lundi 18 novembre 2019

"The Starless Sea" (Erin Morgenstern)


Alors qu'il prépare une thèse sur la narration dans les jeux vidéo, Zachary Rawlins découvre un curieux livre dans la bibliothèque de son université. Parmi les histoires de pirates amoureux, de cités perdues et d'acolytes sans nom, il tombe sur une scène extraite de sa propre enfance. Bien décidé à résoudre cette énigme, il suit la piste des indices présents sur la couverture. Une abeille, une clé et une épée le guident jusqu'à un bal masqué, puis un inquiétant club privé, et pour finir, une porte magique. De l'autre côté de celle-ci s'étend un monde souterrain rempli d'histoires...

8 ans. 

Après le succès mondial de "The Night Circus", que j'avais adoré à l'époque, c'est le temps qu'Erin Morgenstern aura pris pour publier son deuxième roman à la quatrième de couverture si prometteuse. Je l'attendais avec tant d' impatience qu'à minuit une le jour de sa sortie, je le téléchargeais sur ma Kindle.

Mais au lieu de le dévorer d'une traite comme je m'y attendais, j'ai mis deux semaines à en venir à bout. Impossible de lire plus de quelques pages d'affilée avant de piquer du nez. La tentation d'abandonner en cours de route ne m'a pas lâchée jusqu'à la toute fin. 

Pourtant, l'univers façonné par l'autrice est véritablement enchanteur, aussi fascinant qu'inquiétant. Son côté souterrain m'a rendue claustrophobe cependant même que son immensité et ses couches successives suscitaient chez moi un vertige proche de l'agoraphobie. Les détails dont il regorge excitent l'imagination au point de donner le tournis... et, assez rapidement, de se sentir tout à fait perdu dans ce labyrinthe dépourvu de fil d'Ariane. 

J'ai passé quatre cents pages à tenter de comprendre la symbolique fuyante d'un mythe créateur fort opaque - mais aussi à guetter l'amorce d'une intrigue qui n'est jamais venue. "The Starless Sea" se résume à une longue exploration que le héros entreprend sans raison plus pressante que la curiosité, et qu'il poursuit sans motivation plus substantielle qu'un insipide instalove. La narration hyper fracturée, que j'apprécie lorsque je la sens mettre en place des pièces de puzzle qui révèlent progressivement le tableau d'ensemble, brise le peu d'intérêt que parvient à susciter cette errance. Quant aux personnages, tels des archétypes de conte, ils manquent d'épaisseur et n'évoluent jamais pendant tout le livre. 

Certes, la prose est superbe; j'ai savouré l'humour subtil de l'autrice et ses nombreuses allusions à des romans adorés ("The Secret History" ou "Jonathan Strange & Mr Norrell", pour ne citer que les deux qui figurent dans mon Top 10 de tous les temps), mais je me suis noyée dans des descriptions trop longues et trop nombreuses, qui auraient pu être considérablement allégées pour laisser place à un peu d'action. "The Starless Sea" est un roman qui parle d'histoires et qui, très ironiquement, en est lui-même tout à fait dépourvu. C'est bien dommage: il avait un potentiel énorme.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ah, dommage, j'avais acheté le précédent suite à ta lecture et m'étais gardé cette sortie dans un coin de la tête...

Mélusine

Pause a dit…

Hello, je me demandais justement ce que tu en avais pensé.
Comme toi j'avais adoré Le Cirque des Rêves, plus que cela il m'a permis de me remettre à la lecture après une période où je n'arrivais plus à lire, j'ai repris le goût à la lecture et j'avais englouti le roman.
J'attendrais du coup peut être qu'il soit traduit, je ne sais pas si mon anglais est suffisant pour cerner toutes les subtilités de sa plume. On verra à ce moment là.