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mercredi 29 août 2018

Neuroplasticity: How to rewire your brain




La neuroplasticité, c'est la capacité du cerveau à se modifier lui-même grâce à des apprentissages qui créent des connexions physiques entre nos neurones, leur permettant de communiquer de nouvelles façons. On a longtemps pensé que cette capacité s'éteignait à l'âge adulte, mais c'est archi-faux.

dimanche 22 juillet 2018

Le jugement de mon père





Quelques jours après avoir publié ce billet, je suis allée boire un verre avec Gasparde. On a causé de tout un tas de trucs inoffensifs pendant deux heures: nos voyages, nos lectures, nos connaissances communes ou nos petits dégoûts. Puis, alors qu'on attendait patiemment au bar pour payer, elle m'a lancé sur un ton désinvolte: "Au fait, à propos ton billet de l'autre jour: tu as peur qu'il se passe quoi, au juste, si tu te montres plus vulnérable avec ton entourage? Pourquoi tu crois que les gens vont en profiter pour te faire du mal?". 

mercredi 18 juillet 2018

La tasse est déjà cassée





Plus jeune, j'entassais religieusement les jolis objets, comme si mon appartement était un musée où je me devais de collectionner tout ce que je trouvais beau. Nul n'avait le droit d'y toucher de crainte que mes trésors ne s'abîment ou, horreur des horreurs, ne se cassent. Il me semblait qu'un petit bout de moi aurait disparu avec eux, un petit bout de moi qui devait être préservé à tout prix.

Puis la vie est passée par là.

mardi 17 juillet 2018

De la zone de confort et des coups de pied au cul qui nous en éjectent





J'avais prévu de consacrer mon mois de juin à la traduction d'un livre dont la VO n'était finalement pas disponible à ce moment-là, et ne le serait sans doute pas avant début juillet. Confrontée à la perspective d'un mois de chômage technique, j'ai paniqué et battu le rappel des troupes - autrement dit, j'ai contacté toutes les éditrices avec qui j'avais déjà travaillé pour leur demander si elles auraient quelque chose à me proposer en urgence. La réponse était non. Mais deux d'entre elles avec qui je m'entends particulièrement bien ont eu la gentillesse de parler de moi à leurs collègues. Résultat: avant la fin du mois, j'avais deux romans jeunesse au planning de mon été et, pour peu que je rende du bon boulot, l'assurance d'autres commandes à venir pour deux grosses maisons qui pratiquent des tarifs très satisfaisants. 

mardi 10 juillet 2018

Redevenir humaine





Par défaut, je me méfie des gens que je ne connais pas. Je pars du principe qu'il y a de fortes chances qu'ils abusent de ma gentillesse ou cherchent à profiter de mes faiblesses. J'ai de très bonnes raisons "historiques" pour ça. A mes yeux, les autres sont avant tout des menaces, des dangers potentiels. Du coup j'ai, à dessein, choisi un métier extrêmement solitaire, et ça fait 25 ans que je limite mes rapports humains au maximum. Une fois de temps en temps, j'apprends à connaître quelqu'un d'intéressant sur internet, et je finis par me sentir suffisamment en confiance pour avoir envie de le rencontrer en vrai. Mais même à ceux que je considère comme mes proches, je ne dévoile pas tout. Pas tous les faits, et surtout, pas tous les sentiments qui les accompagnent.

mardi 13 mars 2018

Reprochable




Parmi toutes les injonctions qu'on nous serine à longueur de journée, certaines relèvent d'un moule social dans lequel je me fiche éperdument de ne pas rentrer: je n'ai pas d'enfants, je ne suis pas douce et conciliante, je ne fais pas un 38, je ne me maquille pas, je ne m'épile pas sous les bras et j'emmerde bien fort toutes les idées préconçues sur la féminité. Mais même en me limitant aux valeurs avec lesquelles je suis en accord - en gros, une consommation responsable et l'égalité des droits pour tous, -, je n'arrive pas à être irréprochable 100% du temps. 

mardi 16 janvier 2018

"Be kind and be useful"




La semaine dernière, alors que je parcourais le bel album photo consacré à la présidence de Barack Obama, je suis tombée sur ce conseil de vie qu'il avait donné à sa fille aînée Malia: "Be kind and be useful". Autrement dit: "Sois bienveillante et rends-toi utile". En effet, je crois que c'est le mieux qu'on puisse demander à un être humain, le mieux à quoi chacun de nous puisse aspirer. Et si je fais mon propre bilan à l'aune de ces critères... Honnêtement, ce n'est pas brillant. 

dimanche 8 octobre 2017

Le mérite et le privilège




Longtemps, ça m'a beaucoup énervée qu'on me dise "Tu as de la chance de...", suivi d'un truc que je devais uniquement à mon travail ou à mes choix de vie. Exemple: "Tu as de la chance de pouvoir lire autant." Euh, non. Je n'ai ni enfants ni télé, ça me laisse du temps libre le soir, point. Ou encore: "Tu as de la chance de faire un métier que tu aimes." Ouais, mais toujours non. Ce métier que j'aime, je me suis lancée dedans sans avoir fait les études correspondantes ni bénéficier d'aucun piston. J'ai pris le risque de m'installer comme travailleur indépendant alors que je n'avais aucun filet de sécurité genre parents friqués ou conjoint salarié, et pendant les sept premières années, j'ai bossé 51 semaines par an, 6 jours par semaine, 12 heures par jour. Donc pour la chance, on repassera. 

mardi 5 septembre 2017

La fin de l'anxiété?




Si j'ai toujours été d'un naturel plus inquiet que la moyenne, c'est en 2008, suite au décès d'une amie atteinte d'un cancer, que j'ai commencé à souffrir d'angoisses aiguës. Assez vite, je me suis mise à faire des attaques de panique, et au bout d'un an, j'étais dans un état si pitoyable que j'ai dû accepter de me faire mettre sous anxiolytiques. Pendant six mois, j'ai dormi 12 heures par jour et été complètement abrutie le reste du temps; j'ai aussi bouffé comme quatre et pris dix kilos que je n'ai jamais réussi à reperdre par la suite. Mais je pense vraiment que sur le coup, ça m'a sauvée. J'ai bien fait de les prendre - et encore mieux fait de les arrêter dès que je m'en suis sentie capable. 

samedi 29 juillet 2017

Tostaky-Chantilly




Je suis assise sur une des banquettes en velours vert de la brasserie où j'aime venir bouquiner l'après-midi. Un thé glacé trop sucré devant moi, je lis l'histoire d'un auteur bientôt quinquagénaire confronté à son propre vieillissement. J'ai les pieds gonflés dans mes sandales à talon et je transpire dans ma robe en lin rose pâle. Tout à l'heure, j'ai déjeuné avec une amie et sa fille de 15 ans qui mesure une tête de plus que moi; on a parlé de la sexualité des ados et je me suis sentie antique en repensant à mes premières expériences - si loin. Mon esprit vagabonde. Il serait temps de commencer à organiser notre prochain séjour en Irlande. Vaut-il mieux que j'achète un lave-vaisselle ou que je mette des sous de côté pour changer mon MacBook rapidement? Avec tous les magasins de fringues qu'il y a dans le centre-ville, c'est quand même fou de ne pas réussir à trouver UN débardeur noir en coton épais avec des bretelles un peu larges. Est-ce qu'on réserve un escape game pendant les vacances à Toulouse? Dans un coin de la salle s'élèvent, en sourdine, les premières mesures d'une de mes chansons préférées de tous les temps.

Nous survolons des villes, des autoroutes en friche...

mercredi 26 juillet 2017

Où je recommence à faire des projets



Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais depuis sept ans, j'ai cessé de faire des projets d'avenir. 

Au mois de septembre 2010, on a diagnostiqué un cancer à mon père, et j'ai aussitôt mis entre parenthèses mes projets de grands voyages - je ne voulais pas être à l'autre bout du monde si son état empirait brusquement. Pendant deux ans, j'ai vécu entre Bruxelles, Toulon et Toulouse selon un planning soigneusement calculé et en passant une bonne partie de ma vie dans des TGV. Au final, mon père est mort en octobre 2012, et je n'étais quand même pas près de lui ce jour-là. 

mardi 18 juillet 2017

J'essaie d'apprendre...




...à demander - de l'aide, ou autre chose - sans avoir honte
...à m'autoriser la tristesse parfois, et à l'exprimer
...à faire la sourde oreille quand mon-cerveau-ce troll est en roue libre
...à ne pas stresser pour des trucs qui n'en valent pas la peine
...à être plus affectueuse même quand je n'ai rien bu

mardi 20 juin 2017

10 articles #7




5. Du coup, comment donner du sens à votre vie? En vous posant très sérieusement ces 7 questions incongrues en apparence. (En anglais)

6. Les grandes leçons du développement personnel, reformulées en plus terre-à-terre. (En anglais)

7. Pourquoi c'est important de savoir perdre du temps.  (En anglais)

8. Et aussi: au boulot comme dans le sport, ou la poursuite de n'importe quel objectif, il est crucial de marquer des pauses(En anglais)

9. Comment pratiquer la pleine conscience sous la douche. (En anglais)

10. J'ai toujours déploré que l'argent soit un sujet tabou. Sarah VonBargen est de mon avis, et elle explique très bien pourquoi on devrait vraiment en parler. (En anglais)

dimanche 4 juin 2017

Où ça s'améliore, mais c'est pas encore ça



Très récemment, j'évoquais les limites du développement personnel dans ce billet. Aujourd'hui, je vais les illustrer avec l'exemple concret de ma journée d'hier. Nous avions prévu d'aller à Lille pour voir nos amis Philou et Stef et nous livrer à quelques activités sympathiques avec eux. Le voyage aller en Thalys s'est bien passé. Nous nous sommes rendus à pied au Palais des Beaux-Arts pour voir la Carte Blanche d'Alain Passard, que j'ai trouvée un peu décevante comparée à celle de Zep l'an dernier, avec beaucoup moins de pièces originales (et évidemment beaucoup moins d'humour). Mais ça reste un très beau musée avec un prix d'entrée nettement plus accessible que ceux des musées bruxellois. Après ça, midi approchant, nous avons gagné le resto scandinave réservé par nos amis. Jolie terrasse fermée; beaucoup de plats à base de saumon fumé, que je déteste - c'est gras, c'est froid, ça m'écoeure horriblement - mais j'ai réussi à trouver dans la carte un pavé de saumon bio aux deux sésames tout à fait satisfaisant. 

Nous avons ensuite filé chez Escapers pour tester la salle Braquage à la lilloise ouverte récemment. Et là, c'est le drame. Après une entrée en matière originale qui laissait espérer un très bon moment, le jeu s'est révélé de loin le plus nul que nous avons fait en 3 ans et une trentaine de salles. Je me suis ennuyée pendant une heure, abandonnant toute tentative de participer à dix minutes de la fin. Les autres ont continué, mais sans enthousiasme. Quand le game master est venu nous délivrer, je lui ai exprimé ma déception et mon énervement en des termes non-incertains. Les autres en ont fait autant, bien qu'avec plus de diplomatie. Très flegmatique, le game master nous a dit: "Je comprends que vous n'avez pas aimé, et je prends note de vos remarques". Puis il nous a quand même fait payer l'intégralité des 96 euros du prix de la séance. Alors que la situation exigeant vraiment un geste commercial. Du coup, en plus d'être déçue et énervée, j'étais furieuse et dégoûtée en sortant de là. La panoplie entière des sentiments que je matérialise en rouge dans mon moodmapping.

Nous avons poursuivi notre après-midi par un goûter chez Méert (toujours délicieux), puis une balade dans le vieux Lille. Il faisait doux, j'étais contente de voir Philou et Stef, on avait des discussions agréables, et j'essayais désespérément de me focaliser là-dessus plutôt que de ruminer cette histoire d'escape game. Après tout, c'était passé et on ne pouvait plus rien y faire, n'est-ce pas? Et puis franchement, c'était juste un problème de riches. Personne n'était en train de souffrir ou de mourir; on passait une journée de détente entre amis; il y avait plus de raisons de se réjouir que de faire la tête. D'ailleurs extérieurement, je ne faisais pas la tête - mais à l'intérieur, je fulminais sans pouvoir m'en empêcher. Apercevant un magasin Paul Marius, dont j'avais découvert les sacs sur internet la semaine précédente, j'ai entraîné tout le monde à l'intérieur et fait sur un coup de tête l'emplette d'un sac à dos olive très joli mais pas du tout adapté à mes besoins. Avant même de l'avoir payé, je savais que c'était une bêtise, mais je cherchais à faire un truc pour me changer les idées et j'ai gardé la fâcheuse habitude de reporter ma frustration soit sur la bouffe, soit sur le shopping. Du coup, après ça, je pestais aussi contre moi-même en plus de pester contre Escapers. 

Nous sommes allés boire un verre au Dernier bar avant la fin du monde. Je pensais qu'un cocktail m'aiderait à me détendre, mais pour ça, il aurait fallu qu'il contienne plus d'alcool qu'une quantité à peine suffisante pour soûler une amibe. Nouveau grumpf, un peu atténué par la déco et l'ambiance aussi sympas que dans l'établissement du même nom à Paris. L'heure approchait de regagner Lille Europe pour notre train de retour. A ce stade, j'avais fait plus de 20000 pas dans la journée. Avec une robe, et en oubliant de mettre de la crème Nok sur mes cuisses à l'endroit où elles se touchent. Résultat, je commençais à avoir la chair à vif (toutes les filles en surpoids me comprendront), et chaque pas devenait un peu plus douloureux que le précédent. Pour couronner le tout, en arrivant à la gare, nous avons appris que notre TGV aurait 50 minutes de retard. J'avais faim et toutes les échoppes de bouffe alentour étaient en train de fermer; j'avais hyper froid aux jambes dans la température déclinante et les courants d'air de la salle d'attente; j'avais trop mal pour envisager de partir à la recherche d'un endroit confortable où manger un bout et patienter. Et mon cerveau rationnel avait beau me répéter en boucle "Allez, 50 minutes désagréables, dans une vie, ce n'est rien du tout. Tu auras déjà tout oublié demain", j'étais plutôt abattue et grognon. 

Bien entendu, c'était une réaction tout à fait disproportionnée, que je me reproche de ne pas avoir réussi à dépasser pour profiter davantage des (très) bons aspects de cette journée. Et en même temps, dans des circonstances identiques, il y a vingt ans ou même seulement dix, j'aurais pété les plombs. J'aurais piqué une vraie grosse crise, en beuglant que j'aurais mieux fait de rester chez moi; je me serais montrée généralement imbuvable, et j'aurais gâché la journée de tout le monde. Là, il y avait au moins une partie de mon cerveau qui parvenait à mettre la situation en perspective, à se rendre compte que rien de tout ça n'était objectivement grave et à parler d'autre chose pendant que l'autre partie ruminait sévère en tâche de fond. Au final, je gère ma colère ( = mes émotions rouges) de la même façon que mon angoisse ( = mes émotions noires): en agissant extérieurement comme si de rien n'était. Ca facilite la vie de mon entourage, ce qui est déjà un très bon point; ça m'évite de passer pour plus pénible qu'on ne me sait déjà, et de m'enliser complètement dans mon ressenti négatif. Pour l'instant, c'est tout ce dont je suis capable. Et même si c'est loin d'être parfait, c'est déjà un sacré progrès. 

vendredi 26 mai 2017

Les limites du développement personnel




Ce post m'a été inspiré par la conversation que j'ai eue avec mon amie Isa suite à la publication de ce billet sur son blog

Je dis souvent qu'on n'est pas condamné à souffrir éternellement de ses propres névroses et/ou à toujours infliger ses pires défauts à son entourage. Qu'en travaillant sur soi grâce aux outils de la psychothérapie et du développement personnel, il est possible de changer, de devenir une personne plus équilibrée, plus heureuse, plus agréable à fréquenter. Cependant, il est une chose dont on ne parle pas assez: outre le fait que ces évolutions réclament du temps et des efforts, elles ont leurs limites impossibles à dépasser, ou presque. 

Je suis persuadée qu'on a très peu de chances de résoudre un jour les gros problèmes dus à sa nature profonde. Plus c'est une chose qui fait intimement partie de nous et qui nous définit, plus le prix à payer pour s'en débarrasser est élevé, au point qu'il vaut parfois mieux renoncer à l'éradiquer  et se contenter de l'améliorer légèrement, petit à petit. Par exemple, je déplore d'avoir très peu d'empathie et de beaucoup juger les autres. Mais lutter contre ça me coûte des efforts considérables pour des résultats dérisoires, si bien que j'ai fini par conclure que c'était un mauvais emploi de mon énergie. Je me suis résignée à rester à l'extrémité rosse du spectre du rapport à autrui. Ca ne m'empêche pas de faire ponctuellement preuve de bienveillance ou même d'indulgence, mais ces deux traits de caractère ne seront jamais mon mode de fonctionnement par défaut. C'est ainsi. J'ai d'autres qualités à offrir au monde, et je préfère me consacrer à développer celles-là. 

Le soi parfait n'existe pas. C'est, pour ceux d'entre vous qui ont conservé quelque souvenir de leurs cours d'algèbre du lycée, une sorte d'asymptote de notre fonction personnelle. On peut tendre vers lui, mais penser qu'on réussira à l'atteindre serait vain. A la place, on peut tenter de devenir le meilleur soi possible, à condition de ne pas non plus le surévaluer par orgueil. Viser une zénitude parfaite ne ferait que me rendre malheureuse en plaçant sur moi le fardeau d'attentes irréalistes. Si je garde cet objectif en tête, il est possible que le temps et des événements externes bien assimilés me poussent dans la direction d'une plus grande sérénité au fur et à mesure que je vieillirai. Mais seuls, mes efforts internes les plus déterminés ne suffiront pas. Ce qui ne m'empêche pas de faire des exercices ou de me donner des règles pour m'améliorer sur ce point: me demander si la chose qui me perturbe très fort aujourd'hui me semblera encore importante d'ici un an, ou me forcer à attendre le lendemain pour répondre à un mail qui m'a mise en colère. Parfois ça marche, et parfois pas. Mais c'est le mieux dont je suis capable, et je tâche d'apprendre à m'en contenter. 

Et ce qui m'a enseigné ça, ce sont les angoisses chroniques qui me pourrissent la vie depuis des années. Dieu sait que je n'ai pas ménagé mes efforts pour m'en débarrasser. J'ai tout essayé, y compris aller m'allonger sur le divan d'un psy alors que le principe me faisait horreur. J'ai obtenu des résultats variables avec le yoga, la méditation et la pensée positive. Et j'ai fini par admettre que, peut-être, c'était un problème sans solution - ou du moins, sans solution à ma portée -, un mal que j'allais traîner jusqu'à mon dernier souffle et avec lequel je devais apprendre à cohabiter de mon mieux. Depuis, au lieu d'essayer de le guérir (et de m'en vouloir à mort de ne pas y arriver, comme si c'était un manque de volonté ou d'intelligence de ma part), j'essaie de le gérer. Je ne cherche plus la baguette magique qui va le faire disparaître, mais les moyens concrets qui me permettront de gérer chaque attaque individuellement. Est-ce que c'est parfait? Non. Mais je ne suis pas parfaite. La vie n'est pas parfaite. Et je refuse de gaspiller la mienne à combattre des adversaires hors de mon atteinte. 

Je ferai toujours, toujours partie des gens qui tentent perpétuellement de s'améliorer. Mais pas pour satisfaire à un quelconque idéal de perfection imposé par la société, par les gourous du développement personnel ou pire: par mon propre ego. Juste pour rendre modestement ma vie un peu plus douce et un peu plus jolie. 

mercredi 24 mai 2017

30 days of giving




J'ai terminé il y a quelques jours un livre de Cami Walker intitulé "29 Gifts: How a Month of Giving Can Change Your Life". L'auteure y raconte comment, moins d'un mois après son mariage, on lui diagnostique une sclérose en plaques. De trentenaire active, qui gagnait très bien sa vie comme consultante et espérait faire un enfant, elle devient vite infirme, dépendante, endettée et passablement déprimée (on le serait à moins). C'est alors qu'une amie femme-médecine lui conseille de se livrer à une expérience inspirée d'un rite zoulou: pendant 29 jours d'affilée, faire chaque jour un cadeau, matériel ou non, à quelqu'un de son entourage ou à un parfait inconnu. Et bien que Cami Walker soit aussi sceptique que rétive à la base, elle ressent rapidement les bienfaits de ses gestes. Dans un premier temps, elle qui pensait ne plus être bonne à rien découvre qu'elle a encore le pouvoir d'agir de façon signifiante. Donner la met dans une position d'abondance insoupçonnée, là où auparavant elle ne voyait plus que ce qui lui manquait (ce qu'on appelle en psychologie l'état d'esprit de pénurie). Ensuite, elle se rend compte qu'elle crée un cercle vertueux de bonne volonté autour d'elle, une sorte de retour de boomerang karmique positif - et dans son enthousiasme, elle crée un site internet pour aider d'autres gens à transformer leur vie de la même façon.

Ce n'est pas la première fois que je suis tentée par une expérience de ce type. Il y a quelques années, je suivais le blog d'un Américain qui s'était fixé pour but d'effectuer 365 bonnes actions (ce qu'on appelle en anglais les "random acts of kindness") au rythme d'une par jour pendant un an. Je ne sais pas si je tiendrai aussi longtemps que ça, surtout sans mettre les pieds hors de chez moi la plupart des jours. Et mon format de prédilection, c'est plutôt le mois, ce qui est généralement suffisant pour tester une nouvelle habitude et voir si on peut/veut l'incorporer à sa vie de manière plus durable. Je sais que je suis à fond pour le concept, mais je sais aussi que je laisse souvent mourir mes pulsions généreuses par crainte de provoquer de l'embarras ou une réaction négative du destinataire - j'en parlais l'an dernier dans ce billet. Du coup, pour me lancer vraiment, j'ai besoin d'un cadre un peu plus formel que "Allez, la prochaine fois, j'ose!". Et d'un peu de temps de cerveau libre pour me plonger à fond dans l'expérience.

Voilà pourquoi j'ai décidé que ce serait mon projet du mois de juin, durant lequel je compte ne pas bosser. En plus, pendant les derniers jours, je serai en Norvège, ce qui présentera un challenge intéressant! Je ne me fixe pas d'autre règle que de donner une chose par jour et de documenter ce que je ferai ici - non pas pour me vanter, mais parce que je me dis que ça pourrait inspirer d'autres gens avec des dispositions similaires. Je vais juste essayer de sortir un peu de ma zone de confort en mettant l'accent sur les gestes qui me sont les plus difficiles. Par exemple, si je n'ai pas trop de mal à envoyer des sous à des causes qui me touchent, je répugne énormément à témoigner mon affection d'une manière autre que matérielle. Ca fera peut-être une bonne excuse pour me décoincer un peu! Je vous reparle donc de tout ça le mois prochain. Et si quelqu'un a envie de se lancer en même temps que moi, qu'il n'hésite pas à se manifester.

dimanche 26 mars 2017

46 choses que j'ai apprises en 46 ans




1. Je ne contrôle pas forcément ce qui m'arrive, mais je choisis ma réaction aux événements. 
2. Il est toujours possible de changer ce qu'on n'aime pas chez soi. Oui, ça réclame des efforts. 
3. Sans un socle de valeurs et d'objectifs communs, l'amour ne suffit pas. 
4. Ca vaut toujours la peine d'investir dans le meilleur matelas et le canapé le plus confortable qu'on puisse s'offrir. 
5. Devenir propriétaire de son logement coûte beaucoup plus cher qu'on ne croit, et n'est pas nécessairement la bonne option pour tout le monde. 
6. "Féministe": pas un gros mot, mais une chose que toutes les femmes devraient être dans leur propre intérêt. 
7. Un bon médecin est un médecin avec qui on se sent en confiance et auquel on peut parler de tout. Si ce n'est pas le cas, il faut en chercher un autre.
8. Le meilleur moyen d'avoir l'air jeune plus longtemps, c'est de se protéger du soleil. 
9. Personne n'a à me dire ce que je peux ou ne peux pas faire de mon corps. 
10. L'humain n'est pas là pour servir l'économie: c'est l'économie qui est là pour servir l'humain. 
11. On ne part pas tous égaux dans la vie, et s'il est toujours possible de réussir, certains auront beaucoup plus de difficultés (et de mérite) à y parvenir. 
12. Ca ne sert à rien de tout miser sur des vacances de rêve si on ne peut pas supporter sa vie le reste de l'année. Ce qui doit être joli, c'est le quotidien. 
13. Inutile d'avoir du talent pour se donner la permission d'être créatif. 
14. La seule personne qui peut me rendre heureuse, c'est moi-même. Je ne dois jamais mettre cette responsabilité-là sur le dos de quelqu'un d'autre. 
15. Je ne suis ni spéciale ni extraordinaire, mais je suis unique et je compte. 
16. Chez les Occidentaux gâtés que nous sommes, rares sont les gens pleinement conscients de leurs privilèges. 
17. Nous sommes tous conditionnés à avoir des réactions sexistes et racistes. Les dépasser réclame un effort conscient. 
18. Acheter des vêtements qui ne peuvent se laver qu'à la main ou pire, doivent forcément passer au pressing, est généralement une mauvaise idée. 
19. Eduquer > punir.
20. La bienveillance est une plus grande qualité que l'intelligence.
21. La méditation, c'est bon pour tout et pour tout le monde. Par contre, il faut parfois un peu chercher la forme qui convient le mieux à chacun. 
22. La joyeuse ivresse du samedi soir ne justifie pas l'horrible gueule de bois du dimanche matin. 
23. Sans confiance, il ne peut pas y avoir de relation (amoureuse, amicale ou professionnelle) réussie. 
24. Il faut utiliser les belles choses au lieu de les économiser pour un hypothétique cas où. 
25. Pouvoir s'offrir quelque chose soi-même est plus satisfaisant que de se le faire offrir. 
26. Même avec les meilleures intentions du monde, on ne peut jamais tout faire "bien". L'important, c'est de faire quelque chose. 
27. On vote au moins autant avec son argent qu'avec le bulletin qu'on glisse dans l'urne. Notre manière de consommer est un choix politique en soi. 
28. Pour bien profiter d'un film en langue étrangère, il faut le voir en VOST. 
29. Il est quasiment impossible de sortir chez Ikea sans au minimum un brol qu'on n'avait pas prévu d'acheter. 
30. La vie est trop courte pour s'affamer dans le seul but de rentrer dans du 36. 
31. Ce n'est pas parce que quelqu'un affirme quelque chose avec conviction que c'est vrai.
32. ...Par contre, en cas de conflit, c'est généralement la personne qui semble la plus sûre d'elle qui l'emporte, même si ce n'est pas elle qui a raison.
33. Pour le meilleur ou pour le pire, les masques qu'on porte finissent par devenir notre vrai visage. 
34. Les expériences (m')apportent plus de satisfaction que les objets. 
35. Moins on mange de plats préparés, mieux on se porte. 
36. La perfection est inaccessible. Viser 80%, c'est suffisant et fabuleux pour la tranquillité de l'esprit. 
37. L'argent ne fait pas le bonheur, mais c'est difficile d'être heureux quand on n'en a pas assez pour les nécessités basiques. 
38. On peut vivre la solitude comme un drame ou comme une liberté. 
39. Toujours envisager le pire, c'est fatigant, mais ça permet aussi de prendre un maximum de précautions pour éviter que le pire ne se produise. 
40. Quand on trouve une fringue ou une paire de chaussures parfaite, ça vaut le coup de l'acheter en deux exemplaires. 
41. On traîne tous des casseroles. Et on n'est pas obligés de les laisser conditionner le reste de notre vie. 
42. Si on est nul en informatique, il vaut vraiment mieux opter pour un Mac. 
43. La lecture et les voyages sont les deux choses qui contribuent le plus à l'ouverture d'esprit. 
44. Un compliment sincère, c'est le meilleur moyen d'embellir gratuitement la journée de quelqu'un. 
45. La vie est toujours plus courte qu'on ne le croit, et elle passe à une allure folle. 
46. Il faut dire aux gens qu'on les aime. 

jeudi 23 mars 2017

10 articles #6




3. ...Etre paresseux aussi! (Allez hop, tous à la sieste.)

4. La solution pour obtenir un partage vraiment égalitaire des tâches domestiques quand on est une femme? Se comporter comme un homme.

5. Et si une vie médiocre me suffisait? (en anglais)

6. La véritable clé de la réussite, c'est la souffrance que vous êtes prêt à endurer (En anglais)

7. Bon à savoir: votre cerveau possède un bouton "Effacer", et voici comment l'utiliser (En anglais)

8. Quelques conseils judicieux pour réussir à lire davantage (En anglais)

9. 45 idées pour prendre soin de son esprit et de son corps (En anglais)

10. 50 petites rébellions du quotidien - et plein de liens vers des articles qui développent certaines de ces idées (En anglais)

mercredi 15 mars 2017

La caisse à outils de la vie: 19 trucs vraiment, vraiment utiles à savoir




1. Lire et parler l'anglais (ou une autre langue étrangère, mais l'anglais reste la plus utile, du moins en Occident)
2. Taper correctement à la machine (croyez-en quelqu'une qui tape toutes ses trads avec trois doigts depuis plus de vingt ans et qui perd un temps fou à cause de ça)
3. Conduire une voiture (quitte à se servir le moins possible de son permis si on n'aime pas ça, mais je trouve indispensable de pouvoir prendre le volant en cas de besoin)
4. Remplir soi-même sa déclaration d'impôts (et de manière générale, être capable d'affronter les démarches administratives sans faire l'autruche ni desservir ses propres intérêts)
5. Réaliser de mémoire au moins une recette facile et délicieuse (pour séduire l'estomac d'un nouveau partenaire ou régaler à l'improviste une tablée de copains)
6. Se donner du plaisir (comme ça, non seulement on peut se débrouiller seul(e), mais c'est plus facile pour montrer à quelqu'un d'autre ensuite)
7. Choisir des vêtements flatteurs qu'on aimera et portera des années durant (plutôt que des trucs à la mode dont on ne voudra plus dans six mois)
8. Utiliser les réseaux sociaux correctement (sans s'exposer de manière dangereuse, se laisser prendre la tête ou entraîner dans des discussions stériles)
9. Administrer les premiers secours à quelqu'un
10. Négocier une augmentation
11. Avoir un style de vie raccord avec ses moyens (dépenser l'argent qu'on n'a pas est une mauvaise idée; ne pas profiter de l'argent qu'on a est encore plus idiot)
12. Recevoir des compliments avec grâce (= sans protester: "Oh, ce vieux machin, je le traîne depuis des années" ou "Non mais c'était pas si difficile, hein")
13. Etre soi-même en amour dès le départ (plutôt que de séduire l'autre avec une fausse personnalité et de faux enthousiasmes, ce qui ne peut rien donner de très productif à long terme)
14. Déterminer les compromis qu'on est prêt à faire - ou non - et les sacrifices qu'on est disposé à consentir - ou non - pour atteindre un objectif aussi bien professionnel que personnel
15. Aimer son corps quels que soient son poids et ses petits ou gros défauts; savoir le nourrir correctement (pas toujours, mais la plupart du temps) et le remuer suffisamment (mais sans lui faire mal)
16. Avoir une saine estime de soi (c'est-à-dire, être convaincu qu'on ne vaut ni plus ni moins que les autres, qu'on a les moyens de se faire une belle vie sans estimer pour autant qu'elle nous est due, qu'on sera capable de relever la plupart des défis qui se présenteront et de se relever en cas d'échec)
17. Apprécier sa propre compagnie (et du coup, rechercher celle des autres par envie plutôt que par besoin)
18. Reconnaître et dépasser les messages sexistes et racistes dont la société nous bombarde en permanence
19. Identifier ses priorités et les mettre au centre de son existence (au lieu de laisser les attentes d'autrui ou les événements décider à notre place)