samedi 5 janvier 2019

La masse et le marteau





Ceci est une partie du texte qui accompagnait un récent Instagram d'Alexandria Ocasio-Cortez (à droite sur la photo), une des femmes les plus inspirantes de 2018:

"Ma mère est née et a grandi à Puerto Rico. Elle a pratiquement élevé ses frères et soeurs, dans la pauvreté, pendant que sa propre mère travaillait sans arrêt pour qu'ils aient un toit et de quoi manger. Elle a rencontré mon père, un garçon du Bronx qui rendait visite à sa famille sur l'île,  quand elle était encore très jeune. Ils se sont mariés et installés à New York; elle ne parlait même pas anglais. Mes parents sont partis de rien: nouvelle langue, nouvelle vie, nouveau tout. Puis je suis arrivée, et ils ont déménagé pour recommencer à zéro afin que je bénéficie d'une bonne éducation. Ma mère lavait les sols, conduisait des bus scolaires, répondait au téléphone. Tout ce qu'il fallait faire, elle l'a fait - pour moi. A la mort de mon père, elle s'est retrouvé mère célibataire de deux enfants, et elle a encore dû repartir de zéro. Nous avons failli perdre notre maison; alors, nous l'avons vendue et nous nous avons recommencé, encore et encore et encore. 

Il n'y a pas si longtemps, il nous semblait que notre vie était finie, qu'à force de recommencer sans cesse il était trop tard, ou qu'on ne pouvait pas en encaisser davantage, qu'on était au bout du rouleau. Je nettoyais les tables et je raclais la cire des bougies à la fermeture des restaurants, puis je m'endormais dans le métro en rentrant chez moi. Une fois, on m'a fait les poches et volé tout ce que j'avais gagné pendant mon service. Ce jour-là, je me suis enfermée dans une chambre et j'ai sangloté éperdument. Il ne me restait rien à donner, rien à devenir. Et c'est là que j'ai pris un nouveau départ. Serveuse à 28 ans, je pensais honnêtement qu'il était trop tard pour moi, que le train de mon potentiel avait quitté la gare et que je l'avais manqué. Cette semaine, j'ai prêté serment en tant que plus jeune femme ayant jamais siégé au Congrès américain."

Nous ne choisissons pas les circonstances de notre naissance, ni la plupart des choses qui nous arrivent dans notre vie. Mais c'est à nous seuls de décider si elles seront la masse qui nous écrasera ou le marteau qui nous forgera. 


Mon cultivateur de bonnes habitudes

1 commentaire:

Patricia Alix a dit…

Merci de m'avoir fait découvrir ce texte, il m'a littéralement mis les larmes aux yeux.
Patricia A.