vendredi 26 avril 2019

J'ai testé Ouigo, le nouveau TGV low cost de la SNCF




Quand j'ai commencé à faire des aller-retour entre Toulon et Bruxelles, il y a 12 ans, il existait un TGV direct qui faisait le trajet en 5h50 pour 25€ l'aller simple en tarif Prem's. Au fil des ans, le parcours et sa durée se sont allongés avec l'ajout de nouveaux arrêts à Lille et Lyon; parallèlement, les tarifs n'ont cessé d'augmenter dans des proportions ahurissantes. Depuis quelques mois, je ne trouvais plus aucun direct, et la meilleure combinaison possible était devenue: un Thalys à 29€ minimum entre Bruxelles et Paris, une correspondance par RER, et un TGV à 59€ minimum entre Paris et Toulon, soit un total de 88€ en Prem's pour une durée de voyage de 7 à 8h si tout se passait bien (ce qui n'était pas toujours le cas). Aussi, quand j'ai appris la création de TGV low cost, j'ai aussitôt eu envie de tester. 

La réservation:
Exclusivement sur internet. Pour l'instant, le système ne permet pas de payer ensemble un billet de Thalys et un billet Ouigo. Par ailleurs, la date d'ouverture des réservations Ouigo (jusqu'à 8 mois à l'avance) ne correspond pas à la date d'ouverture des réservations Thalys (4 mois) ou TGV (3 mois hors vacances). Résultat: en cas de voyage avec correspondance, il faut faire deux achats séparés, ne serait-ce que pour bénéficier du meilleur tarif. Ce qui signifie que les deux portions de trajet sont considérées comme deux voyages indépendants; donc, qu'en cas de retard du premier train et de correspondance loupée, il est impossible avec un billet à tarif minimum de faire valoir son droit à emprunter le train suivant. 

Les tarifs:
A partir de 19€ pour un Paris-Toulon, ce qui est très peu cher. A prix-là, vous n'avez droit qu'à un sac à main et un bagage cabine; les valises supplémentaires sont facturées 5€ au moment de la réservation, ou 20€ en gare. 

L'embarquement:
Il est indiqué qu'il faut être à la gare au plus tard 30 mn avant l'heure du départ. En réalité, à ce moment-là, l'embarquement ouvre juste, et j'ai vu des gens monter dans le train jusqu'à 5 ou 10 mn avant le départ. L'embarquement lui-même était assez bordélique à la gare de Lyon: trop de gens massés dans un coin du hall 3 pendant trop de temps, sans savoir à quoi s'attendre ni que faire exactement. Mais au final, tout s'est passé sans heurt. Cette exigence s'explique par le fait que les billets sont contrôlés avant l'accès au quai plutôt qu'à bord du train (histoire d'employer moins de personnel roulant, je présume).

Le confort:
Les voitures ne sont pas configurées en 2 sièges de chaque côté de l'allée centrale, comme dans les TGV classiques, mais en 1 siège d'un côté et 3 de l'autre. Si vous voyagez seul et que vous avez pu choper une place isolée, c'est très agréable. Une mini-tablette permettant de poser votre sac à main ou autre petit bagage vous sépare de la fenêtre; d'un côté, c'est pratique, de l'autre, si vous espériez dormir la tête appuyée contre la vitre, c'est raté. Par contre, les 3 sièges ensemble ne sont pas séparés par des accoudoirs et forment plutôt une sorte de banquette: si vous vous y retrouvez avec des inconnus, les contacts physiques seront inévitables (perspective horrifiante pour moi).
EDIT: Une lectrice me signale qu'une partie seulement des trains est configurée ainsi, tandis que les autres sont en classique 2-2. Ca devrait de toute façon être visible au moment de la réservation. 
L'assise des fauteuils est d'un confort relativement semblable à celle des TGV classiques; en revanche, ils ne s'inclinent pas. Et ils sont équipés d'une tablette contre le dossier du siège de devant, mais ne possèdent pas de repose-pieds. 
Les services à bord sont inexistants: pas de bar-restaurant ni de vente ambulante, donc nécessité de prévoir boisson et nourriture avant l'embarquement, et bien entendu, pas de wifi. 
Points positifs: 1/les grandes poubelles à l'entrée de chaque voiture (alors que dans les TGV classiques, il n'y en a qu'au bar-restaurant); 2/ les toilettes grandes et modernes, avec un bouton d'ouverture et de fermeture automatique de la porte, ainsi qu'un distributeur de nettoyant pour la lunette - maintenant, il faudrait juste que les gens apprennent à s'en servir

Le temps de trajet:
Sur la ligne Paris-Toulon, il est identique à celui d'un TGV classique, soit un peu moins de 4h. J'ignore ce que ça donne au niveau de la ponctualité moyenne, mais le Ouigo que j'ai pris est parti et arrivé parfaitement à l'heure. 

Conclusion:
Le Ouigo me semble un excellent choix si vous réunissez l'essentiel de ces conditions:
- le prix est un facteur décisif pour vous
- vous pouvez prévoir votre voyage longtemps à l'avance
- vous avez un trajet direct
- vous vous déplacez seul ou par multiples de 3
- vous voyagez léger
- partir tôt ou arriver tard ne vous dérange pas

5 commentaires:

Laurence Genève a dit…

Merci pour le compte-rendu. Dingue comme les prix du train ont augmenté ces dernières années. C'est aussi pour cette raison que nous nous sommes tous habitués à prendre des low cost aériens sans trop réfléchir. Mais cela change.

Boomerang a dit…

Sur ma dizaine de trajets effectués en Ouigo, je n'ai eu qu'une seule fois la configuration 1-3 pour les places. Tous les autres trajets, j'ai eu des 2-2. Mais je n'ai pas fait de Paris - Toulon, plutôt des Lille-Rennes, Bordeaux, Lyon ou Avignon.

ARMALITE a dit…

@LaurenceGenève: Oui, et sur des distances relativement courtes, je trouve ça tellement aberrant que prendre l'avion revienne moins cher, c'est un non-sens écologique absolu! Bruxelles-Toulon avec une compagnie aérienne low cost est à 39€ seulement...
@Boomerang: Merci pour cette précision, je l'inclus dans mon billet!

Pascaline Loricourt a dit…

Moi je viens de faire Dijon - Aix en Provence puis Aix en Provence -Mulhouse dans des rames en 2-2 avec wifi, repose pied, wagon restaurant, contrôle avant l’entrée sur le quai et pendant le trajet. Il y avait aussi une cabine avec table à langer et lavabo, petite mais parfaitement fonctionnelle.

george a dit…

Je ne sais pas si cela arrive souvent, mais je me suis déjà retrouvée 2 fois "surclassée" dans un magnifique wagon de 1ère classe des années 90, avec fauteuils aussi larges que des canapés, moquette, petites lampes et pleeeein d'espace. C'était la bonne surprise du ouigo !