Affichage des articles dont le libellé est féminité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est féminité. Afficher tous les articles

mercredi 18 novembre 2009

Ta gueule, David Douillet*

Dans son édition du mercredi 4 novembre, [le Canard Enchaîné] publie quelques-unes des bonnes feuilles [du livre de David Douillet], sobrement intitulé L'Ame du conquérant (Robert Laffont, 1998). Justifiant sur trois pages ce qu'il appelle sa "misogynie rationnelle", le député des Yvelines y dévoile ses projets pour la femme du XXIe siècle. "Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n'est pas quelque chose de naturel, de valorisant, explique-t-il. Pour l'équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer."

"C'est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d'élever des enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n'est pas par hasard", poursuit-il. "De fait, cette femme-là, quand elle a une activité professionnelle externe, pour des raisons de choix ou de nécessité, elle ne peut plus jouer ce rôle d'accompagnement essentiel. (...) Je considère que ce noyau est déstructuré. Les fondements sur lesquels étaient bâtie l'humanité, l'éducation en particulier, sont en partie ébranlés", ajoute David Douillet, aujourd'hui membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale.

Visiblement plus porté sur les affaires "naturelles" que "culturelles", il pare aux critiques : "On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes !"

Source: www.lemonde.fr

Alors, je suis extrêmement désolée d'ébranler les fondements de l'humanité avec mes petites histoires de flingues qui ne font pas de crottes. Mais tant que Chie Mihara ne donnera pas ses chaussures - et, accessoirement, que Carrefour refusera de me laisser vider ses rayons sans me réclamer des sous en échange -, j'ai peur de devoir continuer mon ignominieux travail de sape. En même temps, comme je n'ai pas daigné me reproduire, je peux sans doute adopter cette attitude hautement anti-féminine sans trop nuire à la société. Hé oui, lectrices, mes amies, mes soeurs: des enfants ou les pieds au chaud et un estomac plein, il vous faut choisir!

*Pardon pour cette grossièreté et pour cet emprunt au formidable blog C'est la gêne, mais y'a des jours où quand on lit ce qu'on lit et on voit ce qu'on voit, on se dit qu'on a bien raison de penser ce qu'on pense. J'me comprends.

mercredi 29 octobre 2008

De la féminité

Sur l'un des blogs que je suis, une jeune femme souffrant du syndrome MRKH (c'est-à-dire née sans utérus ni vagin) pose aujourd'hui la question: "Qu'est-ce que la féminité?".

Franchement, je serais bien en peine d'y répondre. Oui, je suis une fille, une femme, un être humain de sexe féminin. Mais pour moi, c'est juste une donnée biologique. Ca ne définit en aucun cas ma personnalité. C'est vrai que j'aime les robes et les talons hauts; cela dit, la plupart du temps, je me balade en blouson de cuir noir et en bottes de moto. C'est vrai que je suis capable de jouer les chattes et les séductrices si l'humeur m'en prend, mais j'ai aussi de grands accès d'autorité et même de machisme, parfois. C'est vrai que je pratique pas mal de loisirs typiquement féminins, comme le scrapbooking, mais je kiffe aussi les sports extrêmes et l'adrénaline qui va avec. C'est vrai que je peux avoir un côté super maternant avec les gens que j'aime, mais à côté de ça, je n'ai aucune envie de faire des enfants. Si je m'amusais à dresser la liste de tous mes traits de caractère répartis en deux colonnes, il y en aurait autant de soi-disant féminins que de soi-disant masculins. Je ne suis pas plus attirée par un sexe que par l'autre, et je pense que si j'étais née avec un chromosome Y à la place d'un X, je ne serais pas une personne très différente. Il y aurait juste moins de chaussures dans ma penderie - et encore, ce n'est même pas sûr!

Il fut une époque où les rôles homme/femme étaient clairement définis et avaient leur raison d'être. Logique que les plus costauds aillent chasser le bison; logique que celles capables d'allaiter restent à la caverne avec les gnomes. Mais aujourd'hui, dans les pays occidentaux civilisés, hommes et femmes jouissent des mêmes droits. Grâce aux progrès technologiques et à l'évolution sociale, ils peuvent, si ça leur chante, mener exactement la même vie*. Partant de là, je ne comprends pas pourquoi on s'obstine encore à faire dépendre notre identité de notre configuration physique. Ce n'est jamais qu'une façon comme une autre de ranger les gens dans des cases, de leur seriner qu'ils doivent être ceci ou cela, se comporter comme ceci et surtout pas comme cela s'ils veulent être acceptés. Voilà pourquoi en ce qui me concerne, le concept de féminité est hors de propos**: avant d'être une femme, je suis moi - un individu dont le sexe n'est qu'une caractéristique parmi beaucoup d'autres, et même pas une des plus représentatives.

*A l'exception de l'enfantement qui reste le "privilège" des femmes... Pour combien de temps encore?
**Si un(e) anglophone connaît une meilleure traduction pour "irrelevant", je suis preneuse.