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mercredi 1 mai 2019

SPOILERS: Pourquoi j'ai été hyper déçue par l'épisode 3 de la saison 8 de "Game of Thrones"


The Night King is not impressed, and neither am I

La semaine dernière, j'ai A-DO-RE l'épisode 2: 10 ans d'investissement émotionnel dans les personnages qui payaient de la plus belle des façons, avec ce qui ressemblait fort à un très émouvant au revoir général avant le massacre. Connaissant la propension de la série à surprendre ses spectateurs (même s'il n'y a en vérité eu aucun gros coup de théâtre depuis le Red Wedding à la fin de la saison 3), j'avais peur pour tous nos héros. Je me préparais à regarder mourir héroïquement les trois quarts d'entre eux, et d'un côté j'aurais été super triste, mais de l'autre, j'aurais trouvé ça normal et logique. 

mercredi 23 mai 2018

Pourquoi "La casa de papel" est une mauvaise série (et pourquoi je l'ai adorée quand même)




"La casa de papel", c'est la série dont tout le monde parle depuis trois mois sur les réseaux sociaux, celle que les gens binge-watchent avec un tel enthousiasme que ça a fini par m'intriguer suffisamment pour que j'y jette un coup d'oeil - et que, malgré des défauts hurlants, je ne décroche pas avant d'être arrivée au bout des deux saisons. 

Si vous avez réussi à passer au travers jusqu'ici, en gros, c'est l'histoire de 8 braqueurs qui ont pris des noms de grandes villes pour protéger leur anonymat et qui, sous la houlette d'un mystérieux génie répondant au sobriquet d'El Profesor, montent le casse du siècle à la Fabrique Nationale de la Monnaie espagnole. Un casse qui va durer plusieurs jours et durant lequel ils garderont plus de 60 personnes en otage afin de garantir la bonne exécution de leur plan tordu à souhait...

vendredi 9 mars 2018

"The official grimoire: A magickal history of Sunnydale" (A.M. Robinson)


Du temps où "Buffy contre les vampires" passait sur M6, j'ai traduit pas moins de 34 romans dérivés, plus 4 guides de la série télé. C'est dire si je suis attachée à cet univers et à ses personnages. Comme on peut facilement le deviner si on me connaît un peu, je m'identifiais à fond à Willow, qui connaît la meilleure évolution de toutes au fil des 7 saisons (partiale, moi?). Aussi, j'ai été ravie d'apprendre la sortie d'un très beau livre - pas encore traduit en français -, moitié journal de bord et moitié grimoire magique, qui retrace l'évolution de ma sorcière préférée depuis la mort d'Angel à la fin de la saison 2 jusqu'au moment où toute la bande s'apprête à affronter le First Evil dans le finale de la série. Le texte très soigné fait référence aux principaux événements survenus dans ce laps de temps et montre de quelle façon chacun d'eux influence Willow. Peu à peu, on voit l'adolescente timide du début prendre de l'assurance, oser s'en remettre de plus en plus à la magie et finir par basculer du mauvais côté, puis en revenir péniblement. Les annotations humoristiques de ses amis (rédigées dans autant de calligraphies différentes) parsèment les marges, et l'ensemble est abondamment illustré de dessins ainsi que de quelques photos et éléments collés par-ci par-là. 13 ans après l'arrêt de cette série qui a tant marqué son époque et le paysage télévisuel, j'ai pris énormément de plaisir à me replonger dedans grâce à "The official grimoire: A magickal history of Sunnydale".





mercredi 7 mars 2018

"Everything sucks"


En 1996, dans l'Oregon. Trois "nerds" nommés Luke, Tyler et McQuaid font leur rentrée en 3ème au lycée de Boring. Au club d'audiovisuel où ils se sont inscrits, Luke craque pour Kate, la fille du proviseur, qui se demande si elle ne serait pas lesbienne. Très vite, ils réussissent à se mettre à dos les caïds du club de théâtre. Mais les membres des deux associations vont devoir oublier leur rivalité pour tourner un film ensemble...

10 épisodes de 25 minutes dévorés en 3 soirées: pas de doute, j'ai adoré "Everything sucks". A l'opposé total du nihilisme de "The end of the f***cking world", cette série présente des personnages attachants au comportement réaliste, évoluant dans une atmosphère bienveillante. Ce qui ne signifie pas que tout se passe toujours bien pour eux - comme le titre l'indique. 

vendredi 22 décembre 2017

[BRUXELLES] Avant-première de "Bron/broen" saison 4 au Bozar




Du 14 au 19 décembre, le Bozar accueillait "Are you series", un festival international dédié aux séries télé. Grands fans de "Bron/broen" (sans conteste ma série préférée des dix dernières années), nous ne pouvions pas manquer cette occasion de voir en avant-première les deux premiers épisodes de la saison 4 qui sera diffusée à partir du 1er janvier, mais aussi de rencontrer les deux acteurs principaux Sofia Helin et Thure Lindhart. Nous nous sommes donc inscrits sur le site pour la projection gratuite de dimanche dernier. A partir de 19h, le Bozar offrait un apéro aux participants à l'événement - enfin, le bar était payant, mais on n'allait pas chipoter. Après avoir déposé nos manteaux au vestiaire, mangé deux bouts de quiche, bu un verre de vin blanc et fait des Photomaton dans la cabine publicitaire, nous sommes allés nous installer dans la salle une demi-heure avant le début pour être sûr d'avoir de bonnes places - j'aime bien être près de l'écran au cinéma, genre au 5ème rang, et là, en plus, c'était nécessaire pour avoir de bonnes photos de l'interview d'avant la projection. 

lundi 18 décembre 2017

"Dark", la série fantastique qui retourne les méninges


Dans une petite ville d'Allemagne de l'Ouest perdue au coeur d'une épaisse forêt, plusieurs disparitions d'enfants exacerbent les tensions qui existent depuis toujours entre quatre familles locales. Très vite, il apparaît que le problème se répète tous les 33 ans, et qu'il est probablement lié à la centrale nucléaire voisine sous laquelle passe un dédale de souterrains...

J'ai lu plusieurs articles qui comparaient "Dark" à "Stranger things", alors que franchement, le seul point commun entre les deux séries, c'est qu'une partie de "Dark" se déroule dans les années 80 avec son cortège de tubes sautillants et d'objets emblématiques tels que le Rubik's Cube ou les Raiders. Et, oui, "Dark" aussi est une série fantastique - dans les deux sens du terme. Mais ici, l'élément surnaturel n'est pas une fin en soi: c'est juste un ressort narratif qui permet de mettre en scène un étourdissant ballet psychologique et d'illustrer le principe déterministe selon lequel l'Homme est incapable d'échapper à sa propre nature.

mardi 29 août 2017

"Game of Thrones": impressions sur la saison 7 (avec des tonnes de SPOILERS dedans)



La septième et avant-dernière saison de "Game of Thrones" vient juste de s'achever, et elle a été plus qu'un peu particulière. D'abord parce qu'on a largement dépassé ce qui est écrit dans les livres, et que l'histoire est désormais une découverte pour tout le monde. Ensuite parce qu'après de longues années à parler de l'arrivée de l'hiver et à voir se profiler la guerre contre les zombies des glaces, on aborde enfin l'affrontement final. Les personnages éparpillés sur deux continents depuis le début convergent les uns vers les autres pour des rencontres très attendues. 

vendredi 14 juillet 2017

"One day at a time" saison 1




Ex-infirmière dans l'armée américaine, Penelope Alvarez est retournée à la vie civile après une campagne en Afghanistan durant laquelle elle a été blessée à l'épaule. Elle a dû se séparer de son mari Victor, également soldat et souffrant de SPT, et élève désormais ses enfants Elena et Alex avec l'aide de sa mère cubaine, Lydia...

mardi 29 novembre 2016

"Gilmore girls: A year in the life"




Au début du millénaire, j'ai fait partie des fans de la première heure de "Gilmore girls" - enchantée par le débit de mitraillette de Lauren Graham, les références culturelles tous azimuts d'Amy Sherman-Palladino, l'atmosphère de Stars Hollow et la dinguerie des personnages secondaires. Une année après l'autre, j'achetais les coffrets DVD américains lorsqu'ils sortaient, je me rationnais pour ne pas les visionner trop vite, puis je devais attendre l'automne suivant. Comme beaucoup de fans, j'ai été déçue par la 7ème et dernière saison dont la créatrice avait été évincée, et je brûlais d'envie de connaître les fameux "quatre derniers mots" par lesquels elle avait toujours voulu conclure sa série. J'ai longtemps espéré une suite sans trop y croire, et depuis que la confirmation du tournage de "A year in the life", j'étais partagée entre mon impatience de retrouver Lorelai, Rory et Cie et ma crainte que la magie ne soit plus au rendez-vous (comme avec le Veronica Mars movie qui m'avait fait un choc dans le mauvais sens du terme). Alors, ce revival, qu'est-ce que j'en ai pensé? 

ATTENTION: SPOILERS. 
PLEIN. 
VOUS AUREZ ETE PREVENUS.

Ce que j'ai beaucoup aimé:
- L'idée de calquer les 4 épisodes sur le rythme des saisons. Ca permet de varier les tenues, les ambiances et les activités à Stars Hollow, et puis aussi de sentir le temps passer sur un format qui n'est pas celui auquel la série nous avait habitués, d'autant que tous les épisodes ont été disponibles en même temps et que les fans ont tous dû les dévorer assez vite. 
- Le traitement de la disparition de Richard, ses obsèques, la nouvelle vie d'Emily en tant que veuve, le chagrin de Lorelai qui s'était pourtant souvent clashée avec son père. C'est la note la plus grave de "A year in the life", la plus réaliste aussi. J'ai trouvé qu'elle touchait juste, et constituait en outre un bel hommage à Edward Hermann.
- Rory qui, d'élève brillante dont on pensait qu'elle aurait toute la presse à ses pieds, est devenue une journaliste freelance qui galère comme tout le monde. Ca aussi, c'est une touche de réalisme bienvenue qui contrebalance le côté "conte de fées moderne" de la série, lequel pourrait finir par agacer autrement. (Par contre, comment une trentenaire soi-disant fauchée fait-elle pour passer sa vie à sauter au dernier moment dans un avion pour Londres?)
- La thérapie d'Emily et Lorelai. Si beaucoup de temps a passé, l'incompréhension fondamentale entre mère et fille demeure. Le plus souvent aussi comique que grinçante, elle devient parfois dramatique, voire carrément terrible comme lorsque Lorelai soûle évoque des souvenirs inappropriés de son père ou lorsqu'elle s'écharpe avec sa mère dans la cuisine, qui a toujours été le théâtre de leurs plus grands affrontements. 
- Toutes les scènes avec Paris. Mettons que je ne me rende pas compte que le personnage ressemble à une version légèrement plus jeune et plus caféinée de moi-même. Une décennie après la fin de la série, Paris Geller, sainte patronne des personnalités de type A, est toujours aussi terrifiante et hilarante. (Et puis la nouvelle coupe de cheveux de Liza Weil lui va super bien.)
- Le running gag du wifi au diner de Luke, et la vraie raison pour laquelle il ne fonctionne pas.
- Revoir tout le monde, ne fût-ce que l'espace d'une scène. Dans le Veronica Mars movie, j'avais trouvé que ce fan service faisait atrocement artificiel. Là, à la fois parce qu'il y a plus de temps à l'écran et parce qu'il est plus facile de justifier que les personnages secondaires soient toujours dans la vie des héroïnes, ça passe très bien, et ça contribue même à l'atmosphère un peu hors du temps de Stars Hollow: une fois qu'on habite là, pourquoi voudrait-on en bouger? Sauf évidemment si on est ce traître de Michel. Bonus: on découvre enfin que Lane a un père!
- Les cameos des acteurs de "Bunheads" (l'autre série d'Amy Sherman-Palladino) et de "Parenthood" (dans laquelle Lauren Graham a joué une mère assez différente pendant 6 ans après "Gilmore Girls"). Ca donne au revival un petit côté familial plus qu'approprié. 

Ce que je n'ai pas aimé:
- La relation ridicule de Rory avec Paul. Je comprends bien que c'était censé faire rire, mais le gag récurrent du petit ami que tout le monde oublie, y compris sa copine, tombe très vite à plat. Et puis ça ne ressemble pas du tout à Rory de traîner presque 3 ans à ses basques un type dont elle n'a rien à faire et ne voit jamais. 
- Le manque de communication dans le couple Lorelai-Luke. Sérieusement, quels quasi-quadragénaires a priori disposés à avoir des enfants ensemble passent 9 ans sans aborder le sujet une seule fois? Je comprends que si enfants supplémentaires il y avait eu, toute la dynamique de la série s'en serait trouvée modifiée. Mais j'aurais préféré une explication plus crédible à leur absence que "On a juste oublié d'en parler". Et puis Luke qui ne dit pas à Lorelai qu'il s'est laissé entraîner dans des visites de locaux commerciaux par sa mère, Lorelai qui laisse Luke croire qu'elle continue la thérapie avec sa mère alors qu'elle y va seule... WTF, people? C'est un miracle que vous ayez tenu ensemble aussi longtemps.
- La relation secrète de Rory avec Logan. J'ai bien failli m'étrangler de dépit en découvrant ça. Ce gosse de riches trop gâté et irresponsable n'était déjà pas pour elle quand elle avait 20 ans; il l'est encore moins maintenant qu'elle en a 32 et qu'il est fiancé à une autre. Il a proposé de l'épouser et elle a refusé, alors pourquoi se la joue-t-elle plan-cul désinvolte avec lui tout en attendant visiblement autre chose?
- La comédie musicale. Ca occupait un trop gros bout de l'épisode "Eté". Même si ça justifie la présence de Sutton Foster et si la chouette chanson de la fin fait écho aux sentiments de Lorelai d'un façon assez poignante. 

...Mais tout ça, c'est pour les trois premiers épisodes, qui ont leurs hauts et leurs bas en restant néanmoins toujours agréables à regarder. Le quatrième et dernier épisode, "Automne"? Ne cherchez pas: il est PAR-FAIT. Une fin meilleure que tout ce que j'aurais pu souhaiter ou imaginer. Une heure et demie d'émotion pure, le coeur gonflé et les larmes au bord des yeux. L'épiphanie de Lorelai en pleine cambrousse, et le coup de fil qu'elle passe à sa mère pour lui raconter son souvenir préféré de Richard. La folle équipée de la Life and Death Brigade, et les adieux de Rory à Logan et ses amis le lendemain matin. La grande tirade affolée de Luke dans la cuisine, quand il croit que Lorelai va le quitter. L'entretien avec une trophy wife pendant lequel Emily envoie bouler les horribles bonnes femmes des DAR, et la façon dont elle change radicalement de vie. Rory retournant écrire le début de son livre dans la maison vide de ses grands-parents où résonnent les voix du passé.  La conversation de Rory et Dean à l'épicerie, quand elle rend hommage au merveilleux petit ami qu'il a été. Enfin, le mariage tant attendu de Lorelai et Luke - nocturne, onirique, juste merveilleux.

Il y a tout dans cet épisode: le temps qui passe, les choses qui restent les mêmes et celles qui changent irrémédiablement, les décisions difficiles auxquelles on doit faire face, les questions auxquelles on doit trouver les réponses dans la douleur. La vie, quoi. Je n'aurais vraiment pas pu rêver mieux. N'en déplaise aux gens frustrés par les fameux quatre mots - et même si les Gilmore girls me manqueront beaucoup -, une autre suite ne pourrait que gâcher cette conclusion parfaite.

dimanche 16 octobre 2016

"The Good Place"




Eleanor Shellstrop, qui vient de mourir, débarque au Bon Endroit. Dans ce paradis de poche réservé à l'élite de l'humanité, on ne trouve que des gens à la moralité sans tache, ayant oeuvré toute leur vie pour le bien commun. Les autres atterrissent au Mauvais Endroit, un lieu effrayant qui résonne de leurs hurlements. Le Bon Endroit est géré par son architecte Michael avec l'aide de Janet, une entité omnisciente qui a parfois un peu de mal à adopter un comportement humain. Ses occupants reçoivent un logis en tout point conforme à leurs goûts et sont appariés avec leur âme soeur. Pour Eleanor, il s'agit de Chidi, un professeur d'éthique sénégalais. Mais dès le lendemain de son arrivée, des incidents bizarres commencent à se produire au Bon Endroit. Car en réalité, il y a eu erreur sur la personne. Eleanor n'était pas une avocate qui se battait contre la peine de mort, comme Michael en est persuadé, mais une commerciale égoïste et dépourvue d'éthique qui passait son temps à mal se conduire avec tout son entourage. Pour ne pas être démasquée et envoyée au Mauvais Endroit, elle réclame l'aide de Chidi, qui tente de lui apprendre à devenir une personne décente...

C'est au sens le plus large que j'emploie le mot "paradis": dans "The good place", il n'est question d'aucune religion. D'ailleurs, les gens choisis par Michael ont des origines culturelles très variées. Par contre, ils sont tous jeunes, beaux et minces, parce qu'il ne faut pas non plus abuser de la diversité, et Michael et son assistante sont évidemment blancs comme des bidets. Quant aux couples d'âmes soeurs, j'attends encore d'en voir un qui ne soit pas hétéro. Et je trouve ça vraiment dommage, parce que la série possède par ailleurs une fraîcheur assez délirante qui me plaît beaucoup. Chaque épisode d'une grosse vingtaine de minutes se termine, comme "Alias" en son temps, par un cliffhanger qui fait le raccord direct avec le suivant. Bon, après, c'est de la pure comédie qui ne cherche pas vraiment à faire passer un quelconque message: juste à divertir. En ce qui me concerne, elle y parvient assez bien pour que j'espère sa reconduction l'année prochaine. 

jeudi 25 août 2016

"Grace and Frankie" saison 1


Epouses de deux avocats associés, Grace et Frankie se supportent à grand-peine depuis plusieurs décennies. Mais le jour où leurs maris respectifs annoncent qu'ils ont une liaison depuis vingt ans et qu'ils les quittent pour vivre enfin en couple, les deux femmes sont forcées d'emménager ensemble dans la maison de plage qu'ils avaient achetée en copropriété. L'une est la très chic fondatrice d'un empire cosmétique dont elle demeure l'image publique, l'autre une artiste au tempérament bohémien qui pratique la méditation et fume des pétards. La cohabitation s'annonce explosive... 

Dès le générique très réussi, qui présente les bases de la série sous forme d'une animation de figurines de gâteau de mariage, j'ai pensé que j'allais bien me marrer. Et j'étais passablement à côté de la plaque. Oh, certes, "Grace and Frankie" ne manque pas de moments drôles. Mais plus qu'une simple comédie, c'est l'histoire poignante de deux septuagénaires qui se retrouvent confrontées à une brusque solitude et réalisent que, sans leurs époux respectifs, elles sont devenues invisibles pour la société. Si le sujet n'est pas précisément hilarant, la série sait trouver l'équilibre délicat entre humour et émotion pour donner à l'ensemble un ton doux-amer plutôt que déprimant. Jane Fonda et Lily Tomlin, qui incarnent les deux héroïnes et sont également productrices associées, se montrent épatantes de bout en bout malgré un scénario parfois mollasson (problème qui, paraît-il, s'arrange dans la deuxième saison), et on ne tarde pas à s'attacher à elles. Franchement, si j'arrive à 70 ans avec la moitié de la sagesse bougonne de Frankie et une aussi belle crinière grise, je considèrerai que j'ai réussi ma vie. 

2 saisons de 13 épisodes chacune disponibles sur Netflix, et une 3ème prévue pour le printemps 2017.

samedi 23 juillet 2016

"Stranger things"


Je ne suis pas ce qu'on appelle un bon public. Je râle contre le déjà vu et revu, les incohérences du scénario, les fins prévisibles, les morales faciles et les propos creux. Je suis incapable d'apprécier un film "juste pour le fun". Et j'ai du coup une culture cinématographique assez misérable. Par exemple, je n'ai vu quasiment aucun des grands films fantastiques des années 80. "E.T.", "Les Goonies", "Poltergeist", "Les griffes de la nuit", "Carrie", "Prédateur"... Je sais de quoi ils parlent, et ça s'arrête là. Quelles étaient donc les chances pour que j'apprécie une série télé dont l'argumentaire principal est de compiler les éléments les plus marquants des films en question? Nulles, ou presque. Mais depuis sa sortie en bloc sur Netflix le 15 juillet, tout mon entourage s'enthousiasmait pour "Stranger things", et nous n'avons pas grand-chose à nous mettre sous la dent en ce moment, alors je me suis dit que peut-être, sur le facteur nostalgie, ça avait une chance de fonctionner. 

Et ça a fait mieux que fonctionner: ça m'a complètement emballée. Peut-être parce que dès la scène de pré-générique du pilote, les jeunes héros, qui ont pile le même âge que moi en 1983, jouent à Donjons & Dragons qui va servir de référentiel pendant toute la série - ce qui a très fort facilité mon identification. Peut-être parce que les personnages sont tous hyper-attachants et les acteurs fantastiques de bout en bout (même si je trouve que Winona Ryder en fait un poil trop dans le registre de la mère hystérique de l'enfant disparu). Peut-être grâce à la bande-son qui m'a très efficacement renvoyée à mon adolescence. Peut-être parce que, même archi-convenue, l'histoire est sacrément bien troussée, et le rythme dosé juste comme il faut pour qu'on ne s'ennuie pas. Peut-être parce que j'ai eu l'impression d'être dans un roman de Stephen King correctement adapté à l'écran, pour une fois. Bref, j'en suis la première surprise, mais j'ai adoré "Stranger things", la série fun de l'été. (8 épisodes de 45 mn, tous disponibles sur Netflix.)




mercredi 23 mars 2016

"Trapped"




Alors qu'un ferry en provenance de Copenhague s'apprête à débarquer ses passagers dans la petite ville de Seydisfjördur, en Islande, un corps amputé de sa tête et de ses membres est repêché dans le port. Une violente tempête de neige survient dans la foulée, coupant la communauté du reste du monde. Les problèmes s'enchaînent, les victimes se multiplient, la panique couve, et les trois policiers locaux se démènent pour démêler les fils d'une affaire bien plus complexe qu'il n'y semble au premier abord... 

Je n'aime ni les enquêtes policières, ni les séries au rythme lent, ni les atmosphères plombantes. Bizarrement, ça ne m'a pas empêchée d'adorer les trois saisons de "Bron/broen". Alors, malgré l'absence de Saga Noren (et aussi un peu parce que nous traversions une période de grande disette), j'ai donné sa chance à "Trapped", récemment diffusé en VF sur France 2. A la fin du premier épisode, je me disais "Ouais, c'est pas mal, continuons"; à la fin du deuxième, j'étais accrochée aux coussins du canapé et je ne vivais plus que pour l'heure du dîner. Nous avons regardé les 7-8-9 d'un coup samedi soir (et nous aurions sans doute enchaîné sur le 10 si nous l'avions eu sous la main), alors qu'ils durent 52 mn chacun et que j'ai d'ordinaire beaucoup de mal à rester devant la télé plus d'une heure d'affilée. 

Qu'est-ce qui a donc rendu "Trapped" si accrocheur pour la spectatrice ultra-difficile que je suis? D'abord, j'aime la Scandinavie d'amour, et je suis toujours ravie d'aller y faire un tour en mots ou en images. Je ne voudrais pour rien au monde me retrouver coincée au bout du monde dans une tempête de neige, mais il faut avouer que ça instaure d'emblée une atmosphère oppressante. Malgré un très grand nombre de scènes intimistes entre personnages plutôt taiseux, la tension dramatique savamment dosée ne retombe jamais tout au long de la saison. Ici, même les silences sont lourds de signification; les absences dessinent des actes en creux, et la trame de l'histoire se devine dans les espaces négatifs. 

Ensuite, si les personnages secondaires les plus antipathiques sont souvent caricaturaux, les héros, bien qu'appartenant indéniablement au camp des gentils, possèdent chacun leur part d'ombre et de mal-être. J'ai apprécié qu'ils ne soient pas interprétés par des acteurs au physique hollywoodien; à mon sens, ça les rend bien plus attachants et crédibles. La situation les oblige à se mettre en danger jusque dans leur vie privée, à s'impliquer d'une façon personnelle et douloureuse qui contribue à élever les enjeux sans recourir à des ressorts scénaristiques artificiels. Du coup, on marche à fond sans jamais avoir l'impression de se faire balader. 

Enfin, l'histoire bien construite se révèle petit morceau par petit morceau pour former un tableau cohérent et pas du tout improbable. Elle aborde de nombreux dilemmes moraux, et pousse notamment à s'interroger sur ce qu'il convient de favoriser: la loi ou la justice? Bref, "Trapped" est une série intelligente comme on aimerait en voir plus souvent. Dommage que son concept même permette difficilement d'envisager une seconde saison.

mardi 29 décembre 2015

"Jessica Jones"



Oui: encore du Marvel porté à l'écran; encore une histoire de super-héros. Mais ici, on oublie les combinaisons en lycra moulantes, les pouvoirs flashy, la nette prédominance masculine, les méchants manichéens qui veulent juste devenir maîtres du monde et les gentils altruistes qui cherchent juste à les en empêcher. Jessica Jones est détective privée, le genre alcoolique qui moisit dans un bureau miteux d'un quartier glauque de New York. Souffrant de syndrome post-traumatique, elle n'aspire à sauver personne d'autre qu'elle-même - ce qui n'est déjà pas simple quand tout lui rappelle avoir été manipulée de la plus horrible façon par l'effrayant Kilgrave. Pour la protéger, elle a éloigné d'elle l'unique personne qu'elle aime vraiment: sa soeur adoptive Trish, célèbre présentatrice d'une émission de radio à succès. Mais un jour, Kilgrave ressurgit dans sa vie d'une façon si choquante que Jessica n'a plus le choix. Pour se libérer de son emprise, elle va devoir le traquer et l'empêcher de nuire définitivement. Le problème, c'est que son ennemi peut obliger n'importe qui à exécuter ses volontés les plus atroces...

Parmi les gens de mon entourage qui ont regardé "Jessica Jones", je n'ai vu que deux types de réaction: on adore ou on déteste. Il faut dire que l'atmosphère de la série est excessivement noire - d'entrée de jeu, un générique très réussi donne le ton tout en rappelant les origines bédéesques du personnage; la première moitié des 13 épisodes a un rythme dont la lenteur peut agacer, et quand l'action commence enfin à se précipiter, ça devient très gore par moments. Donc, je comprends qu'on puisse ne pas accrocher. Mais à côté de ça, le thème du viol est traité d'une façon magistrale à travers les pouvoirs mentaux de Kilgrave. La notion de consentement, les effets à long terme sur les victimes sont explorés de manière imagée et particulièrement frappante. Je trouve que "Jessica Jones" mériterait d'être vu rien que pour ça. 

Cela dit, les autres éléments qui la composent ne déméritent pas. Krysten Ritter, jusque là surtout vue dans des rôles de jeunes femmes farfelues, campe une héroïne superbement tourmentée par ses démons; David Tennant alias Kilgrave réussit à être flippant à souhait tout en inspirant une pointe de doute et parfois même de pitié au spectateur; Rachael Taylor est parfaite en présentatrice radio sans pouvoirs, mais pourvue d'un coeur d'authentique héroïne et du tempérament badass qui va avec; Mike Colter ne fait pas précisément mal aux yeux et aura, en tant que Luke Cage, sa propre série Netflix un peu plus tard; Carrie-Anne Moss est l'avocate lesbienne über-bitch qu'on aime trouver aussi détestable qu'un homme de pouvoir le serait à sa place (dans le comics, son personnage est d'ailleurs de sexe masculin).

Certes, l'histoire comporte quelques incohérences et une intrigue secondaire dont je me serais personnellement passée, mais j'ai adoré la façon dont la tension s'épaissit d'épisode en épisode, et les dilemmes présentés sont parfois tout à fait épouvantables. C'est aussi très agréable d'avoir une série complète en 13 épisodes, sans devoir attendre un an pour obtenir des réponses aux questions laissées en suspens. Il est néanmoins possible que "Jessica Jones" revienne ultérieurement sur Netflix - et si c'est le cas, je serai au rendez-vous!

jeudi 24 décembre 2015

"The affair" saison 2


Dans la première saison de "The affair", Noah Solloway, un écrivain new-yorkais marié et père de quatre enfants, entamait une liaison de vacances avec Alison Bailey, une serveuse de Montauk paumée depuis la mort de son jeune fils. Dans la deuxième saison, les héros ont quitté leurs conjoints respectifs pour refaire leur vie ensemble. Assez vite, il apparaît que sorti de leur passion charnelle, ces deux-là n'ont pas grand-chose à faire ensemble, et leur relation de couple "installé" devient aussi problématique sinon davantage que celle qu'ils avaient avec leur partenaire précédent. Parallèlement, quelques années plus tard, l'enquête sur la mort de Scott Lockhart se poursuit, et l'avocat engagé pour défendre Noah met à jour des éléments très troublants...

La grande nouveauté de cette deuxième saison, c'est que deux nouveaux points de vue viennent s'ajouter à ceux de Noah et d'Alison: ceux de leurs ex Helen et Cole. Excellente idée, car cela permet d'éviter que le concept ne s'enlise en présentant l'autre son de cloche sur l'échec de chaque mariage et les conséquences de l'infidélité pour les deux conjoints abandonnés. Helen s'humanise considérablement, tandis que Cole apparaît comme un être tourmenté et plus complexe qu'au premier abord. Au final, ils sont les grands gagnants de cette deuxième saison, à la fois dans leur vie personnelle et dans l'estime du spectateur. Pendant ce temps, on désespère de voir Noah et Alison se fourvoyer avec une constance admirable, en prenant toujours la pire décision possible. Noah, que je trouvais juste agaçant dans la première saison, se conduit jusqu'à la dernière minute de la deuxième comme un insupportable connard guidé uniquement par son orgueil et sa libido. Alison demeure insondable mais devient un peu pénible dans sa passivité, son silence et sa propension à s'attirer des ennuis. Ensemble, ils sont incroyablement tête-à-claques.

Outre le fait qu'elle aborde la deuxième étape de leur histoire - après la liaison clandestine, l'officialisation et la reconnaissance de leur couple -, cette saison s'attaque franchement à l'aspect procedural qui n'avait été qu'effleuré jusque là. Nous savons désormais qui est mort à Montauk; reste à découvrir les circonstances du crime, l'identité de l'assassin et son mobile. Je craignais que les scénaristes, ayant une troisième saison assurée, ne nous fassent languir jusque là, mais non: le finale apporte la réponse à toutes ces questions, une réponse qui place les héros dans une situation ultra-délicate. Comment vont-ils se sortir de là? Je pense que la troisième saison aura fort à faire pour nous le montrer. En résumé, cette deuxième saison amorce un virage assez radical, accompagné d'un changement de ton et d'atmosphère qui peut désarçonner. Mais de mon point de vue, elle reste assez intrigante et bien ficelée pour conserver tout mon intérêt.

lundi 7 décembre 2015

"Bron/broen" saison 3




Deux ans. Deux ans que j'attendais la suite de cette magistrale série policière, partagée entre l'impatience et l'appréhension: sans Martin Rhode, la moitié danoise du duo d'investigateurs dont la bonhommie venait contrebalancer l'extrême rigidité de la Suédoise Saga Noren, que resterait-il de Bron/broen? L'alchimie des deux héros comptait pour bonne part dans la qualité de la série, plutôt glauque à la base, à laquelle elle venait apporter son unique touche de légèreté. Autant dire qu'à la base, je n'étais pas très bien disposée envers Henrik Sabroe, le nouveau partenaire danois de Saga au comportement plus que louche. Mais les scénaristes ont réussi le tour de force de créer un personnage aussi tourmenté que Saga, bien que pour des raisons très différentes, et qui tisse peu à peu avec elle une relation encore plus intense et intéressante que son amitié avec Martin. Franchement, chapeau. 

Par contre, pour la légèreté, mieux vaut oublier. Cette saison 3 est sans doute la plus plombante de toutes. Copenhague et Malmö restent filmées à leur plus gris et à leur plus moche; l'intrigue (un chouïa moins passionnante que les précédentes, mais toujours très bien construite) continue à mettre en évidence les travers de la société scandinave considérée par beaucoup comme la plus progressiste et la plus juste du monde. Comme si ça ne suffisait pas, Saga est mise à rude épreuve par la disparition de la seule personne qui compte encore pour elle, au moment même où sa mère tant haïe refait surface pour la tourmenter. L'actrice Sofia Helin, déjà formidable dans les deux premières saisons, se surpasse d'épisode en épisode. Sans cesse plus mutique, plus renfrognée, plus contractée, elle suinte la souffrance et l'impuissance par chacun de ses pores. On la voit approcher mentalement du point de rupture en se demandant ce qui pourrait bien la sauver - Bron/broen n'ayant pas pour habitude de donner dans la facilité de la guimauve. 

En résumé et sans trop vous spoiler, je dirais que cette saison 3 reste tout aussi passionnante que les précédentes, ce que la télé produit actuellement de plus intelligent et de plus prenant à mon goût. Je croise les doigts pour qu'on ait droit à une saison 4 de la même qualité - même si je dois l'attendre encore deux ans.




mardi 15 septembre 2015

"Mr. Robot"


Sociopathe dépressif à tendance paranoïaque, Elliot Alderson travaille comme ingénieur dans une société de sécurité informatique appelée Allsafe Security. Il vit seul, ne fréquente personne d'autre que son amie d'enfance Angela et se drogue à la morphine pour ne pas perdre complètement pied. Il a également pris l'habitude de pirater son entourage et, selon ce qu'il découvre, d'agir en cyber-justicier. Un jour, il rencontre dans le métro un anarchiste connu sous le pseudonyme de "Mr. Robot", qui souhaite le recruter pour la mystérieuse fsociety dont l'objectif est de dynamiter l'économie en détruisant les infrastructures des plus grosses banques et entreprises du monde...

Nous avons dévoré cette série aussi originale qu'haletante dont la première saison comporte 10 épisodes de 45 minutes chacun. Foutre le capitalisme en l'air grâce à un immense plantage informatique, c'est un peu ce que je rêverais de faire si je n'étais pas du genre à galérer pour effectuer une pauvre mise à jour sur mon MacBook. Du coup, même si je n'ai pas toujours compris les détails de certaines opérations, j'ai pris énormément de plaisir à plonger dans l'atmosphère de guérilla technologique de "Mr. Robot", mais aussi à tenter de comprendre ce qui se passe dans l'esprit malade de son héros - l'archétype du narrateur pas fiable. S'il me semble qu'on voit venir d'assez loin la principale révélation de cette première saison, plusieurs autres événements m'ont cueillie par surprise, et jamais de façon plaisante. 

Le seul reproche que je ferais à la série, c'est que je n'ai réussi à m'attacher à aucun de ses personnages. Il n'y en a guère que deux que je trouve sympathiques et dont le sort m'importe vaguement: le patron d'Allsafe et la psy d'Elliot, deux êtres décents victimes d'une situation qui les dépasse. Tous les autres m'apparaissent comme de simples pions sur l'échiquier d'une partie dont le spectateur ne connaît ni les règles ni même les joueurs. Intellectuellement, c'est très stimulant; humainement, ça reste froid et sans accroche. Mais il est rare d'obtenir les deux choses à la fois, et cet été, j'ai déjà vu "Sense8" qui a amplement satisfait au second critère. Sur le premier tout au moins, "Mr. Robot" est carrément brillant.




mardi 25 août 2015

"The Astronaut Wives Club"


Basée sur les mémoires de Lily Koppel, cette série d'une seule saison, comportant 10 épisodes de 40 minutes chacun, raconte la conquête de l'espace par les Américains entre 1961 et le début des années 70, mais du point de vue des femmes d'astronautes. Les sept héroïnes initiales sont mariées avec les membres du groupe Mercury, chargé d'effectuer les premiers vols en orbite autour de la Terre. Très différentes les unes des autres, elles vont pourtant affronter ensemble la pression que les médias et la NASA placent sur elles, la peur que leur mari ait un accident durant une mission, les tâches domestiques et l'éducation des enfants qu'elles devront souvent gérer seules - le tout sans jamais se plaindre. Malgré certaines frictions initiales dues à des incompatibilités de caractère et de points de vue, elles développeront au fil des ans une amitié et une solidarité indéfectibles qui les rendront plus fortes et les aideront à faire face à bien des tragédies...

J'avoue: si j'ai regardé cette série, c'est parce que je n'avais pas grand-chose d'autre à me mettre sous la dent en cette période estivale. Je me disais qu'au pire, je pourrais admirer la mode et les intérieurs 60's tout en apprenant deux ou trois trucs sur la conquête de l'espace, un sujet qui ne m'a jamais follement passionnée. Et j'ai bien failli lâcher durant les premiers épisodes, où les luttes des femmes d'astronautes paraissent ridiculement inconséquentes. On peine d'autant plus à se soucier de leur sort que la période couverte étant assez longue, les événements s'enchaînent très vite sans accorder beaucoup de temps d'écran à chacune - tendance qui s'accentue lorsque les épouses du groupe Gemini entrent en scène à leur tour.

Puis arrive l'épisode 5 qui montre l'action en justice intentée pour forcer la NASA à accepter les femmes dans les rangs des astronautes. Et à partir de là, la série devient vraiment intéressante, avec bien entendu un fort accent sur l'évolution de la condition féminine, une évocation (brève, mais ce n'était pas le sujet) des inégalités de traitement dont sont victimes les Noirs, quelques passages très émouvants et d'autres plutôt audacieux qui surprennent beaucoup. Je me suis particulièrement attachée aux personnages de Rene et de Trudy, les deux héroïnes les plus indépendantes qui souhaitent se réaliser professionnellement elles aussi et se heurtent sans cesse au machisme de l'époque. Malgré les jolies robes - qui le sont d'ailleurs de moins en moins à l'approche des années 70, cette décennie sinistrée de la mode -, je n'aurais du tout aimé vivre à cette période et me voir cantonnée de force à un rôle de femme au foyer, sommée par l'employeur de mon mari de ne pas contrarier Choupinet, d'ouvrir les cuisses chaque fois qu'il le réclame et de lui faire un sandwich post-coïtal pour le récompenser de ses efforts. Heureusement, les femmes d'astronautes profitent de leur situation pour faire avancer les choses, et au final, on ne peut que les soutenir à 100%.




dimanche 5 juillet 2015

"Sense8": Vous n'êtes plus seulement vous-mêmes




A Seoul, Bombay, Nairobi, Berlin, Londres, Chicago, Mexico et San Francisco, quatre hommes et quatre femmes ordinaires, que rien ne reliait jusque là, sont simultanément frappés par la même vision brutale. Sans s'expliquer pourquoi ni parvenir à maîtriser ce phénomène, ils commencent à partager leurs sensations et leurs vécus respectifs. Et comme si ce n'était pas assez déboussolant, une organisation mystérieuse tente de s'emparer d'eux...

"Sense8" est une série produite par Netflix, dont la première saison de douze épisodes est disponible depuis début juin. Sortie de l'imagination des Wachowski, elle reprend avec brio le thème de l'empathie et de la connectivité qu'ils avaient déjà traité de manière ambitieuse (mais un poil chiante) dans leur film "Cloud Atlas". Ici aussi, la science-fiction sert de prétexte à explorer le thème de l'humanité; ici aussi, l'intelligence de la réflexion n'empêche pas la présence de scènes d'action très spectaculaires à la "Matrix", rendues d'autant plus originales par le fait que les Sensates peuvent intervenir dans la vie les uns des autres et qu'en situation de crise, ils font généralement front à plusieurs.

Pour le reste, le rythme de la narration est très lent - principal reproche adressé par les spectateurs n'ayant pas accroché au pilote. Entre deux explosions de violence, la série tisse son univers émouvant à coups de rencontres improbables entre deux solitudes séparées par des milliers de kilomètres, de scènes de groupe magiques portées par un choix musical particulièrement judicieux. Les Wachowski ont bénéficié de moyens financiers importants qui leur ont permis de tourner réellement aux neuf endroits où est censée se dérouler leur histoire: les huit cités précédemment, plus l'Islande. Ils ont également su s'entourer de comédiens tous parfaits dans leur rôle, capables d'apporter la force et la fragilité inhérentes à chacun des personnages:

- Nomi, née Michael, est une hackeuse transsexuelle en couple lesbien et biracial.
- Lito, célèbre acteur de télénovelas, dissimule son homosexualité de crainte qu'elle ne lui coûte sa carrière.
- Will, policier comme son père avant lui, est hanté par la disparition inexpliquée d'une de ses camarades d'enfance.
- Riley, DJ en vogue, ne se remet pas de la tragédie qui lui a fait fuir son Islande natale.
- Wolfgang, cambrioleur qui opère en duo avec son meilleur ami, a été poussé sur la voie du crime par une histoire familiale violente.
- Capheus, conducteur de bus et grand fan de Jean-Claude Van Damme, ne sait plus comment s'y prendre pour procurer des médicaments à sa mère atteinte du Sida.
- Kala, étudiante en pharmacie pour qui la science et la religion ne sont nullement incompatibles, se demande si elle doit épouser son fiancé merveilleux mais dont elle n'est pas amoureuse.
- Sun, femme d'affaires le jour et championne de kickboxing la nuit, a promis à sa mère mourante de veiller sur son père et son frère bien qu'ils la méprisent parce qu'elle n'est qu'une femme.




Pour certains, ce casting est une accumulation de clichés racistes choquants. Je n'y ai vu que des archétypes certes pas très subtils, mais qui servent à étoffer l'universalité du propos - et surtout, que l'on oublie très vite tant les personnages sont intéressants et/ou attachants. Leurs histoires individuelles se font écho d'une manière qui permet d'explorer mains sujets douloureux, notamment les rapports familiaux (des plus dysfonctionnels aux plus touchants) et la façon dont ils modèlent une existence. J'ai également beaucoup apprécié l'importance accordée à la notion de genre, et la mise en scène de la sexualité comme quelque chose de bien plus fluide que ne l'imaginent la plupart des gens.

Mais surtout, j'ai aimé le message qui sous-tend chacune des scènes, des plus brutales aux plus sereines, des plus poignantes aux plus hilarantes: l'évolution positive de la race humaine passera par l'empathie. Nous serons sauvés de la solitude, de nos drames personnels et des Grands Méchants non par notre propre force, mais par notre capacité à connecter avec autrui, par notre volonté d'oeuvrer tous ensemble à la résolution des problèmes qui se présenteront à nous individuellement ou à l'ensemble de notre communauté. La philosophie peut sembler un peu simpliste, mais mise en scène par les Wachowski, je vous jure qu'elle est aussi belle qu'inspirante - à tel point que pour moi, elle relègue l'aspect "conspiration" de l'intrigue assez loin à l'arrière-plan.

J'aurais encore beaucoup de choses à dire, notamment sur les scènes les plus marquantes (drôles/jouissives/émouvantes) de cette première saison, ou encore les relations privilégiées qui se nouent entre certains des héros, mais je m'en voudrais de déflorer "Sense8" aux anti-spoilers. Alors, je vais juste conclure en disant que les Wachowski ont prévu de boucler leur histoire en cinq saisons (non, "Sense 8" ne sera pas un second "Lost" qui ne sait pas où il va), dont la deuxième et la troisième sont déjà signées. Mon impatience d'être en juin prochain n'a d'égale que ma crainte que la série ne parvienne pas à soutenir un niveau pareil jusqu'au bout.




jeudi 29 janvier 2015

"The affair"


Noah Solloway mène une vie enviable: un métier de prof qu'il adore, un premier roman qui a séduit la critique, une femme toujours amoureuse après plus de vingt ans et quatre enfants en pleine forme. Pourtant, il n'est pas ravi à l'idée d'aller passer les trois mois d'été dans la petite ville côtière de Montauk, où habitent ses riches beaux-parents - sans doute parce que ces derniers ne manquent jamais une occasion de lui rappeler l'aide financière qu'ils apportent à sa famille. Noah peine à trouver une idée pour son second roman, et ses deux aînés ont des problèmes qu'il ne sait pas comment gérer. C'est dans ce contexte qu'il rencontre Alison, serveuse au diner local. D'une dizaine d'années plus jeune que lui, elle a été brisée par la mort de son fils Gabriel. Depuis, c'est une femme à la dérive qui se fiche bien de ce qui peut lui arriver. Entre Noah et elle, l'attirance est immédiate...

Comme son nom l'indique, "The affair" est le récit d'une liaison extra-conjugale a priori assez banale, et pourtant d'une extrême puissance. L'histoire est racontée tour à tour par chacun des deux protagonistes principaux, et très vite, on s'aperçoit que leurs souvenirs divergent. Par exemple, chacun attribue à l'autre la responsabilité de l'avoir dragué, et chacun se présente comme une personne différente de celle que l'autre voit. Mais surtout, il existe une troisième version des faits, racontée en voice over à un policier qui, des années plus tard, enquête sur la mort de quelqu'un faisant partie de l'entourage de Noah et d'Alison, et dont on ne découvre l'identité qu'au bout de plusieurs épisodes. Le spectateur fasciné est bien en peine de reconstituer les faits tels qu'ils se sont réellement déroulés.

Quels mensonges nous racontons-nous pour nous dédouaner de nos propres actions? Se peut-il que dans certaines situations, il n'existe pas de vérité absolue - seulement des points de vue différents? Telles sont les questions que "The affair" semble poser. Au-delà de son récit intrigant, la série possède de nombreuses qualités qui la rendent très accrocheuse. Les caméras filment les paysages de la côte Est de façon presque lyrique et suivent les personnages dans ce qu'ils ont de plus intime, au point qu'on se sent presque voyeur. L'accompagnement musical est superbe, tour à tour mélancolique et poignant. Et je ne connaissais ni Dominic West ni Ruth Wilson, mais tous deux sont des acteurs magnifiques. Le premier campe un mari infidèle qui pourrait facilement tomber dans la caricature, et qu'on n'arrive pourtant jamais à détester ou à mépriser. Récemment primée aux Golden Globes, la seconde compose une femme blessée insaisissable, dure et vulnérable à la fois, changeante comme un ciel d'orage. "The affair" sera sans doute mon gros coup de coeur de la saison télévisuelle 2014-2015.