dimanche 25 août 2019

La semaine en bref #85




Lundi:
Vingt-quatre heures après avoir coupé la clim', hier soir, j'ai capitulé et je l'ai rallumée. Même avec, je n'ai toujours pas réussi à dormir dans ma chambre sous le toit (encore un rêve de gosse dont la réalité se révèle décevante).
 Fin de la relecture et remise par mail de la grosse traduction qui m'occupait depuis presque deux mois. Ca fait du bien! Maintenant, j'attends de voir combien de temps s'écoulera avant que je sois payée. Je table sur fin octobre, mais rien n'est garanti, surtout que ça va faire une sacrée facture.
 Le voisin du rez-de-chaussée monte me signaler que ma clim' coule de nouveau sur son étendoir. Je lui dis que je vais faire de mon mieux, mais que le plus simple, vu la taille de son jardin, serait quand même de mettre son étendoir ailleurs que sous l'évacuation de mon balcon. On en profite pour causer fourmis: il m'apprend que de son côté, il traite tous les quinze jours au niveau du sol, sans résultat. Oh, et qu'il y a des blattes dans les parties communes du bâtiment. Zen, restons zen.

Mardi:
 Je pensais avoir eu un printemps et un début d'été difficiles, mais Kiki me bat tellement à plate couture que j'en reste sans voix. Ma foi en l'humanité vient de baisser de 17 crans.
 Nous mangeons ensemble à la crêperie du Roy d'Ys où je venais souvent quand j'étais jeune. Je constate avec plaisir que la carte n'a guère changé, si on excepte l'apparition de deux/trois nouveautés. Il fait bien trop chaud, surtout en terrasse, pour commander mon habituelle Anglo-Saxonne (en gros, un english breakfast enveloppé d'une galette de sarrasin); je me rabats donc sur une Ty-Blaise: poireaux braisés, jambon blanc, béchamel.
 Puis nous nous promenons dans les ruelles du Castellet, où les touristes ne sont pas trop nombreux en ce jour de semaine, mais où le soleil brille trop fort pour des photos vraiment réussies. Nous faisons quelques emplettes de sucre et de sel parfumés chez Les jardins de Rémy, et juste avant de partir, je craque pour une oeuvre en bocal du cabinet de curiosités L'Insolite.
 Pour finir cette belle journée: un magnifique coucher de soleil qui n'en finit pas, et que je mitraille de la fenêtre de mon bureau.

Mercredi:
 Ne pas couvrir le reste de pollenta à la truffe avant de le mettre au frigo était une erreur: le thé glacé que je faisais infuser à froid se retrouve tout imprégné de son odeur. Laissez-moi vous dire que la truffe se marie très mal avec la rhubarbe et la mirabelle. Ou les abricots de mon reste de clafoutis.
 Je craignais que mon électricien m'ait posé un lapin comme ça lui arrive parfois, mais non: il a juste 15mn de retard. Ca tombe bien: j'ai mis une semaine à me préparer psychologiquement au bruit, au bazar et à la perspective de devoir lui faire la conversation. Une heure et demie plus tard: Fiat lux! J'ai de nouveau de la lumière dans ma cuisine.
 Dans la foulée, je relance le syndic et l'entreprise de désinsectisation avec photos des dégâts faits par les fourmis charpentières. Bizarrement, cette fois, personne ne me prend pour une hystérique qui en rajoute, et on me promet de revenir vers moi pour organiser une intervention musclée dès que le spécialiste sera rentré de congés, la semaine prochaine.
 Le soir, je me couche dans mon bureau sur un matelas gonflable acheté exprès. Impossible de dormir dans ma chambre ou au salon: dans les deux pièces, je reçois de la sciure tombée du plafond...

Jeudi:
 J'ai passé une nuit horrible à lutter contre mes cauchemars quand je dormais et contre mes angoisses le reste du temps. J'ai failli me lever à 5h du matin plutôt que de rester allongée à ruminer, et finalement, la lumière du jour m'a aidée à me rendormir jusqu'à 9h.
 L'éditeur à qui j'ai rendu une trad lundi me demande de rabattre 60 feuillets de mon total pour ne pas dépasser le budget alloué à ce titre. Comme je n'ai pas trop le choix, j'accepte - en lui demandant tout de même, à l'avenir, de me prévenir du montant de son plafond avant la signature du contrat. En contrepartie (je suppose), il me promet un règlement début septembre, ce qui sera inédit de rapidité dans l'histoire de notre collaboration. Au fond, je plains beaucoup mes interlocuteurs salariés, obligés d'appliquer des politiques qui doivent mettre mal à l'aise nombre d'entre eux. Chacun de nous survit comme il peut dans cette conjoncture pourrie...

Vendredi:
 Hier soir, j'ai pris la moitié de mon dernier Xanax et dormi d'une traite pendant 9h. J'ai aussi rêvé que j'étais la danseuse étoile d'un ballet spectaculaire et que j'arrivais au théâtre en retard, sans mon costume ni mes chaussures sur mesure. Affolée, je finissais aux toilettes avec une diarrhée monstrueuse et n'osais plus en ressortir.
 En rentrant par le chemin le plus long de mon resto habituel, les pieds couverts d'ampoules par mes Keds neuves et le pas boitillant, j'aperçois le premier vol d'étourneaux de l'année, et ça me rend mélancolique. Tous les oiseaux du monde me feront toujours penser à mon père.

Samedi:
 Cette nuit, j'ai rêvé successivement que je plongeais en bathyscaphe dans une fosse sans fond, que j'annonçais à mon mari que nous n'aurions pas de second enfant tout en brandissant le premier couvert de taches d'encre bleu marine, que j'étais Winona Ryder au Tonkin juste avant le début de la Deuxième Guerre Mondiale et que j'envisageais de devenir maîtresse d'école pour échapper à la mobilisation. Sérieusement, Cerveau, tu fous quoi en ce moment?
 Je suis à la fois très amoureuse au premier regard de cet énorme pull rouge Cotélac, et pas motivée du tout pour l'essayer par 32° dehors. Je repasserai au magasin de fins de série en octobre.
 Si la Taverne fait de supers virgin mojitos, il doit y avoir moyen qu'elle me serve un mojito alcoolisé buvable, non?
 Amatrices de cosy mysteries qui avez aimé la série de Juliet Blackwell, je me permets de vous conseiller celle d'Heather Blake avec un système de magie original et plein de potentiel, des familiers qui parlent et le cadre charmant du Village Enchanté près de Salem.

Dimanche:
 Parlant de la difficulté pour ma soeur et mon beau-frère à se séparer de Darklulu, pas tout à fait 13 ans, qui rentre en sport-études à plus de 500 km de chez lui, ma mère m'explique au téléphone qu'évidemment, quand on ne vit égoïstement que pour soi, on ne peut pas comprendre la peine des parents dans une situation pareille. Et bim.
 En cherchant vainement de l'Apaisyl dans ma minuscule boîte à pharmacie, je tombe sur une plaquette de Xanax oubliée. Mes piqûres de moustique me grattent toujours, mais je n'ai pas perdu au change.
 C'est moi ou cet été n'en finit plus? Je suis tellement, tellement prête pour la rentrée, le début de l'automne... et le début de la phase d'hibernation de ces putains de fourmis charpentières.

4 commentaires:

Allie a dit…

Yes, merci pour la recommandation de bouquin vu que j'ai terminé l'autre série ! Par contre, je suis très choquée par la demande de ton éditeur. En quoi est-ce légal ? Tu signes bien un contrat proportionnel au nombre de feuillets, non ? Et par ailleurs, il est censé avoir fait un calibrage en amont pour estimer combien il y en aurait ! Dire que je pensais que rien ne pouvait plus m'étonner dans ce milieu...

ARMALITE a dit…

@Allie: Oui, je suis censée être payée au nombre de feuillets en français. Si je refuse de minorer, mes feuillets me seront payés (je présume), mais je ne rebosserai sans doute jamais pour cet éditeur, donc je suis coincée. C'est la première fois que ça m'arrive, sur un gros bouquin dont la facture totale était vraiment élevée. L'explication, c'est que chaque titre a son propre compte d'exploitation et doit être rentable en soi. Du coup, les frais de traduction sont plafonnés d'entrée de jeu. Sauf que j'aurais trouvé plus correct qu'on m'en avertisse à la base... Et clairement, ça ne m'incitera pas à accepter d'autres très grosses trads (mais peut-être aussi que je n'aurai pas le choix, parce qu'en ce moment, je ne te fais pas un dessin). Le plus triste, c'est que si ça me permet d'être payée sous 15 jours plutôt qu'à 3 mois en multipliant les relances et en guettant le virement avec la tension à 27, j'ai presque l'impression de gagner au change.

elmaya a dit…

Pas top, les fourmis charpentières… J’espère qu’ils vont vite intervenir !

Et comme toi, j’attends l’automne avec impatience cette année. L’été n’en finit plus…

NB : Je suis en train de lire « Les 7 morts d’Evelyn Hardcastle », enfin traduit en français… ^^

Allie a dit…

Oui je comprends bien le problème, mais c'est vraiment rageant d'être toujours à la merci des éditeurs. Pas facile de défendre ses droits dans ce genre de métier, je trouve, entre les beaux discours "militants" et la pratique, il y a un monde... (je suis bien placée pour le savoir, je n'ai pas non plus eu un très bon début d'année et ça pousse parfois à accepter des conditions pas terribles). En tout cas, je compatis et j'espère que tu seras vite payée.