dimanche 14 octobre 2007

Une journée ordinaire et presque parfaite

Samedi 13 Octobre. C'est le week-end. J'ai décidé de me prendre une journée de repos - la première en deux semaines et demie - après avoir fini hier la traduction de PLL3 et avant d'attaquer demain celle de la bédé tirée de Série Préférée. Pourtant, je me lève à 7h20. Hors de question de mettre en péril l'habitude miraculeusement prise depuis le retour du Japon, alors que je m'étais résignée à vivre décalée jusqu'à la fin de mes jours. J'apprécie le fait d'avoir des journées plus longues et plus productives, de profiter davantage du soleil et de ne pas me sentir cotonneuse en permanence.
Comme d'habitude, je démarre doucement avec une énorme chope de thé vert aux agrumes que je sirote en surfant sur internet depuis mon canapé - mon wifi ne fonctionne toujours pas et je suis obligée de rester à proximité de ma Livebox. Ce n'est pas si gênant que ça en définitive: ça m'oblige à limiter mes incursions sur le web aux moments où je ne suis pas en train de bosser dans mon bureau, au lieu de faire un tour sur mon blog/eBay/le forum de mon éditeur toutes les deux pages de trad.
Quand j'ai fini, il est encore tôt. J'en profite pour prendre un glorieux bain chaud en laissant poser dans mes cheveux le masque Kérastase rose qui coûte un rein le pot de 200 ml. Pour masquer l'odeur des canalisations qui, malgré une intervention au Destop dans la semaine, continuent à refouler, j'ai allumé une bougie senteur marine. Je flotte.
S'habiller. Mmmh. J'ai mis mon T-shirt Harley de Daytona Beach au linge sale hier soir... Et si j'étrénais le Cop Copine asymétrique acheté en soldes à Toulouse cet été? Vendu. Et zou, direction la Poste pour envoyer une montagne de Colissimo - toutes les affaires que j'ai vendues sur eBay ces derniers jours. Hawk me répète sans cesse combien l'état du corps et celui de l'esprit sont liés. Chez moi, c'est plutôt état du lieu de vie et état de l'esprit qui fonctionnent en phase, et ça l'était déjà bien avant que les magazines féminins commencent à nous bassiner avec le feng shui. Si les choses sont propres et ordonnées autour de moi, elles le sont aussi dans ma tête. Depuis le début de l'été, je trie et me débarrasse méthodiquement de tous les objets que je n'utilise pas et dont la possession ne m'apporte aucun plaisir. Ainsi ma garde-robe a-t-elle enfin pris des proportions humaines (elle ne contient plus que de quoi habiller trois filles au lieu de six). Et j'ai viré énormément de choses qui me rappelaient l'Homme, à commencer par la totalité des cadeaux qu'il m'avait fait. J'attends maintenant que mes souvenirs immatériels disparaissent avec.
Vers 11h, je pars pour la ville voisine avec un coffre chargé à ras bord de bédés et de livres de poche que je veux refourguer à mon bouquiniste habituel. Pour une fois, je n'ai pas trop de mal à trouver une place près de son kiosque. Nous bavardons aimablement pendant qu'il fait le compte et me paye en liquide. Puis je vais me garer au parking voisin qui a la bonne idée d'offrir les deux premières heures de stationnement le samedi. Je passe voir Kiki à la boutique et redépense aussitôt une partie de mes sous pour acheter un ravissant pendentif Swarovski. On ne se refait pas. L'avantage, c'est que ça pèse beaucoup moins lourd et prend beaucoup moins places que les intégrales du Vagabond des Limbes, de Yoko Tsuno, de Largo Winch, de Percevan et de Valérian agent spatio-temporel dont je viens de me délester.
Un petit tour au grand magasin d'arts plastiques. Je cherche une colle spécifique, qu'ils n'ont pas. Mais ils ont reçu les lettres en bois qui me manquaient pour un projet en suspens depuis plusieurs mois. Je prends aussi de nouveaux pinceaux pour peinture acrylique (je n'arrive jamais à les nettoyer correctement et les bousille donc assez vite) et une grande feuille de papier-moleskine pour faire de la reliure.
Dans la rue d'en-dessous, je retrouve Etre Exquis pour déjeuner aux Enfants Gâtés, un restaurant dont nous avons été parmi les premiers clients il y a dix ans, quand nous nous sommes rencontrés. Nous parlons de la vitesse à laquelle le temps a passé, des erreurs que nous referions ou pas, des raisons pour lesquelles, bien qu'il soit un garçon merveilleux et une de mes personnes préférées au monde, je n'aurais pas pu rester avec lui même si je n'avais pas rencontré l'Homme. Dehors, le soleil brille, la température est douce et l'air juste piquant comme il faut. C'est une magnifique journée d'automne, et je la savoure à sa juste valeur. Je sais que bientôt, je passerai les trois quarts de mon temps dans une ville à la météo pourrie. Cette pensée ne m'effraie pas; elle me pousse seulement à profiter de l'instant présent au maximum.
En ressortant, je dis au revoir à Etre Exquis et vais reprendre ma voiture pour me garer au centre commercial où j'ai quelques courses à faire. Un peu de lingerie sexy mais confortable chez Darjeeling. Un adorable pull Kana Beach rouge clair, en tricot tout doux et très chaud, avec une capuche, des étoiles violettes sur les manches et une paire de cerises sur la poitrine. Deux nouveaux jeux pour ma DS: Final Fantasy et Simcity. La Fnac, décidément de plus en plus mal approvisionnée, n'a pas le livre de photos que je cherchais. Tant pis, je le commanderai sur Amazon.
Quand j'arrive chez moi, il est 16h à peine passées. Je dépouille mon courrier du jour. Chic, j'ai reçu le petit sac Sequoia beige acheté sur eBay et le dernier Glamour américain. Goûter d'un chocolat chaud et d'une dizaine de biscuits Brossard (ce midi, je n'ai mangé qu'une entrecôte frites/salade, et Etre Exquis m'a piqué la moitié de mes frites pour aller avec ses penne au gorgonzola).
Un peu avant 18h, on sonne à l'interphone. C'est un couple d'âge mûr qui vient regarder ma Twingo. Avant de rentrer, je lui ai fait la totale à la station de lavage automatique, et Twiggy brille de mille feux. Mille feux vert chelou, donc, mais la dame a l'air de beaucoup aimer la couleur. Le diagnostic du mari tombe: "bon ben elle est impeccable et c'est exactement ce qu'on cherche". Je sens venir un "mais". "J'attends une rentrée d'argent la semaine prochaine. Je vous rappelle quand je l'aurai." Je préviens que je déménage le 26. Il me dit que ça devrait être bon. Je croise les doigts. L'autre couple intéressé ne m'a toujours pas rappelée pour fixer de rendez-vous; l'annonce sur eBay ne donne rien pour le moment et je crains de plus en plus de devoir retarder mon départ à Bruxelles.
Vautrée sur le canapé avec les chats autour de moi, j'épluche Glamour. Une petite sonnerie me prévient que Hawk vient de se connecter à MSN. Nous chattons une grosse heure. Il me manque affreusement, surtout le soir. Au Japon j'ai pris l'habitude de dormir contre lui, de synchroniser nos rythmes, et à ma grande surprise j'ai adoré ça. Peut-être que je ne suis pas si nulle pour la vie de couple, en fin de compte. Peut-être que c'était juste une question d'atteindre une certaine maturité et de choisir la bonne personne.
Je suis sur le point d'aller me coucher après cette journée parfaite quand je reçois un mail de la correctrice de l'avant-dernière trad que j'ai rendue. Elle me renvoie mon fichier (qui compte quelque chose comme 800 pages) pour révision avant retour à l'éditeur... lundi. Euh, non. Ca va pas être possible. Du coup je m'endors super tard, tiraillée entre la réalité objective de mon planning et la conscience professionnelle qui exige de moi que je fasse le maximum pour satisfaire mes donneurs d'ouvrages. Et avec la pensée que demain, l'Homme aura 41 ans et que ce sera le deuxième anniversaire qu'il fêtera sans moi.
Le feng shui c'est rien que des conneries.

2 commentaires:

oloncin a dit…

Concernant l'Homme, une remarque.
A moins que j'ai raté une étape quelque part, à 41 ans, je pense qu'il a dû fêter plus que 2 anniversaires sans toi. Notamment tous ceux qu'il a fêtés avant de te connaitre...

ARMALITE (a.k.a "The Moody Monster") a dit…

Certes. Mais je pense que tout le monde aura compris que ça sous-entendait "depuis notre rupture".