samedi 6 octobre 2018

[HONG KONG] Où même la dernière journée est ratée





Ce matin, je me lève ravie à l'idée de rentrer en Europe, et je sifflote presque de joie en faisant nos bagages. Nous n'avons pas besoin d'un sac supplémentaire par rapport à l'aller: j'ai bazardé en cours de route mes quatre guides papier, mes produits de toilette format mini et deux T-shirts que je n'allais pas remettre, ce qui a libéré un peu de place dans mon sac à dos, et la petite valise de Chouchou n'était pas pleine en arrivant. Mais comme j'ai acheté pas mal de masques cosmétiques imprégnés de liquide, j'ai décidé de mettre la valise en soute histoire d'éviter tout problème. J'y fourre donc notre linge sale (bon courage au curieux qui s'y intéresserait de trop près) et nos liquides ou assimilés. Puis je mets mon MacBook dans le sac à dos que Chouchou trimballe toujours avec lui en journée: notre hôtel est très peu sécurisé, avec bagages en attente laissés dans le couloir et porte d'entrée toujours grande ouverte, et je ne veux pas prendre le moindre risque avec mon laptop. Le reste de nos affaires se répartit naturellement et sans souci. 

Pour notre toute dernière journée, j'ai décidé qu'on allait se la jouer cool: acheter des bubble waffles au "meilleur stand de Hong Kong", qui se trouve juste à côté de notre hôtel, puis retourner à Central, qu'on a parcouru en vitesse le premier jour seulement,  histoire de faire encore quelques photos, tester un resto et acheter deux bricoles. Et quand on on en aura marre, on repassera à l'hôtel chercher nos bagages, puis prendre le bus A21 pour gagner l'aéroport. Un plan "no plan" qui ne peut pas échouer, non? Hé bien, si! Les bubble waffles sont vendues nature - pas mauvaises mais elles auraient été nettement meilleures avec un peu de glace, de crème, de sauce sucrée ou à peu près n'importe quoi d'autre; aucune des enseignes qui nous intéresse n'a de boutique dans Central, et les trois étages de la très belle Luk Yu Tea House où j'aurais aimé déjeuner affichent complet. Nous reprenons le métro dans l'autre sens.





Comme on avait beaucoup aimé le Kung Fu Dim Sum à côté de notre hôtel de North Point, et qu'il y en a un dans Canton Road, je suggère d'aller manger là. D'abord, on galère pour le trouver, et quand on le trouve, vingt personnes attendent une table avant nous. Je n'ai pas le courage de chercher autre chose; alors, on prend un numéro, et on patiente au milieu de gens qui nous poussent et hurlent comme s'ils étaient sourds tous autant qu'ils sont. Je suis à deux doigts de la crise de nerfs. Je n'en peux plus de ce grouillement humain, de ce vacarme perpétuel, de cette bousculade permanente, de cette chaleur horrible dehors et de cette climatisation glaciale dedans, de la pollution dans l'air, de l'impossibilité de communiquer avec les gens. Je n'aurais pas tenu un jour de plus à Hong Kong. Je n'avais déjà pas du tout aimé New York pour les mêmes raisons, mais au moins, je pouvais m'y faire comprendre. Les très grandes villes de ce type, c'est fini pour moi.

Je vous passe le jeu de piste pour réussir à trouver les toilettes des femmes, qui sont en fait celles des employés de tout l'étage et pour lesquelles j'ai reçu une clé assortie d'instructions en pur chinois ponctuées d'un signe de tête impérieux.  Quand je reviens, on fait un repas toujours très bon malgré la température ambiante à 2,5°. Je crois que les dim sum sont la seule chose d'ici que je regretterai. En sortant, Chouchou a la bonne idée de nous faire poser un moment dans Kowloon Park, petit poumon de verdure et de calme coincé entre les deux effrayantes artères de Canton Road et Nathan Road. Puis nous allons faire nos petites courses. Je voudrais racheter deux ou trois des masques pour les pieds à l'eucalyptus testés et adorés l'autre jour, mais ils ne sont vendus que par dix! En promo à moitié prix. J'hésite et finis par en prendre un pack - ce n'est pas comme s'ils étaient périmables rapidement.  Dans un magasin de jouets, je me laisse également tenter par une paire de socquettes roses avec un imprimé ail (oui oui). Chouchou se cherche un sweat de remplacement pour son Gap qui date du tout début de notre couple et qui n'en peut plus Après un passage chez Superdry où les fringues de djeûns coûtent un bras, il finit par prendre un truc vert foncé simple mais pratique chez Uniqlo. J'achèterai un patch dragon sur Etsy pour le customiser. 

Il doit être à peine 16h30 quand nous passons récupérer nos bagages à l'hôtel. Une heure plus tard, nous sommes à l'aéroport. Nous regardons notre petite valise s'éloigner sur le tapis roulant du comptoir Cathay Pacific en espérant ne pas oublier de la récupérer à l'arrivée, tant nous n'avons plus l'habitude de voyager avec des bagages en soute. Je dépense mes derniers dollars hongkongais en bricoles pandaesques pour Darklulu et vide ma carte Octopus avec l'achat de club sandwichs sans goût. Puis nous cherchons un coin pour nous poser au calme et tuer en surfant sur le wifi gratuit les 6 heures qui nous séparent du décollage de notre vol de retour. Quand notre porte d'embarquement est annoncée, bien entendu elle se trouve de l'autre côté de l'aéroport, mais ça nous permet de jeter un coup d'oeil aux boutiques dont certaines sont vraiment sympas.




Nous embarquons comme prévu et décollons vers minuit et demie. Cette fois encore, l'avion n'est pas plein et nous avons une rangée de trois sièges pour nous deux. Le vol se passe super bien: un plateau-repas toujours très bon, puis j'arrive à dormir plus ou moins jusqu'à 2h30 avant l'arrivée. Le temps de regarder "Ocean's 8" (moui bon bof), d'avaler le petit-déjeuner asiatique ("Vous êtes sûre? C'est du congee. C'est liquide." "Oui, oui, je trouve ça délicieux, je vous jure.") et nous sommes déjà à Bruxelles. Notre valise est livrée très vite; la navette nous file sous le nez et la suivante est dans une demi-heure, donc Chouchou décide de prendre une Zip Car. Posés à 6h50, nous poussons la porte de notre appartement à 8h pile. Home sweet home.

10 commentaires:

Monsieur Tout-le-Monde a dit…

Tu aurais dû regarder Solo : A Star Wars Story.

Alice a dit…

Bon retour chez vous !

Anne-Laure a dit…

Merci pour tes récits de voyage, cashs, honnêtes, dépaysants. J’ai adoré.
C’ est Tellement rare sur les blogs où les gens semblent vivre dans un monde merveilleux fait uniquement de calme, quiétude et moments merveilleux 🙄😉.
Récupérez bien dans votre cocon.

Méghane a dit…

Est-ce que tu as quand même trouvé une partie de ce qui te tentait vu d'Europe ? Sur l'aspect "marée humaine, ville grouillante, chaude et ultra climatisée", est-ce que HK est vraiment pire que Tokyo ? L'ambiance a l'air d'être carrément différente, c'est sûr ^^
J'avais hésité à faire un voyage HK/Taiwan/Singapour l'année dernière, mais c'est la température tropicale (30° même en décembre) qui m'a découragée.

Pour les masques, tu peux en offrir quelques-uns à des amis (je soupçonne que c'est la raison pour laquelle ils sont vendus en maxi-packs).

En tout cas c'est vraiment sympa d'avoir raconté ce voyage sur ton blog ! La plupart des blogueurs voyage/tourisme sont hyper optimistes/positifs (en mode "AWESOME"), et racontent rarement les milliers de problèmes qu'on rencontre une fois sur place ^^

Louise a dit…

Bienvenue au bercail ! Le voyage a peut-être été mi-figue mi-raisin pour toi mais c'était très divertissant pour les lecteur.rice.s, merci encore pour le partage et bon week-end :)

ARMALITE a dit…

@Méghane: De mon point de vue, oui, HK est bien pire que Tokyo, parce que les Japonais ont des manières plutôt soft dans l'ensemble et font tout pour éviter de te toucher. Même dans les plus grandes stations de métro aux heures de pointe, je ne me suis jamais sentie oppressée et agressée comme à HK. Je retournerais volontiers à Tokyo, alors qu'il n'y a pas assez d'argent au monde pour me convaincre de remettre un jour les pieds à HK. Et, oui, les températures tropicales sont une des raisons principales pour lesquelles j'ai trouvé ce voyage difficile.

Myriam a dit…

Tout d'abord merci pour ces récits de voyages, qui m'ont rappelé plein de souvenirs. J'ai visité Singapour en 2014, après avoir longé la côte Est de la Malaisie depuis la Thaïlande, et j'allais y passer le nouvel an Chinois avant de prendre l'avion vers les Philippines. J'ai visité HK l'année dernière, pour y retrouver deux amies de mes années à Londres, avant de poursuivre ma route vers Taiwan.

J'ai souris en te lisant parce que j'ai connu toutes les contrariétés que tu décris dans tes billets! Mais je les ai peut-être un peu mieux vécues en ayant plus d'expérience de la région. J'ai l'impression que depuis l'Europe, nous avons l'idée fausse que ce sont des villes "occidentalisées", alors on s'expose à de cruelles déconvenues en arrivant. Honnêtement, de tous les pays d'Asie que j'ai visité, Singapour et HK ne sont PAS des destinations que je recommanderais à des gens qui n'ont pas l'habitude de ce continent, où une ville de 2 millions d'habitants est considérée comme une sous-préfecture de province.

J'espère que cela ne vous découragera pourtant pas de visiter l'Asie plus en profondeur. Personnellement, je conseille Taiwan: cela n'a rien à voir avec un état-cité comme HK ou Macao, c'est presque aussi grand que la Suisse et couvert à 60% de forêt, avec montagnes et parc nationaux. Même s'ils sont techniquement proches de la diaspora chinoise, les Taiwanais sont des gens beaucoup plus gentils, polis, souriants et accueillants, qui utilisent les applis de leur téléphone pour communiquer quand ils ne parlent pas anglais. Le pays porte les traces de l'époque où les japonais étaient là et une partie d'histoire de la Chine, c'est un très beau mélange. Il y a encore peu de touristes occidentaux et pourtant une très bonne infrastructure, avec des transports en commun peu coûteux et efficaces. En plus, c'est plus au Sud donc les températures de mi-saison sont beaucoup plus supportables (20°C en moyenne en Novembre).

Je vous souhaite beaucoup de repos et de vous remettre de votre périple, et de vous préparer bientôt à de nouvelles aventures!

shermane a dit…

Huhu, les échanges autour du congee/potage de riz m’ont beaucoup fait sourire :)

Myriam > je comprends ce que vous voulez dire sur Taïwan, mais lire "très beau mélange" fait mal au cœur : c’est une colonisation très brutale qu’a exercée le Japon sur Taïwan.

ARMALITE a dit…

@shermane: Sais-tu où on peut manger ce genre de plat à Paris? (Et je me rends compte que je ne sais presque rien de l'histoire de Taiwan alors que Chouchou ne cesse de m'encourager à le noter comme prochaine destination de voyage, il faut que je remédie à ça!)

shermane a dit…

Je ne connais que le Hao hao, avenue de Choisy, dans le 13e arrondissement (where else), métro Porte de Choisy. Il n’est pas excellent, mais pas mal, et ça évite de cuisiner ça pendant des heures. Celui aux œufs de cent ans est mon préféré.

Taïwan : encore une BD ! Formose de Li-Chin Li, chez çà et là ^^