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jeudi 12 juin 2014

"Better off Ted"




Ted est directeur du département Recherche et Développement chez Veridian Dynamics. Père célibataire d'une adorable Rosie de 8 ans, c'est un type bien qui s'efforce de gérer son équipe de manière humaine et juste. Pas toujours facile quand on bosse pour une multinationale sans âme ni scrupules dont le seul credo est le profit à tout prix! Ted est entouré de Veronica, sa patronne qui pourrait donner des cours de sociopathie à Sherlock, des géniaux scientifiques Phil et Lem qui se chamaillent en permanence mais sont incapables de se passer l'un de l'autre, et de Linda la testeuse de produits qui se rebelle contre la machinerie corporatiste en volant toutes les doses de crème de la machine à café. A eux cinq, ils brossent un portrait hyper-caustique mais tristement réaliste de la vie dans une grande entreprise.

Quelqu'un comme moi, qui n'a jamais fait l'expérience de travailler dans ces conditions, est tenté de se dire que les scénaristes exagèrent pour amuser la galerie, mais entre deux crises de fou-rire hoquetant, Chouchou me confirme en permanence que "Hu hu, c'est ça, c'est exactement ça!". Les situations ubuesques s'enchaînent, dénonçant l'absurdité des règlements et l'inhumanité des multinationales. Dans chaque épisode, une fausse publicité pour Veridian Dynamics vient enfoncer le clou de telle manière qu'on ne sait plus trop si on doit en rire jusqu'aux larmes ou commencer à organiser la révolution. Sans doute trop grinçante pour les annonceurs, "Better off Ted" n'a tenu que deux saisons à l'écran, soit 26 fois 22 minutes de pur bonheur pour les sales gauchistes dans mon genre. 



jeudi 3 avril 2014

"How I Met Your Mother": la fin qui fait hurler les fans (SPOILERS!)




Après 9 ans de bons et loyaux services, How I met your mother vient de s'achever. Excellente les 4 premières saisons, la série n'aura par la suite cessé de décliner pour devenir souvent d'une nullité abyssale avec ses situations redondantes, sa façon de tirer l'intrigue principale en longueur et un humour de moins en moins drôle. Ca faisait au moins 3 ans que comme beaucoup de gens de mon entourage, je ne la suivais plus que pour une seule raison: savoir enfin qui était la mère et comment Ted allait la rencontrer. 

Pour cette dernière saison, donc, les scénaristes ont choisi de se concentrer sur le mariage de Barney et de Robin. Ainsi, les 22 premiers épisodes se déroulent tous en l'espace d'un long week-end dans un hôtel de Farhampton. On évite l'écueil d'un trop grand ennui grâce aux nombreux flashbacks et flashforwards qui sont la marque de fabrique de la série, et l'une des choses qui a contribué à la rendre légendaire mémorable. Néanmoins, le principal atout de cette saison, c'est l'apparition (enfin!) de la mère. Avec au fond assez peu de temps d'antenne, Cristin Milioti parvient à camper une jeune femme éprouvée par la vie et néanmoins pleine de fraîcheur, un personnage hyper attachant et une âme-soeur parfaite pour Ted. L'épisode "How your mother met me", entièrement présenté de son point de vue, est à mon avis le plus réussi de la saison et un des plus émouvants de toute la série - avec celui de la mort du père de Marshall et celui où Robin apprend qu'elle ne pourra pas avoir d'enfants. 

On se prépare donc à dire adieu à toute la bande avec un certain soulagement: il était plus que temps de conclure, mais malgré tout, on regrettera ces cinq amis qui étaient un peu devenus les nôtres. Neuf ans d'une vie de téléspectateur, ce n'est pas rien. Et comme HIMYM est depuis le début une comédie romantique au sentimentalisme parfois éhonté, on s'attend à une fin heureuse.

Sauf que pas vraiment. 

En 40 mn, le dernier (et double) épisode nous montre ce qui va advenir de chacun des personnages au cours des 20 années suivantes. Et les choses ne se passent pas réellement comme prévu. Après avoir renoncé au premier poste de juge qu'on lui offrait pour suivre Lily en Italie, Marshall redevient un avocat corporatiste dont le job le tue moralement. Mais Lily et lui ont 3 enfants et sont toujours aussi amoureux, et un jour, une seconde offre finit enfin par tomber. Robin voit sa carrière décoller et se met à sillonner le monde, traînant à sa suite un Barney frustré de ne pas toujours pouvoir alimenter son blog lifestyle faute de wifi. Au bout de 3 ans seulement, ils finissent par divorcer d'un commun accord et sans trop d'acrimonie, déclarant que ce n'est pas un mariage raté mais un mariage réussi qui aura seulement duré 3 ans. Mais à la suite de ça, Robin disparaît quasiment de la vie de la bande. Barney reprend ses habitudes de tombeur, et au terme d'un mois parfait (31 filles en 31 jours), il découvre qu'il a mis une de ses partenaires enceinte. C'est la naissance d'Elie - la véritable femme de sa vie, comprend-il dès la première fois qu'une infirmière la lui met dans les bras - qui finira par en faire un autre homme. Quant à Ted et Tracy (tel est le nom de la mère), ils mettent leurs plans de mariage de côté quand se pointe leur premier enfant non prévu mais accueilli avec une immense joie. Ils en ont un autre dans la foulée, et ne se passent la bague au doigt que 7 ans plus tard. Et même si leur vie n'est pas parfaite, on voit combien ces deux-là sont faits l'un pour l'autre. Quelques scènes très courtes suffisant à établir l'amour et la complicité qu'il y a entre eux. 

Bref, comme depuis le tout début de la série, rien ne se passe comme prévu pour Ted et les autres. Ce que je trouve très bien, parce que c'est exactement la même chose dans la vie, et que ça donne à HIMYM un petit côté doux-amer qui nous évite l'overdose de saccharine. Du moment que les choses s'arrangent au final...

Sauf que lorsque Ted conclut enfin "And this, kids, is how I met your mother", au lieu d'enchaîner sur le générique de fin et de donner aux fans la conclusion qu'ils voulaient, les scénaristes lâchent une bombe. Trac est morte assez jeune d'une maladie qui ne sera pas nommée. Au moment où il raconte l'histoire de leur rencontre à ses enfants, Ted est veuf depuis six ans. Et sa fille s'empresse de lui faire remarquer que pendant toute l'histoire en question, il ne parle en réalité que de Robin ou presque. Pourquoi ne se décide-t-il pas à sortir avec elle, bon sang? Et donc, la dernière image de la série voit Ted planté sous les fenêtres de Robin avec le fameux cor bleu de la première saison. 

Parce qu'apparemment, 9 ans de série + 20 ans d'extrapolation n'ont toujours pas suffi à faire comprendre à Ted que cette femme n'est pas faite pour lui. Parce que maintenant que Tracy a eu le bon goût de lui donner les enfants que Robin ne pouvait ni ne voulait avoir, puis de dégager la scène obligeamment, boucler la boucle juste pour le principe, c'est si satisfaisant!

Ou pas. 

Personnellement, je choisis de nier les cinq dernières minutes de cet épisode final pour n'en conserver que les choses qui récompensent ma patience de spectatrice. Le fil de la vie qui se déroule d'une manière parfois jubilatoire et parfois cruelle, mais toujours surprenante. Lily enceinte jusqu'aux yeux, en costume de baleine blanche, pleurant au milieu de l'appartement vide parce que Robin vient de lui expliquer de manière cinglante pourquoi elle ne peut plus faire partie de la bande. L'émerveillement de Barney devant sa fille à peine née, et la façon dont il s'endort de fatigue la tête posée sur la table chez MacLaren. Les images de la vie ordinaire et heureuse de Ted et Tracy. 

Pour moi, le reste n'existe pas. 

dimanche 16 mars 2014

Pourquoi je n'ai pas aimé le Veronica Mars Movie (et pourquoi je l'ai aimé quand même)


Un an tout rond après le début du Kickstarter historique qui a servi à le financer, le Veronica Mars Movie est sorti sur les écrans américains et arrivé dans les boîtes mail de ses backers. Les premières critiques lues sur internet ainsi que le bon sens le plus élémentaire me commandaient de ne pas trop en attendre. Après tout, l'histoire que je voulais connaître, c'était celle de la Veronica de 19 ans qui venait apparemment de renoncer à son amour passionnel pour Logan et de bousiller la carrière de son père adoré - pas celle d'une Veronica quasi trentenaire. Parce que de deux choses l'une: ou elle aurait évolué au point de n'avoir plus de rapport avec l'héroïne que j'adorais malgré ses défauts, ou elle serait juste retournée à la case départ et je trouverais ça aussi attendu que peu satisfaisant. 

La seconde hypothèse était la bonne. 

Parce que Logan est injustement accusé de meurtre (sérieusement - encore?), Veronica, qui sort à nouveau avec Piz et s'apprête à entrer dans un cabinet d'avocats de New York, revient à Neptune ventre à terre. Et au cours de l'heure et demie qui suit, elle s'applique méthodiquement à retomber dans tous ses travers d'antan, comme si les neuf ans qui viennent de s'écouler n'avaient pas existé. Veronica ne peut s'empêcher de fouiller partout; Veronica utilise ses amis sans se soucier du tort qu'elle risque de leur causer; Veronica fout ses relations en l'air parce qu'elle est accro à l'adrénaline comme sa mère l'était à l'alcool. Bref, Veronica n'a pas grandi et rien appris. Bien sûr que j'avais envie qu'elle choisisse de redevenir détective privé plutôt que de se vendre au grand Capital. Mais j'aurais aimé qu'elle mûrisse un peu au passage, et qu'elle aborde les choses sous un angle vaguement adulte au lieu de se laisser contrôler par ses pulsions adolescentes. 

Autres doléances: la faiblesse de l'intrigue, et l'impression de regarder une trèèèèèès longue pub pour Samsung. Les tablettes de la marque sont partout, et constituent même un élément-clé dans l'affaire de meurtre. Je comprends l'inévitabilité du placement produits, mais trop, c'est trop! Ajoutez à ça qu'il y avait de gros problèmes de débit vendredi soir sur Flixster, et vous obtenez un premier visionnage über insatisfaisant. 

Pourtant, malgré tous les défauts que je lui trouve, je suis contente que ce film existe. 

D'abord à cause de la façon dont il a vu le jour. Je suis très enthousiasmée par le concept du crowdfunding, qui offre aux créateurs la possibilité de réaliser leurs projets sans nécessairement passer par des circuits traditionnels plus intéressés par le fric que par l'art, et il me semble que le succès éclatant du Veronica Mars Movie a beaucoup contribué à le faire connaître du grand public. Et puis l'enthousiasme inouï de la communauté des fans tout au long de cette année était vraiment beau à voir - tout comme l'énergie déployée par Rob Thomas et Kristen Bell (qui n'avaient ni l'un ni l'autre besoin de ce film pour booster leur carrière)  et le plaisir évident qu'ont pris tous les acteurs à retrouver leur rôle en dépit d'un salaire minimal. S'il y a une chose qu'on ne peut pas lui enlever, c'est que le Veronica Mars Movie est un labor of love

Et puis tout de même, les dialogues restent jubilatoires; les nombreux clins d'oeil aux fans de la première heure sont archi gratifiants; l'alchimie entre les acteurs - notamment Kristen Bell et Enrico Colantoni: go, Papa Mars, go! - fonctionne toujours à la perfection. Surtout: le sentiment de manque créé par la fin abrupte de la série exigeait une conclusion, si tardive et imparfaite soit-elle. Malgré mon insatisfaction, j'ai eu le coeur serré lorsqu'a démarré le générique de fin, la version longue du morceau des Dandy Warhols dont les premières mesures suffiront toujours à me replonger dans l'atmosphère si captivante de Neptune. 

dimanche 2 mars 2014

L'horrible soupçon




Dans une période de disette sériesque, j'ai ressorti mon intégrale DVD de "Gilmore girls" pour la faire découvrir à Chouchou qui avait beaucoup aimé "Bunheads", de la même créatrice. Comme prévu, il a accroché tout de suite. Mais dès la deuxième saison, un contentieux est né entre nous: Chouchou ne comprenait pas que la studieuse Rory puisse être attirée par Jess le bad boy alors qu'elle sort déjà avec l'adorable Dean. "C'est quand même évident, ai-je expliqué sur un ton un peu agacé. Dean est gentil, mais il a autant de conversation qu'un des pneus usagés des voitures qu'il bricole. Jess est un petit con, mais un petit con super intéressant qui lit les mêmes livres et écoute la même musique qu'elle. Avec lui, au moins, elle peut parler." Rien à faire: nous sommes maintenant au début de la saison 3, et Chouchou continue à pester à chaque apparition de Milo Ventimiglia à l'écran, haranguant Alexis Bledel et lui hurlant qu'elle n'a aucun goût, tandis qu'un sourire extatique illumine son visage dès que Jared Padalecki fait son entrée en scène. J'attends le moment où il va se faire imprimer un T-shirt "Team Dean".




Hier soir, comme une épaule gauche en miettes m'empêchait d'envisager toute activité un poil rock'n'roll telle que, par exemple, ranger mes pulls dans l'ordre des couleurs de l'arc-en-ciel, nous avons décidé de reprendre la série des films "Harry Potter" là où nous nous étions arrêtés l'an dernier, soit au sixième. Dans "The half-blood prince", Harry embrasse enfin Ginnie (ou l'inverse, plutôt) tandis qu'Hermione se désespère de voir Ron sortir avec une bimbo. "Tu sais que J.K. Rowling a récemment admis qu'elle avait fait une grosse bourde en formant le couple Hermione-Ron, et que Hermione-Harry aurait été beaucoup plus logique?", révéle-je à Chouchou. "Ben, pourquoi?" "Mais enfin, c'est évident! Hermione est la sorcière la plus brillante de sa génération, alors que Ron est un sombre crétin!" "Il est gentil et courageux." "OK, mais de quoi vont-ils parler jusqu'à la fin de leurs jours?" "L'amour, ce n'est pas que parler." "Oui, enfin, je te rappelle que la première chose qui m'a plu chez toi juste après ton talent pour les bisous et ton risotto aux pleurottes, c'est quand même le fait que je sortais de 7 ans de relation avec un type complètement inculte qui ne s'intéressait qu'aux arts martiaux, à la plongée et à sa moto, et que je trouvais miraculeux de pouvoir avoir des conversations intelligentes avec mon partenaire!". Chouchou baisse le nez et, évitant mon regard, marmonne d'un air gêné: "...La gentillesse, c'est important."

Alors, un horrible soupçon me traverse. 

Et si j'étais la gentille crétine de Chouchou? 

vendredi 17 janvier 2014

"Sherlock" saison 3




Rarement j'aurai attendu quelque chose avec autant d'impatience que cette saison 3 de la fabuleuse adaptation moderne du Sherlock Holmes de Conan Doyle, réalisée par la BBC avec le very yummy Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre et l'excellent Martin "Bilbo" Freeman dans celui du sidekick. 3 nouveaux épisodes d'une heure et demie chacun ont été diffusés à la télé anglaise entre le 1er et le 12 janvier - et seront disponibles en DVD à partir de lundi.

Et rarement une saison de n'importe quelle série télé m'aura laissée aussi perplexe et frustrée à la fin.

(ATTENTION: SPOILERS!)

Dans "The empty hearse", Sherlock revient parmi les siens après une absence de deux ans. Traumatisé par la mort de son sociopathe préféré, John a néanmoins fini par se consoler dans les bras de son âme-soeur, Mary, qu'il compte épouser. D'entrée de jeu, le spectateur est étonné par la compréhension dont Mary fait preuve vis-à-vis de leur relation un peu particulière, et par ses réactions pleine de sang-froid en cas d'urgence. Clairement, il ne s'agit pas d'une femme ordinaire. Pour ce qui est de savoir comment Sherlock a mis en scène sa propre mort, on a droit non pas à une, mais à trois explications alternatives, toutes plus délirantes les unes que les autres, et on ne connaîtra sans doute jamais la vérité - même si on peut aisément en reconstituer une approximation. Mais l'important n'est pas là. Ce premier épisode contient plusieurs face-à-face excellents, notamment celui de Sherlock et Mycroft qui éclaire un peu la relation entre les deux frères et fournit cette réplique immortelle de Holmes Senior: "I live in a world of goldfish" (j'envisage de la broder et d'en faire ma devise). Outre le fait qu'il introduit un nouveau "grand méchant" aux motivations mystérieuses, il donne le ton de la saison entière: il va y avoir des dialogues brillants, de superbes performances d'acteurs, des scènes fabuleuses si on les prend isolément... mais l'enquête au sens traditionnel du terme sera maigre et reléguée au second plan, cédant la place au développement des personnages.

"The sign of three" tourne entièrement autour du mariage de John et Mary, pour lequel Sherlock a été désigné garçon d'honneur et sommé d'écrire un discours. S'il se montrait atrocement tête-à-claques dans l'épisode précédent, ici, notre héros devient presque trop sentimental. Et bien qu'il donne lieu à des scènes tantôt émouvantes et tantôt hilarantes, ce grand écart au niveau de son caractère m'a vraiment gênée. Pour le reste, l'impression précédemment laissée par Mary se confirme; il devient évident que son personnage cache quelque chose, mais quoi? Un moment, on pense que les enquêtes évoquées par Sherlock ne vont servir que d'anecdotes amusantes servant à pimenter son discours, et en fin de compte, elles se rassemblent pour former un cas à résoudre durant la réception - pas le plus passionnant de l'histoire de la série, mais un cas quand même. C'est bien construit, mais je suis restée sur ma faim, avec le sentiment que les deux premiers épisodes n'auraient probablement servi qu'à préparer le troisième. Réplique de la semaine: "I'm a highly functioning sociopath. With your number."

J'ai dû attendre quatre jours après sa diffusion initiale pour voir "His last vow". Et d'après les réactions de mes contacts Facebook, je savais que ça allait être du lourd. De fait, comme tout le monde, j'ai passé l'épisode à ramasser ma mâchoire qui tombait régulièrement à intervalles de dix minutes. Sherlock dans une relation de couple, sérieusement? Mary, un assassin anciennement au service de la CIA? La scène de la chute de Sherlock, qui vient de se faire tirer dessus et analyse toute les données dans son "palais mental" avant de tomber, puis plus tard alors qu'il oscille entre la vie et la mort à l'hôpital, est absolument incroyable, un vrai morceau de bravoure. Mais honnêtement, c'est le personnage de John qui m'a le plus touchée pendant cet épisode. Son regard quand il découvre la duplicité de Mary m'a brisé le coeur. Le discours qu'il lui fait pendant les vacances de Noël m'a arraché un "Awwwwwwwwwwwww", pire que n'importe quelle photo de chaton mignon. L'émotion et l'humour sont dosés habilement: juste après cette scène, les deux frères Holmes se font surprendre par leur mère une clope à la main et réagissent comme s'ils avaient encore 15 ans. La mise en scène d'un Sherlock enfant est d'ailleurs très intéressante pour aider à comprendre comment il est devenu cet adulte si particulier.

J'avoue cependant que le "grand méchant" m'a déçue. Oui, il est répugnant et froid comme un serpent, mais au fond, il ne menace personne; il n'a pas de plan diabolique qui fera des milliers de victimes. Du coup, j'ai eu du mal à comprendre pourquoi il inspirait tant de dégoût à Sherlock, et pourquoi celui-ci se sentait obligé de l'abattre de sang-froid. La scène des adieux à John sur le tarmac, quand Sherlock pense qu'il ne reverra jamais son meilleur ami, ne m'a pas bouleversée autant qu'elle l'aurait dû parce que... je ne comprenais absolument pas que John, qui avait passé deux ans au bord de la dépression après la fausse mort de Sherlock, se montre aussi indifférent. Sérieusement: sa soeur alcoolique est dans ses "points de pression", mais pas Sherlock? GET. OUT. Quant au pseudo-retour de Moriarty qui clôture la saison, j'espère que les scénaristes ont une très, très bonne explication à nous fournir, parce que ça sent méchamment le réchauffé. Serait-il possible de finir une seule saison sans que le cliffhanger porte sur lui?

A la lecture de ce billet, on pourrait croire que je n'ai pas aimé cette saison 3 de "Sherlock". Ce qui serait inexact. Simplement, elle m'a beaucoup désarçonnée. J'ai eu l'impression d'une saison construite pour épater les fans et prouver le génie des scénaristes, une saison "on va vous en mettre plein la vue, et tant pis si c'est au détriment des enquêtes". Elle marque un changement de direction assez net auquel je ne m'attendais pas et qui peine à me convaincre de sa pertinence. Pourtant j'ai ri, j'ai été émue et choquée, et j'ai envie de connaître la suite. Espérons qu'elle ne tardera pas trop cette fois!

vendredi 10 janvier 2014

"Sherlock: The casebook"


Déjà plus qu'un épisode de la saison 3 avant de repartir pour une attente d'un an au moins! Afin de tromper leur frustration, je conseille ce merveilleux companion book à tous les fans de Sherlock. Les affaires des deux premières saisons y sont reprises une par une, racontées par Watson dans le style de son blog, illustrées de coupures de journaux, de photos, de captures d'écran de portables et autres documents tirés de la série, et surtout commentées par Sherlock lui-même au moyen de Post-It jaunes. Watson se défend avec des Post-It verts; parfois, Mycroft ou Mme Hudson viennent mettre leur grain de sel avec des Post-It respectivement oranges et roses. 

SHERLOCK: Oh God - a scrapbook with pictures of dead people in it. I'm sure your counsellor would approve. You realize what this says about you? 
WATSON: This from the man who keeps an alphabetized collection of dog hair in the bathroom. 

En annotation d'un rapport d'autopsie:
SHERLOCK: Stolen police paperwork? There's hope for you yet. Though anything written by Anderson is questionable. He is the prose equivalent of white noise. 
WATSON: He speaks highly of you too. Apparently, you're the only person he'd perform a post mortem on in his own time. 

A côté d'une photo d'une pile de gros livres poussiéreux.
WATSON: Sherlock is alarmingly well read.
SHERLOCK: Nothing alarming about it. 
WATSON: "The stray animal cookbook" by Alfred Bligh; "An illustrated guide to human decomposition" by Warren Court; "How to kill a man with cutlery" by Shelley von Trampp. I stick by the word "alarminlgly".

A eux seuls, ces échanges hilarants justifieraient l'achat du "Sherlock: The casebook". Mais les amateurs trouveront également quelques articles "sérieux" sur Conan Doyle et les différentes adaptations cinématographiques de son oeuvre, ainsi qu'une comparaison de chaque épisode avec le roman ou la nouvelle dont il s'inspire. J'ajoute que l'ouvrage est très beau avec sa couverture rigide pourvue d'une jaquette, son papier épais et sa mise en page soignée. Les fans adoreront.




mardi 17 décembre 2013

"Bron/broen" saison 2


(ATTENTION: SPOILERS SUR LA FIN DE LA SAISON 1)
Un bateau abandonné par son équipage vient s'encastrer sur un des piliers du pont de l'Oresund. Dans la cale, on retrouve cinq jeunes gens en fort mauvais état, incapables de raconter ce qui leur est arrivé. Chargée de l'enquête du côté suédois, Saga Norén se rend à Copenhague pour proposer à Martin Rhode de collaborer de nouveau avec elle. Treize mois se sont écoulés depuis les événements tragiques qui ont mené à l'arrestation de Jens. Brisé par la mort de son fils aîné, Martin vit séparé de Mette et de leurs cinq enfants. De son côté, Saga vient d'emménager avec son petit ami et fait de gros efforts pour que leur relation se passe au mieux, mais supporte mal qu'on envahisse son territoire. A l'affaire du bateau succède rapidement toute une série d'actions meurtrières menée par un mystérieux groupe d'éco-terroristes planqués derrière des masques d'animaux...

Après une première saison époustouflante, j'ai d'abord eu du mal à accrocher à la deuxième. Martin laisse sa colère lui pourrir la vie, s'obstine à commettre les mêmes erreurs relationnelles et ne sert absolument à rien du point de vue de l'enquête. Contempler sa déchéance est presque douloureux. Les personnages secondaires, ceux qui apparaissent sans qu'on connaisse d'abord leur lien avec l'histoire, puis disparaissent brusquement après avoir servi le dessein des scénaristes, sont moins intrigants, moins intéressants que dans l'affaire du "Terroriste de la Vérité". La trame de l'enquête a un goût de déjà vu: des actions spectaculaires qui semblent destinées à ouvrir les yeux du public sur une réalité socio-politique dans la saison 1, environnementale dans la 2, mais qui au final sont orchestrées pour des raisons plus personnelles... Ajoutons à ça que nous avons regardé les 5 premiers épisodes avec des sous-titres lamentables, mélange d'anglais et de martien dans lequel il manquait des tas de mots, si bien que beaucoup de connexions m'ont échappé et que j'avais l'impression que l'histoire partait dans tous les sens. Bref, malgré quelques conversations hilarantes entre Saga et Martin (la première s'obstinant à parler de sexe au second à sa manière archi-directe et, pour le coup, archi-gênante), j'étais assez déçue.

Puis nous avons basculé sur des sous-titres français très corrects, et tout s'est éclairé. Au final, l'histoire de cette saison 2 est plus complexe, moins linéaire que celle de la saison 1, mais pas moins bonne malgré l'immense frustration que l'on ressent durant le dernier épisode en comprenant qu'il reste encore quelqu'un au-dessus des coupables identifiés, et qu'au fond rien n'a été résolu. L'atmosphère est toujours glauque, plombée aussi bien visuellement qu'émotionnellement. Deux nouveaux personnages font leur apparition au sein de l'équipe de recherche de la police; chacun exerce une influence particulière sur l'enquête et pousse un des deux héros du côté où il a déjà tendance à pencher naturellement. Mais le pompon, c'est le dernier épisode, avec une fin à double détente qui, exploitant à fond le ressort relationnel, m'a encore plus choquée que celle pourtant magistrale de la première saison. Et l'avantage des questions laissées en suspens, c'est qu'elles laissent présager une saison 3 de cette décidément très grande série.

mardi 12 novembre 2013

"Bron/broen" saison 1


Une nuit, une panne de courant de moins d'une minute se produit sur l'immense pont qui relie Copenhague à Malmö. Quand les lumières se rallument, le corps d'une politicienne gît précisément sur la démarcation frontalière entre le Danemark et la Suède. Un enquêteur de chaque pays est dépêché sur les lieux. Côté Suède, Saga Norèn, blonde froide procédurière à mort et légèrement autiste. Côté Danemark, Martin Rohde, nounours affable partisan du mensonge qui arrondit les angles. Bien que tout les oppose, ils vont devoir collaborer pour élucider ce qui n'est que le début d'une série de crimes orchestrés de longue date - et avec une maestria époustouflante. 

J'ai récupéré la première saison de Bron/Broen ("Le pont" en danois et en suédois) pendant l'été 2012. Mais à l'époque, je ne me sentais pas capable de regarder une série réputée aussi noire. J'ai donc attendu cet automne pour la visionner enfin, et j'ai bien fait, car elle ne laisse pas le spectateur indemne. 

Comme on peut s'y attendre dans le cas d'un thriller, certaines scènes  de crime  - ou d'autopsie... - sont assez difficiles à avaler. Cependant, c'est surtout l'atmosphère que j'ai trouvé oppressante, voire glauque par moments. D'une part, à cause des problèmes sociaux évoqués (prostitution, sans-abris, maladie mentale, immigration, inégalités devant la loi...). Les Scandinaves sont vraiment doués pour montrer des choses très dures et très réalistes, sans jamais verser dans le racolage ni la complaisance crasse. D'autre part, à cause de la mise en scène. Jamais la moindre couleur vive n'apparaît à l'écran; le ciel est toujours gris, la lumière toujours blafarde et les personnages portent toujours des vêtements ternes. L'architecture des deux villes scandinaves est filmée de telle manière qu'on a l'impression de suffoquer au milieu de cubes de béton, de métal et de verre. J'ai visité Copenhague et Malmö, et si je n'avais pas su que l'action se déroulait là-bas, jamais je ne les aurais reconnues. Formellement, même pour quelqu'un comme moi qui fait très peu attention à la partie "technique" d'une oeuvre de télé ou de cinéma, c'est impressionnant.

Quant à l'histoire, elle part sur des bases plutôt classiques: un tueur en série d'une intelligence diabolique, traqué par deux flics aux tempéraments opposés... Si elle parvient à tenir en haleine sur la longueur, c'est un peu parce que la dynamique Saga-Martin est diablement efficace, et beaucoup parce que le scénario fait la part belle aux personnages secondaires. Parfois, on les suit pendant plusieurs épisodes avant que leur histoire ne vienne se raccrocher à l'intrigue générale, et ils peignent de la société scandinave un portrait loin d'être aussi idyllique que l'image qu'on peut s'en faire. La plupart d'entre eux sont très travaillés, nuancés dans leur caractère, avec des côtés attachants ou propres à susciter la compassion, mais aussi des failles gigantesques. 

Et puis, aux deux tiers environ de la saison, tout bascule complètement. L'action se recentre sur les enquêteurs; l'atmosphère devient plus intimiste mais reste très flippante, bien que dans un registre presque diamétralement opposé. Le développement psychologique des héros, qui s'est fait petit à petit au fil des épisodes, cesse d'être accessoire à l'action pour en devenir le moteur et la pierre d'angle, jusqu'à une des fins les plus brillantes qu'il m'ait été donné de voir sur écran grand ou petit. Alors même que Chouchou et moi avions deviné dès le début de l'épisode 9 la véritable identité et les intentions réelles du tueur, nous ne soupçonnions pas quel élément serait la clé du dénouement - et lorsqu'on l'examine a posteriori, on ne peut qu'être admiratif de la façon habile dont l'élément en question a été amené. Sur ce coup-là, les scénaristes méritent une standing ovation. 

Une saison 2 de Bron/broen est en cours de diffusion dans les pays d'origine. La saison 1 est si bien ficelée et se suffit tant à elle-même que j'aurais quelques appréhensions si des sources fiables ne m'affirmaient pas qu'elle est très bien aussi. Verdict prochainement.

lundi 11 novembre 2013

"Downton Abbey" saison 4


ATTENTION: SPOILERS!

Si les trois premières saisons avaient compté 10 épisodes chacune, cette année, les spectateurs qui trouvaient le temps long depuis la mort de Matthew à Noël dernier n'en ont eu que 8 à se mettre sous la dent. Personnellement, j'ai trouvé qu'ils passaient très vite... parce qu'à un événement près, ils étaient tout à fait insubstantiels. 

Côté remaniement du casting: Mrs O'Brien disparaît dans la nuit dès les premières images; elle ne manquera à personne. Thomas la fait remplacer par Mrs Baxter dont il espère faire son espionne et qui ne se distingue guère, jusqu'à la toute fin de la saison, que par sa capacité à utiliser une machine à coudre. Le triangle amoureux Ivy-Alfred-Daisy est résolu, plus ou moins de force, par le départ du valet qui s'en va suivre des cours de cuisine à Londres (comme Ygritte Gwen s'en était allée pour devenir secrétaire à la fin de la saison 1). L'insupportable Edna fait une brève réapparition pour tenter de mettre le grappin sur Branson: ça sent méchamment le réchauffé. Sybil, décédée en couches, est remplacée dans le rôle de la benjamine impétueuse par la cousine Rose, personnage tête-à-claques et sans grand intérêt dont le but principal dans la vie semble être de faire enrager sa mère. Bref, rien de bien intéressant. 

L'un des fils conducteurs de cette saison, c'est la façon dont Lady Mary va tourner la page après le décès de son époux. Peu intéressée par son rejeton, elle passe le plus clair de son temps à s'occuper des affaires du domaine avec Branson et à repousser les avances de deux prétendants que j'ai eu beaucoup de mal à distinguer l'un de l'autre. Lady Edith, quant à elle, fait des projets d'émigration avec Michael Gregson: en Allemagne, celui-ci pourrait divorcer de sa femme malade mentale afin de l'épouser. Touchée qu'il soit prêt à bouleverser ainsi sa vie pour elle, Edith se donne à lui... et tombe enceinte du premier coup. Pas de bol. Dans la foulée, son galant disparaît dans la nature. Re-pas de bol. Alors, Edith se lamente sur sa malchance - oubliant avec l'égoïsme qui la caractérise qu'une de ses soeurs est morte et l'autre veuve. Si elle n'était pas aussi bien habillée, on lui mettrait volontiers des claques. 

Mais le gros choc de cette saison, la seule chose qui m'a sortie de la brume de plaisante indifférence dans laquelle me plongeait l'histoire jusque là, c'est le viol brutal subi par Anna à la fin de l'épisode 4. Bien que rien ne soit montré à l'écran, la scène est réalisée d'une façon poignante qui m'a laissée sonnée sur mon canapé. Au milieu de ce soap historique qu'est "Downton Abbey", où les grands drames ont un goût de too much qui les distancie de la vie réelle, cette agression - et la réaction d'Anna qui n'ose rien dire de peur des conséquences, mais qui se sent honteuse, souillée et désormais indigne de son époux - sonne horriblement vrai. Elle fournit également le seul véritable cliffhanger de la saison, la seule question qui demeure en suspens à la fin: Bates a-t-il ou non tué l'agresseur de sa femme? Pour ma part, je pense que c'était un accident, mais l'épisode de Noël nous dira sans doute de quoi il retourne. J'espère qu'il rachètera cette saison qui, bien qu'elle se laisse regarder sans déplaisir, m'est apparue comme extrêmement mollassonne. 

vendredi 30 août 2013

"Orphan black" saison 1



Jeune marginale d'origine anglaise, Sarah Manning vient de réapparaître après une absence de dix mois. Un soir, sur le quai d'une gare, elle assiste au suicide d'une inconnue qui lui ressemble trait pour trait. Elle s'empare de l'identité de cette dernière afin de vider ses comptes en banque et de pouvoir recommencer une nouvelle vie avec Felix, son frère adoptif, et Kira, sa fille de 7 ans. Mais la chose va se révéler plus difficile que prévu: Beth Childs était inspecteur de police, récemment suspendue pour avoir abattu une civile par erreur. Et surtout, il semble qu'elle ne soit pas le seul sosie de Sarah - et que quelqu'un ait décidé de toutes les éliminer. 

Clonage + usurpation d'identité, telle est la recette de cette nouvelle série au rythme haletant et au scénario bien ficelé. Même si la trame demeure assez classique et dépourvue d'intrigues secondaires, l'action et le suspens sont au rendez-vous tout au long de cette première saison. Tatiana Maslany se livre à un épatant numéro de caméléon en interprétant pas moins 7 personnages, et en parvenant à être crédible dans chacun de ses multiples rôles (y compris quand l'héroïne se fait passer pour un de ses alter ego et vice-versa). J'ai une affection toute particulière pour la mère de famille armée jusqu'aux dents qui part complètement en vrille à partir de l'épisode 6; Chouchou et moi en avons ri aux éclats malgré une ambiance globale plutôt sombre. Et je trouve intéressant que l'un des clones soit lesbienne: cela semble indiquer que les scénaristes considèrent l'homosexualité comme quelque chose d'acquis plutôt que d'inné. Les personnages secondaires sont assez réussis également, avec une mention spéciale pour la mère adoptive dont la perception ne cesse d'évoluer au fil des épisodes. Certes, l'histoire réserve quelques invraisemblances (même sans parler de la douleur, je doute qu'il soit possible de conduire une moto avec une barre en fer rouillé plantée dans le ventre), mais vu le sujet, la suspension d'incrédulité est de rigueur de toute façon.

La première saison d'Orphan Black compte 10 épisodes d'une quarantaine de minutes chacun. La deuxième saison sera diffusée aux Etats-Unis début 2014. J'ai déjà hâte. 

jeudi 20 juin 2013

Ces séries qui ne savent pas s'arrêter



Alors que nous attendons cette révélation depuis 8 saisons, je viens seulement de me rendre compte que nous n'avons pas regardé le dernier épisode de "How I met your mother" dans lequel la mère apparaît pour la première fois. C'est dire à quel point cette saison nous a gonflés. La série était clairement à bout de souffle depuis 2 ou 3 ans, mais cette année, les seules fois où elle m'a fait rire, c'est d'embarras pour les scénaristes qui se trouvaient réduits à inventer des inepties pareilles. 

Mais la télé n'est pas la seule concernée par ce phénomène des séries qui ont clairement dépassé leur date limite de consommation. Pour nos vacances en Finlande, j'avais emporté "Undead and unstable", le tome 11 des aventures de Queen Betsy - secrétaire au chômage écervelée et nombriliste devenue malgré elle reine de tous les vampires. J'avais adoré les 3 ou 4 premiers, trouvé les 3 suivants un peu plus mous et connu un regain d'intérêt avec la trilogie consacrée aux voyages interdimensionnels. Là... une horreur. Mauvais à pleurer. (ATTENTION: SPOILER!) Les personnages passent les trois quarts du bouquin à se disputer dans la cuisine de leur manoir, et à la fin, Betsy bute Satan. Voilà voilà voilà. 

A sa décharge, Mary Janice Davidson n'est pas le seul auteur incapable de résister aux sirènes d'un gros à-valoir et des supplications de fans qui en réclament toujours davantage. Je viens d'achever le tome 5 des Spellman, dont les premiers m'avaient littéralement fait pleurer de rire à une époque où j'avais plutôt tendance à sangloter de chagrin. Il est d'une platitude consternante, avec des personnages secondaires et des situations qui ont évolué dans le temps, mais une héroïne devenue une caricature d'elle-même et des ressorts dramatiques possédant tout le tonus d'un spaghetti trop cuit. Pourtant, un tome 6 est déjà annoncé... 

Ce mois de juin sera le premier depuis dix ans où je n'achèterai pas le nouveau Stephanie Plum. La chasseuse de primes maladroite du New Jersey m'a divertie jusqu'au 8ème tome de ses aventures rocambolesques, essentiellement grâce au trio amoureux qu'elle formait avec Morelli le flic et Ranger le mercenaire, tous deux sexy en diable. J'ai tenu 8 tomes de plus pendant lesquels Janet Evanovich s'est mise à faire de la soupe en recyclant toujours les mêmes blagues et les mêmes situations, avec des méchants de plus en plus ridicules. Mais l'an dernier, je me suis juré d'arrêter. Je trouve vraiment trop désespérant de voir péricliter une série que j'ai adorée. 

Et vous, quelles sont les séries - télé ou romans - dont vous pensez qu'elles auraient dû finir depuis belle lurette? 

jeudi 6 juin 2013

"Borgen: une femme au pouvoir" saison 1




Suite à une série de scandales ayant précédé l'élection du nouveau Premier Ministre danois, ce rôle échoit à Birgitte Nyborg, chef du parti modéré qui ne s'attendait pas vraiment à se retrouver dans une telle position. Si son étiquette de centriste lui permet de négocier avec les deux extrémités du spectre  politique, elle la prive en revanche d'alliances "naturelles" solides. Birgitte va donc avoir fort à faire pour accomplir la mission qu'elle s'est fixée en prenant la tête du gouvernement. Qu'est-elle prête à sacrifier à l'exercice du pouvoir: sa vie privée, son intégrité morale? 

"Borgen" n'avait a priori pas grand-chose pour me séduire. Je considère la politique comme un mal nécessaire dans la vie de tous les jours; je me tiens informée pour savoir à quelle sauce nos dirigeants prévoient de me manger, mais ça ne me passionne pas plus que ça. Pour me détendre, je préfère des sujets plus divertissants, des histoires qui me changent les idées fût-ce en massacrant un par un tous les héros auxquels j'ai fini par m'attacher

Pourtant, dès le deuxième des dix épisodes que comprend cette première saison, j'étais accro à "Borgen" justement à cause de son réalisme fascinant. Loin des effets dramatiques outranciers d'une série américaine, elle reste toujours très crédible. Comment composer avec un dictateur étranger qui envisage de passer à votre pays une commande de plusieurs milliards d'euros, à condition que vous extradiez un célèbre révolutionnaire dont il y a fort à parier que la capture signera son arrêt de mort? Tel est le genre de question auquel Birgitte doit répondre chaque jour. Et bien qu'elle lutte pour rester fidèle à ses idéaux, petit à petit, on la voit maigrir sous l'effet du stress, devenir de plus en plus dure, délaisser mari et enfants. 

Autour d'elle gravitent des acteurs du monde politique ou des médias dont le destin se retrouve intimement lié au sien. Katrine, une blonde et lisse journaliste de télévision, est tout entière dévouée à la vérité mais se heurte à une hiérarchie qui refuse d'outrepasser certaines limites. Kasper, l'arrogant spin doctor de Birgitte, ignore jusqu'à la signification du mot "scrupules" et refuse de parler de son passé. Il n'a qu'une faiblesse: Katrine, dont il fut le petit ami et qu'il aimerait bien reconquérir. Le lien qui les unit symbolise à merveille la dépendance conflictuelle entre la presse et le pouvoir en place. 

Par ailleurs, la série illustre très bien la fragilité de l'équilibre au sein des différents partis qui composent le gouvernement, ainsi que le jeu des attaques perpétuelles de l'opposition pour déstabiliser Birgitte. Obligée de ménager la chèvre et le chou dans le meilleur des cas, et de cautionner des choix qui lui répugnent dans le pire, celle-ci est soumise à une pression aussi constante qu'intense. Dix fois par épisode, je me dis que je ne voudrais de son boulot pour rien au monde. Par contre, la regarder se débattre afin de préserver ce qui lui est cher dans des circonstances qui, au fond, échappent grandement à son contrôle, est absolument passionnant. Je rempile volontiers pour la saison 2!

lundi 13 mai 2013

Il ne faut jamais faire confiance à un Belge


Je suis beaucoup plus difficile que Chouchou, notamment en matière de films et de séries télé. Par exemple, je ne supporte rien de trop violent ("Les Sopranos"), de trop déprimant ("Six feet under") ou de trop lent ("Mad Men"), et je n'aime ni les séries policières qui m'ennuient à mourir, ni les séries médicales forcément rebutantes pour une hypocondriaque. Du coup, c'est plutôt moi qui choisis ce qu'on regarde ensemble, et Chouchou profite de mes absences pour mater le reste tout seul. 

Le mois dernier, il s'est fait d'une traite la première saison d'une série danoise appelée "Borgen", et il a pensé que ça pouvait me plaire aussi, ne serait-ce que parce que l'action se déroule à Copenhague, ville où nous avons adoré notre séjour en 2008 et où nous espérons retourner très vite. Le pitch - une femme élue premier ministre à la surprise générale apprend à déjouer avec plus ou moins de succès les pièges du pouvoir - ne m'enthousiasmait pas spécialement, mais il ne me rebutait pas non plus. Pour une fois, j'ai donc accepté de faire un effort, et nous avons repris la série tout au début. 

Dans le deuxième épisode, l'héroïne, Birgitte Nyborg, a un entretien avec le Premier Ministre sortant pour discuter de la formation du futur gouvernement. L'assistante du type lui tend une assiette de biscuits en lui promettant qu'ils sont délicieux. Or, la pauvre Birgitte a passé toute la campagne à grignoter, si bien qu'elle ne rentre plus dans ses tailleurs. Pour reperdre du poids, elle a même imposé qu'on remplace les viennoiseries par des fruits bio dans les réunions de son propre parti. Du coup, elle tente de cacher son dépit en demandant comment s'appellent les fameux biscuits. Et là...




Moralité: Chouchou est un fourbe et un traître qui ne recule devant aucune bassesse pour faire passer son message biscuitier nationaliste.

mercredi 20 février 2013

"Gossip girl" saison 6


"Gossip girl" a été une série géniale pendant deux saisons. Mais dès que ses jeunes héros ont quitté le lycée, elle a entamé une spectaculaire dégringolade dans le grand n'importe quoi. Certes, quand on met en scène des ados pleins aux as dont le principal souci est de comploter les uns contre les autres, on ne peut pas s'attendre à obtenir un quota de réalisme ou de sérieux très élevé. Ces dernières années, "Gossip girl" a pourtant atteint des sommets de grotesque que seule "True blood" est, à ma connaissance, parvenue à dépasser. 

(Attention, spoilers!) La sixième et dernière saison, réduite à dix épisodes, poursuit sur la lancée des précédentes. Bart Bass, revenu d'entre les morts tel un super-hérosvilain de chez Marvel, se change en authentique monstre capable de tenter d'éliminer son propre fils. Pendant ce temps, Serena se fiance avec un ex de sa mère, dont la fille de 17 ans la déteste et sort de son côté avec Nate. Et Rufus, papa rockeur d'abord craquant puis réduit au rôle de potiche durant son mariage avec Lily, oublie cette dernière dans les bras d'Ivy qui pourrait être sa fille. J'avoue: mes yeux se mettaient à saigner un tout petit peu chaque fois que ces deux-là s'embrassaient. Pour le reste, c'était business as usual. Blair et Chuck continuaient à s'inventer des obstacles pour ne pas être ensemble, Serena et Dan jouaient au chat et à la souris, Nate ne servait à rien hormis faire beau et rester un exemple d'intégrité... ou pas. 

Mais quand même, je trouve que le dernier épisode ne rattrape pas trop mal toutes ces inepties. Entre la révélation de l'identité de Gossip girl - assez logique en fin de compte -, le mariage précipité de Chuck et Blair avant que la police les embarque tous les deux, et l'apparition-clin d'oeil de Kristen Bell dans son propre rôle, ce series finale en donne pour leur argent aux spectateurs qui ont eu le mérite de continuer à suivre jusque là. L'ultime scène nous projette 5 ans plus tard, au moment du mariage de Dan et Serena, nous permettant de revoir Jenny et Eric, mais pas Scott (qui se souvient seulement de lui?). Imaginons, si vous le voulez bien, la gymnastique mentale à laquelle doit se livrer Lily: "Aujourd'hui, la fille que j'ai eue avec mon mari n°1 (probablement devenu aussi mon mari n°7), épouse le fils de mon mari n°5, avec qui j'ai eu un autre  enfant qui est donc leur demi-frère à tous les deux. Assiste également à la réception le fils de mon mari n° 4 et 6, que j'ai enterré deux fois." Et moi qui croyais avoir eu une vie sentimentale agitée... Sinon, j'ai trouvé assez rigolo de voir le fils de Chuck et Blair, qui a visiblement hérité du goût vestimentaire un peu spécial de son papa. Et bien que souvent desservi par des histoires ridicules, Chair (Bluck?) restera un de mes couples télé préférés. 

mardi 8 janvier 2013

"Les revenants" saison 1




Dans une petite ville de montagne sise autour d'un barrage, plusieurs personnes mortes depuis des années refont leur apparition. Elles viennent juste de se réveiller, présentent la même apparence que de leur vivant et ne se souviennent de rien, pas même des circonstances de leur disparition. Pourtant, toutes sont décédées de manière violente, avant le terme naturel de leur existence. Elles n'ont qu'un désir: reprendre la place qui était la leur autrefois. Mais même quand il peine encore à faire son deuil, leur entourage a reconstruit sa vie en leur absence. Leur retour suscite donc moins de joie qu'il ne déclenche de problèmes - d'autant qu'il s'accompagne de phénomènes troublants: pannes d'électricité, grouillements d'insectes, baisse inexplicable du niveau d'eau dans le réservoir, animaux morts noyés en masse... 

Malgré des critiques dithyrambiques, j'ai hésité un petit moment avant de me lancer dans cette série française dont la 1ère saison, produite par Canal+, compte huit épisodes d'une heure environ. Je n'ai jamais aimé les films d'horreur, et je n'étais pas du tout d'humeur à me vautrer dans le macabre. Ca tombe bien: "Les revenants" est d'une sobriété exemplaire. Pour instaurer une atmosphère fantastique et distiller l'angoisse, la série ne s'appuie ni sur des effets spéciaux tape-à-l'oeil, ni sur l'imagerie populaire des spectres et des zombies, ni sur un excès de sang et de tripaille, mais sur une bande-son extrêmement subtile, un ciel constamment couvert et un décor urbain presque uniformément gris, les silences voir le mutisme de certains personnages et surtout un scénario en béton qui chatouille nos peurs les plus primaires. 

Les morts ne sont pas menaçants, mais leur réapparition suscite un profond malaise chez les vivants qui voient leur train-train bouleversé et leurs certitudes remises en cause. Certains réagissent de façon très violente. Tous ou presque sont liés entre eux, et tous ou presque possèdent un secret. Au fil des épisodes, les connexions se dévoilent, les pièces du puzzle s'assemblent pour former un tableau de plus en plus intrigant. Aucun personnage n'est tout à fait ce qu'il semble au premier abord, et aucun personnage n'est tout blanc ou tout noir. La plupart d'entre eux m'ont paru admirablement nuancés, avec une histoire et une personnalité fascinantes. 

Si la première moitié de la saison est trèèèès lente et intimiste, essentiellement axée sur l'aspect métaphysique du retour de Camille, Simon, Victor et Serge, la seconde moitié vire assez nettement vers le fantastique et l'action. J'ai trouvé la construction vraiment superbe; bien que l'ambiance rappelle parfois "Twin peaks" ou "Lost", ici, on a la très nette impression que les scénaristes savent exactement où ils vont. Par contre, le dernier épisode m'a laissée un sentiment mitigé avec son basculement de ton radical. Il aurait pu faire une excellente conclusion à la série pour peu que quelques questions en suspens aient été élucidées au passage. En l'état, il boucle cette première saison d'une manière qui ne laisse que peu de marge aux scénaristes pour enchaîner sur une deuxième. 

vendredi 4 janvier 2013

"Downton Abbey" saison 3




Je dois avoir des goûts bizarres. Autant j'avais aimé la saison 2 de "Downton Abbey", universellement décriée, autant je me suis ennuyée pendant cette saison 3 dont beaucoup considèrent qu'elle a parfaitement redressé la barre. 

(Attention, spoilers majeurs!) Matthew et Mary étant désormais mariés, il fallait trouver d'autres ressorts dramatiques. Mais les ennuis financiers de Robert ne m'ont arraché qu'un bâillement, tandis que le séjour en prison de Bates m'irritait au plus haut point. Alors, oui, j'ai été dûment choquée par la mort en couches de Sybil, et je me demande bien ce que la série va devenir sans Matthew qui décède dans un accident pendant la dernière minute de l'épisode de Noël. Mais je trouve dommage - et peu crédible - qu'après avoir étiré la saison 2 sur plusieurs années, les scénaristes choisissent de faire se succéder autant de bouleversements en l'espace de six mois. Les nouveaux personnages, notamment Albert, James et Ivy, censés apporter un peu de sang neuf dans les relations entre domestiques, ne m'ont pas emballée, et je me serais volontiers passée de la chipie de cousine Rose. 

Quelques bons éléments surnagent toutefois: l'inimitié qui oppose désormais O'Brien et Thomas, ce dernier parvenant même à susciter la sympathie à deux ou trois reprises (ce qui n'était vraiment pas gagné d'avance); la bataille entre Robert et Matthew pour la modernisation du domaine; le job d'éditorialiste d'Edith et ses sentiments naissants pour son rédacteur en chef marié; les réparties toujours savoureuses de Lady Violet; les échanges merveilleux entre Carson, le domestique plus royaliste que le roi, et Mrs Hughes qui trouve toujours le meilleur compromis entre conservatisme et bienveillance. C'est assez pour que je sois au rendez-vous devant la saison 4 à l'automne prochain. 

mardi 4 décembre 2012

"House of lies" saison 1




A la base, la seule raison qui nous a poussés à nous intéresser à "House of lies", c'est que nous étions en panne de séries à regarder, et que Kristen Bell (trop peu vue depuis "Veronica Mars") jouait dans celle-là. Le premier épisode nous a arraché de tels rugissements de jubilation que nous avons visionné les onze autres à la file, et que nous attendons impatiemment le début de la saison 2 en janvier prochain. 

"House of lies" suit dans leur vie professionnelle et privée quatre consultants en management. Marty Kaan est le chef de cette équipe qui passe son temps à sillonner les USA pour aller conseiller l'une ou l'autre grosse entreprise sur la meilleure stratégie à adopter. Dénué de scrupules dans son travail, il n'hésite pas à recourir aux tactiques les plus machiavéliques, à payer de son corps ou à faire chanter les cadres supérieurs hostiles à son plan. Son seul souci semble être de laisser la facture la plus astronomique possible au client. Et on ne peut pas dire qu'il traite ses jeunes collègues avec beaucoup de considération. 

Sorti de son boulot, c'est un personnage bien plus nuancé: traumatisé par le suicide de sa mère et divorcé d'une garce hystérique, il élève un petit garçon de dix ans très occupé à explorer son identité sexuelle. Et quand le proviseur l'appelle en pleine réunion de boulot pour lui dire que le jeune Roscoe a provoqué l'indignation générale en auditionnant pour le rôle de Sandy dans "Grease" ou en embrassant un autre garçon, Marty est toujours prêt à monter au créneau pour défendre son fils. Jamais il ne tente de le faire rentrer dans le moule, même pour se faciliter la vie. Bref, c'est un enfoiré qu'on n'arrive pas tout à fait à trouver détestable. 

Les agissements de son équipe sont le prétexte à une critique acerbe de l'Amérique capitaliste, ponctuée de scènes de sexe outrancières à souhait. Je suis fan des dialogues percutants et de ces moments où tout se fige autour de Marty pour lui permettre d'expliquer au spectateur la signification d'un terme technique. C'est rare que je tombe sur une série qui me fasse m'esclaffer et qui m'arrache des "Rhooooo, je n'en reviens pas qu'ils aient osé dire/faire ça!" deux ou trois fois par épisode. Comme quoi, parfois, le hasard fait bien les choses!

jeudi 8 novembre 2012

Je m'énerve


Je me réjouis de la réélection d'Obama, mais m'énerve quand même après les presque 48% d'Américains qui ont voté Romney: sérieusement, les gars - et surtout, les filles?

Je m'énerve contre les gens qui, connaissant mes convictions sur le sujet, tentent de me convaincre que mon père veille toujours sur nous de là-haut, et je mijote de balancer bien fort la porte de mon athéisme dans la figure du prochain qui osera me chanter le même refrain. 

Je m'énerve après ma mère qui m'appelle en pleine journée afin de se lamenter d'être un fardeau pour ma soeur mais qui, quand je suggère qu'elle pourrait s'occuper elle-même d'une partie des formalités liées au décès de mon père, se dépêche de changer de sujet. 

Je m'énerve après la Poste qui signale qu'un avis de passage a été déposé chez moi jeudi à 14h, puis que le colis correspondant m'a été livré à 15h45 le même jour, alors que je n'ai pas bougé de la journée ni entendu le moindre coup de sonnette ou vu l'ombre du plus minuscule facteur. 

Je m'énerve après les incohérences repérées dans le bouquin que je suis en train de traduire: ils foutent quoi, les relecteurs des maisons d'édition américaines?

Je m'énerve après les températures polaires de Bruxelles alors que techniquement, on est à peine au milieu de l'automne. 

Je m'énerve contre les scénaristes de "The Big Bang Theory" et "How I met your mother" qui nous livrent respectivement une saison atrocement plate et une saison carrément pathétique.

Mais quand je ne suis pas en train de m'énerver, je vois le visage de mon père partout, son visage d'avant la maladie, quand la chimio n'avait pas encore fait fondre ses chairs, cerné ses yeux et clairsemé ses cheveux, son visage de quand il lui arrivait encore de se marrer comme un sale gosse sous sa moustache. Et invariablement, je me mets à pleurer. 

Par chance, je passe la journée de lundi dans le train. Je suis sûre que la SNCF contribuera avec empressement à ma lutte anti-larmes. 

vendredi 12 octobre 2012

"The Bletchley Circle"



Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, quatre femmes ordinaires jouent un rôle primordial dans la victoire des Alliés en déchiffrant les messages codés de l'armée allemande. Neuf ans plus tard, Susan croit déceler un code derrière les agissements d'un tueur en série qui sévit à Londres. Elle tente d'abord de s'adresser à la police, qui ne lui prête qu'une oreille paternaliste et distraite. Alors, elle rallie ses anciennes camarades Millie, Jean et Lucy afin d'identifier elles-mêmes le coupable, quitte à provoquer bien des remous dans leur vie privée et à se mettre physiquement en danger... 

Je ne sais pas trop quoi penser de cette mini-série en 3 épisodes. Je l'ai trouvée bien écrite et bien jouée, avec des héroïnes très intéressantes qui devraient plaire à toutes les féministes. La plus mise en avant des quatre, Susan (à droite sur la photo), a un mari et des enfants mais refuse de se laisser enfermer dans sa condition d'épouse et de mère alors que, de par ses facultés de raisonnement, elle se sent capable d'arrêter un criminel responsable de nombreuses morts. Elle est consciente des risques qu'elle prend, et souvent morte de trouille, mais elle continue à s'obstiner, mue par son intelligence analytique autant que par son sens de la justice. 

Pour le reste, j'ai quand même quelques réserves. Le modus operandi très complexe du tueur m'a souvent semblé tiré par les cheveux, donc peu crédible. La révélation de son identité à la fin de l'épisode 2 prive toute la première moitié de l'épisode 3 du suspens qu'elle aurait pu conserver quelque temps encore. Et surtout, si le concept de profilage était encore nouveau au début des années 50, aujourd'hui, n'importe quel amateur de séries télé ou de cinéma en sait davantage sur ce sujet que la police de l'époque. Depuis "Le silence des agneaux", nous avons tous une vague idée de la façon dont fonctionnent les tueurs en série: en s'attaquant toujours au même type de victime, en observant des rituels immuables... Bref, la seule véritable originalité de l'histoire, c'est l'époque à laquelle elle se situe. 

Dernier détail: si, comme moi, vous êtes beaucoup plus habitué à l'accent américain qu'anglais, procurez-vous la série avec des sous-titres. Quand Susan se met à réfléchir très très vite à voix haute, j'ai souvent eu du mal à la suivre...

dimanche 30 septembre 2012

"Downton Abbey" saison 2


(Attention, spoilers!) 

Beaucoup de gens ont été un peu déçus par cette deuxième saison de "Downton Abbey" (8 épisodes "normaux", plus un double épisode de Noël). Ce n'est pas mon cas du tout; je pense même que je l'ai préférée à la première. D'abord, parce que j'avais eu le temps de m'attacher aux personnages. Ensuite, parce que la guerre de 14-18 fournit un excellent prétexte pour bouleverser le quotidien des personnages et faire évoluer ceux-ci de manière dramatique. Les deux filles cadettes de Lord Grantham sont saisies par le besoin de se rendre utiles tandis que l'aînée, confrontée à une rivale en amour, se révèle capable de passer outre l'incroyable égoïsme qui l'avait caractérisée jusque là. A l'inverse, la sympathie suscitée par Lord Grantham, sa femme et leur cousine Isobel se trouve quelque peu ternie quand le progressisme des deux premiers atteint ses limites et que la troisième devient agaçante à force de se mêler de tout, de croire tout savoir et de vouloir tout contrôler. 

Du côté des domestiques, Thomas le valet de pied reste toujours aussi haïssable, mais son acolyte O'Brien a su tirer la leçon du tragique incident de la savonnette et s'humanise quelque peu. La pénurie de personnel provoque un défilé de nouvelles têtes à l'histoire plus ou moins intéressante: Lang, un ancien soldat traumatisé par son passage sur le front, Jane, une veuve de guerre qui va représenter la tentation pour un des hommes de la famille, et surtout Ethel, une jeune femme délurée qui paiera très cher son envie de profiter de la vie (mais personnellement, elle m'a beaucoup agacée et j'espère bien ne plus jamais la revoir). Les démêlés de Bates avec son ex-femme et sa relation avec l'adorable Anna prennent un tour dramatique qui m'a arraché quelques larmes dans l'épisode de Noël. J'ai eu plus de mal à m'émouvoir pour le "faux" couple William-Daisy. 

Non, je ne me suis pas ennuyée le moins du monde pendant cette deuxième saison. Mais elle m'a quand même posé deux gros problèmes. D'abord, les ficelles énormes dont usent les scénaristes pour résoudre les imbroglios dans lesquels ils se sont fourrés. Le paralytique remarche tout à coup, l'obstacle au mariage du couple-vedette a le bon goût de mourir de la grippe espagnole. Un peu facile, non? Ensuite, l'étrange stase temporelle dans laquelle semblent vivre les personnages. Sept ans "historiques" se sont écoulés depuis le début de la série, et personne n'a vieilli d'un poil, pas même Sybil qui est censée avoir 21 ans en 1919 et qui devait donc en avoir seulement 14 à l'époque du naufrage du Titanic! Les fiançailles de Mary avec Jorah Mormont l'infâme sir Richard s'éternisent pendant trois ans, alors que selon les critères de l'époque, on doit commencer à la considérer comme une vieille fille. Si la série continue à progresser au même rythme, il faudrait que la vie de ses personnages suive un peu le mouvement!

Malgré tout, je me réjouis de pouvoir enchaîner directement sur la saison 3 dont la diffusion a commencé mi-septembre. Et pour conclure, je n'aurai que deux mots...