dimanche 6 mai 2007

Les lendemains qui déchantent

C'était la troisième fois que je votais pour des élections présidentielles. Mon candidat n'a jamais été élu. Et c'est la première fois que ça me touche à ce point. Chirac, je ne l'avais pas choisi, mais il me paraissait relativement inoffensif. Je me disais qu'il ne ferait pas la politique que j'espérais mais que bon, gauche tradi ou droite tradi, ça restait blanc bonnet et bonnet blanc.
Là, en voyant le visage de Sarko s'afficher sur mon écran à vingt heures - et même si le résultat était déjà officieusement connu depuis deux bonnes heures -, j'ai senti les yeux me piquer. On peut bien me dire que ce n'est pas lui qui gouvernera directement, qu'il reste les législatives pour rectifier un peu le tir, je suis juste consternée de voir que les valeurs qui sont les miennes ne signifient rien pour 53% de l'électorat français.
Ségolène Royal, pour qui je n'ai pas d'affection particulière, a fait un beau discours de perdante, digne et positif. Elle affichait le sourire immense des gens très émus qui se retiennent de pleurer. J'avoue qu'elle m'a touchée sur ce coup-là.
Quant au discours de Nicolas Sarkozy... Dans la bouche de quelqu'un d'autre (quelqu'un dont je n'étais pas persuadée qu'il mentait comme un arracheur de dents), le début m'aurait assez bien plu. Et puis il a eu cette phrase (je cite de mémoire): "Je vais redonner la priorité au travail, à l'autorité et à la morale". Et mon sang s'est glacé dans mes veines.
Pour moi le travail n'est pas une valeur: juste un mal nécessaire. Et avec la monstrueuse augmentation de la productivité moyenne due, entre autres, à l'électronique et à l'informatique, il devrait l'être de moins en moins. L'objectif désormais devrait consister à répartir le plus équitablement possible celui qui existe, et non à pousser les malheureux qui se tuent déjà à la tâche à faire encore des heures sup ou à repousser l'âge de la retraite à 70 ans pendant que les capitalistes se tournent les pouces et vivent des produits d'une infâme spéculation.
L'autorité, j'ai rien contre tant qu'elle est juste. C'est-à-dire, la même pour tout le monde. Et qu'elle ne consiste pas d'un côté à "nettoyer les banlieues au Karcher" et de l'autre à fermer les yeux sur les magouilles des élus UMP ou à bâillonner les média qui n'abondent pas dans leur sens. Je suis entièrement pour le fait d'inciter les gens à respecter le code de la route, à ne pas frauder le fisc, à ne pas s'agresser les uns les autres. Par contre, je ne pense pas que toutes les méthodes soient bonnes pour faire régner l'ordre. Je crois plutôt que le désordre est toujours le symptôme d'un problème qu'il vaudrait mieux régler par la prévention que par la répression.
Quant à la morale... Laissez-moi rire. C'est moral de renvoyer chez eux manu militari des gens qui ont fui leur pays d'origine parce qu'ils y crevaient de misère ou y risquaient la mort pour des raisons politiques? C'est moral de faire licencier le patron d'un grand hebdo parce qu'il a osé ne pas être d'accord avec vous? De toute évidence, monsieur Sarkozy et moi ne partageons pas la même définition de ce concept. Pour lui, la moralité consiste sans doute à courber l'échine devant le pouvoir établi et à ne jamais le remettre en cause quelques exactions qu'il puisse commettre. En gros, à être un mouton. De préférence blanc et hétérosexuel. Ouvrez la bouche et dites "bêêêh".
Je l'avais promis, je le fais. D'ici la fin de l'année, j'habiterai Bruxelles.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

"D'ici la fin de l'année, j'habiterai Bruxelles."

Finalement, quand meme une bonne nouvelle ;)

Anonyme a dit…

Bah voila tu l'as ton excuse tant recherchée pour déménager !!!

Anonyme a dit…

youhouuuuuuuu

ARMALITE a dit…

Quel enthousiasme... Je suis touchée ^^

Anonyme a dit…

MEs valeurs ne sont pas celles-ci non plus. Il va falloir se battre pendant 5 ans!!!

Courage!!

Unknown a dit…

En lisant ta dernière phrase, on se dit une fois de plus qu'à quelque chose malheur est bon. J'en connais un qui va commencer par apprécier Sarko !

Anonyme a dit…

Je l'adore. Ca on peut dire que l'adore.