vendredi 25 septembre 2009

Opération Paris - réussie

Une journée à Paris, ça se prépare comme une expédition militaire.

Il faut d'abord prévoir une tenue pas trop moche mais confortable, avec des couches superposées en haut pour se couvrir dehors et s'éplucher dans les magasins (ou l'inverse, selon la saison), ainsi que des chaussures avec lesquelles on peut marcher des heures pendant des heures sans choper d'ampoules. Puis passer en revue le contenu de son sac à main, qui doit ne pas être trop lourd mais contenir quand même le nécessaire pour survivre dix heures dans les rues de la capitale - ne jamais oublier d'emporter un parapluie ET des lunettes de soleil, car sans être aussi farceuse que son homologue bruxelloise, la météo parisienne peut parfois se montrer capricieuse.

Cela fait, dresser la liste des choses à accomplir dans la journée. Relever si nécessaire les adresses et stations de métro des endroits où l'on doit se rendre. Enfin, sortir son fidèle plan publicitaire estampillé Printemps Haussman et préparer l'itinéraire le plus efficient, celui qui minimisera les distances parcourues et le temps perdu dans les transports en commun, tout en tenant compte non seulement des heures d'ouverture/fermeture des magasins et des musées, mais aussi du poids qui va s'accumuler au fil des pérégrinations shoppinguesques. Si on a un chéri compréhensif, on peut même le faire en réfléchissant à voix haute pour son plus grand amusement.

Voici donc à quoi a ressemblé ma journée de mercredi:

11h05: J'arrive à Paris Gare du Nord et m'engouffre aussitôt dans une rame de la ligne 4.

11h35: Je descends à Vavin et achète, à la Papeterie du Dôme, la recharge 2010 pour mon agenda d'une marque qui n'est ni Filofax, ni Exatime, ni Oberthur, et qui est donc distribuée par deux magasins et demi dans toute la France. La manoeuvre prend royalement 3 minutes. Puis je retraverse Paris dans l'autre sens et descends à Concorde.

11h55: J'attends l'ouverture du Jeu de Paume. Il fait un temps sublime et j'ai presque trop chaud avec ma petite veste en velours rouge.

12h: J'achète mon ticket pour visiter l'expo Martin Parr. Pendant la demi-heure d'attente jusqu'au début de la visite guidée, je fais des grimaces dans une cabine de Photomaton en noir et blanc comme on n'en trouve presque plus.

12h30: Le type chargé de la visite guidée est un cliché d'arteux, cheveux longs attachés par un élastique, barbe, lunettes, tenue uniformément noire. Il passe un quart d'heure à nous parler de l'autre expo du Jeu de Paume, celle que nous ne sommes PAS venus voir. J'étouffe un bâillement.

12h45: Nous passons enfin dans la première salle consacrée à Martin Parr, ou plutôt à sa collection de cartes postales.

12h48: Je m'éclipse discrètement du groupe avant de périr d'ennui et fais la visite on my own. Je suis un peu déçue de constater qu'il ne s'agit pas des oeuvres "classiques" de Martin Parr que j'aurais bien aimé voir en grand pour une fois, mais plutôt de ses différentes collections et de deux de ses travaux les plus récents: une série de portraits de la jet-set qui met en évidence l'obscénité de ses habitudes de consommation, et des photos de différentes villes de province réalisées pour un grand quotidien britannique. Moui bon bof. Les panneaux exposés dehors, ceux de "Small world", me parlent dix fois plus. Je frémis tout de même devant les tapis montrant deux avions en train de foncer dans le WTC: ont-ils été réalisés dans l'idée de ne pas oublier, ou de se réjouir?

13h30: Rien d'intéressant chez WHSmith; je file jusqu'à Pigalle.

13h45: Après avoir englouti un chausson aux pommes, j'arrive à la boutique MAC Abbesses. J'ai de la chance: le célèbre Christian est là! Et aussi adorable que promis par toutes celles qui l'ont déjà rencontré. Résultat, au lieu de ressortir juste avec mes Solar Bits et mon vernis kaki Beyond Jealous, je me laisse tenter par une montagne de trucs sans lesquels, bien sûr, je ne saurais vivre une minute de plus.

14h10: Je redescends vers le boulevard Haussman et mes chers, chers grands magasins. Après avoir essuyé une larme de gratitude en pensant à la mochitude absolue de l'Inno, je passe au stand Kiehl's du Printemps acheter un nouveau masque capillaire à l'huile de tournesol apparemment génial pour les cheveux colorés.

14h30: Aux Galeries Lafayette Maison, je refais le plein de thé Mariage Frères et me laisse tenter par l'Opium Hill, un thé bleu thaïlandais dont l'odeur me ravit et le prix me fait déglutir: 20€ les 100g, quand même. Il a intérêt à être bon. D'un autre côté, j'ai renoncé à prendre du Sencha Uji qui coûtait 45€ les 100g, lui. En fait je suis méga-raisonnable.

14h45: Je rentre dans le magasin principal des Galeries Lafayette, et là, je manque m'évanouir. Le vilain espace pour djeûns du sous-sol, où on ne trouvait que des T-shirts qui faisaient saigner les yeux et des jeans qui montaient maximum jusque sous le pli des fesses, et dont s'échappait toujours une musique aussi atroce qu'assourdissante, a cédé la place à... un espace chaussures de 3000m². Que, bien entendu, je me fais un devoir d'explorer jusque dans ses moindres recoins. Intégrité journalistique bloguesque, toussa toussa. Merveilleuse nouvelle: il y a un stand Annabel Winship. Epouvantable catastrophe: le 36 m'est beaucoup, beaucoup trop grand, et la marque ne fait pas de 35. Adieu, derbys rouges à talons devant lesquels je bavais depuis deux mois sur le site de Sarenza. Adieu, jolis escarpins indigo à petites étoiles bordés d'une ganse fuschia métallisée. Adieu, monde cruel!

15h30: Je jette un rapide coup d'oeil aux stands Noa Noa et Hoss Intropia: rien qui me plaise. C'est bien, mon banquier sera content.

15h45: Je monte au rayon lingerie en quête d'un serre-taille. Après avoir vainement fait le tour de l'étage, je me risque à approcher la vendeuse du stand Chantal Thomass. Qui me sort un serre-taille très beau et certainement très solide, mais... en satin fuchsia alors que bon, pour porter par-dessus mes vêtements, je préfèrerais du noir. Et qu'il ne reste plus que du 40 alors que je fais un 38 d'en haut. Déçue, je grimace. La vendeuse se méprend: "Oui, je suis d'accord, il vous faut sans doute plutôt un 42..." Salopeeeeeeeeeeeeeee. "...Mais on va l'essayer quand même." Suite à quoi, je dois me rendre à l'évidence: dans le 40, non seulement je ne peux pas respirer, mais je sens mon foie, ma rate, ma vésicule biliaire et mon pancréas remonter vers ma gorge tandis que mon utérus menace de se faire la malle par le bas. Une bonne demi-heure après avoir quitté le stand, je suis encore 1/plus éperdue d'admiration que jamais pour Dita Von Teese et autres artistes de burlesque qui s'infligent ce supplice quotidiennement 2/pleine de compassion envers tous les tubes de dentifrice de l'univers: maintenant, je sais ce qu'ils ressentent quand on les presse à fond pour en extraire les dernières gouttes 3/partagée entre l'envie de me suicider immédiatement (du 42, il me faut du 42!!!) et la stupéfaction que m'a inspiré le prix de cet engin de torture. 480€ pour avoir l'impression qu'un bulldozer vient de vous rouler sur le bide, c'est quand même chérot, non?

16h20: Puisque c'est comme ça, je file sur les Champs me réfugier au Virgin Café et m'enfiler un high afternoon tea. Au moins, je saurai pourquoi je rentre même pas dans du 40. J'en profite pour envoyer des textos aux VIP et pour téléphoner à mes parents histoire de donner à Père une nouvelle occasion de me réciter la liste des pièces d'euros qui lui manquent.

17h00: Pour me consoler d'être un bébé baleine, j'entreprends une razzia au rayon bouquins. Les deux derniers tomes de Death Note, l'intégrale d'"Oniisama-e" de Riyoko Ikeda, un album de Sempé, "Un homme louche" de François Beaune et "La bouquineuse" de Zoran Zivkovic. Et puis je demande un autographe à Liane Foly pour Régis.

18h15: Tiens, je n'ai toujours pas acheté une seule fringue aujourd'hui. Et si j'allais faire un tour chez Gap?

18h20: La nouvelle collection Gap est moche. A sa décharge, je ne trouve rien qui me fasse vraiment envie cette saison chez les autres marques non plus.

18h30: Je rentre chez Séphora.

18h50: Je ressors de chez Séphora les mains vides. Je dois couver la grippe H1N1. En même temps, je me suis déjà ruinée chez MAC tout à l'heure.

19h: J'arrive devant chez Editeur Préféré. Comme d'habitude, j'ai oublié le code de la porte d'entrée. Et personne ne répond au téléphone. Je croyais qu'ils bossaient jusqu'à pas d'heure là-dedans?

20h30: Après avoir longuement papopé boulot et chaussures avec la charmante Claire, puis boulot et vacances avec l'adorable César, je prends le chemin de la Gare du Nord chargée de 4 kilos de bouquins supplémentaires. Heureusement que j'ai toujours un sac de shopping en tissu plié dans mon sac à main, sinon les poignées des sacs en plastique me scieraient les doigts au bout de deux stations.

20h45: Pendant mon changement à Strasbourg-Truc, je tombe sur un accordéoniste italien en train de jouer "La noyée" de Yann Tiersen d'une façon fort entraînante. Je mets une pièce dans son étui et attends qu'il ait fini le morceau pour bavarder un peu avec lui. J'aime le panneau posé à ses pieds.

21h: Je déboule dans l'Hippopotamus de la Gare du Nord. "J'ai un train dans 50 mn, si je prends juste un plat, c'est jouable?" "Pas de problème", me répond la serveuse. Et de fait, mon entrecôte-haricots verts (du 42, il me faut du 42!!!) arrive sur la table 5 mn après que je l'aie commandée.

21h55: Départ du dernier Thalys pour Bruxelles. Je suis fourbue mais enchantée de ma journée, à un détail près. Je vous laisse deviner lequel.

Du 42, il me faut du 42!!!


Non mais quand même, quoi...

6 commentaires:

funambuline a dit…

Tu nous feras des swatchs de ton nouveau vernis ?
ça m'intrigue... :-)

Les tests de Gridou a dit…

Je la trouve marrante, alors je la recase : "Le retour de Justine Hénin ? Pfff, déjà qu'on a la grippe du même nom !"
:D

Miss Sunalee a dit…

Tout le monde sait que les tailles, c'est du grand n'importe quoi ! N'empêche je me souviens avoir engueulé un jour les vendeuses chez Zara: j'avais tenté d'essayer une robe en 44 (oui du 44 !) et je n'arrivais même pas à passer les épaules !!!! J'ai crisé là !!!

ARMALITE a dit…

Funambuline: oui, c'était prévu, je tâche de m'en occuper ce week-end!

Véronique Epailly a dit…

Ah génial cette journée à Paris ! Je rigole toute seule car LA tenue idéale pour y trotter toute une journée je ne l'ai pas encore vraiment trouvée! Mais ça viendra, après 10 ans d'aller-retour en Thalys je devrais, (un jour béni) ne plus jamais avoir trop chaud, trop froid, mal aux pieds, mal au dos, faire un peu la gueule car impossible de mettre des talons (la seule fois où j'ai osé j'ai squatté pendant une demi-heure une pharmacie pour me panser les pieds avec des Compeed).
Merci Armalite pour ton blog SI bien écrit et de plus en plus passionnant. Ah oui l'Inno, quel désespoir...

Maithé a dit…

J ADOOOOOOOOOOOOOOORE tes chaussures