lundi 5 janvier 2009

"Kaamelott" saison 5

J'avoue: je suis une fan de la première heure de Kaamelott. J'ai hurlé de rire devant les pitreries de Perceval et Caradoc, les vacheries de Léodagan et Selli, la naïveté confondante de la reine Guenièvre. J'ai compati aux difficultés de ce pauvre roi Arthur obligé de se cogner la quête du Graal avec une pareille équipe de bras cassés. J'ai retrouvé avec plaisir des tas de références aux jeux de rôles de mon adolescence et à mes films cultes. Je me suis enflammée pour le talent d'Alexandre Astier: créateur de la série, auteur des scénarios et de la musique, metteur en scène et interprète du personnage principal, que de casquettes brillamment portées par un seul homme! Mais à partir de la saison 4, Kaamelott a changé. Les épisodes se sont allongés, et l'humour a peu à peu cédé la place aux nécessités d'une narration qui se voulait de plus en plus dramatique. J'ai beaucoup moins ri et pas franchement réussi à accrocher au nouveau ton de la série. Ce qui ne m'a pas empêchée d'investir dans la saison 5 dès sa sortie en DVD. Je m'étais attachée aux personnages, et j'avais quand même envie de connaître la suite.

Huit épisodes de 50 minutes plus tard (au lieu d'une centaine d'épisodes de 3 minutes pour les trois premières saisons), ma perplexité est grande. Passent encore le changement radical de format, le bouleversement de la situation telle que nous l'avions connue jusque là et la disparition de nombreux personnages secondaires comme Angarad ou les maîtresses du roi qui trouvaient leur place dans des saynètes du quotidien mais n'en ont plus dans une histoire désormais contée avec un H majuscule. En revanche, j'ai du mal à avaler le rythme souvent languissant, le comique de répétition quand il est déjà poussif à la base, et surtout les brusques ruptures de ton. Alexandre Astier a cherché, dit-il dans un entretien filmé inclus au DVD, à surprendre le spectateur. Mais il y a une différence entre surprendre les gens et les promener de l'humour pipi-caca le plus basique à des réflexions profondes sur la condition humaine. Du coup, l'ensemble est complètement décousu, dépourvu de la moindre homogénéité. C'est vrai qu'on rit encore aux éclats quand les réparties cinglantes fusent autour de la table royale pendant le dîner; qu'on est touché par les tentatives de Guenièvre pour se rapprocher de son époux ou par la quête d'Arthur, parti chercher des enfants pour donner un sens à sa vie; qu'on s'indigne devant les manigances de Mevanwi et qu'on ne peut s'empêcher de se demander "Mais que veut donc ce Méléagant?". N'empêche que ce n'est pas ce qu'on s'est habitués à attendre de la part de Kaamelott, et en ce qui me concerne, le changement est un peu dur à avaler.

2 commentaires:

Ingrid a dit…

Maaah, comme je suis pas tout à fait d'accord avec toi... J'ai trouvé cette saison 5 sombre, très sombre mais avec toujours ce piment que j'apprécie, cet humour dans ce monde où, après tout, Arthur est à peu près le seul mec normal mais profondément déprimé. Du coup, c'est comme si tout était devenu mitigé, pas par la pauvreté des scénarios mais par l'état d'Arthur. Et puis on retrouve une de ses maîtresses tout de même, c'est la nouvelle femelle à Yvain (ou Gauvin ?).
Accroche-toi, pour la saison 6, c'est à Rome que ça se passe, quand Arthur était encore jeunot :D

Niana a dit…

Au contraire j'ai beaucoup apprécié ce changement de ton. Je trouve qu'il réussit assez bien à mêler humour et moments plus profonds. Bref pas déçue pour deux sous par ce 5è livre.