dimanche 19 juin 2005

"Les poupées russes" (2)

J'avais adoré "L'auberge espagnole", et tout le monde disait que la suite était encore mieux que l'original, si possible. Du coup, j'attendais vraiment beaucoup de ce film, et j'ai été plutôt déçue. D'abord il est "vendu" comme les retrouvailles 5 ans après de tous les étudiants dela coloc barcelonnaise; or la plupart d'entre eux n'apparaissent qu'à la fin et ont en tout et pour tout une réplique chacun. J'espérais un bilan de leurs vies respectives à l'aube de la trentaine, une sorte de patchwork européen pas forcément représentatif d'un point de vue statistique, mais permettant de confronter différentes attitudes et différents chemins.
Au lieu de ça, pendant deux heures, Xavier (Romain Duris) - à peine moins coincé et crispant que dans "L'auberge espagnole" - admire son nombril et s'interroge sur son incapacité à s'engager. On tourne en rond, et ça devient vite lassant. Et puis l'ensemble manque de continuité: dans la première partie, Martine (Audrey Tautou) et Isabelle (Cécile de France) sont omniprésentes, pour disparaître quasiment par la suite; dans la seconde partie, Xavier navigue entre Wendy et Celia; et dans la troisième l'accent est mis sur le mariage de William à Saint-Pétersbourg. On a l'impression que Cédric Klapish essaie de démontrer quelque chose, mais son scénario un peu bancal rate sa cible.
Restent quand même quelques scènes criantes de justesse (la confrontation entre Xavier le cynique nombriliste et Martine la militante anti-mondialisation), une ou deux trouvailles sympa (Xavier que l'on voit jouer du pipeau pendant qu'il essaie de baratiner son banquier ou ses clients) et surtout le rayonnement de Kelly Reilly que j'avais pourtant trouvée assez fade dans "L'auberge espagnole". Dans la vraie vie, aucun garçon n'aurait pu prendre son train après le discours qu'elle fait à Xavier sur le quai de la gare.

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