mardi 2 septembre 2008

Mon 501 et moi

Quand je ne suis pas terrée chez moi en pyjama, je passe ma vie en jean. Je ne possède pas d'autres pantalons, excepté quelques spécimens en toile pleins de poches que je porte uniquement pendant mes voyages. Et bien que j'adore les robes et les jupes, j'ai rarement l'occasion d'en mettre à Bruxelles (pas plus d'une demi-douzaine de fois cet été... *soupir*).

Or, toute fille dotée d'une silhouette non-mannequinesque sait que 1/ le choix du jean parfait est un vrai casse-tête nécessitant parfois l'essai de dizaines de modèles sans garantie aucune de trouver la perle rare au bout 2/ le prix des jeans de marques "branchées" grimpe, depuis quelques années, dans des proportions stratosphériques - et parfois sans rapport avec la qualité du produit.

Personnellement, j'ai trouvé ma parade: je suis fidèle à Levis. En vingt ans, je n'ai acheté que deux jeans qui ne venaient pas de chez eux, et le second n'est jamais sorti de mon placard (mais c'est ma faute: il ne restait plus que la taille au-dessous de la mienne, et je l'ai acheté quand même en me disant que j'allais incessamment sous peu perdre trois ou quatre kilos, qui bien entendu sont toujours solidement incrustés sur ma moitié inférieure depuis lors).

Pourquoi Levis? Parce qu'à 85 euros pour des années de bons et loyaux services, le rapport qualité-prix est fantastique; parce que ce sont des basiques qui ne se démodent jamais et vont avec tout; et parce que dans la multitude des coupes proposées, même avec une silhouette en bouteille d'Orangina comme la mienne, on finit toujours par dénicher son bonheur. (Ce billet n'est PAS sponsorisé. Je suis juste fan.)

Il y a quatre ans, alors que je cherchais un jean neuf dans une des boutiques de la marque et avais déjà essayé vainement une demi-douzaine de modèles allant du "moui bof" au "yeuaaaargh", un vendeur m'a tendu un 501. Je lui ai ri au nez. "Un 501, avec mes hanches de vache laitière? Je ne rentrais déjà pas dedans quand j'avais 16 ans, alors maintenant que j'en ai le double..." Le bougre a insisté: "Si si, essayez-le, vous allez voir. La coupe a changé, il est plus large du haut maintenant."

Bien que sceptique, je me suis exécutée. Et j'ai failli pleurer de bonheur en me voyant dans la glace. Le miracle en denim remodelait mes cuisses en gommant ma culotte de cheval, il applatissait mon ventre sans m'empêcher de respirer et ne bâillait même pas à l'arrière. Dieu sait que je ne suis pas une sprinteuse, mais ce jour-là, j'ai dû battre un record de vitesse mondial sur les 12 mètres qui séparaient la cabine d'essayage de la caisse.

Récemment, mon fidèle 501 a commencé à donner des signes d'usure entre les cuisses. Et je n'ai aucune perspective de retourner prochainement aux USA où, ces dernières années, j'avais acheté tous mes Levis à des prix imbattables (entre 25 et 40 euros grâce au taux de change super avantageux). La mort dans l'âme, je suis donc retournée au magasin dont provenait mon 501. D'un index impérieux - et d'un bras tordu -, j'ai désigné l'étiquette sur ma fesse gauche en disant au vendeur: "Je veux le même".

"Pas de problème, quelle couleur?" m'a-t-il demandé en me désignant tout un panneau de modèles d'exposition. J'en ai éliminé une moitié à la couleur - trop pâles, trop fantaisistes - et un autre au toucher - je déteste les textures cartonnées; un bon jean doit être souple et doux. Finalement, il n'est resté que... celui que j'avais sur mon auguste fessier. Je rechignais un peu à racheter le même, alors, j'ai osé un truc follement audacieux. "Je vais l'essayer en noir."

Dans la cabine, je me suis inspectée sous toutes les coutures. Ah oui, pas mal. Et je pourrais toujours revenir prendre l'indigo quand le mien serait vraiment fini. Une intuition m'a quand même fait demander au vendeur: "Dites, vous ne comptez pas changer la coupe prochainement, des fois?" "Si, justement, m'a-t-il répondu. En fin d'année, on revient plus ou moins à la coupe super droite initiale."

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh. Quinze ans pour trouver mon jean idéal et ils me le changent, ces enfoirés!

J'ai fait la seule chose possible. Je l'ai acheté en noir ET en indigo.

4 commentaires:

M.Poppins a dit…

Je me reconnais bien dans ta description. Difficile de trouver autre chose qu'un 501 lorsqu'on fait 1m55 et qu'on a les hanches large. Pourtant, je me suis laissé convaincre et j'avoue, j'ai troqué mon 501 classique pour des jeans beaucoup plus sympa, les Indian Rose. Ils sont idéal pour masquer mes fesses trop présente et on une coupe vraiment très agréable. Ils sont un poil plus cher qu'un 501, mais au niveau qualité et confort, c'est vraiment génial...

As-tu déjà testé ?

ARMALITE a dit…

Ah non, je ne connaissais pas cette marque... Je vai svoir si on peut trouver ça sur Bruxelles (ce qui m'étonnerait un poil vu le potentiel shoppingesque de la ville).

antonia a dit…

J'aime le pedal pusher de chez Closed (Marithe et François Girbaud). La coupe est classique et moderne à la fois avec les poches en biais devant, et affine la silhouette à mon goût.

Mais tu m'as donné envie d'essayer un 501 (car j'avoue n'avoir essayé que des coupes droites, antérieures à celle que tu portes aujourd'hui et je suis curieuse de voir cette nouvelle bientôt ancienne coupe avant qu'il ne soit trop tard), et je vais "essayer d'essayer" un Indian Rose, marque que je ne connais pas non plus.
Je vous raconterais !

JF a dit…

Un bon vendeur celui-la :-)