jeudi 4 septembre 2008

Miroir sans tain

Hier soir, après un dîner avec sa famille, Christophe m'a raccompagnée chez moi en voiture. L'autoroute étant fermée pour travaux, il a dû prendre un itinéraire alternatif qui nous a fait passer devant le club d'aïkido de l'Homme à l'heure pile de la sortie des cours. A travers les lamelles des stores vénitiens, de la lumière découpait une silhouette reconnaissable entre toutes. La vision n'a duré qu'une demi-seconde. Mais elle a matérialisé cette impression que je ressens depuis deux ans et demi. Celle d'avoir été expulsée de ma vie légitime, de me retrouver à l'observer depuis l'autre côté d'un miroir sans tain impossible à traverser et qui empêche les protagonistes de me voir. Comme un épisode de la Quatrième Dimension au cours duquel on m'aurait remplacée par une fille qui ne me ressemble absolument pas et qui vit ma vie à ma place sans que personne ne s'aperçoive de la substitution.
J'ignore pourquoi cette impression persiste alors que j'ai reconstruit, ailleurs, quelque chose de beaucoup plus solide et de beaucoup plus épanouissant. Je sais juste que malgré le temps écoulé, malgré l'amertume et la rancoeur justifiées, malgré le fait que je n'ai jamais été heureuse avec lui, malgré la certitude absolue que nous n'avions rien à faire ensemble, il reste un attachement viscéral qui me tord les tripes quand je revois des photos ou des vidéos de lui.
Pour le deuxième anniversaire de notre rupture, j'ai écrit que penser à lui ne me faisait plus mal. C'était un mensonge.

12 commentaires:

Sio a dit…

Je peux me permettre?...là je trouve que tu exagères. Ok; plus on blogue, plus on finit par "s'exposer"...mais bon...bref, moi je supporterais pas ça:-))

ARMALITE a dit…

Et moi je ne supporte pas qu'on me dise ce que je dois faire ou non; ça tombe donc très bien qu'on ne sorte pas ensemble.

Sioran a dit…

Pas te fâcher....je dis ce que je pense...c'est tout:-)

ARMALITE a dit…

Je ne suis pas fâchée. Je me contente de dire, moi aussi, ce que je pense - à savoir: Chouchou mis à part, je me fiche de l'opinion des autres en la matière. Si ce post le dérange, je le supprimerai immédiatement. Sinon, il restera là. C'est tout.

Sioran, a dit…

Sorry...c'est ok...Juste ce qui est terminé n'a plus de raison d'être exposé...c'est mon avis :-)...Perso je n'aimerais pas trop...mais bon :-)

ARMALITE a dit…

Mais justement, le propos du post, c'est de dire: malgré tout, pour moi, ce n'est pas terminé, c'est une blessure qui ne se referme pas. A nos âges, on traîne tous des douleurs de notre passé... Mon copain comprend très bien ça, comme il comprend que j'ai besoin de l'exprimer et que ça ne remet nullement en cause ce que nous avons tous les deux.

ARMALITE a dit…

Mais sinon y'a pas de souci, chacun peut dire ce qu'il veut ici tant que c'est pas raciste, homophobe et autres limitations habituelles. Après, ça ne signifie pas que je vais tenir compte de l'opinion de qui que ce soit :)

Justine a dit…

Merci pour ce post, je te trouve très courageuse d'écrire ça ici et c'est très fort aussi de savoir que ton bien-aimé peut le comprendre, par ailleurs j'ai une question : as tu à l'époque, tenté de te faire épauler par un psy, ou y songes-tu maintenant, voyant le mal que cela te fait encore?

ARMALITE a dit…

Ah non... Les psys c'est juste pas pour moi... Parler de ma vie à un inconnu ne m'aiderait pas, je détesterais ça. J'ai déjà eu des problèmes autrement plus graves qu'une rupture minable et je les ai surmontés toute seule. La tristesse et les cicatrices font partie de la vie; il faut les accepter et composer avec. En tout cas c'est ma philosophie et je m'y tiens :)

Ingrid a dit…

Et bien il est foutrement bien écrit ce post ! Je n'ai pas vécu ton histoire mais j'ai ressenti un frisson froid et triste me parcourir, preuve qu'il est foutrement bien écrit. Le reste, c'est ton histoire, on peut te souhaiter qu'un jour tu diras que tu ne ressens plus rien et que tu ne (te) mentes pas...

JF a dit…

Nous avons tous et toutes des fantomes du passes qui bien qu'absents au quotidien, ne demandent qu'a ressurgir pour titiller une cicatrice que l'on croyait a jamais refermee...

Ca nous pousse sans doute a aller toujours de l'avant, histoire de mettre de la distance...

helene a dit…

Je me suis fait la même réflexion que sioran... Courageux d'avoir écrit ça alors que tu sais que monsieur tout le monde lit ce blog (ou en tout est susceptible de le faire).

Maintenant, si comme tu le dis (enfin c'est ce que j'ai compris) tout est clair entre vous,alors...