jeudi 5 juin 2008

"Sex & the city: the movie"

Après avoir lu les critiques assassines qui circulent sur le net depuis une semaine, je suis allée voir "Sex and the city: the movie" en m'attendant à une immonde bouse. Pour me consoler, je me disais qu'à défaut d'autre chose, ce serait une bouse extrêmement bien accessoirisée.
La salle numéro un de l'UGC Toison d'Or, bourrée à craquer de filles qui ont piaillé et gesticulé quasiment jusqu'au début du film, n'avait rien pour me rassurer. Puis l'extinction des lumières a déclenché un silence quasi-religieux. Le logo HBO est apparu à l'écran et les trois premières notes sautillantes du générique de la série ont retenti, précédant de peu les premiers applaudissements. C'était parti pour deux heures vingt de bonheur complet.
Je ne nierai pas que le film a ses défauts. Oui, le découpage est parfois maladroit; oui, ça peine un peu à démarrer; oui, il y a quelques fractures de rythme malvenues. Mais on s'en fout, parce que l'amitié, l'humour et la mode sont toujours au rendez-vous. Parce qu'on est juste ravi de retrouver ces quatre copines qui sont un peu devenues les nôtres et qui nous avaient tant manqué ces dernières années. Parce qu'elles ont évolué (ou tenté de le faire) sans se renier. Parce qu'elles sont restées futiles, parfois exaspérantes, mais aussi touchantes avec leurs problèmes et leurs interrogations dans lesquelles la plupart d'entre nous peuvent se reconnaître. Parce que leur franc-parler est toujours aussi rafraîchissant. Parce que leur garde-robe et leur carrière continue à faire rêver, mais pas autant que le lien indestructible qui les unit. Parce qu'elles évoluent dans LA ville objet de tous les fantasmes urban chic et qu'on aimerait bien être à leur place, en train de déjeuner entre filles dans un resto chic de Manhattan avec un Vuitton en édition limitée posé à nos pieds chaussés de sandales Manolo Blahnik avec des talons de douze centimètres, avant de rentrer dans notre appartement fabuleux où tout n'est que design et lumière. Parce que "Sex & the City" est le conte de fées moderne par excellence, avec des princesses qui travaillent dur, aiment se payer leurs propres bijoux, sont incapables de résister à une belle paire d'escarpins à $525, revendiquent leur droit au plaisir sexuel et réalisent peu à peu que le Prince Charmant a de sérieux défauts mais qu'il va falloir faire avec étant donné qu'elles ne sont pas parfaites elles non plus.
Dans la série, je m'identifiais essentiellement à Carrie qui vivait de sa plume et clamait: "J'aime que mon argent soit là où je peux le voir: sur des cintres dans mon placard". Je ne reniais pas non plus le cynisme de Miranda et le côté sexuellement aventureux de Sam. Le seul personnage avec qui je ne me sentais aucun point commun, voire que j'avais occasionnellement envie de baffer, c'était Charlotte. Pourtant dans le film, c'est elle qui m'a procuré mon moment d'empathie, quand les larmes aux yeux elle avoue à Carrie: "J'ai enfin obtenu tout ce que je voulais, et je suis tellement heureuse que j'attends juste que quelque chose d'horrible vienne tout gâcher". D'un coup, je me suis sentie un peu moins seule.
En résumé, ce film ne plaira probablement pas aux non-initiés: pour le savourer pleinement, il faut bien connaître l'histoire des quatre héroïnes et leurs déboires antérieurs avec la gent masculine. Mais les fans s'en délecteront comme d'une énorme et savoureuse friandise, et ressortiront dans la salle avec une seule question en tête: à quand le prochain?

1 commentaire:

c6L a dit…

Je m'attendais aussi au pire. Mais je me disais que de toutes façons, je nierais si ça ne m'avait pas plu. "SATC c'est bien et le film est bien aussi" genre. Mais j'ai aimé donc pas besoin de mentir.