jeudi 2 avril 2009

Ce que je fais quand je ne fais rien

Jeudi dernier, un de mes éditeurs m'a fait un joli cadeau d'anniversaire en me confirmant l'arrêt de Maudite Série qui certes fait joli sur mon CV mais se vend grosso modo à dix-sept exemplaires le tome, soit trop peu pour rentabiliser des bouquins de plus de huit cents feuillets.
Du coup, je me suis retrouvée avec deux mois et demi de "trou" dans mon emploi du temps de cette année. Et comme j'ai touché ou ne vais pas tarder à toucher des droits d'auteur sur lesquels je ne comptais pas, mais qui vont compenser en grande partie ce manque à gagner, j'ai décidé de ne pas prendre d'autre traduction à la place. Travailler plus pour filer plus de sous à un Etat dont les dirigeants actuels m'inspirent de violentes pulsions anarchistes, non merci. A la place, j'ai décidé de m'accorder un peu de temps. J'ai avancé les traductions qui suivaient dans mon planning histoire de mieux étaler mon boulot, et j'arrive à ceci: tous mes mercredi libres jusqu'à la fin de l'année.
Je passerai certains de ces mercredi dans le TGV: entre fin mars et fin septembre, l'avion pour descendre à Monpatelin devient vraiment trop cher - d'autant que je dois rajouter environ 70 € de taxi au prix du billet, l'aéroport local étant extrêmement mal desservi par les transports en commun. Je profiterai des autres pour faire quelques aller-retour d'une journée à Paris, ou pour mener à bien des projets créatifs personnels: je n'ai pas scrappé DU TOUT en mars, et ça me manque terriblement.

Mon premier mercredi officiellement libre, c'était hier. Je me suis réveillée à 10h, assez contente de moi vu que 1/ d'habitude je mets quinze jours à me recadrer après le passage à l'heure d'été, 2/ je m'étais relevée dans la nuit entre 1h40 et 3h20 pour rédiger un texte qui refusait de me laisser m'endormir. Comme d'habitude, j'ai petit-déjeuné devant mon ordinateur en surfant sur mes sites favoris. Une chope de Thé sur le Nil, deux tranches de brioche Harry's passées trente secondes au grille-pain, une portion de fromage blanc 20% et une compote pomme-ananas, avalées en m'efforçant de ne pas penser avec regret aux bagels tartinés de Philadelphia et de jambon italien à cause desquels je peux désormais soit porter mon 501 fétiche, soit respirer, mais pas les deux en même temps. Ensuite...
J'ai fait toute ma compta professionnelle du premier trimestre. En me demandant pour la millième fois si ça ne serait pas plus simple et moins coûteux de me mettre au régime forfaitaire, mais comment le savoir? Les employés de mon centre des impôts sont trop mal informé ou trop peu coopératifs pour me fournir une réponse claire. Et ma technophobie m'empêche de passer sur Ciel, le logiciel de comptabilité des professions libérales et des travailleurs indépendants. Moyennant quoi, qui c'est qui continue à tenir à la main un registre 32 colonnes comme si on était encore au XIXème siècle? Obviously, c'est Bibi.
J'ai voulu reprendre la Wii Fit après... hum, presque deux mois d'interruption. Mais quand j'ai allumé la console, c'est le disque de Guitar Hero qui se trouvait dedans. Je n'ai pas pu résister: je me suis enchaîné "Miss Murder", "My name is Jonas", "Rock you like a hurricane", "Cliffs of Dover", "Welcome to the jungle", "The number of the beast" et "Here kommt Alex". A la fin, mon bras droit était plus endolori qu'après deux séries d'exercices pour les triceps tellement je m'étais excitée sur la strum bar. Constatation: j'ai beaucoup perdu depuis que j'ai arrêté de jouer. Par contre, le chacal jaune avec qui je partage un loyer mon amoureux a profité de mes séjours à Monpatelin pour exploser en douce tous mes records. Scandaleux, je sais.
Quand je suis enfin passée à la Wii Fit, je me suis aperçue que les piles de la balance board étaient mortes. Ballot, hein? Je me suis dit que j'allais quand même faire une demi-heure de jogging, puisque ça ne nécessite qu'une Wiimote: au bout de cinq minutes, ma cheville droite hurlait à la barbarie et menaçait de prévenir Amnesty International. J'ai lâché l'affaire au bout d'un quart d'heure. Dès que Chacal Jaune aura changé les piles de la balance board, je recommencerai sagement par un peu de step et de yoga.
Même si je ne ruisselais pas de sueur à proprement parler, je me suis dirigée vers ma salle de bain. Objectif: faire disparaître mes racines (et ma petite douzaine de cheveux blancs). Je pourrais aller chez le coiffeur, mais je me refuse à gaspiller 3 heures et 60 € pour un truc que je peux faire chez moi en une heure avec un produit acheté 12€ chez Carrefour. Le Loréal Préférence que j'utilise depuis peu a une couleur sublime et vraiment durable, mais contrairement au Garnier qui l'a précédé, il s'applique sur cheveux mouillés et sa texture archi liquide fait qu'il est quasi impossible de ne pas en foutre partout. Sachant que les taches sont indélébiles et que mon 6.66 a grosso modo la couleur du mercurochrome, je dois être extrêmement attentive pour ne pas que ma salle de bain toute blanche prenne des allures d'abattoir.
La demi-heure de pose est toujours pénible: ne pouvant pas remettre mes lunettes, j'erre dans une sorte de flou artistique peu propice à l'accomplissement de quelque tâche que ce soit. Cette fois, j'en ai profité pour me tartiner la figure de masque à l'argile et pour prendre quelques auto-portraits grimaçants dont les derniers font franchement peur. Ca m'étonnerait que j'ose en utiliser un dans ma rubrique dominicale. Puis j'ai sauté dans la douche pour rincer tout ça. Je me suis débarbouillé la figure avec du gel nettoyant, les bourrelets avec de la crème de douche Citron Givré, et une fois sèche j'ai consciencieusement enduit la première de crème pour peaux intolérantes et les seconds d'huile sèche pour le corps. Oh, et j'ai pulvérisé dans mes cheveux de l'eau démêlante jasmin-pamplemousse. Je crois que c'est clair: je ne ferai jamais Koh-Lanta.

Chacal Jaune est rentré assez content de sa première journée de boulot: il avait découvert l'existence chez son nouvel employeur d'une salle de fitness réservée aux employés. Le salariat n'a décidément aucun attrait pour moi. Ensemble, nous avons vaillamment bataillé pour faire ingurgiter ses comprimés d'antibiotiques à Copernique, qui nous les a recrachés à la figure une demi-douzaine de fois avant de consentir à avaler les trois grains de poudre qu'elle n'avait pas déjà éliminés en nous bavant copieusement sur les mains. J'ai rappelé la clinique vétérinaire pour savoir si le médoc n'existait pas sous une autre forme. Résultat, il faut leur ramener Copernique pour qu'ils lui fassent une injection. J'en suis déjà à plus de 300 € de frais, mon chat est toujours malade et il faut encore lui faire une ponction dans la gorge en cabinet spécialisé. L'agacement commence à me gagner un chouïa.
Pour se faire pardonner sa traîtrise me réconforter, Chacal Jaune m'a confectionné une petite tartine de caviar d'artichaut sur pain de mie 7 céréales, miam! Et dans la foulée, je me suis inscrite au premier cours en ligne d'Elise Blaha, une scrappeuse dont j'aime beaucoup l'approche "clean & simple". Utilisant assez peu de produits spécifiques, Elise pratique un scrap très proche de ce que le mien était avant que je découvre les sites américains de fournitures, et de ce vers quoi il tend à revenir en ce moment. J'aime de moins en moins les pages fouillis, surchargées en embellissements au milieu desquels on ne voit plus grand-chose. Je continue à en faire une de temps en temps à titre d'exercice créatif et parce que c'est fun. Mais à la base, je scrappe pour archiver mes souvenirs et faire ressortir les émotions éprouvées, pas pour éblouir les foules par ma capacité à assortir dix-sept éléments disparates.

Afin de conclure ma journée de repos (enfin, si on peut dire vu que j'aurai quand même passé deux heures le nez dans mon admin' et, euh quinze minutes - mais des longues - à courir sur place dans mon salon), Chacal Jaune et moi avons décidé de nous faire une petite soirée resto + ciné. Le resto aurait dû être le IIème Elément, notre thaï adoré du parvis Saint-Boniface. Mais il était plein, et à l'accueil on nous a annoncé qu'il n'y aurait pas de table disponible avant une vingtaine de minutes. Résultat, nous nous sommes rabattus sur le Yamato voisin où nous avons passé... plus d'une demi-heure sur la banquette à attendre que deux places se libèrent au comptoir. Nous avons dû engloutir nos gyozas et nos miso katsu ramen brûlants à toute vitesse, j'en ai encore le palais plein de cloques. Dommage, parce que c'était vraiment délicieux et que ça aurait mérité d'être savouré plus calmement.
Au final, nous avons manqué les bandes annonces mais pas le début du film: "Duplicity", bonne petite comédie mâtinée d'espionnage avec une Julia Roberts plus éblouissante que jamais, quelques scènes hilarantes (la bagarre de PGD sur le tarmac, l'interrogatoire de la responsable des voyages) et d'énormes incohérences de scénario qui ne nous ont pas empêchés de passer un excellent moment. Bref, mes batteries sont rechargées à bloc, et c'est tant mieux parce que j'ai des serpents-garous en plein trip SM sévère qui m'attendent au boulot aujourd'hui.

1 commentaire:

Katell a dit…

Journée bien remplie ! Moi, souvent quand je n'ai rien à faire, je m'installe bien et je sors un livre.
Non, non, tu n'es pas la seule à ne pas utiliser de logiciel de compta, je fais également partie de cette espèce en voie de disparition...