jeudi 5 mars 2009

218 jours de Postcrossing

L'été dernier, je me suis inscrite sur Postcrossing, qui permet à ses membres inscrits d'échanger des cartes postales entre inconnus à travers le monde entier. Le site vient de fêter ses deux millions de cartes. Depuis le 30 juillet 2008, j'en ai moi-même envoyé 150 (et reçu à peu près autant) au travers de mes deux comptes - un à mon adresse belge, l'autre à mon adresse française. Et malgré la récente augmentation du prix des timbres* qui, ajouté à celui des cartes, en fait une activité pas vraiment gratuite, mon intérêt pour Postcrossing ne faiblit pas.

J'aime les ponts minuscules et éphémères qui se tissent ainsi entre moi et mes correspondants. J'aime dévoiler des fragments choisis de ma vie et recevoir des messages allant du purement factuel au très intime. J'aime découvrir de nouvelles images dans ma boîte à lettres, et suis toujours un peu déçue les jours où elle n'en contient pas. J'aime déchiffrer des écritures aussi variées que leurs propriétaires. J'aime les imaginer en train de m'écrire, cette étudiante finlandaise de 22 ans qui adore la neige, cette mamie américaine ultra-catho qui demande à Dieu de me bénir, ce photographe portugais à l'anglais hésitant qui a dû pas mal chercher ses mots, cette jeune Chinoise enthousiaste qui rêve de faire le tour du monde. Je range toutes leurs cartes dans une jolie boîte rouge, et parfois quand j'ai la bougeotte, je les passe en revue pour voyager sans quitter mon fauteuil. En voici quelques-unes parmi les plus marquantes.

- Celle qui a fait le plus de chemin pour venir jusqu'à moi:


18721 kilomètres pour cette carte venue de Nouvelle-Zélande, le record risque d'être difficile à battre!

- Celle qui portait le plus petit numéro d'identification:


C'est seulement la 1129ème carte envoyée depuis le Qatar (à titre de comparaison, les Finlandais qui sont extraordinairement actifs sur Postcrossing approchent gentiment des 500 000!).

- Celles qui me donnent le plus envie d'aller voir là-bas:


Entre Riga, la capitale de Lettonie surnommée "le Paris du Nord"...


...et l'exotisme du joyau de l'Indonésie, mon coeur balance.

- Les plus drôles:


J'adore cet orchestre de grenouilles stationné près de la bibliothèque de West Bend, dans le Wisconsin.


Et aussi cette collection de fôtes d'ortograf en provenance de Grande-Bretagne.

- Et ma préférée entre toutes:


D'abord la carte en elle-même est très jolie, avec un visuel original, une texture tramée et deux ravissants timbres à motifs oiseaux. Ensuite, j'ai été touchée par le message de l'expéditrice. "Dear Armalite, my name is Phoebe from Shangai, China. I'm a 27 year old girl, married, no kid. My husband and I are considering about having a baby this days. It's a tough decision to make. Actually I'm not quite sure if I can be a good mother. It's not like buy a dress and I can throw it away once I'm tired of it you know. Anyway, I think I will take the responsibility once I have the baby. Good luck to me! This card shows a protected building established before the foundation of the People's Republic of China. It used to be a hotel. Hope you like it! Phoebe. PS: China is a lovely place to go traveling or whatever. Hope you can come one day!"

*0,65€ pour l'Europe et 0,85€ pour le reste du monde depuis la France; 0,90€ pour l'Europe et 1,05€(!) pour le reste du monde depuis la Gelbique.

mercredi 4 mars 2009

MAC Limited Edition Hello Kitty

La collection limitée Hello Kitty de MAC était censée sortir en magasin demain. Bien que n'étant pas fan du petit chat à noeud-noeud, j'avais l'intention d'y jeter un coup d'oeil, essentiellement parce que la vidéo promotionnelle m'avait vachement tapé dans l'oeil. Jugez plutôt:



Le côté "Alice au pays des merveilles BDSM", je kiffe grave!
Donc, j'avais prévu d'aller faire un tour du côté de la chaussée de Charleroi jeudi après le boulot. Et voilà qu'en glandant passant hier après-midi sur Mon Blog de Fille, j'apprends par une lectrice bruxelloise que la collection est déjà en vente ici! Ni une ni deux, je prends Chouchou par la main, ma carte bleue dans l'autre, et nous filons à la boutique.
Mais sur place, c'est la déception. Les pinceaux sont de bien moins bonne qualité que ceux vendus individuellement; les fards à paupières sont proposés sous forme de deux palettes dont une pourrait m'intéresser si les fards ne semblaient pas si difficiles à travailler; les poudres et les pigments, c'est pas trop mon truc; et il est hors de question que je me balade avec un miroir de poche ou une trousse Hello Kitty.
Au final, je me suis donc sagement contenté d'un gloss framboise (bien que répondant au petit nom de "Strawberry Sweet"). J'ai déjà un lip glaze Stila à peu près identique, mais il est presque fini. Et puis on n'a jamais assez de gloss rose ^_^

Incommunicado

J'ai toujours eu du mal à communiquer avec mes parents. A l'adolescence, je les tenais grosso modo pour les gens les plus inintéressants du monde, et je m'étonnais qu'ils aient réussi à faire une fille aussi intelligente que moi. Ce qui prouve que même un QI soi-disant supérieur ne protège pas contre la connerie. Mais à cette époque j'étais en colère contre le monde entier, et j'en voulais à mes parents pour tout un tas de raisons - notamment, le fait qu'ils ne voyaient pas ce qui m'arrivait et étaient incapables de m'en protéger. Et puis leur modèle de vie hyper-rangé me donnait des envies de suicide. Je ne voulais pas d'un boulot de fonctionnaire, de soirées passées avec le commissaire Moulin et de vacances à la campagne dans la famille. Je voulais un métier créatif ou au minimum trépidant qui me rapporterait plein de pognon; je voulais des sorties, de la culture et des voyages dans des pays lointains.

Puis j'ai grandi et fini par admettre que mes parents étaient juste des êtres humains ni meilleurs ni pires que les autres, qui avaient commis un certain nombre d'erreurs vis-à-vis de moi mais toujours de bonne foi, en essayant de faire pour le mieux avec les moyens dont ils disposaient. J'ai reconnu qu'ils traînaient, eux aussi, des traumatismes d'enfance avec lesquels ils avaient dû composer et qui déterminaient très fort ce qu'ils étaient devenus. Ma mère était la petite dernière d'une famille aisée; à la fois choyée matériellement et délaissée affectivement, voire rabaissée par des parents pas toujours très psychologues malgré leur métier de prof, elle n'a jamais réussi à acquérir la moindre confiance en elle ni la plus petite autonomie. Mon père a, au contraire, grandi dans une famille assez pauvre avec la peur constante du manque; bien que doté de capacités intellectuelles qui lui auraient sûrement permis de faire des études supérieures, il a dû se mettre à bosser à quatorze ans dans un secteur qui ne le passionnait pas mais qu'il n'a quitté que pour prendre sa retraite.

Je pourrais rédiger des bouquins entiers sur leurs névroses respectives et la façon dont elles s'alimentent mutuellement, mais là n'est pas mon propos. Mes parents sont ce qu'ils sont, et j'ai fini par accepter le fait qu'ils ne changeraient pas. Par ailleurs, même s'ils ne me comprennent pas du tout, ils ont toujours été là pour moi quand j'ai eu besoin d'eux, et je leur suis reconnaissante de m'avoir fourni un foyer stable et rassurant dans lequel grandir (une chose pas si fréquente dans ma génération très marquée par les divorces et les recompositions familiales). J'ai longtemps été frustrée par leur manque d'intérêt pour les livres, et j'ai vécu comme une brimade personnelle le fait que les seuls ouvrages de leur minuscule bibliothèque soient les récits de chasse dont mon père était friand et quelques romans à l'eau de rose appartenant à ma mère. Je n'ai réalisé que bien plus tard qu'ils me transmettaient des valeurs qui n'étaient pas empruntables en bibliothèque, elles, et qui continueraient à me servir tout au long de ma vie: l'honnêteté, une certaine éthique du travail et, de façon plus générale, un sens aigu des responsabilités. Le métier de parent est sûrement un des plus difficiles du monde; ils ont fait ce qu'ils ont pu et avec un tromblon comme moi, ils n'ont pas dû rigoler tous les jours.

...Je m'aperçois que je suis gravement en train de dévier du sujet originel de ce post. Or donc, disais-je, j'ai toujours eu du mal à communiquer avec mes parents car nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d'ondes et au final, passé l'âge de 17 ans, je n'ai plus que rarement vécu à moins de 500 kilomètres d'eux. Depuis que je passe les trois quarts de mon temps en Gelbique, je suis obligée de m'en remettre à Skype et à ses liaisons téléphoniques quasi-gratuites mais pourries de grésillements qui rendent souvent la conversation incompréhensible. Mais voilà: Soeur Cadette vient de réussir à abonner nos parents à internet. Pour leur donner mon adresse mail, je leur ai envoyé un bref message auquel j'ai joint une photo prise le jour même, histoire de voir si tout passait bien. L'opération a été une réussite. J'ai recommencé le lendemain avec une autre photo récente de Chouchou et moi que j'aime bien. Et cet après-midi, j'ai eu une idée. Dorénavant, chaque soir, j'enverrai à mes parents une photo de ces deux ou trois dernières années en y joignant un petit mot pour leur expliquer le contexte et leur permettre ainsi de rattraper ce que l'éloignement géographique leur a fait louper de ma vie depuis leur déménagement du côté de Toulouse. Premier cliché du lot: moi posant devant Old Faithful à Yellowstone, les cheveux noirs et le coeur gros moins de deux semaines après ma rupture avec l'Homme, en mai 2006.

mardi 3 mars 2009

Exposition "C'est notre Terre!"

Cette exposition est l'une des plus réussies que j'ai jamais visitées. Conçue autour du thème du développement durable, elle commence par retracer l'évolution de la planète et l'apparition de l'espèce humaine, puis illustre l'impact écologique de la seconde sur la première. Après avoir dressé un état des lieux alarmant (mais jamais culpabilisant), elle passe en revue différentes manières d'inverser la tendance en changeant nos habitudes de consommation, aussi bien au niveau des individus que des entreprises et des gouvernements.

"C'est notre Terre" réussit le tour de force d'être hyper instructive et informative sans jamais devenir barbante. Elle le doit essentiellement à sa scénographie qui utilise nombre de métaphores physiques aussi simples que frappantes. Un cube transparent d'un mètre de côté, rempli de sable, resitue la Terre à l'échelle de l'univers: elle ne représente pas même un grain! Une bibliothèque abritant des milliers de volumes factices symbolise les différentes étapes de l'évolution de notre planète.

Plus loin, une alcôve décorée façon laverie compare la consommation d'eau quotidienne dans diverses région du monde (400l pour un Américain, 200l pour un Belge, 90l pour un Chinois et seulement 20l pour un Africain). Une autre, décorée façon restaurant, montre ce que mangent et boivent en une semaine des familles de différents pays. Dans un supermarché reconstitué, on peut scanner des produits pour savoir combien de grammes (ou de kilos!) de CO2 ont été émis afin de les transporter jusqu'à Bruxelles: un kilo de tomates venues d'Espagne, c'est 150gr; un gigot d'agneau de Nouvelle-Zélande, c'est 3 kilos. Ainsi "C'est notre Terre" démontre-t-elle de façon limpide l'intérêt des mesures préconisées par les écologistes - consommer des produits locaux et de saison, par exemple.

Des installations et des photos d'artistes contemporains mettent en scène la production de déchets des pays riches (j'ai notamment été frappée par un immense montage façon décharge publique, montrant 2 millions de bouteilles plastiques - soit ce que consomment les Américains en l'espace de... 5 minutes). Des caissons sensoriels permettent d'expérimenter l'effet de whiteout ou la nuit dans une forêt totalement obscure. Des vidéos expliquent de façon très claire et très concise comment nous sommes en train d'épuiser les réserves de la planète: aujourd'hui, en 9 mois, nous consommons un an de ressources naturelles.

Les enfants ne sont pas oubliés; de petites salles de jeux mettent à leur portée les concepts par ailleurs démontrés aux adultes. Et malgré la gravité du sujet, l'humour est également bien présent. Ne ratez surtout pas, dans la dernière partie de l'exposition consacrée à la recherche de solutions, la vidéo publicitaire pour un nouveau moyen de transport radicalement écologique: le pied! Chouchou et moi sommes ressortis de là enchantés.

"C'est notre Terre!", jusqu'au 10 mai 2009 à Tour & Taxis, Bruxelles.
Nocturne le mercredi jusqu'à 21h.

lundi 2 mars 2009

I am not there

Do not stand at my grave and weep
I am not there, I do not sleep.
I am a thousand winds that blow,
I am the diamond glints on the snow,
I am the sunlight on the ripened grain,
I am the gentle autumn rain.
When you wake in the morning's hush,
I am the swift uplifting rush
Of quiet birds in cercled flight.
Do not stand at my grave and cry
I am not there, I did not die.

Un an déjà.
Brigitte me manque.

Dans mon sac, il y a...

...Ou du moins, il y avait avant que j'en change vendredi dans la journée pour adopter son petit frère (de haut en bas et de gauche à droite):
- un flyer pour le festival Trolls & Légendes 2009 auquel nous comptons assister en avril prochain
- une liste de courses Delhaize datant du week-end précédent
- une carte du restaurant Hong-Hoa où nous avons mangé récemment
- un porte-clés Dark Dudes représentant un petit lapin pirate, acheté en Suède à l'automne dernier
- Régis
- un bonnet rayé qui me sort par les oreilles mais auquel je ne trouve pas le remplaçant idéal (beige ou gris tricoté en grosse maille)
- un Bic noir, le seul stylo avec lequel j'écrive vraiment bien
- une petite cuillère (don't ask)
- un carnet de notes à pages détachables
- mon passeport contenant 5 tampons (2 du Japon, 3 des USA)
- un téléphone portable Nokia basique de chez basique
- une petite trousse à imprimé hérissons achetée sur ShanaLogic contenant
*un paquet de Kleenex publicitaire distribué gare du Midi début février
*un peigne
*une tablette de Dolipranne 1000 dans laquelle il ne reste qu'un demi-comprimé
*un rouge à lèvres Paul&Joe, un rouge à lèvres Anna Sui, un rouge à lèvres d'une marque inconnue (Boots?) portant le n°7, un tube de gloss Clarins
*mon pendentif "Bon pour une vie de bonheur" acheté chez Graphie Sud en juillet 2007
- une paire de gants Isotoner en cuir marron foncé
- un portefeuille en cuir rouge Francinel contenant entre autres choses deux facturettes de taxi de 10€ chacune
- mon disque dur externe
- une carte 10 voyages STIB

Et si on se faisait une petite chaîne, les filles? A vous de photographier et de lister le contenu de votre sac à main de la manière la plus détaillée possible dans votre blog!

Opération cupcakes: la débâcle

Ca fait des mois que je prévois de me lancer dans la confection de cupcakes. Je ne suis pas très branchée sucré, mais je craque pour le côté über-cute de ces pâtisseries individuelles qui se prêtent à tous les délires de customisation. De plus, comme c'est la mode en ce moment, les bouquins de recettes fleurissent dans les rayons des librairies, et tous les magazines girlies y vont de leurs petites fiches illustrées. Après avoir passé des tonnes d'options en revue, j'ai choisi une recette au citron toute simple parue dans l'avant-dernier Biba. On m'avait assuré que les cupcakes, c'était facile comme tout, et je me voyais déjà en faire ma "pâtisserie signature" - le truc que je préparerais systématiquement quand j'aurais de la visite ou quand je voudrais apporter un truc maison chez des amis.

Samedi en rentrant de Filigranes, donc, je me suis attaquée à la confection de ma première fournée, un oeil sur la recette et l'autre sur l'immense saladier dans lequel je comptais mélanger mes ingrédients.

Alors d'abord, il faut savoir que mélanger du beurre mou et du sucre avec un fouet manuel, c'est juste impossible. Le beurre va se loger en masse compacte au milieu du fouet et refuse d'en ressortir. J'ai solutionné le problème en malaxant tout ça avec mes mains. J'ai rajouté les autres ingrédients: oeufs, farine, levure, lait et jus de citron. So far, so good. Puis j'ai versé ça dans le moule à muffins acheté pour la circonstance, en ne remplissant mes caissettes qu'aux trois quarts comme préconisé. Sauf que le silicone, ça plie, et qu'en transportant mon moule dans le four, la moitié de la pâte s'est barrée des trous pour couler vers le milieu. J'ai juré très fort et manqué me cramer les deux mains sur les côtés du four en tentant un rétablissement foireux.

Vingt minutes plus tard (temps de cuisson indiqué sur la recette), mes cupcakes étaient toujours crus au centre. Il a fallu attendre presque une demi-heure de plus pour qu'un couteau plongé dedans en ressorte sec, et entre-temps, le dessus avait desséché et quasi-cramé. J'étais un peu dépitée, mais je me suis dit que la seconde fournée serait meilleure.

Pendant que les premiers gâteaux refroidissaient et que les seconds cuisaient, je me suis attaquée à la confection du glaçage. Autrement dit, j'ai mélangé l'autre moitié de ma plaquette de beurre mou avec les deux tiers d'un paquet de sucre glace (dit "sucre impalpable" en Gelbique, c'est toujours bon à savoir) et le jus d'un deuxième citron. "Fouettez vivement à la main pendant cinq minutes", qu'elle disait la recette. Ouais, ben que ce soit Chouchou ou moi, on n'a pas réussi. Obligés de sortir le robot ménager de la mort, celui dont on se sert trente secondes et qu'on met ensuite trente plombes à nettoyer. La consistance obtenue semblait correcte. Ne restait plus qu'à attendre que les cupcakes refroidissent pour les garnir avec la poche à douille contenue dans le kit "spécial cupcakes" acheté chez Mmmmh le dimanche d'avant.


Au final, j'ai fait 16 gâteaux en trois fournées - alors qu'il était indiqué "pour 8 à 10 cupcakes"; pourtant les dimensions des moules sont standard... A se demander si l'auteur a seulement testé sa recette avant de la publier! L'opération glaçage a été l'occasion de découvrir que 1/ la poche à douille était taillée dans un matériau tissé non étanche, et que la moitié de son contenu se barrait par les trous façon cheveux de figurines Play-Doh, 2/ la quantité de glaçage était insuffisante pour recouvrir tous les gâteaux. Les quatre derniers (les plus réussis, comme de bien entendu) sont donc restés chauves.

Mais le plus décevant, ça a quand même été le goût. Rien à voir avec les cupcakes mangés aux USA ou même dans les boutiques spécialisées d'Europe. On aurait dit des quatre-quarts individuels plutôt que des espèces de grosses madeleines. A mon avis, beaucoup trop de beurre et de sucre par rapport à la quantité d'oeufs et de farine. Bref, un ratage intersidéral. L'une d'entre vous aurait-elle, par hasard, une recette testée et approuvée (et pas trop difficile!) à me conseiller? Mary? Quelqu'un?

dimanche 1 mars 2009

Maquillage n°1: Electra danse la rumba


Bon alors évidemment, passant derrière Hélène, j'ai l'air un peu pitoyable avec mes sourcils pas coiffés, mes rides pas comblées (mais j'ai commandé la gomme Filorga!), mes trois cils qui se courent après et mon absence d'eye-liner. L'avantage, néanmoins, c'est que se prendre en photo souligne très fort les défauts à rectifier la fois d'après!

Sinon, pour faire la pro que je ne suis pas, puisque j'ai commencé à me maquiller courant décembre: les fàp utilisés sont le Electra de chez MAC dans la moitié interne, le Rumba de chez Stila dans la moitié externe, et le Naked Lunch de chez MAC en highlighter.

PS: on voit Chouchou en train de me prendre en photo dans mon iris, j'adore!!!

Une année d'auto-portraits: semaine 9


Mais pourquoi je me prends toujours en photo au sortir de la douche avec les cheveux à moitié secs? Hein, pourquoi? J'aurais aussi pu photoshoper les taches de melasma sur mon front, mais j'ai préféré les laisser pour la valeur documentaire - par contre, si une MBDF girls a un fond de teint vraiment couvrant à me recommander, je suis preneuse! Ici, je porte le Avène n°1 qui correspond bien à ma couleur de peau mais ne planque pas grand-chose.

On a frôlé l'exploit

Hier, à notre arrivée chez Ikea vers midi moins le quart, le magasin était quasiment désert. Nous avons foncé au rayon literie, obtenu le papier correspondant à notre nouveau matelas Sultan Engenes en latex, et immédiatement filé vers les caisses sans passer par la case départ nous arrêter pour regarder les cadres photo ni les boîtes de rangement. "C'est la première fois de ma vie que je vais ressortir d'Ikea sans rien d'autre que ce que je suis venue chercher!", ai-je lancé triomphalement à Chouchou alors que nous traversions le rayon accessoires de cuisine.

...Bien entendu, trois mètres plus loin, je suis tombée en arrêt devant des crochets à torchon mignonissimes.

Il faut savoir que notre nouvel appart qu'on adore a quand même un défaut: il est maudit du crochet autocollant. Nous en avons déjà acheté deux sortes - des ordinaires pas chers chez Carrouf, puis des super-méga-adhésifs à dix euros les trois chez Brico -, et bien que nous ayions soigneusement respecté les instructions de pose, tous sont lamentablement tombés dans les cinq minutes après que nous y ayions accroché un torchon. Depuis, les "essuis à mains", comme on les appelle en Belgique, sèchent lamentablement sur le radiateur de notre cuisine, et en grande maniaque, j'en suis fort contrariée. De toute évidence, nous avions besoin d'un modèle qui se visse au mur, mais où le trouver?

Ben, chez Ikea. A 1,99€ pièce l'adorable derrière de chat - ou de chien? - en sept couleurs assorties. A la grande surprise de Chouchou ("Tu es sûre que tu ne préfères pas un rose et un noir?"), j'en ai pris un turquoise et un rouge.

Et du coup, l'univers n'a pas implosé hier sur le coup de midi trente. Malgré tous nos vaillants efforts, nous n'avons pas réussi à faire voler en éclats la loi métaphysique selon laquelle nul mortel ne peut ressortir de chez Ikea sans une merdouille qui ne figurait pas sur sa liste.

samedi 28 février 2009

Le chat le plus névrosé du monde


Copernique est impossible, mais qu'est-ce qu'on l'aime!

Oui mais les enfants uniques, c'est triste

Au printemps dernier, j'ai craqué pour un modèle de sac qui venait juste de sortir chez Gérard Darel. Autant le 24h qui pendait depuis un moment déjà au bras d'une jeune Française sur deux me laissait de marbre, autant l'immense besace molle qui répondait au nom de Midday Midnight m'a instantanément séduite par la qualité et la couleur de son cuir, la solidité de ses finitions et sa contenance façon bag of holding (pour les ex-joueuses d'AD&D) ou Bagage à la Terry Pratchett. Un vrai coup de foudre qui m'a obligée à l'acheter immédiatement malgré son prix.

Je ne l'ai pas regretté: alors que je me lasse très vite de la plupart de mes sacs, neuf ou dix mois plus tard, je suis toujours totalement in love de celui-ci et continue à le porter tous les jours alors qu'un Twee de Jérôme Dreyfuss flambant neuf et également payé la peau du fondement croupit sur une étagère de ma penderie depuis début novembre.

Néanmoins, mon Midday Midnight bien-aimé a un petit défaut: sa taille est totalement disproportionnée par rapport à la mienne. Quand il ne contient que mes essentiels (portefeuille, téléphone, clés, etc), il est aux trois quarts vides et pendouille contre ma hanche telle une cornemuse inutilisée; quand j'y fourre ma maison pour partir deux jours à Paris ou que je le charge à mort durant une après-midi shopping, il pèse un âne mort et me scie l'épaule droite - sans compter qu'il me faut deux heures de fouilles intensives pour en exhumer quoi que ce soit.

Et voilà que juste après mon retour de Toulouse, début janvier, Soeur Cadette m'annonce qu'elle s'en est acheté un dans une autre couleur et m'envoie une photo pour me le montrer. Les yeux manquent me sortir des orbites: le sien est un poil plus petit, avec des proportions absolument parfaites. Apparemment, les gens de chez Gérard Darel ont décidé de le fabriquer en deux tailles différentes pour la saison automne-hiver 2008. Jalouse je suis (malgré ce que j'ai écrit récemment dans mon post sur les péchés capitaux). Mais je ne vais quand même pas acheter un deuxième Midday Midnight en moins d'un an, ce serait de la démence!

...Bon, ben je suis bonne pour l'asile. Samedi dernier en nous rendant chez MAC, Chouchou et moi sommes passés devant la boutique Gérard Darel de l'avenue Louise. Ils venaient juste de recevoir la collection printemps-été 2009, et je n'ai pas résisté à l'envie d'entrer pour jeter un coup d'oeil. Les nouvelles couleurs du Midday Midnight (du bleu pétrole, du violet franc, de l'orange, du noir et différentes teintes de brun) ne m'ont pas enthousiasmée, et je m'apprêtais à prendre congé de la gentille vendeuse flamande qui me renseignait quand elle m'a montré mon sac chéri dans une teinte absolument indéfinissable, à mi-chemin entre le gris tourterelle et le beige rosé, au cuir très doux et un peu ridé. Le coup de foudre, bis.

J'ai été raisonnable: je suis sortie de la boutique en disant que j'allais réfléchir. Ce que j'ai fait pendant quelques jours tandis que j'attendais un virement d'Editeur Préféré pour renflouer mes caisses un peu à sec en cette fin de mois. Et mercredi après-midi, sûre de mon choix, je suis retournée avenue Louise m'offrir le petit frère de mon Midday Midnight. Une question se pose maintenant: je garde l'aîné pour sa valeur sentimentale, et parce qu'un sac immense peut encore me servir en voyage, ou je le bazarde sur eBay?

10 things I loved this month

- J'avais promis un kilo d'assortiment Wittamer à Soeur Cadette si elle réussissait à abonner Père à internet. C'est chose faite depuis une dizaine de jours. Comme quoi, le chocolat constitue un bien meilleur incitant que les carottes. Je vais enfin pouvoir mailer mes parents au lieu d'essayer de comprendre ce qu'ils répondent à mes questions entre deux crépitements de Skype, youpi!

- La crème pour peaux intolérantes d'Avène. Enfin un produit efficace pour "récupérer" ma peau à problèmes quand les circonstances m'empêchent d'observer mon rituel de nettoyage plusieurs soirs d'affilée et transforment ma figure en devanture de mercerie.

- Dita Von Teese au Crazy Horse. Juste sublime. Maintenant, je rêve de corsets noirs lacés dans le dos et d'escarpins Louboutin vertigineux.

- Le fard à paupières Henna de la collection éphémère "Brunette-Blonde-Redhead" de MAC. Une tuerie de vert bronze légèrement doré avec une texture de rêve. Sans déconner, on dirait qu'il a été conçu pour faire ressortir mes yeux kaki à moi que j'ai sur mon teint de navet bidet (comme disent les filles sur MBDF).

- Le thé vert en édition limitée "j'AIME" de Theodor. Pour sa boîte vert anis et fuchsia, mais aussi et surtout pour son goût de macaron fraise/framboise. Idéal au goûter.

- "Me in my bag" rassemble une centaine de "portraits de sacs"* de Londoniens. Je l'ai trouvé en furetant au rayon art de Cook&Book, qui réserve toujours de bonnes surprises. J'adore son design avec sa couverture en plastique munie de deux petites poignées en corde, et ses pages de droite représentant une photo de chaque personne interviewée qui s'ouvrent pour montrer le contenu du sac correspondant. Un bouquin plein de vie et de fouillis.
*Une initiative qui n'est pas sans rappeler celle de Miss Lecroc, dont j'attends toujours qu'elle publie son anthologie en cours de réalisation depuis 10 ans!

- Le nouveau mélangeur de baignoire installé par mon plombier, qui me permet enfin d'actionner mes robinets sans utiliser un pied de biche, et même d'avoir de l'eau à moins de 35° (là tout de suite je m'en fous, mais j'apprécierai beaucoup cet été). En outre, le flexible et le pommeau de douche assortis sont munis d'un joint étanche qui m'évite d'arroser toute la salle de bains quand je me rince. Joie, bonheur et marinages redoublés à Monpatelin.

- Notre première visite chez Mmmmh, concept store génial dédié à la cuisine qui vend les ingrédients et les instruments qu'on ne trouve pas ailleurs, propose des cours collectifs plusieurs fois par semaine, organise des événements à thème (le prochain: "Secrets du Japon", les 21 et 22 mars) et a le bon goût d'être ouvert le dimanche, pour qui a impérativement besoin de caissettes en papier afin de préparer des cupcakes - histoire d'adoucir la fin du week-end. Nous y retournerons, c'est sûr!

- Le deuxième tome de l'omnibus de Jeeves. Le summum de la finesse en matière d'humour anglais, un style délicieusement désuet et une très jolie présentation de l'édition française. Vivement la suite!

- Le site internet de Sephora. Le choix le plus vaste et les prix les plus bas de toutes les enseignes françaises, des réductions de 20% quasi-permanentes sur l'ensemble des produits (avec un code promotionnel envoyé par mail), la gratuité des frais de port à partir de 60€ de commande, une livraison ultra-rapide en Colissimo et trois échantillons choisis par la cliente offerts avec chaque commande, qui dit mieux?

vendredi 27 février 2009

A la même heure dans 5 ans...

Archiver les événements de ma vie, c'est ma marotte numéro un. Mes blogs "Le temps n'est rien", puis "Le rose et le noir", ont succédé à plus de vingt ans de journaux intimes papier. Depuis le début des années 90, je tiens également des agendas dans lesquels je note toutes les choses du quotidien qui ne méritent pas que l'on fasse de grands discours sur elles, mais que j'aime bien être en mesure de retrouver plus tard: bouquins traduits ou lus pour mon plaisir, films vus au ciné ou en DVD, restos fréquentés, expos ou spectacles vus... Enfin, je prends pas mal de photos avec lesquelles, depuis bientôt 6 ans, je réalise des albums de scrap.

On pourrait se dire que c'est bien assez pour une existence somme toute assez banale. Pourtant, quand j'ai vu ce petit carnet chez Elise en début d'année, j'ai immédiatement eu envie d'en acheter et d'en remplir un moi aussi. Le "5 year diary" fonctionne selon un principe assez simple: une page pour chaque jour de l'année, découpée en 5 blocs de quelques lignes, pour prendre des notes comparatives date par date tout au long de 5 années consécutives.

En le découvrant, j'ai repensé à ce petit exercice que je faisais au temps de mes journaux papier: chaque fois que j'en entamais un nouveau, je l'ouvrais à une page au hasard, généralement dans la seconde moitié, et je notais mon état d'esprit du moment ainsi que les questions qui me préoccupaient. Au tout début des années 90, ça donnait quelque chose comme: "Arrivée là, aurai-je trouvé ma voie professionnellement? Et que sera devenue mon histoire avec Nicolas?". J'aimais imaginer les mots qui viendraient s'inscrire quelques mois plus tard sur cette même page; j'essayais de les deviner comme si je pouvais les lire par anticipation. Et le moment venu, lorsque je noircissais effectivement la page en question, je repensais avec tendresse à la jeune oie naïve que j'étais alors. C'était comme si ces deux moments se télescopaient et abolissaient la linéarité du temps.

...Donc, voilà. J'ai reçu mon "5 year diary" depuis quelques jours, et n'ayant pas la patience d'attendre le 1er janvier de l'an prochain - une date qui ne signifie de toute façon pas grand-chose pour moi d'un point de vue symbolique -, j'ai l'intention de le commencer le 26 mars prochain, quand je fêterai (ou pas, d'ailleurs) mes 38 ans. Si le concept vous intéresse, ce petit carnet est disponible ici, et il existe en plusieurs couleurs. Comme dirait Elise: EnJOY!

Une soirée au Cercueil

Ce soir, Editeur Préféré avait organisé une petite sauterie à Bruxelles pour fêter son partenariat avec un nouveau distributeur belge. Pour une fois que c'est Paris qui vient à moi et non l'inverse, vous pensez bien que je n'ai pas refusé l'invitation. En plus, il se trouve que le staff d'Editeur Préféré comprend tout un tas de gens sympathiques dont je me ferais volontiers des amis si j'avais un peu plus d'occasions de les voir. Et que le buffet était l'oeuvre du Pain Quot'. Et que la soirée avait lieu au Cercueil, où je n'avais jamais mis les pieds mais qui est paraît-il un lieu haut en couleurs qu'une ex-goth comme moi se doit d'avoir visité au moins une fois.

Après avoir piteusement regagné mes pénates à 23 heures, je peux vous dire que:
- Le buffet du Pain Quot' est effectivement une tuerie, depuis ses tartines assorties toutes plus délicieuses les unes que les autres jusqu'à ses tartelettes au citron ou au chocolat capables de ravir même une fan invétérée de salé comme moi.
- Je trouve toujours ça dommage quand une châtain à cheveux fous pleine de chien se décolore en blonde lisse, même si c'est bien fun d'écouter ses récits de voyage à mille lieues des miens (le Québec en traîneau par -35° avec une seule douche en dix jours est clairement une expérience au-dessus de mes forces).
- A chaque rencontre, mes impressions sur Adriana et Barbara se confirment: la première est l'une des personnes les plus intéressantes que j'ai eu le privilège de rencontrer, et la seconde une des filles les plus adorables de la création - le genre qu'on a envie de prendre dans ses bras pour lui souhaiter tout le bonheur du monde.
- Me passer "Misplaced Childhood" de Marillion en musique de fond, c'est un coup à m'empêcher totalement de me concentrer sur quoi que ce soit hormis les accords de guitare et la voix de Fish.
- Les cercueils en guise de tables, les couronnes mortuaires accrochées aux murs et les boissons servies dans des crânes, ça m'aurait sûrement fait tripper à quinze ans; là, j'avais juste envie de réclamer que quelqu'un allume la lumière pour que je puisse voir les gens auxquels je parlais.
- Trois ans après avoir arrêté de fumer, je ne supporte plus DU TOUT la fumée de clope. Ca me pique les yeux, ça m'empêche de respirer et l'odeur imprégnée dans mes cheveux me donne envie de gerber. C'est ce qui a fini par me faire fuir lâchement alors que j'aurais bien tapé la discute avec certains jusqu'au bout de la nuit - et c'est ce qui va m'obliger à brûler mes fringues faire une lessive demain matin au saut du lit.

jeudi 26 février 2009

Les 7 péchés capitaux

Maïa Mazaurette publie aujourd'hui un article sur le "hit-parade" des péchés capitaux chez les hommes et les femmes. Après mûre réflexion, je vous livre mon classement personnel:

- Gourmandise: et je ne rentre pas seulement la bouffe dans cette catégorie... Je suis quasiment incapable de me refuser quelque chose dont j'ai envie. En même temps, une vie d'ascète, ça doit être assez peu riant (témoin ma récente tentative avortée de "mois sans shopping"). Donc j'assume.

- Colère: je m'énerve vite et je ressasse longtemps. Trèèès longtemps. J'explose facilement si j'ai l'impression qu'on me prend pour une conne, et j'en veux à mort aux gens dont j'estime qu'ils se sont comportés de manière incorrecte envers moi. Ben oui, j'ai un caractère sanguin. Mais ça s'arrange un peu en vieillissant.

- Paresse: si je n'étais pas aussi fainéante, j'aurais sans doute fait Science Po ou l'ENA, et qui sait? C'est peut-être moi qui me taperais Carla Bruni ces jours-ci. Plus sérieusement, j'aurais déjà écrit une demi-douzaine de romans au bas mot. Ce qui ne signifie pas qu'un seul d'entre eux aurait été publiable.

- Vanité: "v" comme "ventre mou du classement". C'est un péché dont je ne suis ni plus ni moins coupable que la moyenne des gens me semble-t-il.

- Luxure: je sens bien que les gens qui me connaissent dans la vraie vie sont surpris de ne trouver ce péché-là qu'en 5ème position. Mais curieusement ces temps-ci, je trouve qu'il y a plein de choses plus intéressantes que le sexe dans la vie. Ca doit être l'âge. Ou les hormones dont je me bourre pour soigner mon endométriose.

- Envie: j'ai le souvenir d'avoir été une ado très envieuse parce que je trouvais toutes les autres filles mieux que moi (Soeur Cadette en tête). Aujourd'hui, je me sens vraiment bien dans ma peau, et j'ai la chance d'avoir à peu près tout ce que je désire - donc aucune raison de jalouser les autres.

- Avarice: le péché qui me concerne le moins de tous. J'ai toujours aimé dépenser mes sous, pour me faire plaisir ou pour gâter les gens que j'aime. Harpagon is not my homeboy.

Et vous, c'est quoi le péché qui vous correspond le plus? Et le moins?

mercredi 25 février 2009

Le maquillage et moi

J'ai dû commencer à me maquiller en 3ème. Parce que j'étais beaucoup plus petite et plus jeune que mes camarades de classe, et que je cherchais désespérément un moyen de me vieillir. Je me souviens encore de mes premiers produits; j'avais acheté le rouge à lèvres rose nacré que portaient toutes les fille au début des années 80, et une petite palette contenant deux fards à paupières: un bleu moyen tirant légèrement sur le mauve et un rose vif. Inutile de dire que mes premiers essais furent tout à fait boygeorgesques. Mes parents me regardaient sortir ainsi avec une mine vaguement consternée mais ne disaient rien; mes camarades de classe ricanaient probablement dans mon dos (à l'exception de Patrick L. qui trouvait ça très joli, mais dont un certain nombre de maniérismes laissaient à penser qu'il fantasmait plus sur George Michael que sur Madonna).

Plus tard, entre 16 et 22 ans, mon "trademark" fut un long trait de liner noir étiré vers la tempe façon Cléopâtre. J'avais assez bien le coup de main et je ne me trouve pas trop ridicule sur les rares photos rescapées de l'époque. Mais c'était quasiment le seul produit que je portais, avec un peu de mascara et un rouge à lèvres beige rosé effet "bouche mordue" (un Cacharel dont je cherche encore vainement l'équivalent aujourd'hui, bien que le Anna Sui Rouge G 303 s'en rapproche pas mal et possède de plus un tube ravissant).

Ensuite, j'ai épousé un type qui m'aurait voulue constamment en jupe, en talons et maquillée à la goth. Résultat, je n'ai plus porté que des jeans, des croquenots et nada sur la figure. Pendant des années, j'ai survécu avec un seul fard à paupières: le Pur Brun Nacré de Gemey, discret, passe-partout et hyper facile à travailler. Quand j'ai rencontré Chouchou, j'ai bien investi dans un noir Chanel d'une qualité hyper décevante pour son prix, avec lequel j'ai vainement tenté d'improviser des smoky. Mais le résultat ne ressemblait jamais à ce que je voulais et les pigments n'avaient aucune tenue. Je suis retombée dans mon no-look maquillage. Dans les grandes occasions, je me fendais d'une couche de fond de teint Diorskin pour masquer les défauts de ma peau, d'un peu de mascara Lancôme noir et de gloss Clarins framboise ou de rouge très vif sur les lèvres.

Puis j'ai découvert MBDF, les conseils judicieux et les vidéos didactiques d'Hélène. Enfin, quelqu'un parlait de maquillage en des termes simples et ludiques! Quelqu'un expliquait comment procéder et quels produits utiliser pour obtenir tel ou tel résultat! Et avec de l'humour à revendre, en plus!

Je n'ai pas résisté longtemps. En décembre dernier, j'ai poussé la porte de la boutique MAC de Bruxelles pour la première fois. Depuis, j'ai claqué des centaines d'euros en fards à paupières et en pinceaux, mais aussi en blush, en bases et en rouges à lèvres. Je ne sors plus sans m'être maquillée un minimum, pas parce que je m'y sens obligée pour ne pas traumatiser les petits n'enfants, mais parce que j'adore me trouver jolie quand je me regarde dans le miroir et voir briller les yeux de mon homme lorsqu'il détaille les miens. Dimanche, j'ai passé un délicieux moment à ranger tous mes produits par catégorie dans l'énorme mallette métallique que j'avais achetée chez Sephora il y a cinq ans pour ranger mes fournitures de srap quand je partais faire des crops. Le résultat me remplit de joie - et d'envie de me créer plein de nouvelles occasions pour me maquiller.

Je ne m'identifie pas, je compatis

C'était la petite fiancée de l'Amérique, la fille pas terrible à la base qui à force de chirurgie esthétique, de nutritionnistes, d'habilleurs, de coiffeur et de maquilleurs pro avait réussi à devenir une des actrices de télévision les plus adulées et les mieux payées des USA.
Poursuivant son conte de fées moderne, elle a séduit et épousé un acteur que beaucoup considéraient comme le plus bel homme du monde. Ils sont devenus le golden couple universellement envié.
Quelques années de bonheur tranquille ont passé.
Puis le plus bel homme du monde a tourné un film avec la fille la plus sulfureuse de Hollywood. Six mois plus tard, il divorçait de la petite fiancée de l'Amérique. L'année suivante, il avait déjà trois enfants avec la fille la plus sulfureuse de Hollywood. Et jurait sur ses grands dieux que non, bien sûr, il ne s'était rien passé entre eux durant le tournage du film sur lequel ils s'étaient rencontrés.
A l'époque, la petite fiancée de l'Amérique est restée très digne malgré son chagrin, refusant de faire le moindre commentaire négatif sur son ex et sur la nouvelle compagne de celui-ci. Mais les tabloïds la montraient se promenant sur la plage seule avec son chien et un air triste à mourir.
La série qui l'avait fait connaître était terminée, et elle a eu du mal à transformer son passage sur grand écran. La plupart de ses films étaient médiocres et ne cartonnaient pas franchement au box office. Côté vie privée, elle a essayé de se remettre en selle, et là aussi elle a fait de mauvais choix, jetant son dévolu sur des bad boys avec qui ça ne pouvait que mal se terminer.
Pendant ce temps, les journaux ne parlaient que du plus bel homme du monde et de la fille la plus sulfureuse de Hollywood: leurs six enfants biologiques ou adoptés, leurs engagements caritatifs, leurs multiples maisons et voyages à travers le monde, leurs films à succès. Ils les montraient superbes, irrésistibles et conquérants. Beaux, riches, talentueux ET généreux, capables de concilier mille activités tout en entretenant une passion amoureuse dévorante.
Dimanche soir a eu lieu la cérémonie des Oscar. Pour la première fois depuis leur divorce, la petite fiancée de l'Amérique s'est retrouvée en présence du plus bel homme du monde et de la fille la plus sulfureuse de Hollywood. Elle était sur scène, présentant des récompenses. Ils étaient tous deux nominés dans la catégorie "meilleur acteur" ou "meilleure actrice" et assis dans la salle.
Comment peut-on sourire, parler avec naturel et faire son travail sous le regard d'un homme qui a juré de vous aimer jusqu'à ce que la mort vous sépare - puis qui, aux premières difficultés dans votre couple, s'est laissé mettre le grappin dessus par une autre, s'est comporté comme un lâche en n'assumant même pas ses actes, vous a prise pour une conne dans les grandes largeurs et humiliée devant le monde entier?
Pendant qu'un film que je n'avais que moyennement apprécié raflait 8 statuettes, mon coeur saignait pour la petite fiancée de l'Amérique. Et pour moi.

PS: Mais le cinéma, c'est formidable. Beaucoup plus juste que la vraie vie. Le plus bel homme du monde et la fille la plus sulfureuse de Hollywood sont tous les deux repartis les mains vides.

mardi 24 février 2009

Le grand jour

Aujourd'hui est un grand jour pour Chouchou (et par extension pour moi). Son projet secret, démarré en janvier 2008, arrive enfin à terme.
Plus d'un an de rendez-vous, de tâtonnements, d'erreurs, d'espoirs et de déconvenues. En septembre dernier, enfin, une possibilité que la situation se résolve.
Puis nous sommes partis en vacances en Europe du Nord, et pendant que nous étions à Copenhague, la crise bancaire a éclaté.
Retour à la case départ.
Mais cette fois, c'est la bonne!
Chouchou a trouvé un nouveau boulot, et aujourd'hui, il démissionne.

lundi 23 février 2009

Deux-Mains-Gauches dépote ses fards à paupières


A Paris en début de mois, j'ai acheté deux fards à paupières MAC en petit pot parce que faisant partie de la collection temporaire Brunette-Blonde-Redhead, ils n'existaient pas en recharge simple. Pas grave: je savais qu'Hélène avait posté sur son blog une vidéo montrant comment dépoter les pastilles pour les transférer dans une palette.

Le week-end dernier, j'ai voulu m'attaquer à cette tâche qui semblait relativement simple. Sauf que je n'avais pas l'alcool 90° nécessaire pour dissoudre la colle au fond du petit pot. J'en ai acheté samedi chez Di, après avoir trouvé un rayon vide chez Delhaize (où le mascara Cover Girl orange était également en rupture de stock, grrr, c'était bien la peine de se traîner jusque là-bas!).

Hier, nouvelle tentative. Alors voyons... D'abord, faire sauter la partie supérieure du boîtier en insérant une lame de couteau dessous. Hum. Après que le couteau ait ripé, balafré mon Henna et manqué achever sa course dans le gras de mon pouce gauche, j'ai estimé qu'au vu de mes capacités motrices restreintes, employer le bout d'une lime à ongles métallique serait peut-être moins risqué.

Puis une fois ma pastille encore encasée de plastique à la main, je me suis rendu compte qu'il devait exister plusieurs types de pinces coupantes, car la nôtre ne ressemblait pas du tout à celle d'Hélène et ne permettait absolument pas de faire une incision de 2 millimètres sur le bord d'un boîtier. Damned. J'ai remis la pastille dans son petit pot.

Ce soir, Chouchou est allé m'acheter l'outil approprié chez Brico. 27 euros, la vache. Il va falloir en dépoter, des fards, pour l'amortir! Re-sortage de la pastille du petit pot. Incision des bords. en deux endroits. Attrapage de la "languette" ainsi créée avec la pince coupante pour la tirer vers moi et la détacher. Hum oui, sauf que la pince coupante, par définition, coupe au lieu d'attraper. Hélène doit avoir un modèle bi-fonction, ce n'est pas possible autrement.

Bref, j'ai fini par déchiqueter totalement le bord du boîtier pour finir par dégager un petit accès au dessous de la pastille. Là, j'étais censée glisser quelques gouttes d'alcool à 90° entre la pastille et le boîtier, mais un petit coup avec la pointe de ma lime métallique (un outil dont on ne vante décidément pas assez la polyvalence) m'a permis de la décoller du premier coup. Victoire!

Je vous passe le récit du dépotage de mon Half-Baked; sachez juste que les boîtiers Urban Decay ne laissent pratiquement aucun interstice où glisser une lame plus épaisse que celle d'un cutter, et que mes doigts ont eu très chaud. Et aussi que le plastique desdits boîtiers, contrairement à celui des MAC que j'ai trouvé assez malléable, est épais, dur et cassant. Résultat, plein de petits bouts ont volé un peu partout dans l'appart'.

Mais ça y est, ma palette est enfin pleine et moi tout à fait ravie. Admirez le travail: