mardi 13 mai 2008

Etienne, Etienne, Etienne...

La première fois que j'ai entendu une chanson d'Etienne Daho, je devais avoir douze ou treize ans. Ma cousine Fred avait acheté le 45 tours du "Grand Sommeil" et l'écoutait en boucle. Plus tard pendant notre adolescence je l'ai vue, vautrée sur son lit, se repasser des dizaines de fois d'affilée la cassette de l'album "La notte, la notte" - elle, une fan notoire de Jean-Jacques Goldman! Il me semble même qu'elle avait surnommé son copain de l'époque Kiko. Personnellement, les susurrations du monsieur ne me touchaient guère.
Puis est venue mon année de prépa, et ma petite bande de copains d'école m'a convertie à "Pop Satori". Tout ce printemps-là, j'ai rêvassé sur "Paris le Flore" en écoutant d'une oreille distraite mon prof d'économie nous débiter le programme des concours à 200 à l'heure. C'est peu de temps après que j'ai dû assister à un concert de Daho pour la première fois, avec mon ami Fanfan qui était un grand fan depuis le début.
Ensuite, les souvenirs se mélangent un peu. Je crois l'avoir vu sur scène trois fois lors d'autant de tournées différentes, toujours dans ma ville natale et toujours avec Fanfan. Je n'arrêtais pas de déménager; ma vie sentimentale était un vrai bordel et mes goûts musicaux me portaient plutôt vers le métal et le goth, mais je continuais à suivre fidèlement la carrière d'Etienne. Jusqu'à son album "Eden" dont le son électro m'a fait décrocher.
Je n'ai pas non plus acheté "Corps et armes". Mais quand j'ai rencontré Etre Exquis fin 1997, le "Daholympia" était un de ses albums préférés. Combien de fois avons-nous braillé ensemble la chanson d'ouverture dans le Range Rover qu'il conduisait à l'époque? "M'avez-vous déjà vu quelque part? Rafraîchissez-moi donc la mémoire..." Quand on rentrait tard le soir, ou tôt le lendemain, il mettait systématiquement "Saint-Lunaire dimanche matin" dont l'atmosphère musicale correspondait pile à son humeur.
Les années ont passé. En juin 2004, je nageais en pleine dépression mâtinée de frustration sexuelle. "Réévolution" venait de sortir et je me repassais "L'orage" avec une grosse boule dans la gorge en me demandant si je devais oui ou non tromper l'Homme. Daho se produisait pas loin de chez moi; j'ai voulu aller le voir avec Etre Exquis, mais celui-ci avait déjà prévu d'assister au concert avec sa fuck buddy de l'époque et je ne voulais pas tenir la chandelle. Le soir du spectacle - je m'en souviens encore, c'était le 19 et ça tombait un samedi - j'étais seule chez l'Homme parti en stage d'aïkido pour le week-end. Je sirotais tristement un verre de vin rouge en me demandant comment j'allais sortir de l'impasse dans laquelle j'étais. Rien de tragique, mais ce fut un moment bien down.
Quatre ans plus tard, je vais aller voir Daho interpréter en live son dernier opus, "L'invitation". Il m'a moins touchée que les albums précédents, mais je l'aime quand même beaucoup. Daho a pris un sacré coup de vieux ces dernières années; lors d'un récent passage à la télé, Soeur Cadette et moi l'avions trouvé bedonnant et looké "quinqua qui se prend encore pour un djeûne". De fines lignes sillonnent désormais son visage et, lui aussi, il a la peau qui pendouille sous le menton. Son charme vénéneux de bisexuel assumé en a évidemment pâti. Mais il a accompagné mon histoire sentimentale depuis le début, ou presque. Pour rester dans la continuité, ce soir, j'irai l'applaudir avec Hawk au Cirque Royal.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

haaaan

oooooh j'aimeuh touuuut, je veux goûter à vouuuuus

:D :D :D :D

ARMALITE a dit…

il nous l'a fait ce soir... c'était magiiiique *heart* *heart* heart*
tout de même, quand je pense au temps que j'ai mis pour comprendre le sens de la phrase: "était-ce une quille ou un glaçon va savoir, dans le noir dans le ton quel que soit l'abandon pourvu qu'il soit le bon..." parfois je suis d'une naïveté confondante... ^^

Anonyme a dit…

c'est cool si c'était bien.
c'est marrant, j'en parlais l'autre jour.