dimanche 7 juin 2009

Les élections européennes et moi

Aujourd'hui, je ne voterai pas pour élire les députés européens. D'abord parce que je suis à Bruxelles et que je ne connais à Monpatelin personne à qui j'aurais pu laisser une procuration. Ensuite parce que, même si c'est politiquement incorrect de dire ça, je ne parviens pas à m'intéresser à ces élections. En 1993, j'avais voté contre l'Europe. Je trouvais l'idée très chouette, mais je suis quelqu'un de pragmatique plus que d'idéaliste, et je ne voyais pas comment on pourrait appliquer, sans pénaliser personne, la même règlementation à de grandes puissances économiques comme la France ou l'Allemagne d'un côté, et des pays quasi-tiermondistes comme le Portugal ou la Grèce l'étaient à l'époque.

Au final, l'Europe s'est faite quand même. Et je suis bien contente de pouvoir voyager plus facilement à l'intérieur de ses frontières, bien contente de n'avoir pas à justifier mes fréquents allers-retours entre la France et la Belgique, bien contente de pouvoir payer en euros quand je vais passer des vacances en Italie ou aux Pays-Bas. Mais honnêtement, je ne me rends pas du tout compte de l'impact de l'Europe sur mon quotidien, et je n'ai qu'une vague conscience de ce qu'elle peut apporter à ses membres économiquement parlant. Donc, si j'avais pu aller voter, j'aurais sans douté voté écolo par défaut, comme chaque fois que je n'ai pas d'opinion bien définie. Parce qu'autant les véritables motivations des partis traditionnels me laissent de plus en plus perplexe, autant je me dis qu'il n'y aura jamais assez de gens pour se préoccuper de notre environnement et de l'avenir de cette planète.

En Belgique, le vote est obligatoire, et je trouve ça révoltant. Je sais, des gens se sont battus et sont morts pour qu'on ait le droit de choisir nos dirigeants et nos représentants. Mais le mot-clé dans cette phrase, c'est "droit", pas "obligation". Chouchou me dit que ce système a permis d'assurer une certaine stabilité politique à son pays et d'éviter l'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite (parce que les abstentionnistes sont des gens sans opinion bien tranchée, donc modérés a priori, et que s'ils doivent voter quand même, ils vont voter blanc ou centre mou). La pragmatique en moi ne peut que s'en réjouir. L'idéaliste qui, finalement, n'est pas si profondément enfouie trouve qu'on ne devrait pas forcer les gens à émettre une opinion qu'ils n'ont pas ou qu'ils se fichent d'exprimer. C'est une forme de coercition étatique supplémentaire, et on en subit déjà bien assez à mon goût.

14 commentaires:

Capricorn a dit…

Armalite, comme deja tu dis tu te rends bien compte toute seule des ènormes avantages que l'Europe a emmené à sa population.

C'est pas parfait, mais Linux est à presque 15 ans et encore on y travaille parce que il y a des failles ( et c'est le penguin qui te dit ça). Grands projets prennont du temp, de la patience et de la COLLABORATION.

Pour ce qui regarde le vote obbligatoire, il était une fois aussi en Italie, on l'a énlevé.

Resultat? Silvio Berlusconi premier ministre, fasciste et ligue majorité di gouvernement.

Et moi je suis pas en Belgique pour le climath tu sais?

Miss Sunalee a dit…

J'ai lu ce w-e dans le journal (De Morgen) qu'en fait un Belge sur 7 ne vote pas. Ce qui est énorme. Le vote est en effet obligatoire mais personne n'est poursuivi s'il ne va pas voter et les votes blancs sont très nombreux également. L'article dit aussi que c'est justement à cause de tous ces gens qui ne votent pas que des partis extrémistes ont plus de voix, parce que leurs électeurs, eux, se déplacent toujours et que les non-votants seraient plutôt centristes. Un vote non-obligatoire pousserait les partis à communiquer plus avec leurs électeurs pour les décider à aller voter.
Cette analyse m'a semblé assez judicieuse.

Quant à moi, je dois encore y aller !

ARMALITE a dit…

Y'a vraiment quelqu'un qui est en Belgique pour le climat? Un Eskimo, peut-être? ^^

Blague à part, d'un point de vue pratique, ça peut éventuellement se justifier. Encore que concevoir un système pour empêcher certaines de ses composantes d'arriver au pouvoir soit déjà contestable du point de vue libertaire! Si les gens sont incapables de se mobiliser pour ne pas hériter de certains dirigeants, on pourrait arguer que quelque part, ils méritent le gouvernement avec lequel ils se retrouvent.

Bien sûr je suis contre les extrémistes de tout poil. Mais sur le principe, le procédé me choque.

ARMALITE a dit…

Miss Sunalee: oui, c'est exactement ce que m'expliquait mon copain, et ça me paraît assez juste. Je maintiens quand même ma position.

iibelle a dit…

avantage n°1 de l'Europe : j'ai 45 ans et je n'ai jamais entendu siffler une bombe.

ARMALITE a dit…

Oui, mais serait-ce forcément le contraire sans l'Europe? Je veux dire, jusqu'à son instauration, j'avais passé les 23 premières années de ma vie sans en entendre une, de bombe, et ça aurait aussi pu continuer sans l'Europe.
Je veux bien admettre que diplomatiquement, l'union fait la force. Mais je ne vois pas d'exemple concret où l'Europe aurait par exemple permis d'éviter un conflit majeur. Cela dit je suis peut-être juste mal informée.

Deilema a dit…

L'Europe, c'est en effet la monnaie unique, la liberté d'échange et de circulation entre les différents pays, Erasmus, mais comme le dit iibelle, elle a surtout été créée au sortir de la guerre pour éviter les conflits aussi inutiles que dévastateurs entre les pays européens.
Et il faut bien dire que de ce ce coté là l'objectif a été atteint : depuis le 1er traité européen en 1951 (soit depuis 58 ans), non seulement la France n'a été en guerre ni avec l'Angleterre ni avec l'Allemagne (ce qui doit être un record, avant, il y avait une guerre tous les 30 ou 40 ans), mais, surtout, ça ne nous viendrait même plus à l'idée...
Donc, au moins de ce point de vue-là, pour moi l'Europe est une réussite.

Capricorn a dit…

.. Ou tu a oubliée les guerres commerciales parmi Italie et France au debut des années 80...

ARMALITE a dit…

Un bon point pour Deilema.
Capricorn: au début des années 80 j'étais trop jeune pour me soucier de politique ^^

M.Poppins a dit…

En Suisse nous votons tout le temps, le sujet du vote est donc bien maîtrisé. Difficile de ne pas aller voter lorsque tout est mis en oeuvre pour nous y encourager (par exemple le vote à domicile).

Mais malgré cela, il reste des gens qui ne votent pas. Par manque d'intérêt, de compréhension, d'envie ou que sais-je. Si une loi devait nous obliger à le faire, rien que pour embêter, je ne voterai pas ! Je préfère avoir le choix.

Premièrement, je ne vote pour personne. Tous des menteurs qui ne veulent qu'accéder au pouvoir ! C'est facile en Suisse, puisqu'aucun parti n'est vraiment majoritaire et comme tout est sujet à votation, le fait que je ne vote pas pour élire un crétin au pouvoir dans ma commune, n'a pas beaucoup d'incidence et comme notre président n'est pas élu par le peuple, ça rends la chose encore plus facile.

Deuxièmement, si je n'ai pas d'opinion, je ne vote pas, payer un timbre ou le bus pour dire que je n'ai pas d'opinion ne me tente pas vraiment, j'ai autre chose à faire des mes journées.

Selon moi, le fait d'imposer le vote ne fait rien gagner à la Belgique. Au-delà du fait que certains vote blanc, j'imagine que beaucoup sont aussi influencé par leur entourage (les parents, les amis, etc...) et ont sait tous que même si certains ont l'air très intelligent ils ne font pas toujours le bon choix.

Bref, nous sommes déjà suffisament privé de liberté sans rajouté cela à la longue liste de nos obligations.

Capricorn a dit…

Voila, bien fait pour moi. Me voila traité de papi -_-''

AHAE a dit…

« Le choix est une illusion créée entre ceux qui ont le pouvoir et ceux qui ne l’ont pas. »
Matrix II (Matrix reloaded).

ARMALITE a dit…

Ouaip, ça aussi...

AHAE a dit…

Et l'illusion de la démocratie ?
Qu'est-ce qu'actuellement la démocratie en France ? C'est la dictature d'une minorité,nos élus (dont la répartition est volontairement faussée par les découpages électoraux) dont la décision prime sur le choix de la majorité (référendum). (cf. par exemple le traité européen qui finalement sera).

Pour en revenir à cette illusion de choix, le référendum précité est un exemple qui ne se renouvellera pas. Suite à cet échec, je crois qu'il s'agit de Mme WEIL qui a dit que le référendum n'avait pas lieu d'être, et que c'était aux chambres de se déterminer. Belle preuve de démocratie. C'est d'ailleurs elle qui a dit il y a quelques décennies qu'il y a des sujets trop importants pour les soumettre à l'appréciation du peuple.

Et récemment celui qui nous prend pour des daltoniens Daniel Cohn-Bendit, député européen, à la tête de la liste Europe Ecologie,
dans 20minutes du 26 mai 2009 :
.
« Je crois qu’il faut mettre en place des référendums sur des propositions d’intérêt général,
sur un salaire minimum en Europe par exemple.Mais pas sur des sujets comme la Turquie,
car la consultation pourrait avoir des relents raciste. »
Pour moi ça se passe d'autres commentaires.