "happy", boucle admirablement la boucle. Je recommande.

4 commentaires:

Tic-tac* a dit…

quelle nouille: j'ai oublié de te donner le lien de mon blog,
http://demainsansdoute.blogspot.com/

Cécile de Brest a dit…

Moi, c'est le nom de l'auteur qui me frappe énormément...
L'Ankou est le nom donné à la mort dans le folklore breton...

ARMALITE a dit…

Voui, je sais! D'ailleurs il en plaisante dans sa biographie à la fin du bouquin :-)

stéphile a dit…

Je suis très intéressée par ce livre grâce à ton commentaire. Je vais certainement me laisser tenter. Merci de ce conseil.