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dimanche 2 décembre 2018

Où les casseurs sévissent aussi en province





Je passe le week-end chez ma soeur. En ce samedi après-midi, nous devons nous rendre dans le centre de Toulouse pour faire quelques courses. Nous avons vu aux infos que les manifs de gilets jaunes dégénéraient à Paris, mais nous espérons que ce sera plus calme ici en province. La vraie question, c'est: on y va en voiture ou en métro? Mon beau-frère et Darklulu ces feignasses cosmiques sont pour la première solution; ma soeur et moi trouvons la seconde plus pratique et plus écologique; trop occupé à jouer à Bacon sur son smartphone, Attila n'a pas l'énergie d'avoir une opinion. 

mardi 28 août 2018

La fracture





La mort de mon père a clairement scindé ma vie en deux. Quand il est parti, j'avais 41 ans et j'attaquais juste l'autre versant de ma vie, la descente graduelle vers l'obscurité qui, tôt ou tard, m'engloutira moi aussi. J'ai laissé au sommet de la montagne mes illusions d'invincibilité, la certitude naïve - déjà bien entamée par le décès de Brigitte - que rien de grave ne nous toucherait jamais, moi et mes proches. Désormais, il ne reste plus personne pour me précéder et me protéger. Et la pente m'entraîne un peu plus vite chaque jour.  

mardi 21 août 2018

Le prix de l'amour





J'ai passé un week-end formidable avec ma famille, deux jours vraiment parfaits (même si on n'a jamais réussi à regarder "Tanguy"). J'ai eu du temps pour discuter en tête-à-tête avec David et avec ma soeur; mes neveux ont été adorables avec moi, alors qu'à leur âge j'aurais trouvé ça normal qu'ils commencent à s'en foutre un peu de leur vieille tante; on a beaucoup parlé, ri très fort et super bien mangé que ce soit à la maison ou au dehors; ma mère était surprise mais contente de me voir, et en un déjeuner plus un après-midi piscine, j'ai réussi à ne pas me disputer avec elle. J'ai lu royalement 6 pages en 48h, c'est dire!

mercredi 9 août 2017

Une semaine à Toulouse #6




Mardi

8h30. Je suis réveillée depuis un quart d'heure et traîne au lit avec un début de migraine virulent, quand soudain! Le jardinier de ma mère commence à passer la tondeuse devant la fenêtre ouverte de notre chambre. J'ai rarement imaginé autant de façons de trucider quelqu'un en aussi peu de temps. 

Aujourd'hui, donc: 18° et pluie. La robette et les sandales étant exclues, je me décide à me rabattre sur un vieux jean à genou troué que j'avais laissé ici du temps de la maladie de mon père. C'est du 38 et je rentre encore dedans, alléluia! Par contre, je n'avais pas porté de pantalon depuis 3 ans (ou 4?) et je me sens horriblement négligée avec mon T-shirt et mes Converse basses.

mardi 8 août 2017

Une semaine à Toulouse #5




Lundi

"Hé ben, avec vous, y'a jamais de restes!". Seigneur, empêchez-moi de répondre: "Oui, mais je ne petit-déjeune pas et je ne m'enfile pas deux plaques de chocolat plus un paquet de biscuits dans l'après-midi; du coup, une cuisse de poulet et une portion de salade de tomates, ça ne me paraît pas délirant comme lunch". 

Il a l'air de faire moins chaud aujourd'hui; je vais mettre ma robe noire en dentelle anglaise bien épaisse entièrement doublée. 

lundi 7 août 2017

Une semaine à Toulouse #4




Dimanche

Les tomates sont trop grosses; la pâte feuilletée sortie prématurément du frigo refuse de se décoller du papier sulfurisé; on n'a pas de cercle à tarte. Je prédis un énorme ratage. 

...Finalement, ma Tatin de tomates est méga bonne. Pour le recyclage dans la voyance, je crois que c'est mort.

dimanche 6 août 2017

Une semaine à Toulouse #3




Samedi

La moitié du temps, on ne m'écoute pas quand je parle; l'autre moitié, on entend l'inverse de ce que j'ai dit - et en plus, on m'engueule. Je suis à deux doigts de la crise de nerfs. 

Un des bébés de Huan Huan est mort dans la nuit, Darklulu est au plus mal. 

samedi 5 août 2017

Une semaine à Toulouse #2




Vendredi 

Je n'ai toujours pas reçu le virement qui devait arriver sur mon compte fin mai, puis fin juin, puis fin juillet - et bien entendu, pas davantage le virement suivant prévu pour fin juillet. J'essaie de rester calme, mais plus de 5000€ de trou dans ma trésorerie, ça fait mal.

Ma mère hurle dix bonnes minutes sur sa souris sans fil qui ne fonctionne pas, dans le registre: "Heureusement qu'on m'avait dit qu'il n'y avait jamais de problème avec les Mac!" ("on" = moi, qui me trouve dans la pièce voisine), avant de se rendre compte qu'elle a oublié de l'allumer.

vendredi 4 août 2017

Une semaine à Toulouse #1




Jeudi

S'il y a de la clim' dans cet Intercités, on ne peut pas dire qu'elle fasse beaucoup d'effet. Le grand jeu des cinq prochaines heures: bouger le moindre possible et ne pas me toucher moi-même.

Identification d'un nouveau super-pouvoir pourri: systématiquement choisir un mauvais bouquin pour meubler mes longs trajets.

lundi 19 septembre 2016

Les enfants des autres



Je n'ai jamais voulu d'enfants, et je me suis toujours trouvée devant ceux des autres un peu comme une poule devant un couteau à huîtres: très perplexe et tout à fait incapable de communiquer avec eux. Leurs braillements, leur agitation me fatiguaient. Je me crispais dès qu'un bébé se mettait à hurler dans le train ou l'avion, et je rêvais de restaurants interdits aux moins de 12 ans. Il m'est arrivé de cesser de voir des amis juste parce qu'ils avaient eu des enfants et que je ne supportais plus que toutes leurs conversations tournent autour de ça. Quand mes neveux sont nés, je me suis réjouie du bonheur de ma soeur et de mon beau-frère, et j'ai trouvé ça chouette que la famille s'agrandisse, mais je n'éprouvais pas du tout l'envie de gâtifier devant eux ou de me mettre à quatre pattes pour jouer aux cubes, et il aurait fallu me coller un flingue sur la tempe pour que j'accepte de les garder tant qu'ils n'ont pas été propres et capables de dire où ils avaient mal le cas échéant - j'aurais eu beaucoup trop peur de faire une connerie par ignorance. 

Mais ces dernières années, j'ai commencé à me dire que ben oui, les bébés pleurent et les jeunes enfants courent partout, c'est normal. Quand d'autres gens lèvent les yeux au ciel ou soupirent bruyamment à cause de ça dans les lieux publics, j'ai envie de leur assener: "On vit en communauté et c'est vous l'adulte, comportez-vous comme tel". Je ne soupçonne plus les parents d'être trop laxistes ou de manquer d'autorité: j'ai bien compris que même avec la meilleure volonté du monde, parfois, il n'y a rien à faire pour empêcher un enfant de se rouler par terre en écumant de rage au rayons bonbecs de Carrefour. Mes voisins d'en face ont une petite fille qui a longtemps hurlé à crever les tympans de toute la population de Monpatelin chaque jour vers 18h et 1 heure du matin; ma première pensée n'a pas été de rouspéter qu'elle me réveillait la nuit mais de plaindre ses pauvres parents qui n'avaient sûrement pas signé pour ça. (OK, ma seconde pensée a été d'en faire des statuts sarcastiques sur Facebook en surnommant la gosse la Fille de Satan, mais bon.) 

Là, ça commence presque à devenir inquiétant. Je me suis monstrueusement amusée avec mes neveux pendant nos dernières vacances à Toulouse; maintenant qu'ils ont quinze et dix ans, j'adore faire des trucs et discuter avec eux (même si je ne comprends pas toujours leur vocabulaire de djeûns et si leurs goûts musicaux me font saigner les oreilles). Quand ils m'ont dit au revoir devant l'aéroport de Blagnac le jour du départ, mon coeur s'est brisé un tout petit peu, et ils ont commencé à me manquer à peine la sécurité franchie. Indépendamment de nos liens de sang, j'aime les personnes qu'ils sont en train de devenir: Attila complètement dans la lune mais super gentil et affectueux, Darklulu intelligent, angoissé et hyper déterminé à faire tout comme les grands. Du coup, j'ai décidé qu'on passerait Noël à Toulouse cette année pour profiter encore d'eux. 

Vendredi dernier, mon amie d'enfance Fleur, que je vois seule à seule au resto d'habitude, m'a invitée à dîner chez elle pour rencontrer son compagnon et leurs deux filles. Quand je suis arrivée, l'aînée m'a offert un bracelet en élastiques fluos et la cadette un collage de photos d'animaux sur lequel elle avait péniblement épelé son nom en grosses majuscules d'élève-de-CP-depuis-une-semaine. Elles m'ont entraînée dans leurs chambres pour me montrer leurs petits trésors et bombardée de questions pendant le dîner. La grande a même demandé à sa mère si je ne pourrais pas, un jour, venir faire une soirée pyjama avec elles et dormir là. Bon, j'imagine que ce n'est pas mon fluide personnel qui les a ensorcelées et que ce sont juste des gamines sociables en général, mais ça m'a quand même touchée, et j'ai au final sans doute passé une soirée plus agréable avec toute la famille que si on avait été juste entre adultes. 

Le lendemain, je devais prendre une glace sur le port avec un autre couple d'amis et leur petite fille. "Oui alors tu verras, elle est très vivante" m'a dit Gaby comme si elle s'excusait par avance. Mais bon, ça ne doit pas être super marrant pour une gosse de trois ans de rester assise pendant deux heures autour d'une table avec trois adultes qui parlent de trucs sans intérêt pour elle, devant des glaces auxquelles elle ne peut même pas goûter pour cause d'allergie au lactose. Moi j'ai surtout retenu que mes vieux potes de jeu de rôles étaient devenus des parents de compète, clairement gagas de leur progéniture, attentifs à ses besoins mais fermes quand il s'agit de la cadrer, et que ça ne les empêchait pas de s'intéresser encore à plein d'autres trucs et d'être restés très fun. 

Rentrée chez moi, je me suis quand même demandé pourquoi mon attitude vis-à-vis des enfants des autres avait autant changé ces dernières années, et la réponse m'est apparue presque immédiatement. Entre, disons, l'âge de 25 et 40 ans,  si on m'avait filé dix euros chaque fois que quelqu'un me demandait pourquoi je ne voulais pas d'enfants et m'affirmait que je passais à côté de "la plus belle chose dans la vie d'une fâme", je serais aujourd'hui en train de vous écrire depuis le bord d'une piscine à débordements avec vue sur la baie de Hong-Kong. Ce genre de question - répétée ad nauseam par ma mère et posée fort indiscrètement par des gens que je venais de rencontrer une heure plus tôt - me mettait dans une rage noire. J'en avais assez de me justifier sur mon non-désir de maternité et je le manifestais en mettant le plus de distance possible entre moi et les enfants des autres. 

Et puis j'ai eu 40 ans, et on a cessé de m'emmerder avec ça. "On" a accepté que, si incroyable que ça puisse paraître, j'étais une nullipare parfaitement heureuse de son sort, et que toute façon, même si je regrettais, il était trop tard pour changer d'avis. J'ai pu me détendre dans mes rapports avec les enfants des autres parce que ce n'était pas comme si, en me voyant interagir gentiment avec eux, on risquait encore de me dire: "Tu vois bien, tu ferais une super maman" ou "Allez, avoue qu'en fait, tu en as un peu envie!". Je suis désormais assez vieille pour ne plus avoir à montrer les dents à leur propos, et du coup, ils me sont devenus nettement plus tolérables, voire plaisants à fréquenter pour certains spécimens. 

Ou bien, c'est juste la vieillerie qui me fait ramollir, ma pauv' Lucette. 

mercredi 17 août 2016

Happiness is... being loved back




Après une semaine de disputes, d'exaspération de mon côté et de larmes du sien, j'avais vraiment, vraiment hâte de mettre de la distance entre ma mère et moi. La séparation d'avec ma soeur et mes neveux à la dépose-minute de l'aéroport de Blagnac n'a pas été facile pour autant. Avec leurs emplois du temps de folie, mes propres aller-retour perpétuels entre Bruxelles et Toulon et les difficultés relationnelles entre ma mère et moi, je ne sais pas si on se reverra avant l'été prochain, et les années ont beau passer de plus en plus vite au fur et à mesure que je vieillis, ça me paraît une éternité. Et puis cette fois, on s'est super bien amusés avec Attila et Darklulu, de piscine en cinéma et de jeux de plateau en escape games. Du coup, je n'étais pas fière au moment de dire au revoir, et je n'étais pas la seule. Darklulu, enfant peu démonstratif qui à cinq ans castagnait des gamins du double de son âge pour protéger son frère aîné, boudait parce qu'il ne voulait pas qu'on s'en aille. Quand je me suis penchée pour lui faire un bisou, il s'est jeté sur moi et m'a serrée dans ses bras sans un mot. Je ne m'y attendais pas du tout et ça m'a un peu achevée. 

Quelques heures plus tard, en arrivant à Bruxelles, j'ai trouvé dans la boîte aux lettres une jolie carte de remerciements envoyée par Shermane. Je ne m'y attendais pas non plus et ça m'a touchée. J'ai défait mes bagages pendant que Chouchou rasait sa barbe d'homme des cavernes, puis je me suis allongée sur notre lit pour cuver ma déprime, et au lieu de me bousculer pour qu'on parte voir le tapis de fleurs sur la Grand-Place comme c'était prévu, Chouchou est venu me faire un câlin en m'assurant que non, je n'étais pas une personne horrible de me disputer tout le temps avec ma mère, et qu'on trouverait un moyen de voir ma famille avant l'été prochain.

Je me suis secouée pour descendre dans le centre malgré tout. Il faisait bien moins chaud qu'à Toulouse, juste la bonne température pour rendre la promenade agréable, et nous avons décidé de manger dans le coin. En prenant le piétonnier du boulevard Anspach, j'ai remarqué une série d'inscriptions sur le sol: HAPPINESS IS... avec de la place pour compléter. J'ai cherché de la craie en vain avant de prendre le genre de photo dont Scarlett Johansson se serait moquée dans "Lost in translation". Et je me suis demandé: "Mais au fait, qu'est-ce que j'aurais écrit? En une phrase très courte, c'est quoi pour moi, le bonheur?" Et la réponse s'est imposée immédiatement à moi: le bonheur, c'est être aimé en retour par des gens qui vous le font sentir.

samedi 6 août 2016

Samedi pistoche




9h00 Même pas encore levée, j'apprends de la bouche de Chouchou qu'une culbute se dit "cumulet" en Belgique. Non mais si c'est pour inventer des mots à tout bout de champ, créez carrément votre propre langue.

10h00 Ma mère a un gros service à me demander. Je sais, je dois regarder pour augmenter les garanties de sa mutuelle. Ah non, pardon: il faut que je lui passe le niveau 147 de Candy Crush. C'est important d'avoir des priorités dans la vie.

10h30 Le point Carence (comme dans "Pas de viande ni de poisson? Et ben, ça ne doit pas être très varié votre alimentation; je suis inquiète pour ta santé", proféré par une personne qui se nourrit essentiellement de chocolat) est atteint très tôt cette année.

11h30 Deuxième escape game des vacances réservé pour dimanche prochain, youhou! Ce sera la salle "Braqueurs amateurs" d'Enigma Escape. Dans la foulée, Chouchou télécharge "Road not taken" comme prochain jeu-vidéo-pour-quand-on-est-au-lit-le-soir.

12h00 Le chat de ma mère se suspend à la poignée de porte de la salle de bain et fait irruption pile au moment où je sors de la douche.

12h01 Je remets le chat dehors et ferme la porte à clé.

12h02 Le chat saute et s'écrase lourdement sur la porte de la salle de bain qui refuse de s'ouvrir devant lui. Je suis un monstre.

12h30 La voix de Jean-Luc Reichman m'avait manqué.

12h31 Ou pas.

13h00 Quand ma mère m'a demandé par mail ce qu'elle devait faire comme courses avant notre arrivée, je lui avais dit de nous prendre un ou deux fromages, et comme elle n'en mange pas elle-même, j'avais dressé une petite liste de choix possibles: emmenthal, cantal, chèvre, roquefort... Elle les a TOUS achetés. Nous avons du fromage pour trouze ans.

13h30 Oooooh, il y a un roman sur la table du salon. Un grand format bien épais. Alléluiah! Ma mère n'a jamais aimé lire, mais elle a peut-être été touchée par la grâce dans sa 69ème année. Voyons voir le titre de l'Elu...

13h31 ...C'est le dernier Guillaume Musso.

15h15 "Je passe chez le primeur, je prends quoi?" lance David à la cantonade. "Mmmh... du melon et des nectarines", réclame ma soeur. "Si tu rapportes des abricots en plus, je vous fais un clafoutis pour quatre heures", suggéré-je aimablement.

15h45 Les bisous d'amoureux dans la piscine, accrochés l'un à l'autre comme des arapèdes, c'est le bien.

16h00 Alors qu'on discute des pays qu'on aimerait visiter, la mère de David demande: "C'est quoi la plus grande ville du monde?" Je hasarde: "Mexico ou Sao Paulo". Chouchou tente: "Tokyo". Vérification faite sur un smartphone: c'est Hong-Kong, et dix des douze premières villes de la liste sont en Asie. (C'était la minute culturelle.)

17h00 Maintenant que mes neveux sont grands, c'est super chouette de passer du temps avec eux. Tu leur dis: "N'éclaboussez pas Tatie ou son coloriste la tuera au retour de vacances", ils vont gentiment faire des bombes à l'autre bout de la piscine. Franchement, je suis épatée par leur maturité.

17h15 Mes neveux se roulent par terre sur la terrasse en se filant des coups de pied vicieux et en hurlant: "Cépamoicélui!".

17h30 "Il va mettre combien de temps à cuire, ton clafoutis aux abricots"? demande ma soeur. "Trois quarts d'heure". "Ca va faire un peu juste pour le quatre-heures." "Ben pourquoi tu... (Coup d'oeil à l'horloge.) Ah oui, en effet."

17h45 Attila a pris son premier cours de code ce matin, dit "J'ai le seum" et a un compte Instagram. Je me sens vieille.

18h00 Tous recuits de soleil et écroulés sur le canapé devant les JO de Rio que personne ne regarde. Je bouquine, Chouchou roupille et ma soeur chasse les Pokémons pour Cahouète en ricanant: "Non mais là, t'as pas assez de bonbons pour faire évoluer ton Roucool, mon pauvre ami". Madame, qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de la directrice administrative et financière de la très sérieuse société Bidule?

20h00 L'avantage de l'été, c'est qu'il suffit de sortir un melon, un avocat bien mûr, une botte de radis, un bol de tomates-cerises du jardin, du sel, de la mayo et hop: tu as un instarepas.

21h00 Putain mais ça existe toujours, Fort Boyard? 

22h00 Je finis la journée avec une infusion Eléphant La rhubarbe à papa, rien que pour le nom.

jeudi 21 avril 2016

Où il faut déjà se dire au revoir




Nuit moins pourrie que la précédente, avec réveil à 5h45 - peut-être à cause de la lumière, mais mettre un masque ne me permet hélas pas de me rendormir pour grappiller encore un peu de sommeil. Vers 10h30, les petits qui ont rendu les clés de leur appart' Air B'n'B passent déposer leurs bagages chez nous, et une heure plus tard, nous allons déjeuner à l'Exki de la place du Luxembourg avant de nous mettre en route pour Laeken.  Ma soeur avait envie de voir les serres royales, et elle a beaucoup de chance: nous sommes en plein dans la courte période de trois semaines où celles-ci sont ouvertes au public chaque année. 

Je craignais qu'elles ne soient difficiles d'accès en transport en commun, mais même pas: le bus 53, qui passe toutes les dix minutes, nous laisse juste devant l'entrée du palais. Bien qu'on soit un jour de semaine hors période de vacances scolaires, une longue file d'attente s'étire dans le parking d'en face - sans doute à cause des contrôles de sécurité qui ralentissent le flux. Le parc est encore plus joli que dans mon souvenir, et je trouve bien dommage de ne pas pouvoir profiter de ces grandes pelouses pour pique-niquer! Les serres en revanche m'avaient fait plus forte impression lors de ma première visite il y a deux ans, mais bien entendu elles n'ont pas changé depuis et je deviens facilement blasée. Les petits apprécient, c'est l'essentiel. 

Lorsque nous ressortons, il est encore assez tôt pour envisager un dernier tour dans le centre. Métro jusqu'à la gare du Midi et tram jusqu'à Bourse. En remontant la rue du Marché aux Herbes, Cahouète aperçoit des meringues dans la vitrine de la boutique Aux merveilleux de Fred et veut absolument entrer pour en acheter une. L'occasion de découvrir leurs énormes et fabuleuses brioches, peut-être les meilleures que j'aie jamais mangées. J'en partage une avec ma soeur et David, et en emporte une autre pour la manger demain matin avec Chouchou. Nous remontons jusqu'aux galeries royales pour boire un chocolat chaud chez Méert (même si, en fin de compte, je commande un thé glacé à cause de la température presque estivale). Puis nous reprenons le bus pour rentrer chez nous. 

Les petits récupèrent leurs bagages, et Chouchou et moi les accompagnons à pied jusqu'au départ de la navette pour l'aéroport... dont les portes se referment en plein milieu de notre conversation, et qui démarre avec 6 minutes d'avance sur l'horaire prévu. Un au revoir un peu abrupt. Mais j'ai fait 13 000 pas aujourd'hui, et ce soir, je mange des COURGETTES. Vivement le mois d'août qu'on descende à Toulouse. 

mercredi 20 avril 2016

Où Cahouète a droit à ses pandas tandis que je suis frustrée de mes hippos


J'ai passé une nuit horrible: endormie vers minuit et demie, réveillée deux heures plus tard avec un mal de gorge de tous les diables et beaucoup trop chaud, impossible de me rendormir même en migrant sur le canapé du salon avec une couverture plus légère et un pot de Vicks Vaporub. Plus de cinq heures à ruminer mes angoisses, ce n'est vraiment pas bon pour ce que j'ai. Quand je finis par me lever vers 7h30, la journée qui s'annonce crevante commence à peine et je suis déjà épuisée. 

A 9h12, je sonne à l'appart' Air B'n'B des petits avec un sac de croissants. Nous prenons le métro jusqu'à la gare du Midi, un premier train IC jusqu'à Ath et un tortillard jusqu'à Cambron-Casteau. Heureusement qu'il fait très beau aujourd'hui encore, parce qu'il faut quand même marcher pas mal de la minuscule gare ferroviaire jusqu'à notre destination. Les enfants tentent de deviner ce que nous allons faire: "Traire des vaches? Ce serait cool!" Euh oui mais non. Nous nous rendons au parc zoologique de Pairi Daiza, qui depuis 2014 héberge deux pandas: la grande passion de Cahouète dans la vie. Mais nous comptons lui cacher leur présence jusqu'au dernier moment.




Début de la visite. Dans la mini-ferme près de l'entrée, je découvre que ma soeur appelle sans discernement "biquette" aussi bien les brebis que les chèvres. "Bah c'est plus ou moins pareil." Je sais qu'elle bosse dans la finance, mais tout de même. A l'intérieur d'une magnifique et gigantesque volière, nous montons sur une passerelle suspendue en pensant qu'elle redescend de l'autre côté: en fait, elle traverse la moitié du parc, avec des planches de plus en plus étroites, des cordes qui ballottent de plus en plus, et à la fin, un tunnel dans lequel il faut avancer à quatre pattes. On se sent un peu comme une famille d'Indiana Jones. A un moment, Cahouète aperçoit en contrebas le panneau qui indique la grotte des pandas, et son visage s'illumine. Score.







La longue visite à Hao Hao et Xing Hui se conclut par un non moins long passage à la boutique de souvenirs qui leur est dédiée. Il n'y en a pas d'autres à l'intérieur du parc, seulement deux à l'entrée, et j'apprécie beaucoup ce côté anti-Disneyland. L'estomac dans les talons, nous rebroussons chemin jusqu'au dôme de l'Oasis où nous déjeunons à la cafétéria: couscous pour les hommes, ballekes-riz pour ma soeur et moi. Je suis sur les rotules alors que nous n'avons même pas vu un quart du parc, et j'envie atrocement David qui, dès qu'on le pose quelque part sans rien à faire (maintenant, par exemple), s'endort dans la minute. "Je suis comme les appareils sophistiqués: je me mets en veille", rigole-t-il. Clairement, on a oublié de me doter de cette option.





Mes jambes sont en plomb et j'ai juste envie de me rouler en boule dans un coin pour mourir. Par chance, la visite suivante est celle de la crypte des chauve-souris, ce qui me requinque un peu. C'est vrai que ça fouette sévère, mais on peut admirer à moins d'un mètre d'énormes chauve-souris qui battent des ailes suspendues la tête en bas, ainsi que des grappes de minuscules bébés. J'adore. En ressortant, nous zappons la partie nordique et pénétrons dans la partie "indienne" en admirant la déco. Je n'avais jamais vu un parc zoologique aussi somptueusement mis en scène; la visite vaudrait le coup même sans les animaux! Par contre, malgré les programmes de protection et de reproduction des espèces menacées, je reste assez opposée au principe de transporter sur un autre continent et d'enfermer dans un espace plus ou moins réduit des bestioles qui seraient tellement mieux en liberté... Si ce n'était pas pour Cahouète, je ne serais jamais venue ici. Mais j'avoue que je suis prête à m'asseoir sur mes principes pour le titre très disputé de Meilleure Tatie de l'Univers.








Dans la partie africaine, je suis déçue de ne pouvoir accéder à l'enclos des hippopotames à cause des travaux en cours sur la maison des gorilles située juste devant. Les enfants se sont emparés du gros appareil photo de leurs parents et mitraillent tout ce qui bouge. Un bateau de récupération, le Mersus Emergo, abrite les protégés de l'association Carapace: des tortues et autres reptiles abandonnés ou issus d'un trafic illégal. L'occasion de découvrir qu'en plus de prendre les brebis pour des bêtes à cornes, ma soeur a peur des serpents. Pourtant, ce n'est pas comme s'il s'agissait de bêtes terrifiantes genre des SOURIS! Nous retournons dire au revoir aux pandas; l'un des deux pionce et l'autre boulotte de grandes tiges de bambous vautré sur le dos. La belle vie. J'aimerais voir les koalas arrivés la semaine dernière mais ils sont encore en phase d'acclimatation et on ne peut que les deviner à travers la vitre de leur nouvelle maison.





Pour compenser ma frustration de n'en avoir pas vus de vrais, je m'achète un petit hippo en peluche super douce dans la boutique près de l'entrée. Puis nous reprenons le chemin de la gare, où nous arrivons avec une demi-heure d'avance et manquons quand même rater notre train parce que nous l'attendons sur le mauvais quai. L'occasion de piquer un dernier sprint, histoire d'achever mes rotules. Retour à Bruxelles sans histoire; métro et bus 71 jusqu'à la place Flagey où Chouchou nous rejoint et où ma soeur, David et les enfants s'achètent chacun un grand cornet de frites. Les vendeurs ne connaissent pas la sauce barbecue (siriously?) et sont toujours aussi aimables, mais enfin ça fait partie du folklore. Quand nous voulons reprendre le 71 en sens inverse, il est bondé et les portes se referment avant que David n'ait pu monter à bord avec nous. Il prend le suivant, et nous le récupérons à l'arrêt Quartier Saint-Boniface. 

Un dernier arrêt chez Eccome No! pour acheter des pizzas à emporter, car c'est bien connu: frites + pizzas is the new healthy diner. Je suis tellement soulagée de me poser sur le canapé des petits enroulée dans une couverture en polaire! Quand vient le moment de rentrer, je me sens incapable de faire un pas de plus, et Chouchou-cet-amour prend une voiture Cambio à la station voisine juste pour me ramener à la maison avant de revenir poser la voiture là et de rentrer à pied tout seul. Bilan de ce mercredi: plus de 21 000 pas, 8h de sommeil en trois jours et 72h sans le moindre légume vert. Heureusement que le côté obscur de la Force est avec moi.

mardi 19 avril 2016

Où j'arrive enfin à déjeuner dans l'Air Stream du Cook & Book




Réveillée à 4h30 ce matin et impossible de me rendormir, urgh. En allant chercher les petits, m'arrêter à la boulangerie de la rue de la Paix pour acheter des pains au chocolat et des croissants encore tout chauds. Traîner tous ensemble autour de la table du petit-déjeuner, puis aller prendre le métro direction Roodebeek. La seule sortie ouverte aujourd'hui n'est pas celle que je prends d'habitude et c'est ma soeur qui repère le Cook and Book entre les arbres - je fais un piètre guide! Décrocher l'Air Stream pour notre lunch, et en attendant midi et quart, flâner dans les différents espaces de la librairie en prenant des photos (vachement belles) de ma famille. Comme nous avons des projets caloriques pour le reste de la journée, je me contente d'une soupe italienne et d'une limonade maison. Les enfants se sont fait acheter des mangas et lisent à table dès leur assiette terminée, braves gosses (enfin, braves gosses à qui leur mère a interdit d'utiliser le smartphone d'Attila pour jouer). 

Re-métro jusqu'au centre-ville où nous nous promenons à pied. Passage à l'Herboristerie Moderne pour racheter du thé des Gnawa (Cahouète ouvre de grands yeux devant la vitrine voisine de Lady Paname). Tiens, une belle fresque LGBT que je n'avais jamais vue. Chez Brüsel, je jure à ma soeur et à David que s'ils ne font pas pipi de rire en lisant "Le grand méchant renard", je leur rembourse leur achat. Je n'avais jamais percuté que tous les stands et les camions vendent des gaufres de Liège et non pas de Bruxelles, or bien entendu, ce sont des gaufres de Bruxelles que ma soeur et Cahouète veulent manger. Après une traversée des galeries royales Saint-Hubert dans lesquelles je cherche en vain le café du Vaudeville (et pour cause: il a été remplacé par un Pain Quotidien, m'apprendra Chouchou plus tard), nous devons faire appel à Google notre ami pour nous indiquer où manger ces foutues gaufres de Bruxelles. Google notre ami nous envoie dans un endroit situé à quelques pas de là et pertinemment nommé "Aux gaufres de Bruxelles". S'en suit l'ingestion d'une quantité indécente de chantilly accompagnée pour les uns de fraises, pour les autres de bananes et de chocolat. Les enfants essaient de me faire dire où je compte les emmener demain, mais je tiens à ce que ce soit une surprise. "Si c'est Tatie qui a choisi, ce sera forcément cool", finit par déclarer Cahouète. Merci pour le vote de confiance!

Je suis bien contente de trimballer deux parapluies dans mon sac depuis ce matin alors que ce dont nous aurions vraiment eu besoin, c'est de lunettes de soleil. Nous remontons à pied jusqu'au parvis Saint-Boniface et nous posons à l'appart' Air B'n'B en attendant l'heure du dîner. Ce soir, c'est Chouchou qui se colle aux fourneaux pour préparer des spaghetti ail-citron avec l'ail des ours déniché dimanche au marché Flagey. Les petits n'en avaient jamais mangé mais tout le monde semble apprécier. En dessert, des éclairs Pierre Marcolini achetés tout à l'heure - c'est chouette qu'ils proposent tant de parfums originaux, parce qu'on a tous pris chocolat (sauf ma soeur qui a préféré une tarte au citron)! Le repas terminé, nous skypons un moment avec ma mère qui peut ainsi tous nous voir à la caméra. Mon estomac n'a pas vu un légume vert depuis 48h, mais au moins, j'ai encore fait 16000 pas aujourd'hui. 

lundi 18 avril 2016

Où ma famille me laisse seule du côté obscur de la Force




A 15h, acheter vite fait une piadina à l'Exki de la place du Luxembourg, courir jusqu'au départ de la ligne 12, me caler dans le premier siège sur la gauche et manger en me brûlant un peu la langue dans le premier siège sur la gauche. J'ai emprunté la navette express la plus lente de l'univers, ou c'est juste une impression? "Non madame, vous ne pouvez pas entrer dans le hall des arrivées, vous devez attendre sur le trottoir d'en face", m'informe une palanquée de militaires en armes. Alors j'attends dans la fumée de clope nauséabonde des uns et des autres, j'attends dans les courants d'air qui me font regretter de ne pas être plus chaudement vêtue, j'attends en espérant qu'on ne va pas se louper, j'attends en me tordant le cou pour apercevoir un visage connu - et c'est celui de David que je vois en premier. Ma soeur court vers moi avec les bras écartés. Attila a effectivement pas mal grandi et sa voix commence à muer; je mets un moment à m'habituer. Cahouète a les cheveux qui lui tombent dans les yeux. Nous attrapons de justesse le 12 suivant, où nous nous retrouvons debout et serrés comme des sardines, mais tant pis: ils sont là, ils sont là! 

L'appartement Air B'n'B que ma soeur a loué juste au-dessus de l'Ultime Atome est très sympa: plafonds hauts, murs blancs, plancher en bois, grande chambre et beaucoup de lumière - mais 3ème étage sans ascenseur, parce qu'on ne peut pas tout avoir! Vers 19h, descendre à pied vers la place Flagey. Chouchou nous rejoint chez Les super filles du tram où j'ai réservé une table pour 6 dans le fond. Nous nous goinfrons tous de burgers, à l'exception de ma soeur qui a décidé de se faire un cornet de frites en sortant et qui se contente donc d'une salade. Manque de bol: le fritkot est fermé, nous reviendrons une autre fois. Nos velléités d'aller finir la soirée au Cook & Book se heurtent, d'une part à l'absence de voitures Cambio disponibles à la station Flagey, d'autre part à l'heure trop proche du dernier métro. Tant pis, ce sera une simple promenade digestive autour des étangs d'Ixelles pendant que le soleil se couche. Tiens, c'est quoi ces bonshommes lumineux sur la berge d'en face? "A compétences égales, c'est pas sexiste d'embaucher quelqu'un parce qu'il a de belles fesses: il faut bien un critère de choix" déclare Attila, 14 ans 1/2, élevé par un père au foyer et une mère qui bosse 60 heures par semaine dans un poste à grosses responsabilités. Nous voilà bien. 

Arrêt au White Night pour acheter des boissons et retour à l'appartement Air B'n'B. Les enfants mettent le DVD de "Ratatouille". Pendant le film, je fais passer le test de Briggs-Meyers à ma soeur, à David et à Attila pour voir à quel profil de personnages Star Wars ils correspondent; résultat: une C3PO (ISFJ) et deux Qui-Gon Jinn (ENFP). En tant que Palpatine (INTJ), je me sens bien seule du côté obscur de la Force! Je me suis réveillée à 5h30 ce matin et je suis crevée; Chouchou et moi rentrons donc avant la fin du film. J'ai fait plus de 17 000 pas aujourd'hui, et je sens que ce n'est qu'un début!

jeudi 17 septembre 2015

Premiers émois gourmands




Si j'ai assez peu de souvenirs d'enfance globalement, je me rappelle très bien mes premiers émois gourmands. J'ai encore en bouche le goût d'une tripotée des plats familiaux simples mais goûteux que préparait ma grand-mère paternelle, chargée de nous récupérer le midi et de nous garder le mercredi, ma soeur et moi. Ses beignets de courgette, ou mieux encore, de fleurs de courgette. Son omelette de pommes de terre qui ressemblait plutôt à une galette épaisse et roborative. Ses gnocchi maison aux formes inégales, dont la confection lui demandait des heures. Ses farcis à la provençale, préparés avec du corned-beef (prononcer à la française: "cornèdeuhbiffeuh"). Quand j'étais très petite, elle me servait deux plats que je semblais apprécier mais n'ai plus voulu avaler dès que j'ai compris de quoi il s'agissait: de la cervelle d'agneau et du bifteck de cheval. J'ai également renoncé dès que possible aux infâmes Savane qu'elle achetait pour le goûter du mercredi, et aux biscuits secs avec des messages écrits dessus qu'on trouvait chez elle et chez ma grand-tante. 

Chez mes grands-parents maternels, à la campagne, il y avait d'énormes faitouts de compote de pommes du verger, entreposés dans une petite pièce attenante à la cuisine qu'on appelait la souillarde. Tard le soir, avec ma soeur et ma cousine Fred, on allait en piller discrètement, en priant pour que la différence de niveau ne se remarque pas le lendemain. Je revois aussi les dessins que mon grand-père traçait avec la pointe du couteau dans le beurre des biscottes du petit-déjeuner, et les truites entières pêchées par mon père qu'on déposait grillées dans nos assiettes le lendemain midi. Je sens le goût aigrelet des griottes rouge clair gorgées de soleil, cueillies à même l'arbre et mangées par dizaines malgré les avertissements des adultes qui protestaient que ça n'était pas fait pour ça. Parfois, les enfants dont je faisais partie se laissaient convaincre de ramasser le cassis avec lequel mon grand-père confectionnait un fabuleux sirop. En revanche, je ne raffolais pas précisément de la soupe de pissenlits de ma grand-mère, et il était hors de question que j'avale la moindre caille ou autre oiseau minuscule abattu par mon père (en ce temps-là terreur de la faune locale). 

J'aimais les barres de chocolat Milka à l'emballage mauve auxquelles j'avais parfois droit pour le goûter, les jours d'école, et les boudoirs Brossard que je trempais dans mon Nesquick où ils se désagrégeaient en une fraction de seconde, ou que je collais très fort contre mon palais avec ma langue pour que ma salive les ramollisse. Je ne sais pas trop pourquoi mes parents en achetaient: ma mère n'a jamais préparé la moindre charlotte. Mais ça et les Thé Brun, c'était les deux seuls types de biscuits qui avaient droit de cité dans nos placards. Il n'y avait pas de bonbons ni d'autres sucreries à la maison - sauf, pendant les fêtes de Noël, des escargots de Bourgogne que ma mère et ma soeur faisaient disparaître à une vitesse record tandis que je les boudais et que mon père rouspétait: "La boîte est déjà vide?". Pas non plus de sodas, et très rarement de jus de fruits. Je dirais bien que c'est la raison pour laquelle les sucres rapides me laissent assez indifférente, mais ma soeur, elle, les adore; j'imagine donc que comme beaucoup d'autres choses, le goût se développe à partir d'une combinaison d'inné et d'acquis.

Et vous, quels sont les plats ou les aliments qui ont marqué votre enfance? 

vendredi 4 septembre 2015

Ce que je tiens d'eux et ce qui n'appartient qu'à moi




De mon père, j'ai hérité
La forme des ongles
Les cheveux souples et épais qui blanchissent tardivement
La très petite taille - et les très petits pieds difficiles à chausser
Les grains de beauté
La tension oculaire trop élevée
Le mal de mer atroce (mais moi, au moins, je n'ai pas dû faire mon service militaire dans la marine!)
La maniaquerie
Le caractère anxieux et colérique
Le pessimisme
L'horreur des tralalas
...Et des psys
...Et des hôpitaux
L'honnêteté
Le sens de la justice
Le pragmatisme à tout crin
Le tempérament de collectionneuse
La tendance à documenter et archiver les choses
L'amour du fromage
La ferme conviction qu'il n'existe qu'une seule bonne manière de ranger un lave-vaisselle

De ma mère, j'ai hérité
La silhouette en bouteille d'Orangina et la tendance à grossir facilement
Le tempérament dépensier
Une passion adolescente pour la série "Jalna" de Mazo de la Roche
Quelques dispositions pour le dessin 
...Et pour le travail de la laine (elle tricot, moi crochet)

Mais ça, c'est juste à moi
Le teint de lavabo
L'endométriose
Le goût pour les études
Les dispositions pour l'écriture
L'amour des livres
L'envie de voyager le plus possible
Préférer le statut d'indépendant au salariat
...Et un petit appartement en ville plutôt qu'une grande maison à la campagne
Le mépris des conventions sociales
La volonté de surpasser mes traumatismes et mes névroses 
au lieu d'en souffrir et de les infliger à mon entourage jusqu'à la fin de temps

mardi 18 août 2015

Toulouse, été 2015




Samedi: Il pleut sur Toulouse pour notre premier jour de vacances? Qu'à cela ne tienne: j'emprunte un blouson à ma soeur, et Chouchou et moi allons passer une grande partie de l'après-midi chez Ombres Blanches, d'abord à choisir des bouquins, puis à lire devant une tasse de thé. Les Toulous'hein: salle crade et steak trop cuit qui oblitère le goût des autres ingrédients de mon burger; je ne reviendrai pas. J'ai fait les courses de ma mère, j'ai bien mérité de craquer chez Arabesque pour cette paire de sandales Esska en fin de série.




Dimanche: Ma soeur cuisine assez peu, mais son rougail saucisse déchire. Quant au gâteau renversé à l'ananas d'Attila, il est plus beau que celui de la photo dans le livre de recettes, et probablement meilleur aussi. Y'a des gens qui ont des super-pouvoirs du quotidien toupourris; mon beau-frère, lui, trouve systématiquement une place de parking pile à l'endroit où il va. Je pensais bien que l'escape game plairait à toute la famille, et je suis ravie de constater que je ne me suis pas trompée: ma soeur, David et Attila s'éclatent autant que nous dans Le bureau de Pierre Rousseau. Nous sortons avec plus de deux minutes d'avance sur le chrono - hourra! Pour conclure cette chouette journée, je termine le réjouissant "Comment (bien) rater ses vacances". Dire qu'il y a encore des lecteurs qui méprisent la littérature jeunesse...




Lundi: Pour une fois, nous réussissons à trouver le Gaumont Labège du premier coup. J'ai l'impression qu'Attila et Cahouète s'ennuient devant "Le Petit Prince", mais en fait non. Maintenant, bourrons les gamins de sucre. Dommage que ma robe soit un peu ton sur ton avec les sièges du Tommy's: un modèle contrasté aurait donné de meilleures photos. Comme cadeaux d'anniversaire chez Cultura, mes neveux choisissent la première trilogie Star Wars en DVD et des baguettes Harry Potter, les braves petits.




Mardi: Malgré nos recherches à Bruxelles, le bibimbap du Boli Café reste inégalé - d'ailleurs, il y a la queue sur le trottoir en cette semaine de réouverture. Une géocache facile au pied du donjon du Capitole. La Jolie Fleur d'Octave (yaourt, fraise, rhubarbe) est sans aucun doute ma glace préférée au monde. Consternée de voir que les billets de spectacle achetés sur le site internet de la Fnac sont maintenant délivrés par un automate. Je me fiche du gain de productivité qui mettra des employés au chômage et ne profitera qu'aux actionnaires: si j'ai un souci, je veux parler à une PERSONNE, bordel. Et c'est une sociopathe qui dit ça.




Mercredi: Quand j'essaie de résumer pourquoi je trouve l'héroïne de "Retour en Islande" antipathique, je me rends compte que je suis en train de me décrire - ouch. Comme prévu, les pâtes à la Norma de Chouchou remportent un franc succès auprès de toute la famille. Le drame du jour porte sur le plan de travail bousillé par le plombier auquel ma mère a fait changer son évier de cuisine parfaitement fonctionnel. Une avance de £15 000 à l'auteur d'un obscur récit de voyage vieux de 50 ans et déjà publié une première fois dans l'indifférence générale - je croyais que "The Rocks" était une histoire de secrets de famille, pas un roman de science-fiction!




Jeudi: Nous aurons eu le temps de de nous partager un club sandwich Duck Me pour le goûter, de retrouver Nekkonezumi devant O Sorbet d'Amour pour y acheter un cornet deux boules, de faire un tour de grande roue et de visiter l'expo d'un photographe lithuanien au Château d'Eau avant de nous prendre la mère de toutes les averses sur le coin de la figure en retraversant le Pont Neuf en sens inverse. Quand nous débarquons trempés (et, en ce qui me concerne, en robe d'été et sandalettes) chez JCD, cet homme merveilleux m'allume un feu de cheminée pour que je puisse me sécher: bonheur intense. Non monsieur l'agent, Chouchou ne stresse pas à l'idée d'ânonner "1, 2, 3, 4, 5" dans votre alcootest: il n'a bu que de l'eau toute la soirée.




Vendredi: Le meilleur magret de ma vie chez Monsieur Marius, une géocache trouvée à côté du métro Carmes, deux bols Bloomingville ravissants chez Méric (cet écureuil en trottinette rouge! ce mignon hérisson endormi!) mais un thé vraiment pas bon au Jardin des Thés. Improviser une soirée risotto/pâtisserie chez ma soeur et répartir les différentes missions pour plus d'efficacité - Chouchou va chercher ma mère et le vin blanc, David et moi allons faire les courses au Super U, ma soeur et Attila commencent la crème à la vanille, Cahouète continue à jouer à agar.io sur le canapé. Nouvelle unité monétaire: la botte d'asperges du primeur d'à côté (7,95€ au cours du 14 août 2015). Christine Bravo mime la limace dans un jeu télévisé débile - au secours! Les plaisirs gourmands recette Ladurée, 3h pour les préparer, 3 minutes pour les dévorer jusqu'à la dernière miette.




Samedi: "Que penses-tu du verbe requestionner?" Euh, du mal, beaucoup de mal. En un seul trajet en voiture avec l'autoradio allumé, j'ai dû tripler ma connaissance de la musique populaire du XXIème siècle. Merci à l'Atelier du Burger d'être ouvert un 15 août et de proposer une recette au fromage bleu. Sur un trousseau de 50 clés, celle qui ouvre le cadenas est bien évidemment l'avant-dernière que je teste. Nous sortons du Cachot de la Taverne en 52'56", ce qui nous classe paraît-il dans les meilleurs temps. En prime, le game master nous conseille les deux meilleurs escape games de Budapest pour notre voyage du mois prochain. Je pourrais admirer pendant des heures le monsieur qui fait des bulles de savon géantes sur la place du Capitole. La quête vaine des nouvelles-chaussures-pour-la-rentrée d'Attila se termine au Sorbet d'Amour où je teste le nouveau parfum mojito. Je ne ferais pas rentrer un cure-dent de plus dans ma valise cabine, mais enfin, elle ferme.




Dimanche: La journée se traîne, et mon mauvais bouquin ne parvient pas à me distraire de l'angoisse du retour qui monte au fil des heures. Ma soeur nous ramène à l'aéroport et j'en chialerais de la quitter sans même avoir eu une seule occasion de lui parler vraiment (mais pour lui dire quoi, au juste?). J'ai bien failli paumer le connecteur de mon Jawbone dans les rainures du tapis roulant de la sécurité. Oui, je suis une délinquante qui, quand 15 autres femmes attendent devant les toilettes, n'hésite pas à aller faire pipi chez les messieurs où il n'y a personne. Bruxelles by night en 21. En arrivant à la maison, découvrir que le basilic en pot que j'avais mis au frigo pour tenter de le préserver a bel et bien survécu sans trop de dégâts. La première chose que je vois en me connectant sur Facebook, c'est que la seconde salle d'Aventure Rooms Toulouse, dont je guettais l'ouverture depuis avril pour la tester pendant ces vacances, ouvrira officiellement... demain. Bon, ben je vais être obligée de revenir un de ces quatre, alors.

dimanche 16 août 2015

A quelques heures de l'avion du retour




Les vacances à Toulouse, que je redoutais depuis des mois, se sont finalement assez bien passées. Bien sûr, ça ne sera plus jamais pareil qu'à l'époque où mon père était en vie, où on logeait chez ma soeur et où on faisait coïncider notre séjour avec ses congés pour profiter au maximum de tout le monde. Disons que nous avons tiré le meilleur parti de la situation telle qu'elle est aujourd'hui, avec notamment trois repas en famille (qui n'ont pas dû faire de bien à ma ligne, mais c'était pour la bonne cause), deux escape games (réussis qui plus est) et un après-midi consacré à mes neveux. Maintenant qu'ils sont plus grands, je commence à les apprécier en tant que personnes, à savoir de quoi discuter avec eux et à prendre un vrai plaisir à leur compagnie. Ca, c'est particulièrement chouette. 

Pour le reste: nous nous sommes couchés trop tard et levés de même, il y aura du recadrage horaire à effectuer dès lundi! Nous avons mangé du bibimbap, des glaces Octave et O Sorbet d'Amour, des burgers deux fois, du canard deux fois, et de délicieuses pâtisseries préparées par Attila (le futur Michalak?). Je n'ai pas fait de fitness de toute la semaine, et réussi à atteindre les 10 000 pas quotidiens seulement un jour sur deux: Jillian va donc redevenir ma meilleure amie dans les semaines à venir. Je n'ai pas lu autant que je l'imaginais, seulement deux romans complets (mais des biens) plus deux demi-romans, et je n'ai pas touché à "Essentialism". J'ai regardé des vidéos TED les quatre ou cinq premiers jours seulement, puis j'ai oublié ou pas eu envie, ce qui n'est pas bien grave. 

Il n'a pas fait très beau, donc pas de baignades dans la piscine de ma soeur, mais ça ne nous a pas empêchés de nous promener comme prévu (l'avantage d'être endurcis par la météo belge!). En plus de passer du temps avec ma famille, nous avons vu Nekkonezumi deux fois et fait un délicieux dîner chez JCD un soir de pluie. J'ai réussi à ne pas m'écharper avec ma mère - même si j'ai parfois dû me mordre sérieusement la langue. Les tournesols étaient déjà fanés dans les champs alentours, mais au chapitre "jolies photos", nous nous sommes rattrapés durant un tour de grande roue. En résumé, même si les conditions n'étaient pas idéales, je vais rentrer contente de mes vacances. Pas très sereine, car nous avons laissé à Bruxelles de sérieux problèmes qu'il faudra bien résoudre d'une façon ou d'une autre. Mais au moins, j'ai l'impression d'avoir ramené la paix dans mes relations avec ma famille, ce qui m'ôte un gros poids du coeur.