lundi 11 décembre 2006

La vie est une pute

Non, ceci n'est pas une pub pour le blog de quelqu'un qui VOULAIT ME VOIR CE WEEK-END PUTAIN. Franchement, je préfèrerais.
Tout à l'heure j'étais devant la gare SNCF de la ville d'à côté. Je rentrais juste d'un week-end prolongé qui m'avait laissée totalement chamboulée. J'angoissais à la perspective des semaines à venir parce que nouvelle charrette boulot et parce que non-possibilité de revoir Hawk avant mi-janvier. Etre Exquis n'avait pas pu passer me chercher; je venais de rater mon bus à 5mn près, le suivant ne partait pas avant une heure, et il n'y avait pas de taxi (vu le prix de la course et mes nouvelles priorités financières, c'était sans doute aussi bien). Je pestais à propos de toutes les corvées qui m'attendaient chez moi.
Et puis mon téléphone a sonné. C'était JC, dont je n'avais pas pris l'appel vendredi parce que j'étais dans un bus très bruyant à Bruxelles, et qui ne m'avait pas laissé de message. Je me disais qu'il voulait juste donner des nouvelles et que ça pouvait attendre mon retour. Oui mais non. En fait c'était pour m'annoncer que sa femme venait d'être opérée d'une tumeur cérébrale. Alors qu'elle s'est déjà tapé un cancer du sein il y a deux ans, que pendant son hospitalisation leur maison toute neuve avait été cambriolée, et que le père de JC est décédé le jour de ses 50 ans au printemps dernier. Et moi je chouine pour des broutilles. Honte, impuissance, colère, j'ai parcouru tout l'arc-en-ciel des émotions négatives en l'espace de quelques minutes.
Une fois assise dans le bus, la première chose que j'ai faite, ça a été de rédiger le texte d'une carte dans le petit carnet qui ne quitte jamais mon sac. "Si l'amour qu'on a pour les gens suffisait à les protéger contre la maladie, tu n'aurais jamais vu l'intérieur d'un hôpital de toute ta vie. Mais voilà, ça ne suffit pas. Alors on se sent impuissant et on envoie des cartes pleines de voeux de bon rétablissement." Qu'est-ce que je peux faire d'autre? Rien.
Fuck fuck fuck.

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