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vendredi 10 août 2018

Les ratés de la déconstruction





Je suis devenue très militante ces dernières années. En partant des causes qui me tenaient déjà à coeur de base (le féminisme et l'environnement), j'ai lu et discuté sur beaucoup d'autres sujets et fait ce qu'on appelle un travail de déconstruction: c'est-à-dire, appris à reconnaître les préjugés que m'avait inculqués la culture dominante, et essayé de les dépasser. Ca a bien marché dans pas mal de domaines. Par exemple, je suis désormais consciente de mes privilèges de personne blanche, cisgenre et (plus ou moins) hétéro; je m'efforce d'écouter les minorités qui sortent de ce cadre et de me comporter en alliée envers elles. Non, je ne comprends toujours pas la transexualité et non, je n'ai aucune expérience des discriminations raciales, mais j'ai foi en la parole des concerné(e)s et je gueule chaque fois que je peux pour qu'on leur fasse une juste place. 

mercredi 16 mai 2018

A toutes jambes





Même quand j'étais plus jeune, bien plus légère et vaguement plus conforme aux canons de beauté en vigueur, il y a une partie de mon corps que j'ai toujours détestée: mes jambes. 

vendredi 22 septembre 2017

They say youth is wasted on the young




En essayant les quelques pantalons qui me restaient durant le grand tri fait récemment dans ma penderie, j'ai dû me rendre à l'évidence: ma taille bien marquée, qui jusqu'ici avait toujours sauvé ma silhouette dodue, avait à son tour disparu dans les méandres de la quarantaine. Gros coup de déprime. 

mardi 23 septembre 2014

★COPENHAGUE★ Lundi: Lego sexistes, poissons mangeurs de pieds et burger sans pain




J'aime avoir réservé un vol à 10h30 et pouvoir me lever à 7h plutôt qu'au milieu de la nuit pour partir en vacances; 50mn pour aller de la place du Luxembourg à Zaventem: on a bien fait de prévoir large; bon en même temps, notre avion a une demi-heure de retard, alors...; le nouveau yaourt aux fruits et au granola d'Exki est une pure tuerie; oh allez tiens, je n'ai pas lu de roman de Mike Gayle depuis des années et ça ira très bien pour les vacances; "mademoiselle, vous avez oublié un livre sous votre siège" "...non mais c'est fait exprès" #vismaviedebookcrosseusepasdiscrète; pour une fois que je laisse le hublot à Chouchou, je me retrouve assise à côté d'un très gros monsieur qui empiète sur mon espace vital et pue la transpiration - ça m'apprendra à être charitable; chaque fois que mon voisin lève le bras, je manque m'évanouir tellement l'odeur est horrible; c'est quand qu'on arrive, déjà?; pitié, laissez-moi sortir!; les tickets trajet unique ne rentrent pas dans les composteuses des transports publics de Copenhague, il faut le savoir; la place Kongens Nytorv est défigurée par les travaux des deux nouvelles lignes de métro, mais les palissades ont été utilisées intelligemment comme support d'installations artistiques éphémères; niveau charme, l'hostel Generator n'arrive pas à la cheville du Kex de Reykjavik, mais il est bien situé, pas bruyant, doté de lits confortables et d'un wifi irréprochable, donc ça ira; déjeuner sur le pouce dans les échoppes de l'avenue voisine: bagel pour Chouchou, wok végétarien pour moi.





Chouchou passe une heure à fouiller dans les bacs de pièces détachées du Lego Store pour se créer un mini-MTLM; je me serais bien fait une mini-Armalite, mais il n'y a presque pas d'options féminines: c'est quoi ce sexisme à la noix?; quand même, je craquerais bien sur ce calendrier de l'avent Star Wars, mais j'ai peur qu'il ne tienne pas dans les bagages du retour.




16h, ça fait un peu tard pour courir au Dansk Design Center qui ferme à 17h; à la place, et si on allait se faire manger les pieds par des poissons?; la fish pedicure fait incontestablement partie du Top 10 de mes expériences les plus bizarres; je ne trouve pas ça très agréable, mais ça marche: à la fin, mes pieds sont vraiment débarrassés de leurs peaux mortes; la première géocache que nous cherchons a disparu, la seconde nous rapporte notre 13ème pays logué depuis août 2010.




Vautrés dans un des canapés du bar de l'hôtel, nous surfons sur nos iPad en attendant l'heure du repas; ce Sex on the Beach ne contient pas assez d'alcool pour soûler une fourmi; et une nouvelle bédé à traduire pour Gallimard!




Et donc, si ce resto s'appelle Hot Buns, ce n'est visiblement PAS en référence au pain des burgers que l'on y sert, me dis-je en voyant Chouchou tenter vainement de retenir sa mâchoire inférieure à la vue des serveuses très jeunes, très bien roulées et très sommairement vêtues; pas d'option végétarienne, passe encore, mais le steak bien cuit alors que je l'aime saignant et l'absence de pain - bizarrement remplacé par une omelette aux épinards -, je ne kiffe pas du tout; en plus, le kale dont on nous rebat les oreilles depuis des mois? c'est dégueulasse; la seule chose qui sauve mon repas, c'est cette sauce "crème d'ail" sublime qui va me faire une haleine de poney provençal pendant 3 jours; vers 20h, nous rentrons nous crasher à l'hôtel - quels gros fêtards nous faisons! 

mercredi 30 juillet 2014

Candylicious Spa by Le Boudoir de Jade, un havre de douceur sucrée à Toulon




Récemment, alors que je descendais à pied depuis la gare de Toulon vers le centre-ville, j'ai repéré une vitrine robe bonbon qui détonnait pas mal au milieu des cabinets d'avocats et de comptables. "Le boudoir de Jade". Mmmh. C'est nouveau, ça, me suis-je dit. Je suis allée voir leur site internet: la carte des soins était impressionnante par sa diversité et sa modernité. Alors, même si les paillettes, les cupcakes et l'hyper-girlytude, c'est pas trop mon truc, la curiosité m'a poussée à prendre rendez-vous pour une pédicure.




Le jour J, j'arrive un peu en avance et suis accueillie par un charmant jeune homme qui me dirige vers la salle d'attente équipée de sièges moelleux, d'un minibar et de piles de magazines féminins. J'en profite pour aller aux toilettes en regardant partout autour de moi. C'est assez étonnant, ce grand appartement de type haussmanien transformé en royaume de la barbapapa, mais même si je ne me sens pas forcément dans mon élément, je dois admettre que la déco du Candylicious Spa est recherchée et cohérente, avec un grand soin apporté aux moindres détails. Outre le bar à ongles où je serai reçue aujourd'hui, plusieurs salles sont réservées au hammam, au bain à remous et aux soins cabine, et l'accueil comprend un espace boutique où sont vendus les cosmétiques aux senteurs gourmandes (meringue, chocolat, cupcake, cookie...) créés par Jade.




A l'heure pile de mon rendez-vous, la maîtresse des lieux en personne vient me chercher et me conduit dans le bar à ongles. Une esthéticienne est en train de faire une manucure à une autre cliente. Je suis invitée à déposer mes affaires dans un coin, ôter mes chaussures et grimper sur un des deux "trônes" pour présenter mes pieds à Jade. La pédicure à la brésilienne dure une demi-heure; elle comprend un ponçage des pieds et des ongles, la pose de chaussons imprégnés d'un produit émollient à base d'acide hyaluronique et de silicone et d'aloé vera, la taille des ongles ("rond ou carré?" me demande Jade) et la pose d'un vernis au choix parmi les dizaines de flacons d'OPI sagement alignés sur la cheminée. 




Pendant la période d'attente, Jade me propose à boire: thé parfum muffin à la myrtille ou cupcake à la fraise, café, sirop aux saveurs acidulées... J'opte pour un thé, que le réceptionniste m'apporte sur un petit plateau dans une jolie tasse accompagnée de bonbons. J'apprécie beaucoup l'attention même si je ne mange pas de sucreries. 




En bavardant avec Jade, j'apprends que le Candylicious Spa vient de fêter ses... 7 ans. Mon redoutable sens de l'observation a encore frappé. Jade semble incroyablement jeune pour quelqu'un qui a créé une entreprise au concept aussi abouti et la gère avec succès depuis tant d'années. Elle m'assure qu'elle est plus vieille que je ne l'imagine; j'en déduis que ses cosmétiques sont d'une efficacité redoutable! Autre surprise: malgré son côté très girly, le spa  propose également des soins pour hommes et a dans sa clientèle des militaires de l'arsenal voisin. L'idée me fait sourire. Cela dit, je me vois très bien revenir avec Chouchou pour une séance de hammam suivie d'un massage en duo. Je meurs d'envie d'essayer les pierres chaudes depuis des années, c'est une occasion parfaite! 




En payant mon soin, je ne peux m'empêcher de sentir les parfums présentés sous cloche sur le comptoir. Comme je m'y attendais, la plupart d'entre eux sont bien trop sucrés à mon goût, mais je craque quand même pour un gommage corps "tarte aux pommes" dont je sais que j'apprécierai l'odeur gourmande cet hiver. Je repars enchantée par mon test et bien décidée à revenir très prochainement. 




71, av. Vauban
83000 TOULON
Ouvert du mardi au samedi, avec ou sans RV

EDIT février 2016: Etablissement en liquidation judiciaire. 

mercredi 29 juillet 2009

La saga de l'été: Sauvetage d'une peau (épisode 1)

J'ai commencé à avoir de l'acné vers 12/13 ans et... je n'ai jamais arrêté. J'ai ce qu'on appelle une peau de merde réactive, grasse sur la zone T, sèche sur le reste du visage, allergique aux huiles essentielles et à Dieu sait quelles autres substances archi-répandues. Au moindre écart alimentaire, changement de saison ou test d'un nouveau produit de beauté, mes joues et mon menton se couvrent de boutons d'autant plus humiliants que mon adolescence est derrière moi depuis plus de deux décennies.

A cela, il faut ajouter que depuis deux ans que je prends de fortes doses d'hormones pour soigner mon endométriose, j'ai développé une horreur dermatologique qui a nom mélasma et se manifeste sous forme de taches brunes particulièrement visibles sur mon teint de bidet. Au début, elles se sont cantonnées aux côtés de mon front, et j'ai pensé m'en sortir en les planquant sous une frange un peu épaisse. Mais peu à peu, elles ont gagné du terrain, envahissant toute la surface de mes joues. Mon menton et ma lèvre supérieure sont encore épargnés, mais pour combien de temps?

Pour compléter ce séduisant tableau, j'ai récemment constaté l'apparition de mes premières rides. Oh, elles sont encore peu marquées: c'est l'avantage d'avoir un visage rond. Mais si je m'examine de près dans la glace et que je grimace un peu, ils sont bien là, les légers sillons autour de mes yeux et le début de pli sur mon front. Sans compter ces vilaines parenthèses qui encadrent ma bouche, curieusement plus marquées d'un côté que de l'autre (le prix à payer, je suppose, pour tous les sourires en coin sarcastiques décochés en 38 ans et demi à cultiver un caractère de hyène).

Après avoir passé la première moitié de ma vie (si tout va bien: je touche du bois) à me contenter d'une crème de jour que je pensais à appliquer uniquement les jours fériés et d'une eau démaquillante pour les trois fois par an où je faisais l'effort de mettre un peu de mascara et une couche de gloss, j'ai décidé il y a quelques mois que j'en avais marre de ressembler à un troll à lunettes et redirigé une partie non négligeable de mon budget vers les caisses de Sephora avec un triple objectif:
- supprimer mes boutons
- faire disparaître mon mélasma
- ralentir l'apparition de mes rides

(A suivre...)

vendredi 24 avril 2009

Du mieux côté insomnies

Depuis des années, j'ai de gros problèmes d'endormissement: quelle que soit l'heure et l'état de fatigue dans lequel je me couche, je rumine des pensées (noires ou roses selon les périodes) sans parvenir à trouver le sommeil avant plusieurs heures. Sur un plan professionnel, je parviens à gérer ce décalage parce que je bosse seule chez moi et à mon rythme. Sur un plan personnel, ça a parfois été très difficile à gérer, notamment lorsque je vivais avec un lève-tôt qui ne tolérait pas que je fasse du bruit ou que je garde la lumière allumée une fois qu'il était couché, mais qui ne se privait pas de passer l'aspirateur à 9h le samedi matin.

Ces temps-ci, je suis à moitié suffoquée par l'angoisse depuis que ma gynéco m'a informée que que mon endométriose augmentait mes risques de choper un cancer de l'endomètre ou des ovaires, deux formes de la maladie qu'on diagnostique généralement trop tard et qui font 80% de victimes dans les cinq ans. Mais alors que je passe mon temps éveillé à imaginer des scènes toutes plus morbides que les autres, curieusement, je n'ai jamais eu aussi peu de mal à m'endormir (ni à me tirer du lit le matin, car je préfère encore attaquer ma journée dans le pâté plutôt que de rester au lit à rédiger mentalement mon testament). Bien qu'elles n'aient pas tout à fait réglé le problème, deux choses l'ont considérablement amoindri:

- Le SerendipiTea, qui comme son nom ne l'indique pas est une tisane 100% garantie sans le moindre brin de thé. Lorsque je suis allée au Serendip Spa avec Soeur Cadette pour mon anniversaire, la jeune femme de l'accueil m'a demandé de choisir une de leurs préparations aux plantes en cadeau, et la description des vertus supposées de chacune m'a fait opter pour celle-là. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle a un goût infect, mais franchement je dois me forcer à la boire. Pourtant, malgré mon scepticisme sur l'efficacité de ce genre de "remède", je dois bien avouer que ça marche. C'est pas encore la panacée, mais ça marche. La prochaine fois que je vais me faire masser, je demande ce qu'il y a dedans, par curiosité.

- L'instauration d'un rituel "poupougnage" du soir. Avec tous les produits de soin que j'achète depuis que je suis devenue accro à MBDF, j'ai dû me ménager un créneau pour les appliquer au calme. Une huile démaquillante avec laquelle je masse tout mon visage pour décoller la crasse les jours où je suis sortie. Une lingette imprégnée de lotion micellaire pour parfaire le nettoyage. Quelques gouttes de contour des yeux que je fais pénétrer doucement avec le gras du majeur. Un sérum régénérant sur le reste de la figure et dans le cou. De la crème nourrissante sur la pointe des cheveux, quand j'y pense. Du baume à lèvres si les miennes sont craquelées ou un peu sèches. De la crème pour le corps délicatement parfumée sur les mollets pour lutter contre l'effet peau de serpent et les poils incarnés. Mine de rien, ces gestes soigneux et répétitifs m'aident à faire le calme et à signaler à mon cerveau qu'on entre dans la nuit.

jeudi 2 avril 2009

Ce que je fais quand je ne fais rien

Jeudi dernier, un de mes éditeurs m'a fait un joli cadeau d'anniversaire en me confirmant l'arrêt de Maudite Série qui certes fait joli sur mon CV mais se vend grosso modo à dix-sept exemplaires le tome, soit trop peu pour rentabiliser des bouquins de plus de huit cents feuillets.
Du coup, je me suis retrouvée avec deux mois et demi de "trou" dans mon emploi du temps de cette année. Et comme j'ai touché ou ne vais pas tarder à toucher des droits d'auteur sur lesquels je ne comptais pas, mais qui vont compenser en grande partie ce manque à gagner, j'ai décidé de ne pas prendre d'autre traduction à la place. Travailler plus pour filer plus de sous à un Etat dont les dirigeants actuels m'inspirent de violentes pulsions anarchistes, non merci. A la place, j'ai décidé de m'accorder un peu de temps. J'ai avancé les traductions qui suivaient dans mon planning histoire de mieux étaler mon boulot, et j'arrive à ceci: tous mes mercredi libres jusqu'à la fin de l'année.
Je passerai certains de ces mercredi dans le TGV: entre fin mars et fin septembre, l'avion pour descendre à Monpatelin devient vraiment trop cher - d'autant que je dois rajouter environ 70 € de taxi au prix du billet, l'aéroport local étant extrêmement mal desservi par les transports en commun. Je profiterai des autres pour faire quelques aller-retour d'une journée à Paris, ou pour mener à bien des projets créatifs personnels: je n'ai pas scrappé DU TOUT en mars, et ça me manque terriblement.

Mon premier mercredi officiellement libre, c'était hier. Je me suis réveillée à 10h, assez contente de moi vu que 1/ d'habitude je mets quinze jours à me recadrer après le passage à l'heure d'été, 2/ je m'étais relevée dans la nuit entre 1h40 et 3h20 pour rédiger un texte qui refusait de me laisser m'endormir. Comme d'habitude, j'ai petit-déjeuné devant mon ordinateur en surfant sur mes sites favoris. Une chope de Thé sur le Nil, deux tranches de brioche Harry's passées trente secondes au grille-pain, une portion de fromage blanc 20% et une compote pomme-ananas, avalées en m'efforçant de ne pas penser avec regret aux bagels tartinés de Philadelphia et de jambon italien à cause desquels je peux désormais soit porter mon 501 fétiche, soit respirer, mais pas les deux en même temps. Ensuite...
J'ai fait toute ma compta professionnelle du premier trimestre. En me demandant pour la millième fois si ça ne serait pas plus simple et moins coûteux de me mettre au régime forfaitaire, mais comment le savoir? Les employés de mon centre des impôts sont trop mal informé ou trop peu coopératifs pour me fournir une réponse claire. Et ma technophobie m'empêche de passer sur Ciel, le logiciel de comptabilité des professions libérales et des travailleurs indépendants. Moyennant quoi, qui c'est qui continue à tenir à la main un registre 32 colonnes comme si on était encore au XIXème siècle? Obviously, c'est Bibi.
J'ai voulu reprendre la Wii Fit après... hum, presque deux mois d'interruption. Mais quand j'ai allumé la console, c'est le disque de Guitar Hero qui se trouvait dedans. Je n'ai pas pu résister: je me suis enchaîné "Miss Murder", "My name is Jonas", "Rock you like a hurricane", "Cliffs of Dover", "Welcome to the jungle", "The number of the beast" et "Here kommt Alex". A la fin, mon bras droit était plus endolori qu'après deux séries d'exercices pour les triceps tellement je m'étais excitée sur la strum bar. Constatation: j'ai beaucoup perdu depuis que j'ai arrêté de jouer. Par contre, le chacal jaune avec qui je partage un loyer mon amoureux a profité de mes séjours à Monpatelin pour exploser en douce tous mes records. Scandaleux, je sais.
Quand je suis enfin passée à la Wii Fit, je me suis aperçue que les piles de la balance board étaient mortes. Ballot, hein? Je me suis dit que j'allais quand même faire une demi-heure de jogging, puisque ça ne nécessite qu'une Wiimote: au bout de cinq minutes, ma cheville droite hurlait à la barbarie et menaçait de prévenir Amnesty International. J'ai lâché l'affaire au bout d'un quart d'heure. Dès que Chacal Jaune aura changé les piles de la balance board, je recommencerai sagement par un peu de step et de yoga.
Même si je ne ruisselais pas de sueur à proprement parler, je me suis dirigée vers ma salle de bain. Objectif: faire disparaître mes racines (et ma petite douzaine de cheveux blancs). Je pourrais aller chez le coiffeur, mais je me refuse à gaspiller 3 heures et 60 € pour un truc que je peux faire chez moi en une heure avec un produit acheté 12€ chez Carrefour. Le Loréal Préférence que j'utilise depuis peu a une couleur sublime et vraiment durable, mais contrairement au Garnier qui l'a précédé, il s'applique sur cheveux mouillés et sa texture archi liquide fait qu'il est quasi impossible de ne pas en foutre partout. Sachant que les taches sont indélébiles et que mon 6.66 a grosso modo la couleur du mercurochrome, je dois être extrêmement attentive pour ne pas que ma salle de bain toute blanche prenne des allures d'abattoir.
La demi-heure de pose est toujours pénible: ne pouvant pas remettre mes lunettes, j'erre dans une sorte de flou artistique peu propice à l'accomplissement de quelque tâche que ce soit. Cette fois, j'en ai profité pour me tartiner la figure de masque à l'argile et pour prendre quelques auto-portraits grimaçants dont les derniers font franchement peur. Ca m'étonnerait que j'ose en utiliser un dans ma rubrique dominicale. Puis j'ai sauté dans la douche pour rincer tout ça. Je me suis débarbouillé la figure avec du gel nettoyant, les bourrelets avec de la crème de douche Citron Givré, et une fois sèche j'ai consciencieusement enduit la première de crème pour peaux intolérantes et les seconds d'huile sèche pour le corps. Oh, et j'ai pulvérisé dans mes cheveux de l'eau démêlante jasmin-pamplemousse. Je crois que c'est clair: je ne ferai jamais Koh-Lanta.

Chacal Jaune est rentré assez content de sa première journée de boulot: il avait découvert l'existence chez son nouvel employeur d'une salle de fitness réservée aux employés. Le salariat n'a décidément aucun attrait pour moi. Ensemble, nous avons vaillamment bataillé pour faire ingurgiter ses comprimés d'antibiotiques à Copernique, qui nous les a recrachés à la figure une demi-douzaine de fois avant de consentir à avaler les trois grains de poudre qu'elle n'avait pas déjà éliminés en nous bavant copieusement sur les mains. J'ai rappelé la clinique vétérinaire pour savoir si le médoc n'existait pas sous une autre forme. Résultat, il faut leur ramener Copernique pour qu'ils lui fassent une injection. J'en suis déjà à plus de 300 € de frais, mon chat est toujours malade et il faut encore lui faire une ponction dans la gorge en cabinet spécialisé. L'agacement commence à me gagner un chouïa.
Pour se faire pardonner sa traîtrise me réconforter, Chacal Jaune m'a confectionné une petite tartine de caviar d'artichaut sur pain de mie 7 céréales, miam! Et dans la foulée, je me suis inscrite au premier cours en ligne d'Elise Blaha, une scrappeuse dont j'aime beaucoup l'approche "clean & simple". Utilisant assez peu de produits spécifiques, Elise pratique un scrap très proche de ce que le mien était avant que je découvre les sites américains de fournitures, et de ce vers quoi il tend à revenir en ce moment. J'aime de moins en moins les pages fouillis, surchargées en embellissements au milieu desquels on ne voit plus grand-chose. Je continue à en faire une de temps en temps à titre d'exercice créatif et parce que c'est fun. Mais à la base, je scrappe pour archiver mes souvenirs et faire ressortir les émotions éprouvées, pas pour éblouir les foules par ma capacité à assortir dix-sept éléments disparates.

Afin de conclure ma journée de repos (enfin, si on peut dire vu que j'aurai quand même passé deux heures le nez dans mon admin' et, euh quinze minutes - mais des longues - à courir sur place dans mon salon), Chacal Jaune et moi avons décidé de nous faire une petite soirée resto + ciné. Le resto aurait dû être le IIème Elément, notre thaï adoré du parvis Saint-Boniface. Mais il était plein, et à l'accueil on nous a annoncé qu'il n'y aurait pas de table disponible avant une vingtaine de minutes. Résultat, nous nous sommes rabattus sur le Yamato voisin où nous avons passé... plus d'une demi-heure sur la banquette à attendre que deux places se libèrent au comptoir. Nous avons dû engloutir nos gyozas et nos miso katsu ramen brûlants à toute vitesse, j'en ai encore le palais plein de cloques. Dommage, parce que c'était vraiment délicieux et que ça aurait mérité d'être savouré plus calmement.
Au final, nous avons manqué les bandes annonces mais pas le début du film: "Duplicity", bonne petite comédie mâtinée d'espionnage avec une Julia Roberts plus éblouissante que jamais, quelques scènes hilarantes (la bagarre de PGD sur le tarmac, l'interrogatoire de la responsable des voyages) et d'énormes incohérences de scénario qui ne nous ont pas empêchés de passer un excellent moment. Bref, mes batteries sont rechargées à bloc, et c'est tant mieux parce que j'ai des serpents-garous en plein trip SM sévère qui m'attendent au boulot aujourd'hui.

vendredi 20 mars 2009

Quatre jours pas très productifs

Je n'ai pas fait grand-chose cette semaine à Monpatelin. Quatre jours, c'était trop peu de temps pour organiser des sorties ou entreprendre des travaux à l'intérieur. J'ai mollement entamé ma nouvelle trad (qui s'annonce super, mais j'avais besoin d'un break après les trois mois passés à suer sur la précédente). J'ai pas mal lu: les derniers numéros en date de "Buffy saison 8" et d'"Echo", le tome 20 de "Nana", "Nemi" dont je parlais ici même ce matin, un gros tiers du "Clairvoyage" d'Anne Fakhouri qui m'enthousiasme et auquel je consacrerai probablement un post dès que je l'aurai terminé, et puis les sept premiers chapitres du dernier Agnès Abécassis qui me rappellent pourquoi je ne lis pas de chicklit. Même drôle et bien vu par moments, ça reste l'équivalent littéraire de la barbapapa: trop sucré et finalement dénué de substance. Ca m'apprendra à juger les livres sur leur couverture (celle-ci était de Margaux Motin dont j'adore le blog, et que je tiens pour responsable d'une dépense inutile de plus de 16€).

J'ai également réussi à passer chez le coiffeur pour demander à Lisa-le-sosie-de-Sarah-Jessica-Parker-avec-20-ans-de-moins de couper mes pointes abîmées, et chez Valérie-l'esthéticienne-dont-la-vie-privée-est-un-roman pour me faire ébouillanter les guibolles - et pas que. Je suis passée faire un bisou à Kiki à la boutique Swarovski, où j'ai résisté aux yeux doux que me faisaient Théo et Emilie, deux adorables chatons de cristal respectivement noir et rose (what else?). Vu les bêtises de Copernique a faites en mon absence, j'aurais ptêt dû les acheter pour remplacer mes vieilles minettes. A défaut de ronronner le soir, ils auraient semé moins de poils et de déjections diverses sur leur passage (le dernier futon de canapé n'a pas résisté à leurs assauts plus de quinze jours; je me demande si Ikea nous en filerait un gratuit au bout de 10 achetés?). Sinon, j'ai mis la main sur les peep-toe en cuir marron clair repérées le week-end dernier à Paris, mais que le stand André du Printemps Haussman n'avait plus dans ma taille. Et j'ai fait un plein de cartons et d'enveloppes à bulles pour le grand déstockage eBay prévu le mois prochain.

Côté mauvaises nouvelles, j'ai appris que Père devait être réopéré mercredi prochain (la veille de mon anniversaire) et que du coup, Soeur Cadette ne viendrait peut-être pas passer le week-end à Bruxelles. Nous en avons pourtant besoin toutes les deux: elle parce qu'elle est crevée et que quelques jours de repos lui feraient le plus grand bien, moi parce que ma famille me manque encore et toujours. Sur ce coup, j'avoue que j'en veux un peu à notre paternel de n'avoir pas mieux pris soin de sa santé. Ah oui: et puis je me suis pesée pour la première fois depuis deux mois, et les nouvelles ne sont pas bonnes. Il va falloir recommencer à manger plus de fruits et de légumes que de pâtes et de pizzas si je ne veux pas être très prochainement obligée de casser tous les miroirs renouveler la totalité de ma garde-robe. Par chance, avec le retour du printemps, ça ne devrait pas être très compliqué. Le soleil a brillé toute la semaine à Monpatelin, mais aujourd'hui c'est pluie et ciel délavé comme pour ne pas me faire regretter de rentrer à Bruxelles ce soir.

mercredi 18 février 2009

Pour ou contre: la chirurgie esthétique

En ce qui me concerne, je suis tout à fait contre. Je ne parle bien entendu pas de la chirurgie réparatrice qui permet de remédier à de vrais handicaps défigurants, mais de toutes ces procédures parfaitement dispensables auxquelles certaines personnes ont recours afin d'améliorer leur apparence et, espèrent-elles, leur image de soi. Or, je ne suis pas persuadée qu'un implant en silicone puisse regonfler une estime défaillante, ni un coup de bistouri amputer des complexes solidement ancrés dans la psyché. Mais enfin, chacun dispose de son corps comme il l'entend, et même si ça ne me paraît pas judicieux, je n'ai aucune objection à ce que d'autres tentent le coup - pourquoi pas? Après tout, il y a effectivement des gens enchantés par le résultat. Tant mieux pour eux.

Mon opposition personnelle découle de plusieurs sources. D'abord, très prosaïquement: je suis douillette et ne m'imagine pas une seconde en train de m'infliger la moindre douleur non indispensable. Ensuite: je suis parano, et j'aurais trop peur des ratés ou des conséquences potentiellement néfastes de certains produits utilisés depuis peu (le Botox, par exemple), dont il me semble qu'on ne peut pas encore mesurer les effets à long terme. Et puis la plupart de ces procédures coûtent des milliers d'euros, en une fois ou cumulés au fil des ans, et je préfère de loin investir ce genre de somme dans une de mes passions - un beau voyage, par exemple.

Mais quand bien même tout cela serait parfaitement indolore, sûr et remboursé par la Sécu... Ce qui me gêne dans la chirurgie esthétique, c'est le message qu'elle contribue à véhiculer, celui d'une société qui n'accorde de valeur qu'à la beauté, à la minceur et à la jeunesse. Qui considère une femme de plus de 60 kilos comme une grosse vache, une femme de plus de 45 ans comme une vieille peau, et les deux comme évidemment incapables de susciter autre chose que du dégoût ou de la compassion. De pauvres créatures qui, vraiment, devraient se prendre en main et recourir à un régime ou une lipposuccion pour retrouver une silhouette désirable, à une petite injection de poison ou un lifting pour paraître quinze ans de moins.

Cette dictature de l'image unique me révolte. Ces valeurs (ou absence de), encore plus. Je ne comprends pas pourquoi l'archi-minceur est devenue un idéal alors que chaque individu possède un poids de forme différent, ni pourquoi on privilégie la vigueur de la jeunesse par-dessus l'expérience de l'âge. Que l'on veuille continuer à présenter une apparence agréable en vieillissant, je le conçois très bien - il suffit de jeter un coup d'oeil dans ma penderie et ma mallette à maquillage pour s'en convaincre. Mais je revendique le droit d'être plus gourmande qu'obsédée par ma ligne, de paraître l'âge que j'ai et de me trouver quand même jolie avec mes rides naissantes. Bien sûr que dans l'absolu, je préférerais faire dix kilos de moins et avoir encore l'épiderme parfaitement lisse. Mais je ne suis pas prête à payer le prix de ces deux choses, pas prête à imposer à mon corps la violence de privations alimentaires ou d'incisions dans ma chair.

Du coup, vous l'aurez compris, je suis aussi totalement opposée aux régimes :)

mardi 20 janvier 2009

La procrastination

La procrastination, c'est la plaie de nos existences à Chouchou et à moi.
La procrastination, c'est ce qui me pousse à remettre depuis plus de deux jours le moment de ranger les fournitures de scrap qui recouvrent toute ma moitié de la table où nous travaillons. Je sais parfaitement que je ne ferai rien de productif tant qu'elles n'auront pas été dégagées, parce qu'elles prennent trop de place et m'empêchent d'y voir clair dans le matériel dont je dispose - mais rien à faire. Plutôt que de m'y mettre, je préfère entamer compulsivement une 117ème partie de Word Reference et m'arracher les cheveux parce qu'il me manque juste un mot pour exploser mon record. Je préfère courir chez MAC sous la pluie dépenser les sous que je n'ai pas* et investir dans le maquillage nécessaire pour me peinturlurer la figure pendant une bonne vingtaine d'années vue l'intensité actuelle de ma vie sociale. Je préfère échanger un tas de mails très courtois avec le Serendip Spa pour organiser une séance de Blissful Stress Relief en duo avec Soeur Cadette dans plus de deux mois. Je préfère regarder quatre épisodes de "How I met your mother" à la suite, et ce, alors que le collègue de Chouchou qui nous les a copiés a oublié le plus important de la saison 4 - celui où Ted se fait plaquer devant l'autel. Je préfère me réfugier aux toilettes avec un bouquin qui ne m'intéresse pas. Je préfère même rédiger un post sur toutes les choses que je préfère faire plutôt que de RANGER MES PUTAINS DE FOURNITURES DE SCRAP.
Je sais, c'est affligeant. A ma décharge, je crois que nous sommes nombreux à souffrir de ce mal à divers degrés, et qu'à ce jour il n'existe aucun remède connu contre la procrastination.

* ...Mon éditeur ne m'ayant toujours pas payée après avoir promis successivement de le faire avant les vacances de Noël, puis le 6 janvier, puis vendredi dernier. J'envisagerais sérieusement le suicide par overdose de Kit Kat Chunk au chocolat blanc si les distributeurs consentaient encore à me donner des sous avec lesquels les acheter.

dimanche 14 septembre 2008

Ces dernières 48h...

...Tout n'a pas été qu'agapes et auto-congratulation. Jugez plutôt:
- Hier matin, les envahisseurs bi-hebdomadaires de l'agence immobilière ont essayé d'entrer chez nous sans frapper, et j'ai poussé une gueulante tandis que Chouchou s'efforçait vainement d'apaiser le monstre agressif en moi. L'avantage, c'est que ça a tout de suite mis une bonne ambiance d'hostilité même pas larvée, et qu'ils avaient vidé les lieux une minute plus tard.
- Scarlett a vomi tripes et boyaux sur mon précieux Gérard Darel que j'avais innocemment posé sur le canapé. Seule une prompte intervention à quatre mains et un demi-rouleau de Sopalin ont permis d'éviter qu'il finisse à la poubelle. Pendant une bonne heure, j'ai eu des visions de manchon en poil de Sacré de Birmanie.
- En montant dans la chambre les bras pleins de linge propre, j'ai fait tomber depuis la mezzanine l'affiche japonaise de Godzilla à laquelle Chouchou tenait tant. Résultat: deux superbes déchirures dans le rideau de la porte-fenêtre, des éclats de verre partout, une affiche foutue. J'aurais pu le faire exprès pour me débarrasser d'un souvenir de son ex et accessoirement d'un truc que je n'avais aucune envie de retrouver accroché à l'un des murs de Futur Nid Douillet. Mais même pas. C'était juste de la bonne vieille maladresse congénitale.
- Histoire de profiter au maximum des chambres design de l'Hôtel Fox où nous séjournerons durant les jours à venir, j'ai voulu m'épiler à la cire Nair sans bandes chaudement recommandée par Soeur Cadette. Bien qu'ayant scrupuleusement suivi le mode d'emploi, je n'ai réussi qu'à mettre des fils roses gluants partout dans un rayon d'un mètre, et à m'arracher environ un poil de mollet sur cinq. Du coup, je n'ai même pas osé tester ailleurs.
- Bougonnant un maximum, j'ai décidé de recourir à la tondeuse et de fignoler au rasoir une fois sur place. C'est là que je me suis rendu compte que ma tondeuse ne fonctionnait plus du tout. Je n'ai pas la garantie sous la main, mais Loi de Murphy aidant, elle a probablement expiré la semaine dernière.
- Nous avons attaqué la saison 1 de "Blackadder" (nous sommes en train de nous faire l'intégrale, mais à rebours; il ne nous reste donc plus que celle-là). Autant les autres étaient drôles, autant celle-ci semble grotesque si on en croit les deux premiers épisodes visionnés aujourd'hui.
Sinon, nous partons demain matin en Europe du Nord. Notre avion décolle à 7h de Zaventem; nous devrons donc nous lever à 4h. En outre, la météo prévoit des températures comprises entre 12 et 15°, ainsi que de la pluie, au Danemark et dans le sud de la Suède cette semaine. Mais ça va bien se passer, je suis sûre que ça va bien se passer...

dimanche 6 juillet 2008

Le coup de gueule du week-end

D'habitude, je n'achète pas le Elle pendant l'été: pour cause de collaboratrices en vacances, il fait la moitié de son épaisseur habituelle - mais reste au même prix. L'arnaque. Et puis les articles qui expliquent comment choisir le maillot le plus adapté à sa silhouette, merci bien! Un, je fuis la plage qui est pour moi l'antichambre de l'Enfer. La seule chose au monde que je déteste plus que la chaleur (passé 28°, c'est physique, je suffoque), c'est l'eau de mer diluée dans l'urine de touriste. Deux, mes zones à problèmes, ce sont mes bras et mes jambes; donc l'idéal pour me mettre en valeur, ce serait une paire de gants opéra et des Dim Up gainants en taille 72, histoire qu'ils me remontent bien jusqu'en haut des cuissots. Du coup, les pages shopping sur le thème "50 accessoires hors de prix et impratiques au possible pour être la plus lookée à Saint-Trop" m'émeuvent assez modérément elles aussi.

Mais bon, il m'arrive de faire une exception, et ce fut le cas hier matin pendant que Chouchou et moi procédions au ravitaillement hebdomadaire du frigo chez Delhaize. Il faut savoir que je pars toujours faire les courses avec une liste dressée en fonction des menus de la semaine à venir, sur laquelle les articles sont notés dans l'ordre des rayons. Une fois dans le magasin, je répartis les tâches entre Chouchou et moi pour aller deux fois plus vite. Pendant qu'il collecte les fruits de la semaine, je me charge des légumes, etc etc. A ce rythme-là, nous devrions être ressortis du magasin dans les 17 minutes, attente en caisse comprise. Oui mais voilà: systématiquement, nous faisons une halte au rayon presse où Voici, Closer et Gala me font perdre tout le temps gagné avec ma belle organisation. Enfin au moins, je suis toujours informée sur les choses vraiment importantes qui se passent dans le monde. Il faut parfois savoir sacrifier un peu de ses loisirs pour se cultiver.

Or donc, le Elle de la semaine. En couverture, Monica Bellucci clame: "Si on se plaît, on plaît aux autres". Ben voyons. En même temps, si j'étais foutue comme elle, quelque chose me dit que j'aurais beaucoup, beaucoup moins de mal à me plaire. Et que dans le cas fort improbable où je n'y parviendrais pas, ça n'empêcherait pas les hommes de se métamorphoser en loup de Tex Avery sur mon passage. Loin de moi l'idée que Monica Belluci soit une gourde tout juste capable d'enfoncer des portes ouvertes (la nature étant profondément injuste, elle peut très bien avoir le QI d'Einstein en plus de sa silhouette de bombasse), mais cette phrase serait quand même infiniment plus convaincante dans la bouche d'une fille à physique un peu moins, disons, évident. Ah, pardon, j'oubliais: les rares people de sexe féminin à physique non-évident ne sont jamais conviées à faire la couverture d'Elle. Autant pour moi. Mais bon... c'est un peu comme ces pubs pour des programmes minceur qui montrent un mannequin de 18 kilos et demi en train de se lamenter sur sa cellulite inexistante, ou celles pour des crèmes antirides appliquées par une vieillarde de, oh, au moins 15 ans et demi au visage encore plus lisse que des fesses de bébé. Moi, ça me donne toujours l'impression que les média me prennent grave pour une truite.

Et puis barrant la photo de Monica (en couverture du Elle de cette semaine, toujours), ce titre poignant: "Arrêtez de maigrir: le cri de détresse des hommes". Du pur fichage de gueule. Certes, bien qu'aucun représentant du sexe masculin ne se soit jamais mis à genoux devant moi pour me supplier de prendre du poids, je suis tout à fait prête à accepter l'idée que le mâle moyen préfère une femelle gironde et bonne vivante à une triste planche à pain qui se sent ballonnée après avoir avalé plus de quatre petits pois en vingt-quatre heures. Les rondeurs, c'est plus sensuel, on est bien d'accord. A ce constat, je voudrais tout de même apporter une nuance: si les hommes préfèrent coucher avec des rondes, ils préfèrent sortir et être vus avec des minces (souvent plus jolies habillées et meilleurs symboles de pouvoir). Cela dit, je reconnais que dans l'ensemble, ils semblent bien plus indulgents que nous envers nos kilos superflus et nos bourrelets disgracieux.

Car la pire ennemie de la femme, c'est la femme. Exemple: je suis persuadée que la plupart des modeuses s'habillent bien davantage pour susciter l'approbation et/ou la jalousie de leurs consoeurs que pour séduire le sexe opposé. Vestimentairement parlant, les hommes ont des goûts simplissimes: un joli decolleté, un ourlet de jupe au-dessus du genou, un jean un peu moulant suffisent à les ravir. Et la plupart des fringues hype, loin de les ravir, les plongent dans la perplexité d'un canard qui vient de trouver un grille-pain. La vérité, c'est qu'esthétiquement parlant, au tiercé des gens susceptibles de porter un jugement sévère sur une femme, les hommes n'arrivent qu'en troisième position. En deuxième, on retrouve les autres femmes. Et en tout premier: elle-même.

Il faut dire que nous ne sommes pas aidées par l'hypocrisie des média en général et de la presse féminine en particulier. On ne cesse de nous abreuver d'articles sur le retour à la mode des rondes, et qui nous cite-t-on en exemple? Pas Beth Ditto, même si on loue son talent et son absence de complexes. Mais plutôt Scarlett Johansson - soit un composite gros nichons-cul pommelé assorti d'un ventre plat, de bras fins et de jambes déliées. Et les mannequins des séries de mode continuent de plafonner allègrement à 55 kilos pour 1m78. Dommage pour toutes les lectrices à physique ordinaire qui pensaient pouvoir désormais afficher le petit bidou ou les cuisses vergeturées offertes en cadeau par leurs trois adorables marmots. Pour être esthétiquement correctes, elles ne doivent arborer que des rondeurs localisées. Et, non, pas localisées au niveau de la culotte de cheval ni de la taille.

Je ne sais pas ce qui me met le plus en colère dans tout ça: que les média fassent, depuis des années, un tel bourrage de crâne pour nous convaincre qu'il faut être de plus en plus minces, tout en affirmant parfois le contraire histoire de se prémunir contre toute accusation d'incitation à l'anorexie, ou que même les plus intelligentes d'entre nous se laissent influencer au point de devenir obsédées par trois ou quatre malheureux kilos surnuméraires qu'elles sont les seules à voir, et qui vont leur pourrir toute leur existence d'adulte. Combien de vacances en amoureux à l'autre bout du monde (ou toute autre expérience hautement agréable) pourrait-on s'offrir avec le fric de dingues qu'on dépense en sachets de protéines miracle ou en crèmes amincissantes inefficaces et plus chères que du caviar? Quels exploits ne pourrions-nous accomplir en consacrant à notre boulot, à notre famille, à une passion ou à une grande cause tout le temps et l'énergie que nous perdons à nous lamenter devant notre miroir, à nous tartiner d'anti-rides lissant raffermissant, à chercher la fringue miraculeuse qui nous fera paraître dix kilos plus mince, à nous comparer défavorablement avec les filles des magazines (ou pire, avec nos amies)?

...Je crois que je vais arrêter de lire Elle, c'est pas bon du tout pour ma sérénité intérieure à moi que j'essaie d'avoir.

lundi 30 juin 2008

Mosaïque de masques fous - ma participation ratée

Il y a quelques semaines, Hélène de Mon blog de fille lançait une chouette idée: que ses lectrices lui envoient une photo d'elles en train de grimacer, le visage enduit d'un masque de beauté bien répugnant, et elle ferait une mosaïque avec l'ensemble des clichés reçus. Jamais en reste quand il s'agit de faire l'andouille, je mettais Hawk à contribution dès le lendemain pour produire une photo rigolote que j'envoyai aussitôt à Hélène. "Hiiii, tu es super!" me répondit-elle par mail. Toute contente, j'attendis la publication de la fameuse mosaïque.

...Et fus très dépitée ce matin de constater que je n'y figurais pas. "Désolée, ta photo a dû se perdre pendant le transfert", s'est excusée Hélène. Pfff, faut toujours que ça tombe sur moi. Du coup, comme je ne voudrais pas qu'une telle vision de beauté soit perdue pour tout le monde (je me suis quand même dangereusement ridiculisée devant mon amoureux pour obtenir ce fichu cliché!), je vous la poste ici:


Ca fait peur, hein? Figurez-vous que jusque là, je ne m'étais jamais rendu compte que je ne louchais que d'un seul oeil...

mercredi 11 juin 2008

Vie de merde, bis

Aujourd'hui, je suis allée chez mon dermato pour voir s'il y avait un moyen de remédier au problème de taches brunes provoqué par mon médicament contre l'endométriose.
DERMATO: Oui, vous pouvez appliquer matin et soir des crèmes qui désensibiliseront les cellules chargées de la pigmentation.
MOI: OK.
DERMATO: Par contre, le traitement coûte 104 euros pour 6 semaines, n'est pas pris en charge par la Sécu et ne commence à produire des résultats qu'au bout de trois mois.
MOI: Gloups. Et, euh, il faut le faire longtemps?
DERMATO: Vous allez prendre votre médicament jusqu'à quand?
MOI: A priori, jusqu'à la ménopause.
DERMATO: Alors, pareil pour les crèmes.
A ce prix-là, les effets ont intérêt à être spectaculaires...

samedi 7 juin 2008

Ma folle après-midi

Hawk bosse aujourd'hui de 14 à 21h. J'ai brièvement envisagé de sortir, mais face à 1/le temps froid et pluvieux sur Bruxelles 2/la totale absence de prétextes shopping, j'ai vite renoncé. Puis j'ai songé à bosser vu que j'ai une trad à rendre en fin de semaine prochaine, mais comme ça doit faire un mois que je ne détèle pas, j'ai également rejeté cette option. Mesdames et messieurs, voici donc de quelle façon s'est décomposée mon après-midi:
- 13h30-15h: Boom Blox en mode exploration. J'ai fini par capituler devant un tableau dont j'avais déjà tué vingt-sept fois les bébés vaches avant de remplir mon quota minimum de 35 pièces à extraire pour pouvoir passer au tableau suivant. Ca n'a vraiment aucun équilibre, ces bestioles.
- 15h-16h30: Rangement et réorganisation de mes fournitures de scrap. Qu'est-ce qui m'a pris d'acheter un mini-fer à repasser spécial transferts sur tissu alors que je ne me sers jamais du fer à repasser normal et que je ne fais pas de transferts sur tissu? Ah, je sais: il était rose. Il l'est toujours, d'ailleurs. Flambant neuf, même pas sorti de son emballage.
- 16h30-16h45: Confection de ma valise: demain en début d'après-midi, je prends l'avion pour Monpatelin.
- 16h45-17h: Vaisselle.
- 17h-17h10: Engloutissage de deux tranches de brioche grillée tartinées de Nutella. Je me ferai engueuler par la Wii Board demain matin mais j'en avais trop envie. Et une petite assiette sale dans l'évier que je venais juste de réussir à vider, une!
- 17h10-17h15: Rédaction du post sur les élections américaines. Un L ou 2 à Hillary? 2, merci Google.
- 17h15-19h: Glande sur internet; exploration de la blogroll des blogs de ma bolgroll. Parfois j'y trouve des perles que je linke à mon tour. Aujourd'hui, pas. Pour me consoler, je prépare mon prochaine commande de fournitures de scrap en évitant soigneusement tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un mini fer à repasser.
- 19h-20h: Wii Fit. Boxe avancée, step dancing, 20 minutes de course d'endurance en regardant la fin de "Le meurtre de Roger Ackroyd" (justement, je me souvenais que l'assassin était le narrateur du bouquin, mais pas ce qu'il foutait dans la vie. Maintenant je sais: c'est le médecin du village), trois jeux de foot, deux tentatives de saut à ski qui se soldent toujours par des performances aussi minables (depuis 15 jours, j'ai totalement perdu mon mojo et peine à dépasser les 300 mètres alors que je détiens le record de la maisonnée à 389), mon premier funambule avancé (réussi du deuxième coup), une promenade en bulle interrompue par une vilaine guêpe juste avant l'arrivée, trois ou quatre postures de yoga, une petite méditation zazen, merci au revoir.
- 20h-maintenant: Pose mensuelle de mon Rouge Intense (pas le Belle Color de Garnier que j'aimais tant parce qu'il s'appliquait sur cheveux secs: apparemment, il est retiré de la vente, au moins en Belgique. J'ai donc dû me rabattre sur un Loréal, parce que je le vaux bien); en attendant qu'il prenne, débarbouillage de vernis à ongles sur les orteils, épilation des sourcils au péril de la vie de mes yeux (la nuit tombe et il n'y a pratiquement pas d'éclairage électrique aux abords du seul miroir dans lequel je peux me regarder), pose d'un masque à l'argile qui combiné à mes cheveux pâteux chignonnés sur le dessus de mon crâne doit me faire une tête probablement plus appropriée à un soir d'Halloween.
Passionnant, n'est-ce pas? Après avoir rincé la mixture, je m'attellerai à la confection du repas du soir: une tambouille à base de boulgour, de mini asperges vertes, de prosciutto et de parmesan râpé. Si je me suis bien minutée, Hawk devrait rentrer juste à temps pour dîner avec moi.

jeudi 29 mai 2008

20 vs. 40: ce qui a changé

L'autre jour avec Soeur Cadette, on listait les raisons pour lesquelles on se sentait mieux aujourd'hui qu'à 20 ans. Here goes:

A 20 ans, j'essayais de suivre la mode au mépris de mes limitations financières et de mes défauts physiques. Ainsi me suis-je trimballée un moment avec un perfecto Schott marron qui pesait sept ou huit kilos, donnait l'impression que j'étais aussi large que haute et avait allégé mon compte en banque de 3000 francs (dans les 450 euros de maintenant). Je ne vous parle pas de ma salopette en jean délavé, extrêmement seyante sur silhouette de Barbamama, ni des bottes sudistes à bout carré qui me comprimaient affreusement le pied. J'avais décidé que j'étais une fille rock'n'roll and by Jove, j'allais en arborer toute la panoplie coûte que coûte.
A (presque) 40 ans, j'ai appris qu'il n'y a pas de filles parfaitement foutues: juste des filles qui savent s'habiller. Désormais, je compose avec mes défauts physiques. Oui aux robes et aux jupes longues qui camouflent mes jambes grassouillettes; non aux pantacourts qui les raccourcissent visuellement et accentuent encore la circonférence de mes mollets. Oui aux compensées qui donnent de la hauteur et du galbe; non aux ballerines qui malgré leur mignonnitude me filent l'allure d'un Culbuto. J'ai fait mon deuil d'un certain nombre de choses: les cols en V et les cache-coeurs qui rapetissent encore ma poitrine symbolique, les pantalons à pinces qui pochent sur mes cuisses, les tops droits qui coincent immanquablement au niveau des hanches et blousent dans le dos. Je connais les marques dont les fringues me plaisent et me vont bien, et les boutiques que je ne dois pas approcher à moins de cent mètres sous peine de me faire mal au coeur ou de commettre une grave erreur d'achat.
A 20 ans, je ne supportais pas que mes amis fassent un pas sans moi. Ma phrase fétiche, extraite de "L'invitée" de Simone de Beauvoir, était d'ailleurs: "Ailleurs, quelque chose était en train de vivre sans elle, et il n'y avait que cette chose-là qui comptât". Après une enfance et une adolescence extrêmement solitaires, la moindre peccadille suffisait pour que je me sente rejetée. Les événements auxquels je n'assistais pas prenaient des proportions mythiques dans ma tête, et j'enrageais très longtemps de les avoir ratés.
A (presque) 40 ans, je suis de moins en moins dépendante des autres affectivement. Si j'ai l'occasion de faire une sortie, une soirée ou un voyage avec les gens que j'aime, je m'en réjouis et tente d'en profiter au maximum. Le reste du temps, je n'y pense juste pas. Je sais qu'il y aura d'autres occasions, d'autres moments à partager, et que ceux qui se déroulent sans moi ne sont pas nécessairement pile ceux qu'il aurait fallu ne pas rater!
A 20 ans, je mettais tous mes problèmes sur le dos de mes parents, de l'éducation que j'avais reçue, de la loterie génétique qui ne m'avait pas gâtée, de mes profs incompétents, de mes camarades de classe stupides, de la société pourrie dans laquelle j'étais forcée de vivre, etc etc. Au lieu de chercher des solutions, je ruminais ma rancoeur envers le reste du monde.
A (presque) 40 ans, il y a longtemps que j'ai appris à assumer mes responsabilités. Du temps où je vivais aux USA, j'ai lu un bouquin de David Burns dont j'ai fait mienne la philosophie: en gros, on ne maîtrise pas nécessairement ce qui nous arrive, mais on est seul à décider de la façon dont on va y réagir. Concrètement, on ne peut pas éviter un licenciement économique, mais on peut le traiter comme une opportunité de trouver un boulot plus agréable ou mieux payé au lieu de se poser en victime des circonstances. Depuis, je ne perds plus beaucoup de temps à m'apitoyer sur moi-même: après m'être accordé un peu de temps pour chouiner symboliquement, je m'attaque à la résolution du problème.
A 20 ans, je ne baisais pas pour moi mais pour mon partenaire. Je n'avais encore jamais eu d'orgasme avec personne hormis moi-même, et pas étonnant: tout ce dont je me souciais, c'était de prendre des positions visuellement bandantes et de déployer des trésors de technique pour que le monsieur époustouflé par mon savoir-faire me range aussitôt dans la catégorie des bons coups. Je n'avais par ailleurs pas vraiment identifié les choses capables de me faire jouir, et aurait donc été bien en peine de les indiquer à quelqu'un. Simuler me paraissait beaucoup moins compliqué.
A (presque) 40 ans, je continue à jouer les stars du porno au début d'une relation. Mais très récemment, j'ai aussi appris à me laisser aller, à ne pas me crisper au-delà de tout espoir de grimpette aux rideaux juste parce que mon épilation n'était pas nickel ou que ma dernière douche remontait à plus d'une heure. J'ai découvert qu'entre le missionnaire expédié à la va-vite et la totale Disneyland avec parade et feu d'artifice, il y avait moyen de s'amuser sans prétentions acrobatiques et en toute décontraction. Il était temps...
A 20 ans, j'étais attirée par les bad boys, les mecs entourés par une aura d'indifférence ou de danger. Les gentils garçons m'ennuyaient à mourir. Je pensais que si je ne souffrais pas, ce n'était pas vraiment de l'amour. Les sentiments tiédasses, la relation de petit couple plan-plan, très peu pour moi.
A (presque) 40 ans et après bien des histoires désastreuses avec des hommes pas du tout faits pour moi, j'ai réalisé que les gentils garçons n'étaient pas tous des bonnets de nuit; que se montrer attentionné envers moi n'était pas forcément synonyme d'absence de jugeotte, de culture ou de fantaisie; que se réveiller tous les matins lovée contre son meilleur ami valait quand même mieux que de se faire lentement détruire par son meilleur ennemi; et que l'harmonie au quotidien ne virait pas nécessairement à Waterloo morne plaine.
A 20 ans, je me souciais énormément de l'opinion qu'on pouvait avoir de moi. J'essayais de me conformer aux attentes de mes parents, de mes profs, de mes chefs, de mes amis. Résultat: des études que je n'ai pas choisies et qui ne m'ont servie à rien, un début de vie professionnelle qui m'a poussée au bord du suicide, une tripotée de déceptions affectives contre lesquelles je ne parvenais pas à me blinder, et le sentiment désagréable de ne jamais être à la hauteur.
A (presque) 40 ans, je me moque totalement de l'image que je renvoie. J'essaie de vivre en accord avec ma nature et mes principes. Les gens à qui ça ne convient pas n'ont de toute façon rien à foutre dans mon carnet d'adresses, non parce que ce sont de mauvaises personnes mais parce que nous sommes socialement incompatibles. Ca n'a pas été facile, mais je crois que mes parents ont fini par comprendre que ma vie bizarre me rendait heureuse, et ils m'aiment suffisamment pour l'accepter même si ça les dépasse. Et j'ai la chance d'avoir un métier où, tant que je fais du bon boulot, tout le monde se fout de mon apparence et de ce que je fiche avec ma vie privée.
A 20 ans, j'avais, comme tout le monde, le physique que m'avait accordé Mère Nature. J'étais juste un peu boulotte et très complexée. Dans mes rapports avec les autres, je ne savais pas jouer sur un autre registre que celui de la séduction, et j'en faisais des tonnes pour qu'on me trouve sexy.
A (presque) 40 ans, j'ai, comme tout le monde, le physique que j'ai mérité. Je suis très boulotte et juste un peu complexée. Ma peau blanche m'a obligée à éviter le soleil, si bien que le tour de mes yeux est miraculeusement épargné par les rides. Sous ma teinture, j'ai moins d'une douzaine de cheveux blancs au dernier recensement. J'ai appris à tolérer les défauts de mon corps et à les camoufler le mieux possible, même si j'avoue que certaines photos peu flatteuses ont encore le don de me plonger dans le désespoir - pas au point, néanmoins, de me couper l'appétit plus de quatre heures. J'ai déplacé mes rapports avec les autres sur le terrain de l'authenticité et de la franchise, et désormais, quand je joue de séduction, c'est seulement sur un plan intellectuel.
A 20 ans, j'étais dépensière et endettée. Chaque fois que j'allais mal, j'essayais de me remonter le moral en effectuant une multitude d'achats inutiles. Et j'allais souvent mal.
A (presque) 40 ans, je suis toujours dépensière mais dans la limite de mes moyens, qui ont considérablement augmenté entre-temps. Je suis l'heureuse détentrice d'un crédit immobilier; je cotise dans la tranche maximum pour ma retraite complémentaire obligatoire et j'ai souscrit une retraite facultative que j'alimente tous les mois sans faute. Après, OK, je claque tout ce qui reste. Mais mourir riche ne m'intéresse guère. J'ai plus ou moins cerné les déclencheurs de mes crises de shopping-ite aigues et la plupart du temps, j'arrive à les désamorcer.
A 20 ans, je détestais la noix de coco, la salade verte, le thé et le vin, les ris de veau, les coquilles Saint-Jacques et les crustacés. Je ne savais pas faire la cuisine et me nourrissais essentiellement de soupes chinoises déshydratées.
A (presque) 40 ans, je fourre de la roquette dans tout, bois au moins un litre de sencha par jour, garde un souvenir ému du Haut-Brion 65 dégusté pour le mariage du demi-frère de l'Homme et commande systématiquement les coquilles Saint-Jacques ou les ris de veau quand il y en a sur la carte d'un restaurant. J'adore les cuisines inventives qui utilisent des céréales rares, des épices exotiques, et qui mélangent le salé et le sucré. Je suis capable de préparer quelques spécialités délicieuses et d'improviser un bon petit repas équilibré avec les restes du frigo.
A 20 ans, je ne supportais pas les chats et pensais qu'un animal en appartement, c'était le diable.
A (presque) 40 ans, j'ai eu successivement 7 chats dans ma vie. Ils saccagent mon mobilier et ma moquette en se faisant les griffes dessus, empuantissent la cuisine avec leur litière - quand ils ne déposent pas leurs crottes à côté pour signifier que le bac est insuffisamment propre à leur goût, sèment leurs poils partout sur mon canapé et sur mes fringues, posent problème chaque fois que je veux partir en vacances. Et je ne conçois plus ma vie sans eux.
A 20 ans, je ne voulais pas d'enfants et tout le monde me répétait d'un air entendu: "Tu verras, tu changeras d'avis".
A (presque) 40 ans, j'ai bon espoir qu'on arrête bientôt de me casser les noix avec la question de la maternité. Alors, c'est moi qui pourrai ricaner: "Vous voyez, je n'ai pas changé d'avis".

vendredi 2 mai 2008

Le dilemme du jour

Avant-hier, chez Douce Gynéco, je me répands en louanges sur le Lutényl, médicament qu'elle m'a prescrit il y a un an pour lutter contre mon endométriose: "Je n'ai quasiment plus mal la semaine de mes règles, et jusqu'ici, je n'ai constaté aucun effet secondaire." "Alors, on continue comme ça jusqu'à la ménopause!" me répond-elle gaiement.
Aujourd'hui, chez Merveilleux Généraliste, après un rappel de vaccin et un examen rapide pour vérifier que mon torticolis n'était pas le symptôme d'une tumeur du cerveau, je demande une recommandation pour un dermatologue. "Parce que ça fait six mois que j'ai le front couvert d'horribles taches de vieillesse, et je trouve qu'il est encore un peu tôt pour ça". Un bref coup d'oeil et le verdict tombe: "Ce ne sont pas des taches de vieillesse, c'est ce qu'on appelle un masque de grossesse..." "QUOIIIII?" "...Et qui peut survenir soit quand on est enceinte, soit quand on prend un produit fortement dosé en hormones comme le Lutényl."
Horribles maux de ventre une semaine par mois et curetage sous anesthésie générale tous les deux ans, ou tête de vieille pomme tavelée nécessitant trois couches de fond de teint pour ne pas faire quarante ans de plus que mon âge réel? Entre les deux, mon coeur balance...

mardi 22 avril 2008

La vérité toute nue sur l'épilation du maillot brésilien

Armalite dit :
en ce moment tout ce que j'ai de l'agneau c'est la toison ha ha ha
Armalite dit :
faut vraiment que je me trouve une esthéticienne à bruxelles
M&M's dit :
ce qui est ardu parce que... ?
Armalite dit :
as-tu déjà tenté ce rituel barbare qu'est l'épilation du maillot brésilien?
M&M's dit :
eh bien, je suis RAVIE que tu lances ce sujet de conversation
M&M's dit :
parce que... eh bien... nan
M&M's dit :
j'y pensais récemment
M&M's dit :
quand mon épilady a failli m'assassiner
Armalite dit :
je n'ai qu'une chose positive à dire en faveur de cette pratique
Armalite dit :
après ça, l'accouchement doit te paraître une promenade de santé
Armalite dit :
et il se trouve que j'ai réussi à trouver une esthéticienne à monpatelin qui me fait ça sans que je hurle à la mort
M&M's dit :
si ça dure longtemps, ça peut valoir le coup
M&M's dit :
donc question... à quelle fréquence tu le fais?
Armalite dit :
ah parlons-en de la durée!
Armalite dit :
les dix premiers jours, un entrejambe de bébé, le bonheur total
Armalite dit :
et les jours 11 à 13: tu te grattes comme une forcenée
Armalite dit :
parce que les poils essaient de crever la peau et que chez moi du moins, ils ont du mal
Armalite dit :
ensuite, jours 14 à 21 ou 30 (selon la vitesse de repousse) : ton minou a le look barbe de trois jours
Armalite dit :
donc en gros j'ai vue vie sexuelle torride dans la semaine et demie après mon rv chez l'esthéticienne
Armalite dit :
les jours 11 à 13 mon copain ne m'approche qu'au péril de sa vie
M&M's dit :
lol
Armalite dit :
(mais il peut réclamer une p'tite pipe, j'suis pas chienne)
Armalite dit :
les jours 14 à 30 c'est contorsions savantes pour cacher la zone problématique
Armalite dit :
"et si je m'asseyais sur toi mais de dos?"
Armalite dit :
"boa non merci pas de cunni aujourd'hui je veux juste m'occuper de toi"
Armalite dit :
tu vois l'idée
M&M's dit :
et en + tu passes pour la fille généreuse qui fait passer l'autre avant
M&M's dit :
ingénieux!
Armalite dit :
et ouééééééé
Armalite dit :
vingt-deux ans d'expérience feront toujours la différence
Armalite dit :
par contre il faut quand même dire
Armalite dit :
qu'au bout d'un certain nombre de fois les poils se clairsèment
Armalite dit :
là j'en ai plus qu'un sur deux qui repousse
Armalite dit :
je pense que je devrais être tout à fait chauve du minou d'ici la ménopause

mercredi 12 mars 2008

De la bascule des priorités

Pendant très longtemps, j'ai fait plus jeune que mon âge. Ceci était en partie dû à mon mètre cinquante-quatre et à ma voix de gamine, en partie à mes fringues plus rock que féminines ou élégantes. Ce qui m'énervait adolescente et jeune adulte est devenu une source de satisfaction intense à partir de 27 ou 28 ans. Alors que les filles de mon âge commençaient à attraper des rides et des cheveux blancs, ma détestation absolue du soleil et mon visage rond retardaient l'apparition des pattes d'oie et autres plis sur le front, tandis qu'une appréciable hérédité paternelle conservait à mes cheveux leur brun foncé naturel.
Puis l'année de mes 33 ans, mes sillons naso-géniens se sont creusés brusquement, et j'ai trouvé un premier cheveu blanc sec et frisotté au milieu de la jolie crinière qui faisait ma fierté. A partir de là, le bas de mon visage a commencé à s'affaisser irrémédiablement, me gratifiant d'un menton surnuméraire dès que je cessais de tendre le cou en avant. Alors que jusque là j'avais toujours bien aimé mon visage, je me suis mise à redouter mon reflet dans le miroir. Je pouvais bien continuer à écouter du metal et du goth, à baigner dans la fantasy, à lire des mangas et à acheter mes fringues dans les boutiques de djeûns, je devais me rendre à l'évidence: je vieillissais. Je faisais mon âge, celui d'une adulte restée ado dans sa tête qui virait peu à peu au "mouton déguisé en agneau", comme disent les anglo-saxons.
Ca m'a pas mal chagrinée. Je n'ai jamais été une bombe anatomique et je ne craignais pas de perdre une ligne que je n'avais jamais eue, mais je me sentais de plus en plus étrangère à la personne qui me rendait mon regard dans la glace. Je me demandais si je n'allais pas devenir une de ces quadras, puis quinquas pathétiques dont la seule obsession est de continuer à faire jeune; si je ne devais pas me résoudre à grandir enfin pour être raccord avec l'image que je présentais au reste du monde - quoi que puisse signifier le verbe "grandir" dans mon cas.
Après l'extérieur, c'est l'intérieur qui a commencé à donner des signes d'usure. Mon endométriose s'est aggravée et je n'ai plus pu continuer à l'ignorer; j'ai dû me faire opérer, puis chercher un traitement pour l'empêcher de récidiver. J'ai perdu peu à peu la souplesse développée par vingt ans de danse classique et moderne. Hier pour la première fois, mon genou droit abîmé par un vieil accident de ski s'est mis à me faire mal pour la seule raison que le temps était pluvieux.
La maladie puis le décès de mon amie B. m'ont joliment remis les idées en place. Depuis quelques semaines, je me dis que ce n'est pas bien grave d'avoir des rides ou des articulations qui craquent, que c'est le signe qu'on a vécu, fait des choses et exprimé des émotions. Je ne vais pas prétendre que je trouve Brigitte Bardot et Jeanne Moreau sublimes telles qu'elles sont aujourd'hui, mais je préfère encore ça au visage botoxé de partout de ces actrices de 40 ans qui ont toujours l'air d'en avoir 20. S'efforcer de rester jeune à tout prix, c'est livrer une bataille qui, en plus d'être vaine, mobilise beaucoup trop de temps et d'énergie à mon goût. C'est aussi se priver de la chance d'être en harmonie avec son âge et d'en savourer les plaisirs propres. En gros, j'ai décidé que ça n'était pas pour moi, que j'allais accepter ce qui arrive à mon corps (sans toutefois me laisser aller à ne plus prendre aucun soin de ma personne) et me préoccuper juste de rester moi plutôt que de rester jeune.
Je suis donc en paix avec mon apparence. Mais atrocement angoissée par mon état de santé. Je traîne depuis plusieurs semaines un torticolis dont je suis persuadée - ne riez pas - qu'il est le signe avant-coureur d'une tumeur au cerveau qui appuie sur les muscles de ma nuque. Je n'ai pas de raison particulière de m'inquiéter; je fais des check-ups réguliers, je ne fume plus depuis deux ans, il n'y pas d'antécédents de cancer dans ma famille, etc. A cause de B., et aussi d'une amie de Soeur Cadette (32 ans, sportive, une parfaite hygiène de vie et une tumeur du cerveau très aggressive découverte il y a quelques mois), je suis pourtant douloureusement consciente que tout cela ne garantit rien. Qu'à mon insu, un vilain crabe pourrait très bien être en train de me grignoter l'un ou l'autre organe - et que je pourrais très bien ne pas m'en apercevoir avant qu'il soit trop tard.
C'est fou la vitesse à laquelle les priorités peuvent basculer. Aujourd'hui ma seule préoccupation, la seule chose qui ne dépend pas entièrement de moi et pour laquelle je prie, c'est rester en bonne santé. Tout le reste me paraît très insignifiant et/ou remédiable avec un peu de bonne volonté.