dimanche 14 septembre 2008

Il paraît que je suis une fée

J'ai déjà dû vous parler de mon esthéticienne. Au printemps, elle s'était amourachée d'un petit jeune qui partait monter une affaire en Thaïlande un mois plus tard. Evidemment, elle a passé l'été à déprimer et à échanger des messages larmoyants sur MSN avec lui. Courant août, coup de théâtre: le petit jeune s'est fait piquer tout son pognon par son soi-disant associé et rentre en France la queue basse. Véronique espère évidemment qu'ils vont se remettre ensemble, voire convoler en juste noces et pondre plein de bébés. Sauf que le petit jeune est un poil désorienté par ce qui vient de lui arriver (ça se comprend). Résultat, il la fuit au prétexte que de toute façon, il compte partir bosser en Angleterre pour reconstituer son pécule et retourner en Thaïlande d'ici deux ou trois ans, et qu'il ne veut pas lui faire de mal en poursuivant une relation vouée à l'échec à plus ou moins brève échéance.

En bonne copine, je m'indigne avec Véronique et liste tous les arguments pour lesquels je trouve cette réaction stupide. "Tu me mettrais pas ça par écrit?" demande Véronique, pleine d'espoir. "Je suis pas douée pour dire les choses et je sais plus quoi faire pour le convaincre." Je la persuade d'attendre tout de même quelques semaines: le garçon vient de se prendre une bonne grosse claque; il faut lui laisser le temps d'encaisser. Qui sait, peut-être reviendra-t-il vers elle de lui-même une fois remis de sa déconvenue. Sauf que le temps passe et qu'il continue à ne pas se manifester. Je ponds alors un mail dans lequel je me mets à la place de Véronique, et où je dis en gros qu'elle est assez grande pour prendre ses décisions toute seule; que beaucoup de choses peuvent se passer d'ici deux ans et que si ça se trouve leur histoire sera finie bien avant que ça pose problème; que quand on est motivé, des solutions, on en trouve toujours; et qu'un joueur de poker comme lui devrait savoir que pour gagner gros, il faut miser gros. Saura-t-il faire preuve dans sa vie privée du même culot qu'il exerce avec talent devant une table de jeu? Bla bla bla.

Je viens à l'instant de recevoir un message de Véronique. Son petit jeune était en train de dormir dans son lit après une nuit épique. Le mail qu'elle lui avait envoyé l'avait fait "grave réfléchir"; il avait décidé de ne plus se prendre la tête et de vivre le moment présent. Résultat, s'ils se marient, je suis témoin. Lol. Ou pas. Je me rappelle avoir usé des mêmes pouvoirs de persuasion pour convaincre l'Homme de se mettre avec moi alors qu'à la base, il n'était pas franchement partant. Résultat: une relation pourrie et 7 ans de dépression. Etait-ce une bonne idée de réunir Véronique et son petit jeune? L'avenir le dira. En attendant, si je tombe à court de boulot comme traductrice, une belle carrière d'écrivain public me tend les bras.

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