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dimanche 30 juin 2019

Héroïnes du moment




Megan Rapinoe, capitaine de l'équipe américaine de football, première athlète blanche à avoir mis un genou en terre pendant l'hymne national afin de protester contre les brutalités policières envers les Noirs, en une de la presse ces derniers jours pour son refus de se rendre à la Maison Blanche. 

mardi 16 avril 2019

All out of fucks



Hier soir, en me rasseyant devant mon MacBook après avoir vu "Game of Thrones", j'ai découvert que Notre Dame brûlait. Passée la surprise initiale ("Mais comment un incendie a-t-il pu prendre là-dedans?"), j'ai espéré que les pompiers arriveraient à maîtriser le feu avant qu'il se propage aux habitations environnantes, et surtout qu'il n'y aurait pas de victimes. J'ai trouvé ça triste qu'un monument vieux de plus de huit siècles et faisant partie du patrimoine de l'humanité soit touché de la sorte, mais sans plus. 

samedi 5 janvier 2019

La masse et le marteau





Ceci est une partie du texte qui accompagnait un récent Instagram d'Alexandria Ocasio-Cortez (à droite sur la photo), une des femmes les plus inspirantes de 2018:

"Ma mère est née et a grandi à Puerto Rico. Elle a pratiquement élevé ses frères et soeurs, dans la pauvreté, pendant que sa propre mère travaillait sans arrêt pour qu'ils aient un toit et de quoi manger. Elle a rencontré mon père, un garçon du Bronx qui rendait visite à sa famille sur l'île,  quand elle était encore très jeune. Ils se sont mariés et installés à New York; elle ne parlait même pas anglais. Mes parents sont partis de rien: nouvelle langue, nouvelle vie, nouveau tout. Puis je suis arrivée, et ils ont déménagé pour recommencer à zéro afin que je bénéficie d'une bonne éducation. Ma mère lavait les sols, conduisait des bus scolaires, répondait au téléphone. Tout ce qu'il fallait faire, elle l'a fait - pour moi. A la mort de mon père, elle s'est retrouvé mère célibataire de deux enfants, et elle a encore dû repartir de zéro. Nous avons failli perdre notre maison; alors, nous l'avons vendue et nous nous avons recommencé, encore et encore et encore. 

mercredi 5 décembre 2018

Où je m'interroge sur le mouvement des gilets jaunes





A l'apparition des gilets jaunes, j'ai grogné: "Y'a pas des trucs un peu plus importants que le prix de l'essence au sujet desquels manifester en ce moment?". Oubliant que, si c'est un non-problème pour moi qui n'ai pas de voiture et souhaite ardemment qu'on cesse d'exploiter les énergies fossiles, beaucoup de gens aux revenus modestes ne peuvent pas aller travailler en transports en commun et n'ont pas les moyens de se payer un véhicule hybride ou électrique.

dimanche 2 décembre 2018

Où les casseurs sévissent aussi en province





Je passe le week-end chez ma soeur. En ce samedi après-midi, nous devons nous rendre dans le centre de Toulouse pour faire quelques courses. Nous avons vu aux infos que les manifs de gilets jaunes dégénéraient à Paris, mais nous espérons que ce sera plus calme ici en province. La vraie question, c'est: on y va en voiture ou en métro? Mon beau-frère et Darklulu ces feignasses cosmiques sont pour la première solution; ma soeur et moi trouvons la seconde plus pratique et plus écologique; trop occupé à jouer à Bacon sur son smartphone, Attila n'a pas l'énergie d'avoir une opinion. 

vendredi 27 juillet 2018

Les jeunes sont les héros d'aujourd'hui





Dans l'actualité de cette semaine, entre la guignolesque affaire Benalla et les  conséquences catastrophiques de la canicule, se cachait un fait divers qui m'a bouleversée. Elin Ersson, une étudiante suédoise de 21 ans, s'est aperçue que dans son avion à destination d'Istanbul se trouvait un homme que les autorités déportaient vers l'Afghanistan, où il risquait la mort. Alors, elle a refusé de s'asseoir pour empêcher l'appareil de décoller tant qu'on n'aurait pas fait débarquer ce monsieur. Les autres passagers ont commencé à l'insulter parce qu'elle les mettait en retard; l'un d'eux a même tenté de lui arracher son téléphone avec lequel elle filmait et diffusait la scène en direct. Elin était très secouée; elle savait qu'elle risquait une amende et même une peine de prison, et sans doute se doutait-elle aussi que même si sa protestation aboutissait, l'homme serait déporté ultérieurement. Mais elle a gardé un calme admirable et, à travers ses larmes, répété fermement que la vie d'un homme valait plus que la gêne occasionnée aux passagers. Elle a tenu bon assez longtemps pour avoir gain de cause, et maintenant, elle va affronter les conséquences de son incroyable droiture morale. 

mercredi 11 juillet 2018

[BRUXELLES] Resist! au Bozar





Partant de la fin des années 60, l'expo Resist! dresse un panorama des mouvements protestataires à travers le monde jusqu'à nos jours: la révolte étudiante en France au mois de mai 68, le printemps de Prague, le Cordobazo contre la dictature en Argentine, le mouvement Provo aux Pays-Bas, les manifestations anti-guerre du Vietnam  et la lutte contre la ségrégation aux Etats-Unis, pour arriver finalement à la campagne Remain anti-Brexit et à l'occupation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Elle se focalise beaucoup sur l'iconographie de la révolte, la manière dont les photographes  (essentiellement) choisissent de représenter cette dernière. Les documents nombreux et variés, parmi lesquels beaucoup de vidéos, occupent plusieurs très grandes salles où l'on peut circuler à son aise... et se casser le dos en tentant de lire titres et légendes écrits tout petit à hauteur des yeux d'un enfant de trois ans. 

Clairement, le thème est d'actualité. Ou devrais-je dire "reste d'actualité"? J'imagine que cette exposition est censée être inspirante. Pour ma part, elle a juste réussi à me déprimer. Cinquante ans - que dis-je, des siècles! qu'on proteste contre certains problèmes, et on n'est toujours pas sortis des ronces. L'esclavage puis la ségrégation ont été abolis, mais les personnes de couleur sont toujours considérées comme des citoyens de seconde zone et violentées voire abattues sans provocation par des policiers auxquels on se contente de donner une tape sur les doigts. Les droits (encore très insuffisants) qu'on tenait acquis pour les femmes sont remis en cause dans de nombreux pays dits civilisés. Le mariage pour tous gagne du terrain, mais les homosexuels demeurent des cibles jusque dans une ville soi-disant aussi tolérante que Bruxelles. Mais le pire de tout à mon sens, c'est la lutte des classes, LE domaine dans lequel la situation ne fait que s'aggraver d'année en année tandis que les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. 

Bref, une expo très intéressante, qui donne à réfléchir mais ne fait pas nécessairement du bien au moral. (Ni au dos ou aux yeux.) A la sortie, vous aurez l'occasion d'exprimer et d'afficher vos propres revendications sur un mur dédié. 





au Bozar jusqu'au 26 août 2018
Entrée tarif normal: 10€

jeudi 21 juin 2018

Blues post-écossais





Durant nos vacances, j'ai passé peu de temps sur internet: juste de quoi poster mes Instagram chaque soir et rédiger mes comptes-rendus sur le vif pour ne rien oublier. Je n'ai guère prêté attention à l'actualité, et inutile de dire que déconnecter ainsi m'a fait presque autant de bien que les paysages sublimes que nous traversions et les gens adorables que nous rencontrions. Ce fut certainement le voyage le plus peace and love de ma vie jusqu'ici. 

dimanche 20 mai 2018

Harry & Meghan: just married!





La monarchie et le mariage sont deux institutions qui ne m'inspirent aucune sympathie. Et en règle générale, je snobe les événements qui mobilisent les foules devant leur écran - genre Eurovision ou élection de Miss France. A la base, je n'avais donc aucune intention de regarder le prince Harry et Meghan Markle s'épouser hier en milieu de journée. Mais j'en étais au 3ème jour d'une déprime sévère qui me voyait gober du Xanax comme des pastilles anti-toux et envisager de partir élever des chèvres dans le Larzac (où j'aurais peut-être retrouvé mon menton). Du coup, histoire de me changer les idées, je me suis quand même connectée au streaming de France 2 vers 12h30. 

mercredi 14 mars 2018

Matière grise dans le rouge





Ce matin j'ai ouvert un oeil, le ciel était bleu et sans nuages, je me suis dit "Ca va être une belle journée". Chouchou a vu que j'étais réveillée et il m'a lancé: "Stephen Hawking est mort". 

...Bon, peut-être pas, alors. 

lundi 22 mai 2017

Non, on ne peut pas rire de n'importe quoi (et surtout pas de n'importe qui)




La semaine dernière, le lamentable Cyril Hanouna a une fois de plus fait une "blague" ignoble ayant pour cible un homosexuel. Et comme beaucoup de gens s'indignaient - à juste titre - sur les réseaux sociaux, beaucoup d'autres ont répondu avec un haussement d'épaules virtuel que ça n'était pas grave parce que cet animateur s'en prenait à tout le monde (par exemple, et je cite quelqu'un que j'ai lu sur Facebook, "les Arabes et les Asiats") et que zut à la fin, y'en a marre du politiquement correct, on ne peut plus rire de rien. Vous avez vraiment pas d'humour, les gens. 

Ce à quoi j'ai envie de répondre la chose suivante: les homosexuels, les Arabes et les Asiats, ce n'est pas "tout le monde". Ce sont des minorités qui s'en prennent déjà suffisamment plein la gueule à longueur de temps avec l'homophobie et le racisme rampants. Du coup, c'est un peu facile et très moche de leur taper encore dessus. Si vous voulez vraiment rigoler, il existe des tas de formes de vrai humour qui ne font de mal à personne. Aux USA, Ellen DeGeneres a bâti toute une carrière de comique et de star de la télé sans jamais dire une seule méchanceté sur personne. John Oliver, peut-être l'homme le plus drôle de tous les temps, épingle les gens connus non pas pour ce qu'ils sont mais pour ce qu'ils font d'idiot, d'absurde ou de nuisible. 

On peut très bien faire rire sans s'attaquer aux minorités vulnérables ni blesser qui que ce soit (les gros, les infirmes, les gens qui souffrent de maladie mentale...) pour des choses indépendantes de sa volonté. Evidemment, ça demande un peu d'imagination et de talent, deux qualités qui ne sont de toute évidence pas données à Cyril Hanouna. Quant à ceux qui défendent ce triste sire au nom du droit à rire de tout: si la blague qui vous fait marrer provoque la souffrance de quelqu'un, ce n'est pas de l'humour, c'est juste de la cruauté

mercredi 26 avril 2017

Palmarès des mauvaises raisons de s'abstenir ou de voter blanc au second tour


Dessin: Uderzo

- "De toute façon, Macron va l'emporter, ce n'est pas la peine que je me salisse les mains en allant voter pour lui". La victoire de Macron est à peu près aussi garantie que celle de Clinton pendant les dernière élections américaines. C'est dire si l'argument me rassure. En France aussi, il s'est passé des trucs chelous pendant le premier tour (500 000 cartes d'électeurs émises en double, des tas de radiations injustifiées, dont 80 000 rien que dans le Val-de-Marne...). En France aussi, il est permis de soupçonner que Poutine cherche à influencer le résultat final. Et même si on n'est pas complotiste pour deux sous: malgré la consigne de Fillon, il y a fort à parier que la droite dure votera Le Pen, ou ne votera pas. Si la droite raisonnable et la gauche s'abstiennent aussi, on fera mentir les sondages une fois de plus, et il sera trop tard pour geindre "Si j'avais su" façon Brexiters.

- "Si on élit Macron maintenant, on aura Le Pen en 2022". Donc, comme on ne veut absolument pas avoir Le Pen en 2022, on va prendre le risque de la laisser passer dès aujourd'hui? C'est ça, la formidable logique du truc? Expédier d'abord le dossier le plus chiant? Se forcer à avaler les haricots surgelés vert fluo du FN en espérant que les frites grasses et croustillantes du renouveau gauchiste suivront dans la foulée? Finir par avoir un(e) président(e) d'extrême-droite n'est pas une fatalité. Comment on évite ça? Election après élection, on vote utile au second tour. Même si ça fait mal au fondement. (Ou alors, on estime que le concept de démocratie a fait son temps et qu'il faut une révolution, mais dans ce cas, on n'a pas voté au premier tour et la question de quoi faire au second ne se pose même pas.) Il peut se passer beaucoup de choses en 5 ans. Une troisième guerre mondiale durant laquelle on succombera tous aux radiations nucléaires - ou juste un anévrisme cérébral qui laisserait le FN décapité au moment opportun. Personne ne peut dire de quoi demain sera fait. La seule chose en notre pouvoir, c'est sauver aujourd'hui.

- "Puisqu'on n'a pas eu ce qu'on voulait, vous pouvez tous crever, bande d'abrutis qui n'avez pas voté comme nous". Ne ricanez pas, je l'ai vue passer une bonne douzaine de fois sur mon mur Facebook - et encore, j'évite de lire les statuts des Mélenchonistes fanatiques en ce moment. Je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup-là, mais tant pis: de mon point de vue, cette réaction est digne d'un enfant de 5 ans qui pique une colère parce que ses parents viennent de lui refuser un paquet de Haribo à la caisse de Carrefour (histoire de poursuivre dans les métaphores alimentaires), ou du jeune Pépé d'"Astérix en Hispanie" qui s'arrête-de-respirer-jusqu'à-ce-qu'il-lui-arrive-quelque-chose quand on ne cède pas à ses caprices. Et, oui, j'ai conscience qu'une société meilleure, c'est un enjeu largement supérieur à une poignée de bonbons. Raison de plus pour avoir une réaction mature quand il nous passe sous le nez, et continuer à se battre pour ce qui peut encore être obtenu au lieu de sombrer dans le nihilisme.

- "Pour moi, Macron et Le Pen, c'est kif-kif et bourricot". Si vous avez prononcé cette phrase, vous êtes probablement blanc et hétérosexuel avec un nom à consonance bien française, et vous n'en avez rien à foutre de ce qui arrivera aux minorités vulnérables. Auquel cas, je n'ai pas de mots assez forts pour vous dire mon mépris (vous pouvez sortir en claquant la porte du blog, merci, bisous). Ou bien, vous pensez que ça ne sera pas si grave que ça - et je vous enjoins à vous pencher quelques minutes sur ce qui se passe aux USA depuis que les racistes homophobes décomplexés, se sentant légitimisés par un gouvernement qui abonde dans leur sens, s'en donnent à coeur joie en harcelant, en tabassant et en tuant impunément cha-que-pu-tain-de-jour. Vous avez raison sur un point: quel que soit le vainqueur du second tour, on en (re)prend pour 5 ans de bagne sur le plan économique. Du coup, autant sauver les meubles sur le plan social. Quand l'idéalisme a échoué, il ne reste plus qu'à opter pour le pragmatisme. 

Moi aussi, je suis plus que dégoûtée par le choix de mes concitoyens (à Monpatelin, Le Pen, Fillon et Dupont-Aignan ont récolté 63% des suffrages à eux trois - ça fait peur). Moi aussi, je rêvais qu'on foute un grand coup de pied dans les couilles du capitalisme qui n'en finit plus d'écraser la classe moyenne et de bousiller l'environnement. Mais je ne fais pas partie de la majorité sur ce coup-là. Bien que ses raisons m'échappent, la classe moyenne a signé pour continuer à morfler jusqu'au moment où elle cessera enfin de rejeter la faute sur plus malheureux qu'elle et de voter pour ses oppresseurs. En attendant cet éclair de lucidité salutaire, je refuse de me confire dans un orgueil stupide autant qu'égoïste.

Je vais voter Macron la mort dans l'âme, pas pour moi qui n'ai rien à y gagner et qui vomis les convictions néolibérales du bonhomme, mais pour toutes les catégories de population hyper vulnérables qui souffriraient atrocement d'une présidence FN. Après ça, je voterai écolo aux législatives; je protesterai par tous les moyens à ma disposition si on veut faire passer des lois iniques; je continuerai à essayer d'avoir au quotidien un comportement aligné avec mes valeurs et d'utiliser cette modeste plateforme qu'est mon blog pour propager mes idées. Je ne suis pas naïve: je sais que ça ne suffira pas à provoquer la révolution populaire bienveillante dont nous aurions grand besoin. Mais puisque c'est tout ce que je peux faire, alors, je vais au moins faire ça. Et vous?

dimanche 23 avril 2017

A voté




Il y a une ou deux semaines, lors d'une de nos nombreuses discussions d'avant les élections, Chouchou (qui, bien que partageant mes convictions écolos, se situe beaucoup plus au centre que moi pour toutes les questions économiques), s'est légèrement énervé suite à une de mes diatribes sur le thème: "Je veux de la justice sociale, merde!". Visiblement, il ne comprenait pas que je m'enflamme pour des mesures qui au final me concernent assez peu. 

C'est vrai que je suis blanche avec un nom bien français et pas le moindre ancêtre étranger aussi loin que remontent mes connaissances généalogiques. C'est vrai que je suis en couple hétéro et désormais trop vieille pour avoir besoin d'avorter. C'est vrai que je ne suis pas salariée et que depuis le début de ma carrière, je n'ai pas droit aux allocations chômage et finance déjà à grands frais ma propre mutuelle ainsi que ma retraite complémentaire. C'est vrai que je gagne assez bien ma vie pour être imposée à 20% sur mes revenus et n'avoir bénéficié d'aucune prestation sociale depuis une bonne vingtaine d'années. C'est vrai que je n'ai pas d'enfants et que pour mon usage personnel, il me suffit que la Terre reste habitable pendant un demi-siècle dans le meilleur des cas. Alors, que m'importe le traitement réservé aux homosexuels, aux racisés et aux jeunes femmes encore fertiles? Que m'importe qu'on démantèle un droit du travail qui ne m'a jamais protégée? Qu'on foute la sécu en l'air puisque je fais partie des gens qui auront de toute façon les moyens de se soigner dans le privé? Qu'on bousille l'environnement pour les générations suivantes? 

Hé bien, en fait, ça m'importe beaucoup. 

Je ne vote pas juste pour ma gueule. Je vote pour un idéal de société. Et mon idéal de société, c'est que tout le monde bénéficie des mêmes droits et des mêmes opportunités; que chacun puisse pratiquer sa sexualité et/ou sa religion en paix tant qu'il n'emmerde pas ses voisins; que la classe moyenne ne soit pas écrasée par des riches qui ont déjà plus de fric qu'ils ne pourront en dépenser dans toute une vie; que le travail cesse d'être considéré comme une valeur et une nécessité alors qu'il l'est de moins en moins, et que ce qu'il en reste soit partagé équitablement et rémunéré à sa juste valeur; que la collectivité prenne soin des pauvres, des malades, des handicapés et des vieux; qu'on mette toute nos formidables ressources scientifiques et intellectuelles au service d'un développement durable plutôt que du pillage de ressources qui touchent à leur terme. Je vote parce que je ne veux plus être une privilégiée, parce qu'il me semblerait juste que tout le monde partage ce qui est actuellement une immense chance alors que ça devrait être la norme. 

Par ailleurs, je pense que ce serait une énorme connerie de sortir de l'Europe. Oui, elle a grand besoin d'être réformée, mais un Frexit pourrait sonner le glas d'une institution nécessaire au maintien d'un ordre mondial déjà bien trop ébranlé par les dictateurs et les fous. 

Ce matin, après avoir beaucoup hésité et tergiversé, j'ai voté Benoît Hamon. Sans illusions: je sais qu'il ne passera pas le premier tour et que je vais déprimer sec ce soir devant les résultats. Mais en mon âme et conscience, je n'ai pas réussi à faire autre chose. 

mardi 18 avril 2017

April blues




C'est vraiment pas la joie en ce moment. 

Chaque jour, il devient plus probable que Trump déclenche une guerre nucléaire avec la Corée du Nord. J'avais récemment eu l'impression que tous les éléments étaient enfin réunis pour le destituer, mais je suppose que je faisais preuve d'un excès d'optimisme (alors que c'est une denrée de plus en plus rare que je ferais mieux d'économiser, je présume). 

A Présidentielles françaises J-5, je ne sais toujours pas pour qui voter. Hamon dont j'adore le programme mais qui ne passera pas le premier tour, si bien que ça reviendrait à jeter mon bulletin à la poubelle, ou Mélenchon dont la personnalité et les positions internationales me rebutent au plus haut point - l'Europe a grand besoin d'être réformée, mais en sortir constituerait une erreur monumentale. Ne me parlez même pas de Macron dont l'unique mérite, par rapport à Fillon et à Le Pen, est de ne pas être un gros réac sur le plan social. 

Mes angoisses en profitent pour revenir à la charge, plus floues que d'habitude mais non moins suffocantes. Avant-hier, une demi-heure après avoir éteint ma lampe de chevet, je me suis réveillée en hurlant, sous le regard perplexe de Chouchou qui lisait encore. Je n'ai pas la moindre idée pourquoi. J'avais sans doute fait un cauchemar, mais je ne me rappelais de rien. Et le Xanax qui m'avait sauvé la vie il y a quelques années ne me fait plus aucun effet à présent. 

Heureusement, jeudi, je rentre à Monpatelin pour trois semaines - en emmenant Chouchou dans mes bagages, pour une fois. Au minimum, il fera meilleur qu'à Bruxelles, et le soleil m'aidera à voir les choses sous un jour un peu moins sombre. 

dimanche 22 janvier 2017

La rage et l'espoir



Y'en a au moins une qui s'est éclatée cette semaine, c'est la culture du viol. 

Une cliente Orange à qui un technicien récemment passé chez elle avait envoyé un texto pour la draguouiller s'est plainte auprès de la direction de la boîte. Levée de boucliers sur internet: cette connasse risquait de faire perdre son emploi à un pauvre type qui avait juste tenté sa chance gentiment. C'est bien triste qu'un homme ne puisse même plus adresser la parole à une femme sans se faire accuser de harcèlement. Clairement, la dénommée Buffy Mars a surréagi. 

Je veux bien croire à la bonne foi des messieurs qui ont protesté en ces termes, bien croire que la plupart d'entre eux sont des "mecs bien" qui jamais ne feraient de mal à une femme. Sauf que. Ils n'ont aucune idée de ce que c'est de grandir bombardée d'injonctions à ne pas s'habiller de façon trop provocante, à ne pas traîner seule trop tard le soir, à ne pas boire trop d'alcool au cas où. Aucune idée de ce que ça fait de toujours se sentir une proie pour la seule raison qu'on possède un vagin. Ils ne mesurent pas l'effarante injustice qu'il y a à toujours mettre en cause la parole de l'agressée, toujours penser que quand même, avec une jupe aussi courte, un rouge à lèvre aussi rouge et une demi-douzaine de whisky-Coca au compteur, elle l'a un peu cherché. Le viol et le harcèlement sexuel sont les seuls crimes pour lesquels c'est toujours la victime qui est présumée coupable et le vrai coupable rarement et toujours trop légèrement puni. 

Parfois même, on lui confie la présidence des César. 

Arguments des "mecs bien" qui ne voient pas trop où est le problème: "La fille faisait beaucoup plus mûre que son âge et posait pour des photos de lingerie". Quel que ce soit l'âge d'une femme, quel que soit son métier, ce n'est jamais acceptable de la droguer pour la sodomiser. "Elle a elle-même pardonné et souhaité qu'on ne parle plus de cette affaire." Elle a le droit de vouloir qu'on lui fiche la paix. Ca reste quand même un viol. "Vous mélangez tout; Polanski est un cinéaste de talent et c'est pour ses mérites professionnels qu'on le distingue là." Aucun mérite professionnel au monde ne devrait éclipser le fait qu'un homme est un violeur. La compétence n'est pas une excuse au crime. En faisant passer une agression sexuelle derrière la qualité d'une poignée de films, on envoie clairement le message que la moitié de l'humanité peut être impunément méprisée et violentée, surtout si c'est par un homme blanc et riche (mais pas que - voir l'affaire Bill Cosby). Ce qui permet à la plus grande puissance mondiale d'élire à sa tête un type qui trouve sa propre fille fort baisable et affirme que les femmes, il faut les attraper par la chatte. C'est loin d'être le seul problème avec Donald Trump, mais c'est un problème qui à lui seul aurait dû empêcher son élection si la culture du viol n'était pas à ce point prégnante dans nos sociétés que 53% des femmes blanches ont voté pour lui. 

Heureusement, toutes les femmes ne sont pas à ce point endoctrinées et résignées. Hier, 2,9 millions d'entre elles ont marché pour l'égalité hommes/femmes, pour la préservation du droit à l'avortement, pour que tout le monde soit traité de la même façon quel que soit son genre, son origine ethnique et ses préférences sexuelles. Pour une société sans discrimination et sans haine. J'ai regardé un bout de la manifestation de Washington en direct: le discours de Michael Moore, l'impressionnant beat d'Ashley Judd, l'intervention d'America Ferrara. J'ai vu fleurir sur mon fil Twitter des photos d'autres marches un peu partout dans le monde: toutes les célébrités que je suis sont allées défiler avec les bonnets roses, depuis Jillian Michaels jusqu'à Elizabeth Gilbert en passant par Emma Watson, Pénélope Bagieu et Claire North. Et il n'y a eu aucun débordement, aucune casse, aucune violence. Juste des gens paisibles mais férocement déterminés à revendiquer leurs droits et à résister à l'Empire. 

Ce qu'il va falloir continuer à faire pendant chaque jour des 4 années à venir. Mais après la dépression noire de vendredi, hier, j'ai entrevu une lueur d'espoir. 

mardi 20 décembre 2016

Choisir ses batailles




Ce matin, j'ai traîné au lit avec Chouchou longtemps après m'être réveillée. Un peu parce que j'étais bien au chaud avec lui sous la couette à raconter des bêtises, un peu parce que j'avais peur de me lever et de me connecter à internet. Hier soir, quand je me suis couchée, l'ambassadeur de Russie avait été assassiné à Ankara, un camion avait foncé dans la foule du marché de Noël à Berlin et un homme avait tiré sur des Musulmans dans une salle de prière à Zurich. Du coup, j'ai été soulagée de découvrir que la Troisième Guerre Mondiale n'avait pas encore éclaté. Oui, mes critères pour me réjouir ont sérieusement dégringolé en cours d'année. Chaque jour, j'ai l'impression que le monde devient un peu plus fou. Ou peut-être qu'il l'a toujours été, et que c'est juste la surexposition actuelle aux médias qui donne cette impression de marcher en permanence au bord du gouffre. Et qui finit par nous engourdir, parce qu'on ne peut pas passer notre temps à saigner pour tout le monde. 

Il y a tellement de raisons de souffrir par procuration, tellement de raisons de s'indigner pour ce que font les racistes, les sexistes, les homophobes, les intégristes religieux et autres intolérants de tout poil, tellement de raisons de désespérer pour tout ce que nos dirigeants ne font pas: défendre les plus faibles, obliger les nantis à contribuer à la société proportionnellement à leurs moyens, cesser de poursuivre une croissance imbécile et préserver plutôt l'environnement. Se mobiliser pour toutes les causes qui le méritent serait un boulot à plein temps. Nous n'en avons pas la capacité. Il faut aussi conserver un minimum d'énergie et de moral pour vivre notre propre vie. Je ne dis pas qu'il faut devenir égoïste et sourd au reste du monde; je dis qu'il faut choisir ses batailles et essayer de s'y tenir. J'ai des ami(e)s qui militent très fort pour les droits des animaux, d'autres qui se font les apôtres de la décroissance et montrent l'exemple d'une vie zéro déchet, d'autres qui oeuvrent à l'accueil et à l'intégration des réfugiés, d'autres qui sont profs et font un formidable boulot d'éducation des générations futures, d'autres qui luttent chaque jour pour changer la perception des racisés ou mettre en évidence les inégalités de traitement entre hommes et femmes. Personne ne peut tout faire, mais ce n'est pas nécessaire. Pour changer le monde, il suffit que chacun de nous fasse quelque chose. 

jeudi 1 décembre 2016

La rage au coeur




Il y a 3 ans, j'écrivais cet article afin d'expliquer pourquoi je me faisais radier des listes électorales. 
Je n'ai pas changé d'avis depuis lors: je maintiens que notre démocratie ne fonctionne plus en l'état et qu'il y a besoin d'un grand chambardement. 
Je sais aussi que le soir du 8 novembre, même si je n'aime pas beaucoup Hillary Clinton parce qu'elle est l'incarnation même de l'establishment, je priais pour qu'un maximum d'Américains aillent voter démocrate afin d'éviter la catastrophe Trump. Pas juste pour leur pomme, mais pour le reste du pays et du monde. 
En mai prochain, ça va être le tour de la France qui risque fort de se retrouver avec à sa tête François Fillon dans le rôle de la Peste ou Marine Le Pen dans le rôle du Choléra. (Si vous pensez que François Fillon sera juste un président de droite conservatrice comme les autres, je vous invite fortement à étudier son programme que Margaret Thatcher n'aurait pas renié - et inutile d'avoir un doctorat d'histoire pour savoir quel mal elle a fait aux classes moyennes et pauvres de Grande-Bretagne.)
Je pourrais camper sur mes positions. Me dire qu'après tout, je ne fais pas partie des gens qui vont morfler en premier. Je suis blanche, baptisée catholique, dans une relation hétérosexuelle, en bonne santé pour le moment. Je n'ai jamais été salariée et n'ai pas l'intention de le devenir, alors la durée hebdomadaire du travail ou la dégressivité des allocations chômage, qu'est-ce que j'en ai à foutre? Je n'ai pas d'enfants, alors que m'importe qu'on massacre le système éducatif ou même l'environnement? Et bien que je sois très loin d'être redevable de l'ISF (à mon grand regret...), vu la tranche d'imposition sur le revenu dans laquelle je tombe pour le moment, si ça se trouve, j'aurais même intérêt à ce que le prochain gouvernement soit de droite. 
Bref, s'il ne s'agissait que de défendre mon propre bifteck, je m'en laverais les mains et j'attendrais bien au chaud que le système se casse la gueule comme je pense qu'il finira forcément par le faire. 
Par contre, ne pas m'exprimer pour tous les moins privilégiés que moi, les plus vulnérables qui se retrouveront dans une situation intenable si Fillon ou Le Pen passent? J'ai beaucoup réfléchi depuis le résultat des primaires de droite, et je ne vais pas y arriver. 
Je suis très, très consciente de la chance que j'ai eue dans la vie. Et intimement convaincue que si je ne fais rien pour que tout le monde puisse avoir la même, alors je ne la mérite pas. Les intellectuels et les privilégiés ont le devoir de se battre afin de rendre le monde meilleur pour tous. Vous pouvez trouver ça naïf si ça vous chante. Je préfère être naïve qu'indifférente, égoïste, profiteuse ou les trois à la fois. 
Lundi matin, donc, je retournerai m'inscrire sur les listes électorales dont je me suis fait radier il y a 3 ans. 
Et en mai 2017, j'irai voter la rage au coeur, mais j'irai. 

lundi 14 novembre 2016

Et maintenant, on fait quoi?




C'est la question que je me pose depuis mercredi dernier. Parce que même d'un point de vue très égoïste, il serait naïf de croire que ce qui se passe aux USA ne va pas nous affecter, fût-ce indirectement. Et encore plus naïf de refuser de voir que les soubresauts d'agonie du patriarcat blanc sont en train de provoquer en Europe une nouvelle montée du fascisme et du repli identitaire qui rappelle méchamment l'Allemagne des années 30. En France, on peut être quasiment certains de voir Marine Le Pen au second tour des présidentielles en mai prochain. Et même si elle est battue, ce sera vraisemblablement par Alain Juppé ou un politicard du même acabit, quelqu'un de déconnecté de la réalité qui continuera à faire le jeu des banques et des multinationales et d'aller chercher de l'argent là où il n'y en a plus (dans les poches de la classe moyenne) au lieu de courir après le manque à gagner ahurissant de l'évasion fiscale. 

Ce qui n'est pas qu'un problème d'ordre économique: quand la classe moyenne se sent acculée, elle se retourne rarement contre les puissants; elle préfère chercher des boucs émissaires parmi les gens encore moins fortunés qu'elle. Soit les immigrés et les réfugiés, au hasard. On a un gros, gros problème de société sur les bras, et de mon point de vue, on ne le résoudra pas sans dynamiter le capitalisme. Comme le temps qu'on s'y résolve, on aura sans doute pourri la planète au point de la rendre quasi-inhabitable par l'être humain, j'avoue que la tentation de baisser les bras est assez grande pour les privilégiés dans mon genre, ceux dont le mode de vie se trouve le moins directement menacé. 

Car après tout, que faire contre cette situation déprimante qui nous dépasse? Comment penser qu'on peut avoir un impact significatif sur elle? Je n'ai pas l'intention d'entrer en politique pour tenter de changer le système de l'intérieur. Je n'aime pas assez les gens pour aller faire du bénévolat sur le terrain. Je ne suis même pas suffisamment maîtresse de mon tempérament pour essayer de recadrer les racistes/misogynes/homophobes de façon calme, polie et raisonnée - c'est-à-dire, sans les traiter de connards décérébrés au bout de 2,7 secondes, ce qui me soulagerait sur le coup mais serait sans doute peu productif et risquerait de m'envoyer à l'hosto pour peu que je tombe sur un connard décérébré violent. Je ne suis pas prof pour éduquer la prochaine génération. Et comme je vis, encore plus que la moyenne, dans une bulle où je ne laisse entrer que des gens possédant des valeurs similaires aux miennes, la seule chose que je sais faire à peu près bien - écrire - ne toucherait que des personnes déjà convaincues. 

Pourtant, je pense qu'il est important de chercher des moyens d'action concrets. Parce qu'au bout d'un moment, ne rien faire, c'est collaborer avec les dominants. J'ai beau me dire que je suis quelqu'un de globalement bienveillant (à distance si possible, mais globalement bienveillant quand même), si je n'agis pas pour changer ce que je vomis, j'en deviens responsable moi aussi. Coupable d'avoir laissé faire les pourris. De cautionner leurs agissements par mon silence et mon immobilisme. J'ai très souvent envie de me soustraire à la société humaine, mais que ça me plaise ou non, j'en fais partie. Je ne peux pas me dérober. 

Et donc, je cherche comment être l'un de ces petits ruisseaux qui, paraît-il, peuvent faire les grandes rivières. J'aime beaucoup l'initiative de l'épingle à nourrice, mais même si ça prenait en Europe, vu que je passe 95% de mon temps enfermée chez moi, l'adopter ne servirait qu'à décupler ma consommation de pansements (je suis assez peu adroite). J'ai la ferme intention d'augmenter mes contributions financières à des causes qui m'importent. Et de prendre un abonnement payant à un site de presse sérieux. Autre idée à laquelle je n'aurais pas forcément pensé sans Sarah von Bargen: privilégier les événements et les produits culturels qui mettent en avant les LGBTQ et les racisés ou traitent de leurs droits. Je dirais bien: a contrario, ne pas consommer d'âneries crasses qui incitent au sexisme et à la discrimination (genre les émissions de Cyril Hanouna et Cie), mais je ne le fais déjà pas. Après, je sèche un peu. Et comme je suis sûre de ne pas être la seule à me poser ces questions depuis quelques jours... je vous écoute. Au quotidien, qu'est-ce que vous faites ou envisagez de faire pour défendre vos valeurs et empêcher le Côté Obscur de gagner? 

mercredi 9 novembre 2016

Où on nage en plein cauchemar




Depuis des semaines, Chouchou jubilait en regardant la progression des intentions de vote aux Etats-Unis. Depuis des semaines, la parano en moi lui répétait "Rien n'est décidé avant le vote proprement dit; je ne serai tranquille que le 9 novembre au matin".
C'est pas souvent que je déteste avoir raison. 
Hier, j'ai réussi à ne pas rester collée devant mon ordinateur. Je suis allée à mon cours d'aerial yoga; j'ai déjeuné en ville, acheté quelques bouquins chez Tropismes et lu l'un d'eux chez Méert devant un Earl Grey pointes blanches. Puis j'ai rejoint Chouchou à l'UGC Toison d'Or pour aller voir "Dr. Strange" que - une fois n'est pas coutume avec les films de super-héros - j'ai adoré. On est rentrés de bonne humeur. Chouchou devait encore faire une nuit blanche pour son boulot, et vu les circonstances, j'ai décidé de rester debout avec lui. On s'est fait du sobacha, on a ouvert chacun une fenêtre sur le site de CNN et une autre sur le site de The Guardian, et on a regardé tomber les estimations. 
Je ne vais pas vous la refaire état par état, mais assez vite, j'ai trouvé que ça sentait le roussi et commencé à répéter: "J'y crois pas, il va passer. Mais qui sont les abrutis qui votent pour ce malade mental? Comment c'est possible que plus ou moins une moitié des votants américains pensent qu'un milliardaire-né qui a fait banqueroute trois fois, gruge ses employés et s'arrange pour ne pas payer d'impôts va lutter efficacement contre la corruption et améliorer les conditions de vie des plus pauvres? Comme une seule femme a-t-elle pu donner sa voix à quelqu'un qui a été accusé de plus d'une dizaine d'agressions sexuelles et qui tient des propos si méprisants envers l'ensemble de son genre? Comment un seul racisé a-t-il pu penser que Donald "on-va-bâtir-un-mur" Trump, qui passe son temps à soupçonner tous les Musulmans d'être des terroristes, avait ses intérêts à coeur?"
Bon, en vrai, c'était moins cohérent que ça; ça donnait plutôt quelque chose comme "Putain. Putain, putain, PUTAIIIIIIIIIIN."
Quand j'ai fini par me coucher vers 6h30, il restait encore quelques états qui ne s'étaient pas prononcés, mais on savait déjà que les carottes étaient cuites. 
Apparemment, les Américains sont plus sexistes que racistes. Ils ont bien voulu élire un président noir deux fois, mais une femme? 
Le peuple a parlé: plutôt filer les codes de l'arme nucléaire la plus puissante au monde à un malade mental pro-Poutine qu'à une personne qualifiée pourvue d'un vagin. 
Mon dégoût est immense. Mes peurs pour l'avenir aussi. 
On n'avait déjà pas avancé des masses sur la question du réchauffement climatique, mais maintenant, avec un président américain qui nie l'existence même du phénomène... Enfin cela dit, s'il commence à balancer des bombes dans tous les sens, l'humanité n'aura pas le temps d'être éradiquée par des catastrophes naturelles en plus en plus violentes. Je ne sais pas s'il faut voir ça comme une consolation. Je sais, par contre, que je me réjouis plus que jamais de ne pas avoir d'enfants et que j'ai envie de pleurer en pensant à l'avenir qu'on prépare à mes neveux. 
On était tous unanimement d'accord pour trouver 2016 pourrie. 2017 et les suivantes s'annoncent tellement pires...
Je veux croire que d'ici le printemps, les trois quarts des électeurs de Trump feront comme les pro-Brexit et pleureront que ah oui mais ils n'avaient pas bien compris, peut-on refaire les élections? Sauf que PommeZ, ça marche juste dans "Dr. Strange" si on a l'oeil d'Agamotto. Je veux croire aussi que des garde-fous se mettront en place, mais avec le Sénat et le Congrès, plus sans doute la Cour Suprême, du côté républicain, Trump va disposer d'un pouvoir de nuisance sans précédent dans l'histoire du monde. 
Plus tard, peut-être, j'arriverai à faire preuve du bel optimisme de The Blogess qui publiait ce chouette billet hier. Pour l'instant, je suis bien trop furieuse, révoltée et inquiète. 

mardi 29 mars 2016

La vraie peur




Ces attentats de Bruxelles, on les attendait depuis des mois. Ils n'ont rien de surprenant. Ils n'ont hélas rien d'exceptionnel non plus: depuis l'année dernière, des terroristes se font exploser un peu partout dans le monde, même s'il est compréhensible que nous soyons davantage touchés quand ça arrive près de chez nous. Le choc finit par s'émousser. La peur, évidemment, reste vivace face au spectre d'une mort si brutale et si aléatoire. Pourtant, on a toujours bien moins de risques de succomber à une attentat qu'à un accident de la route, et la plupart des gens n'y réfléchissent pas à deux fois avant de monter dans une voiture. 

Plus que les attentats eux-mêmes, ce qui me préoccupe aujourd'hui, c'est la façon dont nos gouvernements (j'entends par là: le belge et le français) y réagissent. Il semble à peu près évident que la radicalisation de certains jeunes Musulmans découle du fait qu'ils ne trouvent pas leur place dans notre société, et que ça les met dans une colère que Daesh a trouvé le moyen d'exacerber pour la changer en haine meurtrière. Face à cela, la logique voudrait qu'on remette en cause la discrimination raciale ou religieuse en Occident, qu'on travaille à éduquer les gens pour leur permettre de vivre tous avec une égalité de chances et dans un respect mutuel, quelles que soient leur couleur de peau et leurs croyances. 

Au lieu de ça, on renvoie les Syriens qui ont fui leur pays ravagé par les responsables mêmes de ces attentats, alors que les lois européennes et la simple humanité devraient nous contraindre à les accueillir de notre mieux. On instaure un état d'urgence qui, jusqu'à preuve du contraire, a pour le moment uniquement servi à arrêter des militants altermondialistes et autres opposants au pouvoir en place. On parle de mettre en oeuvre des mesures sécuritaires qui frisent le totalitarisme. On entretient un climat anxiogène à travers les médias. On demande à la communauté musulmane de se désolidariser des terroristes alors qu'elle est la première victime des attentats à travers le monde et que jamais aucun Chrétien n'a été sommé de se désolidariser du Ku Klux Klan. 

On dresse toujours plus de murs alors que ce qu'il faudrait depuis le début, c'est les abattre. 

Bref, on prend le problème complètement à l'envers. Je vous le dis: aujourd'hui, ce qui me fait le plus peur, c'est l'inhumanité et la bêtise des gens qui nous gouvernent. 


A lire: cet article très intéressant sur la part de responsabilité que nous portons tous pour l'état actuel des choses...