samedi 4 juillet 2009

Le facteur engagement

Je réalise que je ne me souviens même plus si je m'étais mariée un 2 ou un 4 juillet. Si je n'avais pas divorcé, ça aurait fait quinze ans cette semaine. L'un de nous serait probablement six pieds sous terre et l'autre en prison pour crime passionnel. Trop immatures, trop incompatibles: les raisons ne manquaient pas pour que notre couple tourne court. Nous aurions pu nous obstiner afin de respecter nos voeux, mais cela n'aurait servi qu'à nous faire davantage de mal. Cette relation m'aura au moins appris une chose, c'est que l'amour ne suffit pas (et la compatibilité sexuelle non plus, pendant qu'on y est). Sans un minimum de valeurs et de goûts partagés, on finit tôt ou tard dans un mur.

J'admire beaucoup ces gens qui réussissent à rester ensemble jusqu'à ce que la mort les sépare, selon la formule consacrée. A rester ensemble et raisonnablement heureux, s'entend: si c'est juste pour les convenances, pour les enfants ou que sais-je d'autre, ça me semble un peu triste de foutre sa vie en l'air. Des trop rares exemples de couples longue durée qui m'entourent, j'ai appris une chose. Le choix du partenaire compte, bien sûr; ces gens avaient à la base le même projet de vie et des affinités allant au-delà de l'éblouissement physique ou d'un simple coup de coeur. Mais un élément déterminant semble être aussi la présence, chez les deux personnes, de ce que j'appelle le "facteur engagement". La conviction tranquille que leur place est là et pas ailleurs, que l'herbe ne sera jamais plus verte de l'autre côté de la barrière (même si je ne doute pas que les tentations et les moments de doute ne les épargnent pas davantage que le reste des mortels). La volonté de faire tout ce qu'il faudra pour que ça fonctionne et que ça dure malgré les inévitables passages à vide; la capacité à ne pas se projeter dans l'avenir autrement qu'avec le partenaire et dans le foyer qu'ils ont construit ensemble; la tolérance nécessaire pour accepter les failles de l'autre et composer avec.

Toutes qualités que, pour être franche, je ne possède pas. Mon souci premier n'est pas de bâtir quelque chose de durable: c'est d'être heureuse. Si je suis mal dans une relation, bien entendu, je ne vais pas jeter l'éponge à la première dispute; je vais chercher des moyens d'aplanir les tensions et de créer plus d'harmonie. Avec l'Homme, je me suis entêtée sept ans avant de partir, mon estime de moi en miettes. Comme dans le cas de mon ex-mari, j'estime avoir pris la bonne décision. Et je me console en me disant que si ça n'a pas marché, c'est parce que je les avais mal choisis, en n'écoutant que mes hormones hurlantes me basant sur des critères peu judicieux. Mais je continue à me demander si toutes mes relations n'auraient pas été vouées à l'échec de toute façon, à cause de ma foutue indépendance ou de mon faible seuil de tolérance à la douleur. Je sais que je suis capable de vivre seule et cette perspective ne m'effraie absolument pas. En théorie, c'est sans doute une force. En pratique, ça veut juste dire que je n'ai pas de raison de m'accrocher obstinément lorsque les choses dérapent.

2 commentaires:

Oli a dit…

L'amour en Belgique est fait pour durer...
Aujourd'hui, nous fêtons nos 20 ans d'amour passionné. C'était en juillet 1989 que Lo et moi avons déclaré notre flamme par un premier baiser dans une farandolle d'un village du hainaut ;-) J'avais 16 ans et elle est mon ainée d'1 année !
Après nos 10 premières années, nous nous sommes mariés. Il y a 7 ans notre première fille est arrivée dans notre vie... Aujourd'hui nous sommes 4 dans le nid familial.
Lo et moi continuons à partager nos passions qui évoluent avec le temps (goûts musicaux qui nous guident vers des mini concerts de pop folk) et d'autres qui resteront pour la vie comme un p'tit resto en amoureux .

C'est ce que je te souhaite avec ton homme belge ( hormis les enfants comme j'ai pu le comprendre).

ARMALITE a dit…

Merci Oli et félicitations à vous deux! :-)