dimanche 6 octobre 2019

La semaine en bref #91




Lundi:
 Sophie-Grosquick me propose un déjeuner. Je l'informe que je serai à Toulon puis à Vienne presque tout le mois d'octobre. Elle me traite de Niels Holgerson. Je réponds qu'à mon avis, Niels Holgerson ne filait pas un rein chaque mois à la SNCF et/ou à Brussels Airlines, mais qu'une oie géante me semble un moyen de transport fortement écologique et que je vais envisager de demander ça pour Noël.
 Comme je proteste que l'à-valoir est mal calculé sur le dernier contrat qu'il m'a fait établir, un de mes éditeurs me téléphone pour me rassurer sur le fait que cette fois, il honorera le nombre de feuillets français final. Il en profite pour me dire qu'il a adoré mes deux dernières (très grosses) trads de fantasy, qu'elles auraient pu partir à l'imprimerie sans correction, que je fais toujours du boulot génial et qu'il est extrêmement content de travailler avec moi. Regonflée à bloc je suis.
 Darklulu a le blues. Je lui envoie des encouragements sur Instagram, ainsi qu'une courte vidéo où Chouchou et moi lui faisons des bisous. Il répond: "Merci beaucoup, vraiment,  je vous aime", et mon petit coeur de Tatie se change instantanément en Chamallow fondu. 

Mardi:
 Arriver gare de Lyon à temps pour choper le Ouigo de 12h37, mais découvrir que les billets ne sont plus vendus sur internet depuis une heure et qu'en prendre un au guichet coûterait... 130€. Euh, non.
 Du coup, aller manger un hamburgé chez Big Fernand en attendant le Ouigo de 14h37, pour lequel j'ai pris un billet en apprenant que ma copine M. n'était pas dispo pour déjeuner avec moi ce midi - et en n'osant pas tabler sur le fait que Thalys et RER se goupilleraient assez bien pour que je chope celui de 12h37.
 Le Ouigo de 14h37 arrive à Marseille avec une demi-heure de retard, m'obligeant à courir pour choper le TER de Monpatelin sans avoir pu acheter de billet au préalable. Pris à bord, ce dernier me coûte aussi cher que mon Paris-Marseille malgré ma carte Zou. Je me dis que j'aurais dû glander dans Paris cet aprèm et prendre le Ouigo de 17h12 comme initialement prévu.
 Une fois chez moi, je reçois un mail m'informant que le Ouigo de 17h12 aura 1h20 de retard, ce qui signifie qu'il arrivera à Toulon longtemps après le départ du dernier TER et du dernier bus pour Monpatelin. Vengée je suis.
 Je déteste quand les marques à qui j'ai commandé quelque chose un jour en profitent pour inonder ma boîte à lettres de pub (oui, c'est à toi que je parle, Boden, avec le gros catalogue que tu m'envoies chaque mois!). Mais Lupicia joint toujours un échantillon à son courrier, et le Fleurs de Paradis de cette fois est vraiment délicieux.

Mercredi:
 Hier soir, j'ai trouvé que le sirop de cassis que je buvais avait un drôle de goût. J'ai regardé la bouteille: à consommer de préférence avant fin 04-2017. J'ai fini mon verre quand même en me disant "Bah, qu'est-ce qui peut m'arriver?". La réponse s'impose à moi ce matin lors de la demi-heure que je passe aux toilettes.
 Personnellement, je préfère le raisin blanc, mais mon primeur insiste pour m'offrir une grappe de noir afin que je le goûte, et qui suis-je pour contrarier un homme aussi charmant?
 Comme moi, la nouvelle fleuriste de Monpatelin a une passion pour les pivoines et les tulipes; comme moi, elle déteste les roses et les lys. Je sens poindre une rare communion d'esprit.
 Ouigo m'a spontanément envoyé un bon d'achat pour le gros retard du train que je n'ai pas pris hier. Bon, avec 5,50€, je ne vais pas aller loin, mais c'est l'intention qui compte.

Jeudi:
 Affluence record pour l'assemblée générale de copropriété: nous sommes 8 sur 13, et 3 autres ont envoyé une procuration. L'inconvénient, c'est que du coup, ça s'éternise deux heures et demie au lieu d'être plié en trois quarts d'heure. Chaque fois que ma voisine végane anti-vaxx (qui se plaint toujours que les choses ne sont pas faites mais ne propose jamais de se charger de quoi que ce soit) ouvre la bouche, j'ai envie de l'étrangler. Du canapé en face de moi, mes deux copines du conseil syndical m'envoient des messages privés rigolards: "SOS" ou "Ah, là, je vois qu'on t'a perdue".
 Mais bon, l'essentiel, c'est que grâce aux photos des dégâts que j'ai apportées, personne ne conteste la nécessité d'une nouvelle intervention anti-fourmis au printemps prochain. C'est un gros soulagement.

Vendredi:
 Pour fêter mes 25 ans de carrière, je décide de m'accorder la journée et d'aller me promener à Toulon. Manger une pizza napolitaine chez Marco, shopper une jupe ravissante à la braderie Cotélac (35€ au lieu de 229, je pense qu'on peut appeler ça une affaire!), m'offrir des bouquins chez Contrebandes et aller les lire avec un thé au Chantilly. Puis décider de rentrer en bus parce que les trains ne circulent plus jusqu'à nouvel ordre à cause d'une fuite de gaz à La Ciotat.

Samedi:
★ Découvrir au réveil que des voyageurs ont dû passer la nuit en gare de Toulon et que la circulation de trains n'a repris que ce matin. J'ai bien fait de ne pas attendre!
★ Puisque je suis sortie hier, je reste à la maison aujourd'hui, et je m'amuse à faire ce puzzle "Merveilles de l'Europe" - un excellent moyen de voyager depuis mon canapé en attendant les prochaines vacances.

Dimanche:
★ Journée boulot. Juste avant midi, je m'interromps pour aller au marché en vitesse. Pendant que je fais la queue devant le stand de cade, je vois mon primeur commencer à démonter son étal. Je l'apostrophe: "Vous êtes en train de fermer?" "Non, je fais ma mise en place pour demain matin", rigole-t-il. Non seulement il a de l'humour, mais il a reçu les premières clémentines de la saison, et il lui reste une tresse de l'ail violet que Chouchou et moi adorons. Un pic dans notre consommation de dentifrice se profile à l'horizon.
★ Oh, un personnage non-binaire et identifié comme tel par ses pronoms dans le roman de fantasy que je traduis! Je tente le "iel", en espérant que ça passera (et en mettant un commentaire dans la marge pour dire que j'y tiens).

8 commentaires:

Pimprenelle a dit…

J'avais repéré un personnage non-binaire dans "L'espace d'un an" de Becky Chambers : Ohan, une "paire sianate" identifiée comme "they" avec une conjugaison au pluriel, et l'emploi d'"iel" pour faire référence au personnage. L'autrice avait saisi l'excuse de la SF pour faire passer ça tranquille :)

Pause a dit…

Pardonne mon ignorance, qu'est-ce qu'un personnage non-binaire ? Le "iel" non plus ne m'est pas connu.
Je me coucherai moins bête demain.
Belle semaine à venir.

Morgan a dit…

Ca fait un moment que je n'ai pas pris le train, mais entre tes témoignages et ce que je lis sur twitter, je vois que la SNCF s'améliore grave...

Katell a dit…

Pause, je dirais qu'un personnage non binaire n'a pas d'identité de genre, ni il, ni elle, d'où l'utilisation du terme "iel".

Tu me corriges si ce n'est pas le cas, Armalite ?

Bonne semaine !

Ana a dit…

L'éditeur a tout intérêt à passer une bonne dose de pommade pour garder la traductrice qui acceptera de réduire un paiement sur trois tout en continuant de rendre à l'heure des textes qui lui conviennent… Il aura dû se fendre d'un coup de fil de quelques minutes, mais ça reste tout bénef' pour lui.

ARMALITE a dit…

@Pimprenelle: Je me souviens du personnage, mais j'ai lu le bouquin en VO. Cela dit, ça ne m'étonne pas de l'Atalante qu'ils aient accepté le "iel" sans souci.
@Pause: Voilà, Katell a bien expliqué. C'est un personnage qui ne s'identifie ni comme masculin ni comme féminin, d'où le besoin d'un vrai neutre qui n'existe pas en français où dans le doute, "le masculin l'emporte sur le féminin". C'est pour remédier à cette absence qu'on a inventé l'écriture inclusive.
@Morgan: Vu les coupes sombres dans les budgets et la volonté affichée de privatiser l'exploitation des lignes ferroviaires, on peut difficilement s'étonner.
@Ana: J'ignore où tu as pris ce chiffre de un sur trois. C'est arrivé une seule fois et j'ai expliqué clairement qu'il n'y en aurait pas de seconde. Car en effet, les compliments c'est sympa, mais l'argent c'est plus pratique pour payer les courses et le loyer.

Ana a dit…

Un sur trois, c'est au hasard, dans l'idée "l'éditeur espère bien que". Mais j'espère bien de mon côté que tu ne te laisseras pas dépouiller tous les trois contrats, en effet :)

Pause a dit…

merci :)