mercredi 30 août 2006

Rumination, le retour

"Le temps guérit tout", m'a dit Etre Exquis tout à l'heure au téléphone. Sur ce point, je sais qu'il a raison, même si j'ai tendance à rester assez marquée (conditionnée?) par mes cicatrices. Serrer les dents et attendre que les jours s'écoulent l'un après l'autre en considérant chacun d'entre eux comme une petite victoire, un pas supplémentaire vers le bout du tunnel - c'est la seule tactique possible. Cela dit, la certitude que la douleur finira par disparaître ne l'atténue guère sur le moment.
"Tout se paye un jour", a ajouté Etre Exquis. Ca, j'en suis beaucoup moins convaincue - hélas. J'ai beau ne pas être vindicative, savoir que l'Infâme Salaud est condamné à se ramasser la gueule tôt ou tard me procurerait un certain apaisement. J'enrage de penser qu'il va s'en tirer une fois de plus, que son image de type épatant va rester intacte et que son entourage continuera à l'idolâtrer.
Sept ans de ma vie, bordel. J'ai perdu sept ans de ma vie avec quelqu'un qui se contentait de me laisser l'aimer sans donner grand-chose en retour. Parce que ça le flattait d'être adulé par une intello, lui qui complexait (à juste titre) sur ses propres capacités en la matière. Parce que c'était confortable de vivre, pour une fois, avec une fille qui non seulement s'assumait d'un point de vue financier, mais qui adorait le gâter. Parce que je ne lui réclamais pas d'enfant, pas de mariage, et que je le laissais libre de partir en stage quand il voulait. Bref, parce que j'étais une solution de facilité. Ce dont j'ai toujours eu conscience.
La question, c'est: comment ai-je pu être assez bête pour m'en contenter, moi qui suis d'un naturel tellement exigeant? Y'a pas à dire, l'amour ça rend stupide. Je ne veux même pas penser au nombre invraisemblable de neurones que j'ai dû flinguer en acceptant de n'avoir pas une conversation digne de ce nom en sept ans, en essayant de me mettre à son niveau quand il fallait lui expliquer quelque chose et en me retenant (les trois quarts du temps) de démonter ses arguments qui ne tenaient pas la route pour ne pas avoir l'air de le rabaisser.
Dans l'optique "voir le verre à moitié plein", j'ai tenté de faire une liste des choses positives qu'il m'a apportées, directement ou non. Et c'est affreux comme j'en ai trouvé peu. Mon appart'. Nos vacances à Vienne il y a deux ans. Je continue à chercher...
Hier pendant qu'on discutait chez Bapz, ma soeur m'a dit que j'avais, beaucoup moins qu'elle, la capacité à me satisfaire de situations médiocres. Sur le coup j'ai approuvé: oui, avec moi c'est tout ou rien; j'ai une idée bien précise de la façon dont les choses doivent être et si elles ne me conviennent pas parfaitement, je passe à d'autres dans l'espoir de trouver mieux. Puis en réfléchissant bien, j'ai réalisé que toute ma relation avec l'Infâme Salaud avait été pire que médiocre - commencée dans la honte et le remords, poursuivie dans l'ennui et la déprime, terminée dans le chagrin et l'humiliation. Faut vraiment que j'apprenne à mieux choisir mes batailles.

4 commentaires:

mtlm a dit…

Maître Sun Tzu a dit: "il y a des guerres à ne pas faire, des provinces à ne pas prendre, des villes à ne pas attaquer". Curieux comme un traité de stratégie chinois peut-être en fait un guide pour la vie quotidienne. En amour et à la guerre, les règles sont les mêmes.

Armalite a dit…

Ouais ouais... J'ai lu le traité des 5 roues dans le temps... Faut croire que j'ai pas retenu grand-chose

mtlm a dit…

c'est court, relis ;-)

Et en plus le traité des 5 roues et l'art de la guerre se complètent mais ne se recoupent pas (ou si peu). Pour l'amour vraiment, fais plus confiance à sun tzu qu'à musashi ;-)

Armalite a dit…

Pour l'amour je fais plus confiance à personne et c'est marre.