mercredi 29 avril 2020

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité




De la fascination pour la culture goth qui a marqué la fin de mon adolescence et la première moitié de ma vingtaine, j'ai conservé un trait de caractère finalement peu répandu: je n'ai pas peur de contempler mes abîmes intérieurs. Quand j'étais jeune, il se peut même que j'aie un poil exagéré leur noirceur pour me sentir plus intéressante. Quelques décennies et autant de drames plus tard, la tendance s'est inversée: dans la vie de tous les jours, je parais beaucoup plus gaie et désinvolte que je ne le suis réellement. 

dimanche 26 avril 2020

La semaine en bref #120




Lundi:
Je rappelle Solange pendant que son aide-ménagère est là, et vu que c'est elle qui relève le courrier en mon absence, j'en profite pour me faire dicter le foutu code d'activation Urssaf dont je vais avoir besoin pour déclarer en ligne mes droits d'auteur 2019. Reste à savoir si ça fonctionnera.

samedi 25 avril 2020

Stratégies du réenchantement #5: Les espoirs pour après




J'espère qu'on aura eu le temps de réfléchir à ce qui est important et qu'on ne l'oubliera pas de sitôt.

J'espère qu'on se sentira plus forts d'avoir survécu à ça, plus confiants en nos ressources intérieures, plus capables d'affronter d'autres épreuves à l'avenir, et aussi plus reconnaissants pour les choses banales qu'on avait toujours considérées comme acquises.

jeudi 23 avril 2020

"Bordeterre" (Julia Thévenot)


Alors qu'ils courent après leur chien Pégase, Inès, petite teigne de 12 ans, et Tristan, son grand frère autiste amateur de mots croisés, basculent dans un monde parallèle nommé Bordeterre. Là, les nouveaux venus sont des êtres transparents qui occupent le bas de la hiérarchie sociale et servent de gibier aux nobles. Chanter est interdit sauf dérogation, et l'économie locale est basée sur le quartz qu'il faut aller pêcher au fond d'un lac inquiétant.

Manifestant des dispositions pour cette activité, Inès est recueillie par Philadelphe de Saint-Esprit, le beau Capitaine de la Garde qui l'a prise pour un garçon et rebaptisée Ignace. De son côté, Tristan se lie d'amitié avec Alma, une jeune révolutionnaire fraîchement sortie de prison qui vit dans un camping-car tracté par des poules...

mardi 21 avril 2020

Le temps suspendu




Passés l'hébétude du début, les projets à annuler, le quotidien à réorganiser, une routine s'est installée peu à peu. Inquiète, mais pas nécessairement désagréable pour ceux d'entre nous qui ont la chance d'avoir des conditions de vie décentes. On a vécu au ralenti, avec un moral qui jouait au yoyo selon les jours et l'actualité. On a renoncé à repeindre la cuisine en apprenant le coréen, ou à se foutre la pression pour quoi que ce soit d'autre hormis sortir de cette épreuve vivants et plus ou moins sains d'esprit. 

lundi 20 avril 2020

Comment je dépense mes sous pendant le confinement




J'ai la chance d'avoir encore du travail pendant cette période troublée, et aucune facture impayée jusqu'ici. Je me disais qu'avec des dépenses réduites aux charges de base et à la nourriture, j'allais pouvoir mettre plein de sous de côté. Et c'est en partie le cas - mais j'ai quand même effectué quelques achats pour égayer mon quotidien. 

Je me suis posé beaucoup de questions avant de commander: d'un côté, je ne voulais pas donner de travail supplémentaire aux travailleurs postaux et aux livreurs; de l'autre, je souhaitais aussi soutenir certains petits commerces et créateurs ou artisans pour qui le confinement risque d'avoir des conséquences catastrophiques. Pas facile de savoir quoi privilégier... Lorsque c'était possible, j'ai demandé un envoi après la levée du confinement. 

dimanche 19 avril 2020

La semaine en bref #119




Lundi:
 Sur la recommandation de Ness, je teste ce moelleux au citron tout simple et très bon, qui s'ajoute directement au court répertoire de mes recettes pâtissières de feignasse (contenant également les tartes, les crumbles, les clafoutis et le banana bread).
 Première réaction aux annonces de Micron: "Ouaiiiiiiis, je vais pouvoir rentrer chez moi mi-mai et gérer tous mes trucs en souffrance!". Deuxième réaction: "Mais comment ça, ils veulent rouvrir les écoles dans un mois? Alors que les gamins sont les plus gros porteurs asymptomatiques et la population la moins capable de respecter les gestes barrière? Au secouuuurs!". Devinez qui ne parvient pas du tout à trouver le sommeil après ça?

vendredi 17 avril 2020

"Le serment des lampions" (Ryan Andrews)


Une vieille tradition veut qu'on jette des lampions dans la rivière le soir du festival d'automne. Cette année, Ben et ses copains se sont juré de les suivre à vélo pour voir où ils finissaient. Mais les jeunes explorateurs se dégonflent un par un jusqu'à ce que Ben reste seul avec Nathaniel, un garçon un peu à part dont il n'a jamais osé devenir l'ami parce que tous les autres se moquaient de lui. Commence alors pour eux une aventure extraordinaire...

Comme plein de gens de mon entourage, j'ai un mal fou à me concentrer sur un bouquin en ce moment - alors même que j'ai plus que jamais besoin de l'évasion offerte par la lecture. Aussi, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette merveille de roman graphique qui, l'espace d'une heure, m'a transportée très loin de notre morne quotidien en ressuscitant l'âme d'enfant bien planquée sous d'épaisses couches de pragmatisme adulte. 

mardi 14 avril 2020

L'anxiété au temps du Covid-19




Depuis une semaine, je m'interroge sur la pertinence de continuer à publier sur les réseaux sociaux. Il me semble que tout est potentiellement crispant: les tentatives de positiver coûte que coûte une expérience douloureuse voire tragique pour beaucoup, mais aussi l'aveu sincère de difficultés psychologiques grandissantes. Dans les phases où je vais à peu près bien, je répugne à l'idée de passer pour une insupportable donneuse de leçons qui pontifie du haut de ses privilèges. Dans les périodes où je suis au fond du trou, je me demande à quoi ça servirait de contaminer mes lectrices qui doivent déjà avoir fort à faire pour maintenir leur propre moral à flot. 

dimanche 12 avril 2020

La semaine en bref #118



Qui va aux toilettes perd sa place dans le lit


Lundi: 
 Moi en janvier, pendant un grand tri-ménage de l'appartement: "Allez, ouste les vieux élastiques! Je n'aurai plus jamais les cheveux longs; à quoi ça me servirait de les garder?" Moi en avril, essayant de bricoler un masque maison: "...J'espère que Marie Kondo finira au Mauvais Endroit."
 Je sors compléter le Drive Carrefour désastreux de samedi. Mais Sequoia est loin de vendre tout ce dont j'ai besoin. Je jette un coup d'oeil à l'intérieur du Carrefour Market voisin: ça grouille de gens qui ne respectent pas du tout les distances préconisées. Bon, ben cette semaine, ce sera pad thai sans cacahouètes et poulet au Chardonnay bio.

lundi 6 avril 2020

La semaine en bref #117




Lundi:
Je n'ai pas du tout un naturel jaloux. En général, la réussite des autres me stimule et m'inspire; leurs dons innés ou les trucs qu'ils ont reçus à la naissance me font juste hausser les épaules en pensant que moi aussi, j'ai des qualités et des privilèges. Mais là, les gens qui traversent la pandémie avec un zen parfait, j'avoue: j'hésite entre des fantasmes de strangulation et l'envie de me jeter à genoux en me griffant le visage et en hululant: "POURQUOIIIIIIIII?" à la face du ciel.
 Pour rattraper une journée de déprime, nous commandons un délicieux dîner au Tom Yam. D'un côté, nous hésitons à nous faire livrer depuis le début du confinement parce que ça représente un risque pour nous comme pour le livreur. De l'autre, on voudrait bien que ceux de nos restos chéris qui poursuivent leur activité de traiteur survivent à la crise.

dimanche 5 avril 2020

[LECTURE] Des e-books pour soigner son moral pendant le confinement



Depuis 3 semaines, il me semble que tout le monde a du mal à lire - et ce n'est sûrement pas faute de vouloir échapper à la réalité l'espace de quelques heures. Voici donc une petite sélection de romans disponibles en français et en version numérique que j'ai trouvés particulièrement feel good.

mercredi 1 avril 2020

Stratégies du réenchantement #4: Les petites bénédictions




Depuis quelques jours, j'ai le moral au fond des chaussettes malgré mon demi-Xanax du soir; les mauvaises nuits sont de plus en plus fréquentes et je commence à être totalement démotivée pour bosser - d'autant que je n'ai reçu qu'un seul des trois paiements promis pour mars, et que je n'ose imaginer combien de temps il faudra pour qu'on me règle la grosse traduction  remise hier. Dans ces conditions, à quoi bon m'échiner à travailler? Tout me paraît vide de sens; je voudrais juste m'endormir et me réveiller une fois le confinement levé (et sans Chouchou, jamais me conviendrait tout aussi bien). Les troubles anxieux qui me pourrissent déjà la vie en temps normal ont flambé avec le nombre des hospitalisations dues au coronavirus, et je perds pied un peu plus chaque jour. Pourtant, ma situation est loin d'être dramatique et comparée à beaucoup d'autres gens, j'ai conscience que je reste hyper privilégiée. Aussi, je me suis dit que j'allais coucher par écrit toutes mes raisons de voir le verre à moitié plein.