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dimanche 27 septembre 2020

"L'anomalie" (Hervé Le Tellier)


Cette année, j'ai vraiment lu BEAUCOUP des romans les plus mis en avant pour la rentrée littéraire, et j'ai aimé voire adoré la plupart d'entre eux. Ca faisait longtemps que je n'avais pas enchaîné autant de livres à 4 ou 5 étoiles sur GoodReads! Alors que je pensais en avoir fini avec les candidats aux prix littéraires, j'ai fini par craquer pour "L'anomalie", dont l'auteur m'était totalement inconnu malgré une carrière très prolifique mais dont j'avais vu passer des dizaines de critiques toutes plus enthousiastes les unes que les autres. Beaucoup d'entre elles insistaient sur le fait qu'on profitait mieux de l'histoire si on l'abordait en sachant le moins de choses possible, et après lecture, je suis assez d'accord. Difficile dans ce cas de donner envie avec une critique, mais je vais quand même m'y essayer. 

jeudi 3 septembre 2020

"Chavirer" (Lola Lafon)


En 1984, Cléo a 13 ans, et elle est passionnée de modern jazz. Lorsqu'une femme élégante, cultivée et charismatique débarque dans la MJC de sa petite ville de banlieue parisienne pour lui faire miroiter une bourse, la jeune fille tombe droit dans le piège de la fondation Galatée. Et bien que choquée par le tour que prennent les déjeuners avec les jurés, elle accepte à son tour de recruter d'autres collégiennes. 

Plus tard, elle devient danseuse par ses propres moyens, travaillant sur le plateau des émissions de Champs-Elysées puis dans une revue parisienne sans jamais réussir à oublier ou à se libérer de sa honte. Alors qu'elle approche de la cinquantaine, deux réalisatrices de documentaire lancent un appel à témoins concernant la fondation Galatée...

vendredi 21 août 2020

"Age tendre" (Clémentine Beauvais)


Dans un futur proche où la France est dirigée par une présidente et où seules les voitures de collection fonctionnent encore à l'essence, Valentin Lemonnier doit effectuer le service civil de 10 mois obligatoire entre la fin du collège et l'entrée au lycée. Mais le logiciel d'attribution des postes n'a pas du tout respecté ses voeux, et le jeune Albigeois neuroatypique est envoyé dans le Pas-de-Calais pour prendre soin de vieillards atteints de la maladie d'Alzheimer. 

C'est déçu et angoissé qu'il débarque dans une unité Mnémosyne visant à replonger les patients dans l'âge d'or de leur vie. Affecté à l'unité des années 60-70, il s'invente afin de mieux s'intégrer une passion pour Françoise Hardy qui ne tarde pas à lui attirer bien des problèmes...

mardi 11 août 2020

"Americanah" (Chimamanda Ngozi Adichie)


Du temps où j'organisais des rondes de poches, Chimamanda Nogozi Adichie était sans conteste l'autrice dont les livres revenaient le plus souvent: parfois, dans un groupe d'une trentaine de swappeuses, 3 ou 4 optaient pour un de ses romans ou pour son célèbre essai féministe. C'est à cette époque que j'ai acheté "Americanah" - mais depuis, il dormait dans ma PAL parce que son volume me rebutait un peu. Et puis avec le mouvement Black Lives Matter, je me suis davantage intéressée aux questions de race, et le moment m'a paru bien choisi pour me plonger enfin dedans.

Jeune Nigériane issue d'une famille modeste, Ifemelu est acceptée en 3ème cycle à l'université de Philadelphie. Pendant 13 ans, elle vit aux Etats-Unis où elle est confrontée chaque jour aux différences de traitement que lui vaut sa couleur de peau - au point de créer un blog à succès sur ce thème. Mais bien qu'ayant réussi à se bâtir une existence enviable en Amérique, un beau jour, elle décide de larguer son appartement, son boulot et son petit ami pour rentrer à Lagos. Ce retour aux sources sera l'occasion de retrouver Obinze, le grand amour qu'elle avait laissé derrière elle....

mardi 21 juillet 2020

"L'odeur de la colle en pot" (Adèle Bréau)


En 1990, Caroline a 13 ans, et elle entre en 4ème dans un nouveau collège parisien. Le récent déménagement de sa famille n'a pas ramené l'harmonie entre ses parents, qui se déchirent un peu plus chaque semaine. Pas facile de supporter les absences fréquentes de son père, les crises de larmes de sa mère et la petite soeur qui s'accroche désespérément à elle en plus des tourments ordinaires de l'adolescence. Caroline désespère de rougir dès qu'on s'intéresse à elle, de ne pas encore avoir ses règles ni de quoi remplir un soutien-gorge - et elle se sent absolument incapable d'aborder David, le garçon qui lui plaît tant...

Malgré l'âge de l'héroïne, "L'odeur de la colle en pot" n'est pas un roman jeunesse. Non qu'il contienne des choses choquantes ou hors de portée d'un(e) ado, mais il est clairement écrit avec un recul d'adulte, une capacité d'analyse et un vocabulaire qui ne sont pas ceux d'une gamine de 13 ans. Adèle Bréau est rédactrice en chef du site Elle.fr, ce qui m'a fait quelque peu hésiter à acheter un de ses bouquins: je ne me reconnais plus du tout dans les valeurs de ce magazine, et ce depuis très longtemps. Mais j'avoue que la nostalgie des années 80 et 90, ça marche toujours très bien sur moi - et l'évocation que l'autrice en fait est très très réussie. Bien qu'un peu plus âgée de Caroline, j'ai instantanément replongé dans l'atmosphère de l'époque pré-internet... et aussi dans la tête d'une ado embarrassée d'elle-même, qui ne sait pas comment gérer ses relations avec les autres et les émotions nouvelles dont elle est la proie. Un livre juste, touchant et doux-amer que j'ai dévoré en 24 heures. 

mercredi 8 juillet 2020

"La ville sans vent" (Eléonore Devillepoix)


Dans la métropole sous dôme d'Hyperborée, Lastyanax, jeune mage aux origines modestes, décroche son diplôme le jour où son maître est assassiné et se retrouve propulsé ministre à sa place. Au même moment, Arka, guerrière de 13 ans au passé tragique, débarque en ville pour y chercher son père. Les circonstances vont les pousser à une improbable alliance pour déjouer les complots politiques dans lesquels ils seront pris bien malgré eux...

Si comme moi vous avez adoré les deux premiers tomes de "La passe-miroir" et que vous cherchez désespérément quelque chose d'approchant à lire, "La ville sans vent" a toutes les chances de vous séduire. D'abord, il est très bien écrit, d'un style élégant mais pas prétentieux qui fait agréablement couler les phrases. Ensuite, il propose un monde de fantasy original, que j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir - même si maintenant, j'ai envie de me déplacer en tortue le long de paisibles aqueducs plutôt qu'en bagnole sur des routes polluées. Les deux héros très mal assortis de prime abord développent une relation aussi amusante que touchante, et l'intrigue pleine de rebondissements grâce auxquels on ne s'ennuie jamais aborde au passage la question des droits des femmes et celle des inégalités sociales. Seul bémol: le manque criant de diversité des personnages. L'histoire entamée dans ce premier tome se poursuivra et s'achèvera dans le second, à paraître dès le mois d'octobre. 

mardi 2 juin 2020

"La maison dans laquelle" (Mariam Petrosyan)


Agée d'à peine 18 ans, Mariam Petrosyan crée un univers singulier et un casting de personnages hauts en couleurs sur lesquels elle écrit pendant toute une décennie, sans aucune intention d'en faire un jour un roman publié. 15 ans plus tard, ce sont des amis à elle qui envoient son manuscrit-fleuve à un éditeur. "La maison dans laquelle" connaît un immense succès commercial et critique en Russie. Il aura pourtant fallu une recommandation de GoodReads pour m'apprendre l'existence de l'ouvrage le plus étrange et le plus fascinant que j'ai lu depuis "La maison des feuilles" de Mark Z. Danielewski - avec lequel il ne partage pas qu'un début de titre et un cadre de huis-clos. Les réactions des lecteurs qui ont laissé un avis sont exceptionnellement tranchées: je n'ai vu aucune note de 3 étoiles, la moyenne molle signifiant "j'ai bien aimé sans plus". Ceux qui se plongent dans cet ouvrage le trouvent parfaitement indigeste ou parfaitement génial - et jusqu'à la fin du premier tiers, j'avoue n'avoir pas su dans quel camp je me rangerais.

jeudi 23 avril 2020

"Bordeterre" (Julia Thévenot)


Alors qu'ils courent après leur chien Pégase, Inès, petite teigne de 12 ans, et Tristan, son grand frère autiste amateur de mots croisés, basculent dans un monde parallèle nommé Bordeterre. Là, les nouveaux venus sont des êtres transparents qui occupent le bas de la hiérarchie sociale et servent de gibier aux nobles. Chanter est interdit sauf dérogation, et l'économie locale est basée sur le quartz qu'il faut aller pêcher au fond d'un lac inquiétant.

Manifestant des dispositions pour cette activité, Inès est recueillie par Philadelphe de Saint-Esprit, le beau Capitaine de la Garde qui l'a prise pour un garçon et rebaptisée Ignace. De son côté, Tristan se lie d'amitié avec Alma, une jeune révolutionnaire fraîchement sortie de prison qui vit dans un camping-car tracté par des poules...

samedi 22 février 2020

"Les toits du paradis" (Mathangi Subramanian)


Elles sont cinq amies d'une quinzaine d'années qui habitent le Paradis, un bidonville de Bangalore. Banu vit seule avec sa grand-mère très malade des poumons; cancre à l'école, elle manifeste des dons surprenants pour le dessin et l'ingénierie. Bien qu'aveugle, Deepa est la meilleure danseuse, la meilleure cuisinière et la plus fine psychologue de la bande.

Cadette de trois garçons, Joy s'appelait autrefois Amand, et sa vie de fille trans a pu commencer le jour où elle s'est convertie au christianisme. Musulmane et lesbienne, Rukshana s'obstine à porter des pantalons et à grimper aux arbres. Enfin, Padma la campagnarde si douée pour les langues pourrait briguer des études universitaires, mais doit veiller en permanence sur sa mère complètement déboussolée par son arrivée en ville.

Jusqu'au jour où la municipalité décide de construire un centre commercial à l'emplacement du Paradis. Un matin, les bulldozers débarquent pour raser les bicoques qui abritent tant d'Intouchables dont nul ne se soucie. Ce sont les femmes qui, courageusement, vont faire un rempart de leur corps pour protéger leur famille et leurs voisins...

jeudi 23 janvier 2020

"Je suis ton soleil" (Marie Pavlenko)


Je vais être honnête. Alors que "Je suis ton soleil" a apparemment fait le buzz chez toutes les amatrices de littérature jeunesse lors de sa parution en grand format, courant 2017; alors qu'il a récolté une dizaine de prix et qu'il est en cours d'adaptation pour le cinéma, je n'en avais même pas entendu parler jusqu'à ce qu'un commentaire d'une de mes copines éditrices, laissé sur un statut de l'autrice à l'occasion de la sortie en poche, excite ma curiosité. Et puis pour être honnête jusqu'au bout: la couverture est craquante, voilà.

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Mais ce n'est pas le pire, non. Le pire, c'est sa mère qui se fane, et la découverte de son père, au café, en train d'embrasser une inconnue aux longs cheveux bouclés. Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l'aide, des amis, du courage et beaucoup d'humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

mercredi 22 janvier 2020

[CONCOURS] "The Rule of One"


Dans un futur proche, les États-Unis sont cernés par un mur et appliquent la loi de l'enfant unique avec la plus grande sévérité. Ava Goodwin, fille du directeur du Planning familial au Texas, mène une vie paisible et sans histoires. En apparence, du moins, car depuis sa naissance elle cache un lourd secret... Elle a une soeur jumelle, Mira. Aux yeux de tous, seule Ava existe. Depuis 18 ans, les deux soeurs partagent cette identité et sont interchangeables. Mais quand ce dangereux jeu de rôle est découvert, leur père est emprisonné et les jumelles doivent fuir. Considérées comme des traîtresses, traquées par les gardes et les drones du gouvernement, Ava et Mira plongent dans l'inconnu. Parviendront-elles à trouver les alliés qui pourraient les aider à libérer leur père et bouleverser l'ordre établi? Désormais elles ne sont plus une, mais deux, et pour survivre, elles devront d'abord apprendre à être différentes... Un palpitant thriller dans la veine de "Hunger Games" et "Divergente".

Et oui: un second concours immédiatement après celui d'hier! Pour gagner peut-être un exemplaire de "The Rule of One" (premier tome d'une probable trilogie dont j'ai déjà rendu ma traduction du deuxième...), laissez-moi un commentaire en me citant une autre oeuvre que vous avez appréciée (livre, film, série télé...) et qui a également des jumeaux ou des jumelles pour personnages principaux. Participation limitée à l'Europe. Clôture vendredi 24 à minuit et annonce du résultat dans le courant du week-end. Bonne chance à tou(te)s!

jeudi 9 janvier 2020

"Imaqa: Une aventure au Groenland" (Flemming Jensen)


Dans les années 1970, Martin Willumsen, un instituteur danois de 38 ans qui s'ennuie dans la vie, réclame sa mutation au Groenland - non pas dans un comptoir qui se rapprocherait des grandes villes qu'il connaît, mais dans un hameau de quelques centaines d'habitants. Le fonctionnaire du ministère en charge de son dossier le prévient: Martin ne doit surtout pas apprendre un mot de la langue locale. Il va là-bas pour imposer le danois et le mode de vie moderne de son peuple. 

Mais une fois à Nunaqarfik, Martin oublie tous les conseils reçus. Il est fasciné par la joie inouïe dont les Groenlandais font preuve dans les circonstances les plus terribles, le fatalisme qui leur fait accepter les épreuves comme elles viennent, les traditions de chasse, de pêche et d'élevage de chiens de traîneau qui leur permettent depuis toujours de survivre dans des conditions extrêmes. 

Petit à petit, il découvre aussi le revers de la médaille, la raison pour laquelle les Danois considèrent les Groenlandais comme des sauvages qu'ils ont le devoir de sauver d'eux-mêmes. Que peut faire un étranger contre l'alcoolisme omniprésent au village et les violences domestiques qu'il entraîne? Doit-il seulement faire quelque chose? Malgré toute sa bienveillance et sa bonne volonté, Martin ne trouve aucune réponse à ces questions...

lundi 6 janvier 2020

"The map of us" (Jules Preston)


C'est l'histoire de Tilly,  analyste de données en plein divorce qui crée un dossier à base de graphiques et d'index pour comprendre comment elle en est arrivée là.
C'est l'histoire de Violet aux jambes détruites par la polio, qu'une famille maltraitante a abandonnée dans une grande maison dont elle parvient à s'évader grâce à l'écriture. 
C'est l'histoire d'Abby qui ne peut pas avoir de frange parce que les cheveux ras, c'est plus pratique pour sa maman. 
C'est l'histoire de John, autorité mondiale sur la couleur bleue que tout le monde prend toujours pour un skater. 
C'est l'histoire de Katherine qui achète des centaines de sacs à main parfaits sans réussir à combler le vide de son existence.
C'est l'histoire d'un sculpteur de sable abonné aux deuxièmes places parce que c'est toujours un dauphin qui remporte la première.
C'est l'histoire d'Owen qui n'a pas de nom de famille mais qui parle aux jardins. 
C'est l'histoire de Daniel, businessman aux sept costumes gris-chemises blanches-paires de chaussures Oxford identiques, qui ne sait rien faire d'autre que travailler. 
C'est l'histoire de Rose qui envoie des lettres à sa fille trop souvent absente pour la tenir au courant de l'espérance de vie de sa 76ème machine à laver. 
C'est l'histoire de Matt qui tient beaucoup trop à ce vieux canapé rose défoncé dont il n'a jamais payé sa moitié. 
C'est l'histoire d'un chien appelé Le Chien, qui aime se faire transporter en brouette comme un roi. 
C'est l'histoire d'Arthur, aventurier peu coopératif qui refuse parfois de bouger de son rocher pendant des jours. 
C'est l'histoire de Sidney, l'homme qui n'enlevait jamais ses gants parce que...

vendredi 3 janvier 2020

"Greenglass House" (Kate Milford)


Milo Pine, 11 ans, s'attend à passer un Noël tranquille avec ses parents adoptifs: l'hôtel où ils habitent est surtout fréquenté par des contrebandiers, et ils n'ont jamais de clients à cette période. Pourtant, le premier soir des vacances, cinq personnes empruntent le funiculaire pour se hisser au sommet de la colline où se dresse Greenglass House. 

Le matin suivant, trois d'entre elles rapportent que des effets personnels ont été volés dans leur chambre - et peu de temps après, une tempête de neige coupe l'hôtel du reste du monde. Aidé par son amie Meddy, Milo tente de résoudre un mystère qui pourrait bien être lié à l'histoire de Greenglass House...

Quel dommage d'avoir lu ce chouette roman 9-12 (disponible en français sous le titre "L'étrange hôtel de Secrets' Hill") trop tard pour l'inclure dans ma liste de bouquins à offrir pour Noël: je connais pas mal de jeunes lecteurs qui auraient pu l'adorer! Certes, c'est un pavé dont l'histoire prend son temps pour dérouler les méandres. Mais la lenteur du rythme colle parfaitement à l'ambiance hivernale archi-douillette et un peu intemporelle. Le huis clos et la galerie de personnages secondaires tous potentiellement coupables font penser à une version junior des romans d'Agatha Christie. 

samedi 21 décembre 2019

"Le berger de l'Avent" (Gunnar Gunnarsson)


Le premier dimanche de l'Avent, le fermier Benedikt se met en route avec son bélier Roc et son fidèle chien Leo pour aller chercher les moutons égarés dans les montagnes avant qu'ils ne soient condamnés par l'hiver. C'est la 27ème fois qu'il entreprend ce périple à pied et à skis. Mais cette année, rien ne se passe comme prévu. D'abord retardé par des imprudents, Benedikt se trouve vite confronté à une météo extrêmement hostile...

Avec moins de 70 pages au compteur, ce très court roman se lit aussi vite qu'il laisse une forte impression. Benedikt est un homme simple qui se satisfait de peu et, même dans les pires situations, ne doute jamais de sa mission. Il a la force tranquille des gens qui se sentent à leur place dans le monde. Résultat, "Le berger de l'Avent" irradie la sérénité dans la tempête - d'une façon très littérale que la lectrice admirative que je suis aimerait pouvoir transposer dans sa propre vie.

Traduction de Gérard Lemarquis et Maria S. Gunnarsdottir

lundi 18 novembre 2019

"The Starless Sea" (Erin Morgenstern)


Alors qu'il prépare une thèse sur la narration dans les jeux vidéo, Zachary Rawlins découvre un curieux livre dans la bibliothèque de son université. Parmi les histoires de pirates amoureux, de cités perdues et d'acolytes sans nom, il tombe sur une scène extraite de sa propre enfance. Bien décidé à résoudre cette énigme, il suit la piste des indices présents sur la couverture. Une abeille, une clé et une épée le guident jusqu'à un bal masqué, puis un inquiétant club privé, et pour finir, une porte magique. De l'autre côté de celle-ci s'étend un monde souterrain rempli d'histoires...

8 ans. 

Après le succès mondial de "The Night Circus", que j'avais adoré à l'époque, c'est le temps qu'Erin Morgenstern aura pris pour publier son deuxième roman à la quatrième de couverture si prometteuse. Je l'attendais avec tant d' impatience qu'à minuit une le jour de sa sortie, je le téléchargeais sur ma Kindle.

jeudi 26 septembre 2019

"Changer l'eau des fleurs" (Valérie Perrin)


Au risque de passer pour la snob que je suis de moins en moins au fil du temps, j'avoue me méfier des grands succès populaires. Une fois, j'ai ouvert un livre de Marc Lévy, parcouru la première page et failli m'évanouir d'horreur dans les rayons de la Fnac. Les prix littéraires, qu'ils soient distribués par les professionnels sur fond de magouilles ou par le public sur la base du plus petit dénominateur commun, ne m'inspirent pas davantage confiance. Surtout sur le créneau du "bouquin pas vraiment feel-good mais débordant d'une humanité poignante". Je garde un souvenir douloureux des trois heures consacrées à m'infliger jusqu'au bout la pomposité de "L'élégance du hérisson". Du moins ai-je eu le bon sens d'abandonner "Mémé dans les orties" vers la page 80 avant de mourir d'une overdose de clichés.

Mais parfois, je tombe sur des exceptions à la règle, tel le très lacrymal "Avant toi". Et bien que je ne comprenne toujours pas l'intérêt de cette enfilade de poncifs qu'est "Les gens heureux lisent et boivent du café", je suis clairement bonne cliente pour les histoires dont l'héroïne reprend goût à la vie après un deuil. C'est donc avec une bonne volonté prudente que j'ai abordé "Changer l'eau des fleurs", deuxième roman d'une autrice qui avait déjà fait un carton avec son premier. Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s'entremêlent? Après "Les oubliés du dimanche", un hymne au merveilleux des choses simples.

mardi 17 septembre 2019

"Dans la mansarde" (Marlen Haushofer)


En avril, je découvrais Marlen Haushofer avec "Le mur invisible" et je me prenais une énorme baffe littéraire. Si énorme, en fait, que je n'osais pas me procurer d'autres romans de cette écrivaine: par comparaison, ils ne pouvaient que me décevoir. Mais il y a une dizaine de jours, alors que je flânais sans but dans ma librairie de quartier, mon regard s'est posé sur un livre de poche dont l'illustration m'a plu. J'ai déchiffré le nom de l'autrice et le titre; avant même de lire la quatrième de couverture, j'ai su que j'allais l'adorer aussi. Mon intuition ne m'avait pas trompée, et comme il ne fait guère plus de 200 pages, je me suis rationnée pour ne pas le finir trop vite. La narration est découpée en 8 jours consécutifs; je l'ai lu de même.

"Dans la mansarde" retranscrit le monologue intérieur d'une épouse bourgeoise, vraisemblablement au début des années 60. Mère de deux enfants et femme au foyer, cette narratrice anonyme passe la plupart de ses journées seule chez elle. Les autres l'indiffèrent. Elle n'a pas d'amies proches, estime ne pas du tout connaître sa fille de 15 ans, et le mari avec qui elle vit en bonne entente depuis près de 30 ans lui demeure à certains égards un étranger. Le regard qu'elle pose sur son entourage est tantôt lucide et amusé, tantôt perplexe ou fataliste. Les conventions ont peu de prise sur elle. La domesticité ne l'intéresse pas; elle s'y plie docilement, comme il convient à une femme de son époque et de sa condition sociale, mais sans y investir grand-chose d'elle-même.

dimanche 16 juin 2019

"Recursion" (Blake Crouch)


Bonjour, je m'appelle Armalite et je suis accro aux histoires qui me retournent les méninges.

Il y a 3 ans, j'étais scotchée par "Dark matter", uchronie personnelle renversante signée Blake Crouch.

Hier, j'ai probablement raccourci mon espérance de vie de 5 ans en lisant le dernier roman du même auteur.

Pourtant, ça n'avait pas si bien commencé. Dans "Recursion", on suit deux trajectoires en parallèle. Helena Smith est une neuroscientifique brillante qui a dédié son existence à combattre la maladie d'Alzheimer. Dans ce but, elle fabrique une chaise censée enregistrer les souvenirs des patients afin de les leur restituer ultérieurement. Onze ans plus tard, Barry Sutton, inspecteur dans la police de NewYork, est confronté au suicide d'une femme atteinte du Syndrome des Faux Souvenirs, une étrange maladie qui a fait son apparition récemment et dont nul n'est encore parvenu à identifier les causes ou le fonctionnement...

lundi 10 juin 2019

"Magic Charly #1: L'apprenti" (Audrey Alwett)


Prenez:
- un jeune héros noir, grand et athlétique, dont les gens se méfient dans la rue alors qu'il est adorable et hyper respectueux des filles;
- sa mère qui est aussi la proviseure de son drôle de lycée, l'Ecole des Allumettes Hurluberlu, et qui peint à ses heures perdues;
- sa grand-mère qui vient juste de refaire surface 5 ans après sa disparition mystérieuse, en ayant complètement perdu la mémoire;
- sa meilleure amie, héritière d'une fabrique de confiserie, qui se pend pour une rebelle et accumule toutes les bêtises possibles;
- une de leurs camarade de classe, éternelle bonne élève plutôt désagréable mais particulièrement douée pour diriger les opérations de nettoyage en grand.
Incorporez-les à un monde apparemment semblable au nôtre, mais où la magie existe. Ceux qui la pratiquent sont appelés "magiciers" et soumis à des règles très strictes - sauf, évidemment, s'ils font partie de l'élite des Académiciens et autres riches habitants de la cité de Thadam. 
Ajoutez quelques artefacts merveilleux, comme une théière perpétuelle qui sert chaque fois un thé différent selon l'humeur de la personne qui va le boire, ou une serpillère animée répondant au doux nom de Pépouze. Plus un crocodile familier, histoire d'apporter un peu de mordant.
Saupoudrez de réjouissantes références aux classiques du genre (Harry Potter et Les Annales du Disque-Monde en tête). 
Laissez cuire à petit feu pendant les deux tiers de l'histoire, le temps que le héros entame très laborieusement son apprentissage. 
Puis, lorsque le mélange commence à prendre, jetez un gros twist en plein milieu, et regardez l'explosion résultante éclabousser les lecteurs ahuris.
Terminez par une confrontation épique et-pic-et-colégram, ponctuée d'un double cliffhanger qui devrait plonger tous les gourmets littéraires dans le désespoir et ne leur laisser qu'une seule phrase aux lèvres: "La suite, et vite!". 
Agrémentez d'une couverture embossée, à l'illustration si jolie que même les accros de la liseuse se jetteront sur la version papier. 
Il ne vous reste plus qu'à servir ce premier tome de "Magic Charly" encore tout chaud et à le dévorer dans la foulée comme il le mérite.