mardi 30 juin 2020

Où j'invoque Jean de la Fontaine


Photo by Katarzyna Kos on Unsplash

D'ordinaire, j'attends fin décembre pour faire le bilan de l'année écoulée. Mais là, nous sommes à peine à la moitié de 2020 et j'ai l'impression qu'il s'est écoulé une décennie entière depuis que je me suis armée de mes plus belles résolutions pour commencer un nouveau chapitre de ma vie. Je le voulais plus dynamique, plus audacieux, plus confiant. Au lieu de ça, j'ai passé deux mois enfermée à la maison, annulé tous mes projets pour le futur prévisible et frôlé la tentative de suicide. Je crois que c'est ce qu'on appelle un epic fail

dimanche 28 juin 2020

La semaine en bref #129




Lundi:
 Soudain, je m'aperçois qu'un des personnages principaux du roman que je suis en train de traduire était censé en tutoyer un autre, et non pas le vouvoyer comme je lui fais faire depuis le début de ce tome. Certes, 3 ans se sont écoulés depuis que j'ai traduit le tome précédent, mais c'est justement pour éviter ce genre de bourde que je prends des notes à la fin de mes lexiques. Pourquoi je ne les ai pas consultées cette fois, mystère.
Ma soeur, répondant au téléphone quand Attila parti jouer à la pétanque avec ses potes appelle à 20h45, alors que ses parents et moi lassés de l'attendre sans avoir de nouvelles de l'heure où il rentrait avons fini par passer à table sans lui: "Auberge du Poney Fringant, j'écoute?". Le sarcasme est puissant dans ma famille.

lundi 22 juin 2020

La semaine en bref #128




Lundi:
 Ma soeur m'appelle, et on passe une heure et demie ensemble au téléphone - dont la moitié à sangloter honteusement pour ma part. Mais bon, j'arrive enfin à exprimer la peine que ça me fait de les voir si peu depuis la mort de mon père. Et du coup, je vais aller passer quelques jours à Toulouse avant de remonter à Bruxelles. Ce ne sera des vacances pour personne, et Darklulu risque de ne pas être là, mais tant pis, je prends quand même.

mercredi 17 juin 2020

"Carnet d'un voyageur immobile dans un petit jardin" (Fred Bernard)


Qu'il raconte les aventures exotiques de Jeanne Picquigny, intrépide féministe avant l'heure, qu'il fasse l'éloge de la vigne ou du comté dans de délectables chroniques, je suis toujours impatiente de découvrir le dernier album de Fred Bernard. J'aime son style d'aquarelle spontané et un peu brouillon, la pointe de fantaisie qu'il arrive à glisser partout, son attention pour les détails et l'émerveillement palpable que lui inspire la nature. Qu'il représente des lieux lointains et spectaculaires ou juste son terroir, ses paysages me donnent toujours une furieuse envie d'attraper moi aussi un crayon pour croquer tout ce que je vois. 

lundi 15 juin 2020

La semaine en bref #127




Lundi:
 Je fais le tour des appartements du rez-de-chaussée pour vérifier que les locataires ont bien reçu la consigne d'être présents vendredi matin afin de donner accès à leur jardin clôturé. La seule dame qui m'ouvre a des sourcils tracés au crayon bleu et le tour de la bouche dessiné à l'extérieur, en mauve. Elle n'est au courant de rien et ne comprend même pas de quoi je lui parle. Après coup, je réalise que je viens de discuter 10 minutes avec quelqu'un, à moins de 50 cm et sans masque. J'ai cependant moins peur d'avoir chopé le Covid-19 que de voir encore une fois l'intervention anti-fourmis charpentières échouer parce que mal organisée.
 Confrontée à la difficulté de faire un second oeil vaguement symétrique au premier dans mon portrait en cours, je commence à comprendre la démarche artistique de Picasso. 
Après m'être battue pour obtenir le remboursement de mes deux derniers billets de Thalys, je vois le site de TUI accepter mon "bon corona", m'indiquer le solde à régler pour mon vol vers Bruxelles début juillet, puis... me demander de régler l'intégralité du prix du billet. J'adapte la règle numéro un du problème informatique - éteindre et rallumer - en annulant tout, en sortant du site et en recommençant ma réservation à zéro. Victoire!

vendredi 12 juin 2020

Déconstruction intérieure




Début janvier, j'avais décidé que le grand chantier de 2020 serait la rénovation de mon appartement et la prise de renseignements administratifs, afin de préparer la mise en vente ou en location dudit appartement et mon expatriation en Belgique début 2021. Et ça me stressait d'avance de penser à tout ce que je devrais gérer seule, les prises de tête humaines ou administratives que ça engendrerait, les erreurs susceptibles d'impacter ma situation financière, sans compter le bordel matériel du déménagement lui-même.

dimanche 7 juin 2020

La semaine en bref #126




Lundi:
Une demi-heure au téléphone avec mon beau-frère dont c'est l'anniversaire. Ils ne savent toujours pas s'ils pourront partir au Japon comme prévu, et hier soir, ils ont appris que l'annonce des résultats du concours de médecine (décalé à cause du Covid-19), auquel les étudiants doivent absolument assister pour choisir leur filière s'ils sont admis, tombera pile pendant leurs vacances...
 C'est la période où Facebook me bombarde de photos de vieilles éditions des Imaginales. Je me rends compte qu'il y a des amis que je n'ai pas revus depuis les dernières auxquelles j'ai assisté, en... 2015, pfiou. Heureusement qu'il y a les réseaux sociaux pour garder le contact.

mardi 2 juin 2020

"La maison dans laquelle" (Mariam Petrosyan)


Agée d'à peine 18 ans, Mariam Petrosyan crée un univers singulier et un casting de personnages hauts en couleurs sur lesquels elle écrit pendant toute une décennie, sans aucune intention d'en faire un jour un roman publié. 15 ans plus tard, ce sont des amis à elle qui envoient son manuscrit-fleuve à un éditeur. "La maison dans laquelle" connaît un immense succès commercial et critique en Russie. Il aura pourtant fallu une recommandation de GoodReads pour m'apprendre l'existence de l'ouvrage le plus étrange et le plus fascinant que j'ai lu depuis "La maison des feuilles" de Mark Z. Danielewski - avec lequel il ne partage pas qu'un début de titre et un cadre de huis-clos. Les réactions des lecteurs qui ont laissé un avis sont exceptionnellement tranchées: je n'ai vu aucune note de 3 étoiles, la moyenne molle signifiant "j'ai bien aimé sans plus". Ceux qui se plongent dans cet ouvrage le trouvent parfaitement indigeste ou parfaitement génial - et jusqu'à la fin du premier tiers, j'avoue n'avoir pas su dans quel camp je me rangerais.

lundi 1 juin 2020

La semaine en bref #125




Lundi:
 J'ai reçu mes socquettes de la marque Chaussettes Orphelines, qui recycle les vieilles chaussettes dépareillées ou trouées qu'on peut lui envoyer grâce à une étiquette de port payé jointe à la commande. J'adore l'idée, et les socquettes sont très jolies mais... elles me grattent assez pour que je les enlève au bout de 5 minutes. Cependant, j'ai la peau tellement sensible que je ne peux même pas porter de sous-vêtements en dentelle, donc je ne suis pas une référence en la matière.