mercredi 15 juillet 2009

Des propriétés de lobotomie métamorphose du Xanax

Le TGV du retour à Bruxelles était bondé; à cause d'un changement de train, certaines des places qui avaient été réservées n'existaient tout bonnement pas. Du coup, c'était le parcours du combattant pour atteindre la voiture-restaurant en enjambant les valises et les gens assis par terre qui bloquaient les couloirs. Ma voisine de banquette, craignant de se faire voler son sac, a refusé de le mettre dans un porte-bagages et l'a gardé à ses pieds; ses jambes se retrouvaient dans mon espace à moi et je ne pouvais plus bouger. Les enfants installés dans le carré de devant ont hurlé en continu jusqu'à Lille; après quoi, ils ont été remplacés par une autre famille dont les gamins à peine installés se sont empressés de se déchausser et de répandre dans tout le wagon une délicieuse odeur de Stilton de douze ans d'âge.

En temps normal, j'aurais passé le voyage à soupirer, à grommeler, voire à lancer des remarques aigres sur l'utilité publique de la vasectomie. Là, je suis restée absolument zen. J'étais fatiguée mais pas endormie; j'entendais (et je sentais!) tout, mais j'étais pleine d'indulgence envers mes semblables. La parano de la petite dame me faisait sourire plus qu'elle ne m'agaçait; je plaignais les gens qui n'avaient pas de siège au lieu de pester qu'ils me gênaient; et je me disais que ben oui, les enfants, ça s'agite et crie - c'est la vie. Je suis une hyène râleuse et asociale; les antidépresseurs sont en train de faire de moi une larve fréquentable. Je ne sais pas quelle conclusion je dois en tirer.

5 commentaires:

Miss Sunalee a dit…

que le fait d'être une larve fréquentable pour le moment te permettra d'être encore plus toi-même dans quelques mois, mais de manière plus "équilibrée".
welcome back to brussels, en tous cas !

funambuline a dit…

Pourquoi pas simplement que ça te permet de te reposer le cerveau. Et que tu te réjouiras de redevenir une râleuse associale dès que tu auras de l'énergie à y mettre à nouveau... ;-)

Anonyme a dit…

C'est surement horrible ce que je vais dire mais tu me donne envie d'en prendre.

ARMALITE a dit…

Anonyme: ben honnêtement, ça me repose le cerveau à un point incroyable. Mais physiquement, je suis une loque. Alors, je crois que je vais vite chercher un moyen d'avoir cette attitude-là sans les médocs pour pouvoir les arrêter.

Sylvie a dit…

Je n'ai jamais pris d'anti-dépresseurs (et les attaques de panique dont je parlais sont (étaient) celles de mon homme). Mais je me reconnais dans le portrait de la fille sous médocs... sauf le corps qui va plutôt bien, merci pour lui. Mais alors, ça veut peut-être dire que je fabrique mes propres anti-dépresseurs??? Quand on s'est construit avec une image de soi et adaptés en fonction, c'est dur dur de se découvrir parfois un(e) autre, non?