mercredi 18 avril 2007

Toutes les femmes de sa vie

Dans la nuit d'avant-hier à hier, avant que mon téléphone me réveille à une heure indue, j'ai rêvé que l'Homme venait me faire des confidences sur sa nouvelle copine: ce qu'il lui trouvait, comment ça avait commencé entre eux, leurs premiers petits problèmes de couple, etc. Moi, j'étais affreusement mal à l'aise. Je me disais que ce n'était plus mon histoire, qu'il devait me laisser tranquille maintenant, que je voulais juste l'effacer de ma vie.
Aussi étrange que ça puisse paraître, dans la réalité aussi, je me moque complètement de savoir qui est sa nouvelle copine et comment ça se passe entre eux. Quand j'ai appris que nos histoires s'étaient chevauchées, je me suis seulement demandé si je la connaissais, si c'était une de mes ex-copines de l'aïkido. A partir du moment où j'ai découvert que non, je me suis totalement désintéressée de la question. Ce n'est même pas une démarche consciente, un effort déployé pour ne pas sombrer dans le masochisme en retournant le couteau dans la plaie. Je n'éprouve tout simplement aucune curiosité vis-à-vis de cette fille.
Vous me direz que c'est très bien comme ça et que vous ne voyez pas ce que ça a d'étrange. Le truc, c'est que les deux hommes qui ont le plus compté dans ma vie jusqu'à présent étaient déjà en couple quand j'ai commencé à sortir avec eux. Et que durant toute la partie illégitime de notre relation, j'ai été totalement obsédée par l'Autre. A quoi ressemblait-elle? Comment parlait-elle, comment bougeait-elle, comment s'habillait-elle, comment lui faisait-elle l'amour? Quels étaient ses goûts? Quels points communs avions-nous, à part d'aimer le même genre de mec?
Aujourd'hui encore, je ne m'explique pas cette fascination. Je voulais peut-être jauger ma rivale pour me donner les meilleures chances de l'"éliminer" et de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'elle. Freud dirait sans doute qu'il faut voir là une expression de mon homosexualité latente, celle qui goûtait secrètement le fait de partager son homme, fût-ce de manière décalée dans le temps - comme si baiser avec lui c'était aussi baiser avec elle par procuration. Troisième hypothèse, c'était une bête pulsion compétitive, un besoin de s'assurer qu'elle n'était pas "mieux" que moi. Allez savoir...
La dernière fois que je suis passée chez Ikea et que j'ai aperçu l'ex-femme de l'Homme au loin (plus mignonne et plus piercée que jamais), j'ai eu envie d'aller la voir et de lui dire "Tu sais quoi? Finalement, il m'est arrivé la même chose qu'à toi". Il me semblait que c'était une petite victoire qu'elle méritait de savourer.
Mais vis-à-vis de sa nouvelle copine, je n'éprouve qu'une indifférence absolue.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

phase 1 : simple curiosité envers le convoité, accrue par l'intérêt d'une rivale à supplanter.
phase 2 : curiosité complètement rassasiée ;)