vendredi 31 août 2018

Les conversations absurdes #42


Chouchou bondit du lit à l'aube blême (9h38).
CHOUCHOU: En route vers de nouvelles aventures!
MOI: Tu as des rendez-vous à l'extérieur aujourd'hui?
CHOUCHOU: Non. Ce sera un grand voyage intérieur. 

Lectures d'Août 2018





ROMANS/RECITS
- Venise n'est pas en Italie (Ivan Calbérac) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- The bookshop of yesterdays (Amy Meyerson) ♥︎♥︎
- Why Mummy drinks (Gill Sims) ♥︎♥︎♥︎
- Meddling kids (Edgar Cantero)
- Nevermoor: The trials of Morrigan Crow (Jessica Townsend) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le Grand Leader doit venir nous voir (Velina Minkoff) ♥︎♥︎♥︎
- Hannah Green and her unfeasibly mundane existence (Michael Marshall Smith) ♥︎♥︎
- Un million de minutes (Wolf Küper) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Swimming lessons (Claire Fuller) ♥︎
- The Wonderling (Mira Bartok) ♥︎♥︎
- Names for the sea (Sarah Moss)
- Les soeurs Carmines T2: Belle de gris (Ariel Holzl) ♥︎♥︎♥︎
- Les soeurs Carmines T3: Dolorine à l'école (Ariel Holzl) ♥︎♥︎♥︎
- To the lighthouse (Virginia Woolf)
La papeterie Tsubaki (Ito Ogawa) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Maybe in another life (Taylor Jenkins Reid) ♥︎♥︎
- Les enfants de ma mère (Jérôme Chantreau)
- On a beautiful day (Lucy Diamond) ♥︎
- Pleurer des rivières (Alain Jaspard)

BEDE/MANGA
- Le jardin d'hiver (Renaud Dillies/Graziela La Padula) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Isabella Bird T3 (Taiga Sassa) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Death: The high cost of living (Neil Gaiman/Chris Bachalo)* ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Solanin T1 & 2 (Inio Asano)* ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le jour où elle n'a pas fait Compostelle (Marko/BeKa) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Eclats d'âme T3 (Yuhki Kamatani) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le secret de l'ange T3 (Shiki Kawabata) ♥︎♥︎♥︎
- The complete SIP Kids (Terry Moore) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- Les grandes filles (Anna Sommer) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Tell me more (Kelly Corrigan) ♥︎♥︎♥︎♥︎

jeudi 30 août 2018

Choses auxquelles je dirai toujours OUI





Du temps avec ma famille
Une traduction (rémunérée) dans mes cordes
Un tour dans une librairie
Un cocktail en bonne compagnie;
une coupe de champagne;
une tasse de thé, même pas terrible
Un nouveau plat ou resto végan
mais aussi une invitation à un barbecue
Une vraie pizza napolitaine
Plus de poivre noir et de parmesan sur mes pâtes;
du gingembre confit et du wasabi avec mes sushi
Un massage du cuir chevelu ou des pieds
Un sauna; un hamman; un jacuzzi
Une activité aérienne: chute libre, parachute ascensionnel, deltaplane, tyrolienne,
ou même juste tour de grande roue ou de chaises volantes dans une fête foraine
Un city trip en Europe
Un concert d'Etienne Daho
Un nouvel album de Muse
Un livre qui parle d'une librairie ou d'une bibliothèque;
une histoire de voyage dans le temps;
une uchronie personnelle
Un film avec Benedict Cumberbatch
Une série avec Kristen Bell
Last Week Tonight avec Jon Oliver
Un service que je peux rendre assez facilement
Un câlin de mon amoureux ou de mes neveux
Une discussion dans le noir à l'heure où on devrait dormir
Une occasion de faire l'andouille

(Liste non-exhaustive inspirée par la collection d'essais personnels 
"Tell Me More: Stories About the 12 Hardest Things I'm Learning to Say" de Kelly Corrigan)

mercredi 29 août 2018

Neuroplasticity: How to rewire your brain




La neuroplasticité, c'est la capacité du cerveau à se modifier lui-même grâce à des apprentissages qui créent des connexions physiques entre nos neurones, leur permettant de communiquer de nouvelles façons. On a longtemps pensé que cette capacité s'éteignait à l'âge adulte, mais c'est archi-faux.

mardi 28 août 2018

La fracture





La mort de mon père a clairement scindé ma vie en deux. Quand il est parti, j'avais 41 ans et j'attaquais juste l'autre versant de ma vie, la descente graduelle vers l'obscurité qui, tôt ou tard, m'engloutira moi aussi. J'ai laissé au sommet de la montagne mes illusions d'invincibilité, la certitude naïve - déjà bien entamée par le décès de Brigitte - que rien de grave ne nous toucherait jamais, moi et mes proches. Désormais, il ne reste plus personne pour me précéder et me protéger. Et la pente m'entraîne un peu plus vite chaque jour.  

lundi 27 août 2018

"Le grand Leader doit venir nous voir" (Velina Minkoff)


Eté 1989. Parce qu'elle est très bonne élève en cours de russe, Alexandra, une jeune Bulgare de 13 ans, a l'opportunité de participer à un camp de pionniers socialistes en Corée du Nord. Elle consigne toute l'expérience dans un journal. Avec sa naïveté d'adolescente endoctrinée, elle développe une admiration sans bornes pour Kim Jong-Il, le grand Leader dont elle espère bien recevoir la visite. Elle trouve tout formidable, s'enthousiasme pour la culture nord-coréenne, tombe passionnément amoureuse (deux fois!) et fait tourner ses chefs de groupe en bourrique en leur faussant sans cesse compagnie. Peu de temps après son retour à Sofia, le régime de Todor Jivkov tombera, et la vie des Bulgares s'en trouvera bouleversée - mais avec son insouciance coutumière, Alexandra s'adaptera très vite. 

"Le grand Leader doit venir nous voir", c'est un peu "Mes jolies colonies de vacances chez les jeunesses communistes". Si le concept peut d'abord sembler incongru, on ne tarde pas à plonger avec bonheur dans les aventures de sa turbulente héroïne. Alexandra est un pur produit du système socialiste, dont elle a intégré les valeurs et qu'elle ne songe pas un instant à remettre en cause. C'est aussi une ado très préoccupée de son look, qui passe du ravissement à la bouderie en un clin d'oeil. A la fois bonne élève soucieuse d'exceller et rebelle qui n'en fait qu'à sa tête, elle tyrannise volontiers ses copines et pense constamment aux garçons. Se trouver loin de son petit monde et de l'autorité parentale, dans un pays dont elle découvre la culture et avec de nouveaux amis qu'elle ne reverra jamais, exacerbe ses émotions d'une manière aussi risible qu'attendrissante. 

En filigrane de ce savoureux portrait, Velina Minkoff dépeint la fin d'une idéologie et des illusions de ceux qui y adhéraient, avec assez de recul pour que l'on retienne surtout la dimension humoristique de ce premier roman. 

Traduction de Patrick Maurus

Merci aux éditions Actes Sud pour cette lecture

Choses auxquelles je dirai toujours NON





Un emploi salarié
N'importe quel boulot où je devrais côtoyer des gens
La maternité
Toute forme de religion
L'homéopathie et la plupart des médecines alternatives
La psychanalyse ou n'importe quelle forme de thérapie basée sur la parole
Les abats autres que les ris ou le foie de veau, les coquillages autres que les St-Jacques
Les plats très piquants
Le fenouil, l'anis, la cannelle, le clou de girofle, la rose, l'hibiscus, la mangue
Du café, du Ricard, de la bière, de la tequila, du mezcal, du whisky, du bourbon
Un 3ème verre d'alcool
La clope
Une soirée en boîte
Un concert sans places assises numérotées
Les manèges gerbants dans les fêtes foraines
La spéléo
Toute activité aquatique autre que trempouiller dans une piscine où j'ai pied
Les vacances "plage et cocotiers", le Club Med'
La bronzette, les séances d'U.V.
Un trek dans le désert
Le camping
Les sandales de touriste allemand, les Crocs, les mocassins
Les strings
Les sourcils dessinés au crayon
La chirurgie esthétique
Le démarchage téléphonique
Les films très violents
Tutoyer mes beaux-parents ou les parents de mes amis
Adopter un chien; avoir des rongeurs ou un aquarium
"Je vous partage"

(Liste non-exhaustive inspirée par la collection d'essais personnels 
"Tell Me More: Stories About the 12 Hardest Things I'm Learning to Say" de Kelly Corrigan)

dimanche 26 août 2018

La semaine en bref #34





Lundi:
★ David et ma soeur me déposent à Matabiau à 9h. Mon train part à 10h48. Je suis extrêmement reconnaissante qu'il y ait désormais du wifi gratuit dans toutes les grandes gares SNCF.
★ Félicitations au salopard de moustique-tigre qui a réussi à me piquer 8 fois sur le mollet droit et 2 fois sur le gauche durant les 37 minutes de ma correspondance à Marseille St-Charles, ça fait une belle moyenne!
★ Le soir, je déprime sec, comme chaque fois que je rentre de Toulouse. Sauf que là, en plus, Chouchou n'est pas avec moi et la connexion est trop mauvaise pour un chat vidéo réconfortant. Bouhouhou.

vendredi 24 août 2018

"La papeterie Tsubaki" (Ito Ogawa)


Après le décès de la grand-mère qui l'a élevée, Hatoko est rentrée à Kamakura afin d'y rouvrir la papeterie familiale et de reprendre le flambeau d'écrivain public. Ses clients lui présentent parfois des requêtes surprenantes, telles que rédiger un faire-part de divorce ou des condoléances pour le décès d'un singe, mais la jeune femme les prend toujours au sérieux et les traite immanquablement avec la plus grande considération. Pendant sa première année d'activité, les rencontres s'égrènent...

J'ai lu tous les romans d'Ito Ogawa parus en français à ce jour: "Le restaurant de l'amour retrouvé", "Le ruban" et "Le jardin arc-en-ciel". Si j'ai toujours trouvé matière à les critiquer sur certains points, la rapidité avec laquelle je me suis jetée sur "La papeterie Tsubaki"  dès le jour de sa parution et l'ai dévoré dans la foulée prouve bien que malgré tout, cette auteure me tient sous son charme. J'apprécie de plus en plus son écriture très simple qui me gênait un peu au début, car malgré leur dépouillement stylistique, ses livres sont toujours des bijoux de délicatesse et de subtilité.

Ici, elle s'attache à dépeindre le travail d'un écrivain public (j'aurais aimé que la formule soit féminisée en français) avec un formidable luxe de détails: description et symbolique des instruments de travail, choix des formules de politesse et de l'alphabet utilisé pour rédiger certains termes en japonais... Même le timbre apposé sur l'enveloppe est considéré comme chargé de signification. Certains lecteurs trouveront tout cela bien fastidieux; pour ma part, j'ai été fascinée par la complexité du processus et le nombre inouï de codes liés à la calligraphie. J'ai également adoré l'atmosphère paisible de Kamakura au fil des saisons et l'existence quasi monacale mais intérieurement très riche de l'héroïne.

"La papeterie Tsubaki" parle de conflit de générations et de transmission, du sens qu'on peut donner à sa vie en mettant du coeur à son ouvrage, des petits bonheurs qui suffisent à remplir une existence, de l'importance de savourer le moment présent, des bienfaits du thé et de la nourriture, et puis aussi des liens miraculeux qui se tissent parfois entre des êtres que rien ne prédisposait au rapprochement. Amateurs de littérature japonaise et de récits contemplatifs, ne passez pas à côté de cette petite merveille. 

Traduction de Myriam Dartois-Ako

La partie la plus excitante





Il nous reste moins d'un mois avant le départ pour Hong Kong. Nous avons les billets d'avion, en classe éco mais avec des places convenables; nous avons des passeports tout neufs; j'ai réservé des hôtels pas luxueux mais corrects (celui de Singapour a même une piscine sur le toit!) et situés dans les quartiers qui nous intéressent; je me suis procuré des chaussettes de contention pour ne pas flipper à cause des risques de phlébite pendant le voyage. Miracle des miracles: mon cerveau semble avoir renoncé, sitôt cette dernière source d'angoisse mise derrière moi, à m'en sortir une nouvelle de son chapeau. Là, je me livre à la partie la plus excitante des préparatifs: j'épluche mes guides de voyage et je surfe sur internet pour déterminer ce que nous allons faire une fois sur place.

mardi 21 août 2018

"Brexit romance" (Clémentine Beauvais)


Marguerite Fiorel, 17 ans, est une soprano pleine de promesses mais qui manque encore d'expérience de la vie. Invitée à Londres pour chanter "Les noces de Figaro", elle s'y rend avec son professeur, le sévère Pierre Kamenev. Leur route croise celle de Justine Dodgson, créatrice d'une start-up secrète visant à organiser des mariages factices pour contourner les limitations imposée par le Brexit. C'est le début d'une série de trépidants chassés-croisés amoureux à la sauce britannique...

Après "Les petites reines" (que j'ai adoré) et "Songe à la douceur" (qui bien qu'étant un véritable tour de force stylistique m'a laissée assez froide), Clémentine Beauvais revient en cette fin d'été avec un roman très ancré dans l'actualité. Elle s'empare d'un véritable drame politique pour en faire une comédie pleine de piquant. D'une plume désinvolte et toujours aussi fantaisiste, sous laquelle perce sa tendresse pour la culture britannique, elle épingle gentiment les travers de tous ses personnages: la naïveté de la jeune et romantique Marguerite, les incohérences et le ridicule occasionnel de la bien intentionnée Justine, la rigidité cocasse de l'anachronique Pierre. Aucun d'eux n'est épargné, mais tous demeurent éminemment attachants. Ses traits les plus féroces, l'auteure les réserve à l'extrême-droite locale dont elle trace un portrait à la fois léger et plein d'un subtil vitriol, à l'occasion d'une mémorable scène de garden party qui m'a laissée partagée entre la consternation et le fou rire. Faites-moi confiance: cette "Brexit romance" est un délice acidulé à savourer de toute urgence!

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture en avant-première

Le prix de l'amour





J'ai passé un week-end formidable avec ma famille, deux jours vraiment parfaits (même si on n'a jamais réussi à regarder "Tanguy"). J'ai eu du temps pour discuter en tête-à-tête avec David et avec ma soeur; mes neveux ont été adorables avec moi, alors qu'à leur âge j'aurais trouvé ça normal qu'ils commencent à s'en foutre un peu de leur vieille tante; on a beaucoup parlé, ri très fort et super bien mangé que ce soit à la maison ou au dehors; ma mère était surprise mais contente de me voir, et en un déjeuner plus un après-midi piscine, j'ai réussi à ne pas me disputer avec elle. J'ai lu royalement 6 pages en 48h, c'est dire!

lundi 20 août 2018

La semaine en bref #33






Lundi:
Réveillée un peu avant 7h par un énorme orage. Je n'ai pas bien dormi du tout et le ciel est d'un jaune flippant... En l'absence d'onduleur chez moi, je me dépêche de débrancher mon MacBook - tant pis, je bosserai sur batterie ce matin. Je fais également péter les croissants d'urgence, ceux que j'achète à la bonne boulangerie de Monpatelin et congèle pour quand j'ai besoin d'un remontant. 
 Vers midi, l'orage s'arrête, mais ma ligne ADSL tombe en rade. Je finis mon quota de pages, relis "Death: The high cost of living" que j'aime toujours autant 24 ans après sa parution, refais ma colo, et pouf! Un peu avant 17h, la ligne est rétablie.
 Ma copine éditrice m'informe qu'elle préfère confier la trad du fameux roman de nature à quelqu'un dont c'est la spécialité, ce qui me semble la meilleure décision vu que je ne connais que dalle au genre et que j'aurais beaucoup galéré pour parvenir à un résultat juste moyen. A la place, elle me propose un thriller australien bien davantage dans mes cordes. 

dimanche 19 août 2018

[TOULON] Joana Vasconselos: Exagérer pour inventer à l'Hôtel des Arts





Je n'avais encore jamais entendu parler de cette artiste portugaise, aussi l'exposition en cours a-t-elle été pour moi l'occasion d'une très belle découverte. Joana Vasconselos s'empare d'objets culturellement significatifs - azulejos, virgule Nike, pièce de Tetris, ou urinoir -, les sort de leur contexte et les subvertit avec beaucoup de fantaisie. J'ai particulièrement apprécié ses créations au crochet, colorées et délirantes. Il faut admirer aussi la "Valkyrie" conçue exprès pour l'Hôtel des Arts: une gigantesque guirlande de cravates, de chemises, de costumes et de ceintures d'hommes, nommée "It's raining men", qui se drape sous les plafonds et dans la cage d'escalier. De l'art contemporain accessible même aux réfractaires comme moi! 

vendredi 17 août 2018

Le portrait craché





Ce billet est en accès protégé. Si vous avez un compte Google, vous pouvez me demander une autorisation d'accès en cliquant sur ce lien. J'accepterai toutes les demandes dont il me sera possible d'identifier l'auteure - soit parce que je la connais personnellement, soit parce que c'est une commentatrice habituelle, soit parce qu'elle a un profil Facebook, un compte Twitter ou Instagram vérifiable... N'hésitez pas à assortir votre demande d'un petit mot pour me permettre de vous situer si vous pensez que ce sera nécessaire.

Je suis désolée pour la difficulté de la manoeuvre, mais si vous lisez le billet concerné, vous comprendrez pourquoi je ne souhaite pas le laisser en accès public - et Blogger ne permet pas de verrouiller un billet spécifique avec un mot de passe. Par contre, une fois autorisée, vous aurez la possibilité de laisser des commentaires, non pas ici (ils seront fermés) mais à la suite du texte vers lequel vous serez envoyée, en cliquant sur le mot COMMENTAIRES à la fin. Merci pour votre compréhension! (Et pour votre patience, le procédé est nouveau pour moi et j'espère que je vais m'en sortir...)

jeudi 16 août 2018

Les zones d'ombre





Depuis plus de 14 ans, je suis blogueuse et lectrice de blogs. Je m'intéresse peu aux catégories dans lesquelles on trouve les fameuses "influenceuses": la mode, la beauté ou le lifestyle. Ce que je viens chercher sur internet et que j'essaie de donner aussi, c'est de l'intime. Mais le genre d'intime dont on ne discute pas forcément même avec ses proches. Les versants sombres de la personnalité. Les moments peu glorieux. Les vérités difficiles. Les sentiments honteux. Les sujets tabous. 

mercredi 15 août 2018

"Le jardin d'hiver" (Renaud Dillies/Grazia La Padula)


Sam travaille dans un bar, au coeur d'une ville grise et anonyme. Il n'a pas parlé à ses parents depuis des années et même s'il a une petite amie, il se sent déconnecté de tout. Jusqu'au jour où de l'eau commence à goutter de son plafond, et où il monte voir son voisin du dessus. Celui-ci le prend pour son fils, et Sam est si mal à l'aise qu'il s'enfuit sans chercher à résoudre le problème. Mais quelques jours plus tard, l'eau recommence à goutter, et Sam est bien obligé de retourner voir le vieux monsieur. Il est loin d'imaginer la découverte fantastique qu'il va faire...

Si c'est son graphisme qui m'a d'abord attirée, c'est la poésie de son scénario qui a achevé de me séduire. "Le jardin d'hiver" parle de solitude urbaine avec une délicatesse qui n'a d'égale que sa justesse. Son atmosphère mélancolique est si prenante que j'avais, en le lisant, l'impression d'entendre la pluie crépiter sur les vitres, de humer l'odeur du bitume mouillé, de sentir une chape invisible d'isolement peser sur mes épaules et une déprime ténue mais persistante s'insinuer jusque dans la moelle de mes os. Et la fin est une petite merveille d'espoir florissant. Je vous recommande chaudement cet album original et débordant de sensibilité. 

Les mollets ++


Mon généraliste, à qui j'ai parlé de ma crainte de faire une phlébite lors de notre voyage en Asie, m'a prescrit des bas de contention. Munie de mon ordonnance, je me rends à la pharmacie de Monpatelin pour les acheter. 
PHARMACIEN (jeune, grand, chauve): Vous savez quelle taille il vous faut?
MOI, gaiement: Pas du tout, c'est la première fois que je vais en mettre. Mais j'ai de gros mollets, et mon docteur m'a prévenue qu'il faudrait sans doute les faire sur mesure.
PHARMACIENNE (quinqua, blonde, lunettes), montant immédiatement sur ses grands chevaux: Ah, non, les bas de contention sur mesure, c'est très pénible pour nous.
MOI, un rien estomaquée: ...Pardon?
PHARMACIENNE, remontée comme un coucou suisse: Oui, c'est la galère pour les commander, et les clients ne sont jamais contents, je préfère éviter. 
MOI, poliment mais fermement: D'accord, mais il me faut des bas de contention, de préférence à ma taille. 
PHARMACIEN: Je vais mesurer.
Il s'accroupit près de moi avec un mètre-ruban et encercle d'abord ma cheville, puis mon mollet à l'endroit le plus large. Cela fait, il consulte la table des tailles à l'arrière d'un paquet de bas lambda. 
PHARMACIEN: Alors, 22 et 43cm... Ah oui, ça va être compliqué, votre tour de cheville correspond à une taille 2 et votre tour de mollet à une taille 4.
MOI, me concentrant sur ma respiration: Comme je disais, j'ai de gros mollets. Et encore, honnêtement, j'aurais dit qu'ils faisaient plus de 43cm de circonférence. 
PHARMACIEN, bien embêté: Si je vous donne une taille 2, vous ne les monterez pas au-delà de la cheville; si je vous donne une taille 4, ils flotteront autour de votre cheville et ils ne serviront à rien. 
MOI, avec une pointe d'agacement mal contenue: Du coup, on fait quoi? Il me faut des bas de contention. 
Perdu, il se tourne vers sa collègue qui est en train de servir une autre cliente. 
PHARMACIENNE, sur un ton autoritaire: Regarde dans la gamme "Mollets ++", ça devrait passer. 
Il part vérifier avec la démarche dynamique d'un Gaston Lagaffe.
PHARMACIEN, mollement: On n'en a pas en réserve, je fais quoi? 
PHARMACIENNE, sentant bien qu'elle ferait mieux de prendre les choses en main: Je vais appeler le fournisseur. (A moi) Vous voulez quoi comme couleur? Noir ou naturel? 
MOI: Je m'en fous, ce qu'il y a. C'est pas pour faire un défilé de mode, juste pour prendre l'avion. 
PHARMACIENNE: Et les mesures, c'était quoi déjà?
PHARMACIEN à mémoire de poisson rouge: Euh, je ne sais plus. 
Elle s'accroupit devant moi et recommence la cérémonie de mesurage tandis que je souris fixement et que les autres clients se retiennent de loucher sur mes mollets surdéveloppés. Elle note les chiffres obtenus, consulte un dépliant puis décroche le téléphone et compose un numéro.
PHARMACIENNE, d'une voix forte: ALLO? OUI, ICI LA PHARMACIE BIDULE, IL ME FAUDRAIT DES BAS DE CONTENTION TAILLE 2, MOLLETS ++. Noir ou naturel, peu importe. Ah, zut. (S'adressant à moi:) Vous partez quand?
MOI: Il me les faut au plus tard le 29 août.
PHARMACIENNE: Ca ne va pas aller; ils sont en rupture et ne seront pas réapprovisionnés avant le 5 septembre.
MOI, levant les sourcils: Et il n'existe qu'un seul fabricant?
PHARMACIENNE: Non, mais l'autre est plus cher et vous ne serez pas remboursée intégralement.
MOI, décidée à conclure coûte que coûte: Tant pis, il me faut des bas de contention. 
Elle reprend son téléphone et fait un autre numéro. 
PHARMACIENNE: ICI LA PHARMACIE BIDULE, IL ME FAUDRAIT DES BAS DE CONTENTION TAILLE 2, MOLLETS ++.
A ce stade, toute retenue oubliée, l'intégralité des employés et des clients scrute mes jambes d'un air intrigué pour vérifier à quoi ça ressemble, des mollets ++. 
PHARMACIENNE: Ah, super, mettez-m'en deux paires. 
MOI: Il ne m'en faut qu'une. 
PHARMACIENNE: Non mais comme ça j'aurai du stock au cas où. (Au téléphone:) Ah, il ne vous en reste qu'une? Mais comment ça se fait?
MOI, marmonnant entre mes dents: Il doit y avoir une épidémie de mollets ++. 
PHARMACIENNE: Bon, ben envoyez-la-moi. (Elle raccroche et revient vers moi.) Voilà, j'aurai vos bas samedi. Taille 2, mollets ++, c'est bon jusqu'à 44cm de circonférence. 
MOI: Laissez-moi juste vérifier quelque chose. 
Je prends le mètre-ruban et me baisse en tentant de me convaincre que cette situation n'est pas DU TOUT humiliante.
MOI: Alors en fait, mon tour de mollet, c'est plutôt 45 cm. 
PHARMACIEN, vexé: Vous avez mesuré de quel côté?
MOI, glaciale: Le même que vous. 
PHARMACIENNE, cherchant désespérément un argument: Non mais là, on est en fin de journée; ils ont dû gonfler.
MOI, de marbre: Non, je suis grosse dès le matin. 
Silence gêné pendant quelques instants.
PHARMACIENNE, évitant mon regard: Alors, vous prenez les taille 2, mollets ++, ou pas? 
MOI, faisant une dernière tentative: Du sur mesure, ce serait sans doute mieux. 
PHARMACIENNE, remontant sur ses grands chevaux: Ah non, le sur mesure, c'est trop pénible pour nous. 
MOI, résignée: Bon, ben apparemment, je prends les taille 2, mollets ++. 
PHARMACIENNE, soulagée: Ca fera 12,50€ de dépassement, à me régler tout de suite. Merci et à samedi. 

dimanche 12 août 2018

La semaine en bref #32





Lundi:
A l'heure où on devrait dormir au lieu de discuter, la question brûlante du jour: pour aller avec la future barbe longue de Chouchou, vaut-il mieux le génie de De Vinci ou la magie de Gandalf?

Mardi:
 Miracle! Après 12 ans d'allers-retours mensuels, il y a enfin du wifi dans le Bruxelles-Nice! Par contre, pas de clim' alors que le train est bondé, avec des gens assis par terre entre les voitures. Et le trajet dure 6h30 - un peu long pour une séance de sauna.
 Le prochain TER pour Monpatelin passe dans 50 mn. Ca me laisse le temps de descendre chez Sushi Shop pour dîner vite fait en terrasse, et d'arriver chez moi à la même heure que si j'avais pris le bus-qui-me-file-mal-au-coeur.

vendredi 10 août 2018

Les ratés de la déconstruction





Je suis devenue très militante ces dernières années. En partant des causes qui me tenaient déjà à coeur de base (le féminisme et l'environnement), j'ai lu et discuté sur beaucoup d'autres sujets et fait ce qu'on appelle un travail de déconstruction: c'est-à-dire, appris à reconnaître les préjugés que m'avait inculqués la culture dominante, et essayé de les dépasser. Ca a bien marché dans pas mal de domaines. Par exemple, je suis désormais consciente de mes privilèges de personne blanche, cisgenre et (plus ou moins) hétéro; je m'efforce d'écouter les minorités qui sortent de ce cadre et de me comporter en alliée envers elles. Non, je ne comprends toujours pas la transexualité et non, je n'ai aucune expérience des discriminations raciales, mais j'ai foi en la parole des concerné(e)s et je gueule chaque fois que je peux pour qu'on leur fasse une juste place. 

jeudi 9 août 2018

Les conversations absurdes #41


Sur Skype:
CHOUCHOU: Tu as vu la dernière photo de renard de @kpunkka? 
CHOUCHOU: Le renard bleu.
MOI: Brun. Ce renard est brun.
CHOUCHOU, sûr de lui: Bleu. 
MOI, lourdement ironique: Oui, car les mammifères à poil bleu, c'est tellement répandu dans la nature. D'ailleurs, quel bleu, au juste? Turquoise? Azur? Marine? 
CHOUCHOU, intraitable: Bleu foncé. 
MOI: C'est ça. Tellement foncé qu'on jurerait du brun, dis donc.

Plus tard, sur Messenger:
CHOUCHOU, refusant de lâcher l'affaire: Même @kpunkka dit qu'il est bleu.
MOI:  Typologiquement, c'est possible, parce qu'il existe bien une couleur de poil qu'on qualifie de bleu - et qui est d'ailleurs plutôt une teinte de gris - chez les chats, les chiens et sans doute d'autres espèces. Mais toi, tu parlais littéralement. Et littéralement, ce renard est brun.
CHOUCHOU:

CHOUCHOU: Il est BLEU.
MOI, morte de rire: Je t'aime. La prochaine fois que je suis fâchée contre toi, tu n'auras qu'à me susurrer "bleu", ça devrait passer très vite.

mercredi 8 août 2018

Les conversations absurdes #40


CHOUCHOU: Tu as vu, j'ai rasé mes cheveux mais je laisse pousser ma barbe. Et je vais m'acheter une brosse exprès. 
MOI: Une brosse à barbe? Ca existe, ça? 
CHOUCHOU: Oui madame. C'est en poil de sanglier.
MOI: Une brosse à barbe. En poil de sanglier. Décidément, j'en apprends tous les jours. 
CHOUCHOU: Sinon y'a aussi la version vegan. En poil de tofu. 

mardi 7 août 2018

"The bookshop of yesterdays" (Amy Meyerson)


Quand elle était petite, Miranda adorait son oncle Billy, un sismologue qui possédait une librairie à Los Angeles. Les chasses au trésor qu'il lui concoctait font partie de ses meilleurs souvenirs d'enfance, tout comme ses visites chez Prospero Books où elle avait toujours le droit de choisir un livre à emporter. Mais le jour de son douzième anniversaire, une horrible dispute a éclaté entre sa mère et Billy, et Miranda n'a jamais revu son oncle. 

Aujourd'hui, elle est prof d'histoire à l'autre bout du pays et vient juste d'emménager avec son petit ami quand elle apprend que son oncle est mort... en lui léguant Prospero Books et le premier indice d'un ultime jeu de piste. De classique littéraire en classique littéraire, Miranda va découvrir le secret que lui cachent ses parents et la raison pour laquelle Billy a autrefois disparu de sa vie. 

Une librairie, un secret de famille, un jeu de piste: "The bookshop of yesterdays" avait absolument tout pour me plaire. Hélas, il ne suffit pas toujours de mélanger les bons ingrédients. Pour obtenir un roman délicieux, il aurait également fallu que le secret soit moins transparent (c'est la première chose à laquelle j'ai pensé dès la scène de la dispute), et que Miranda ne soit pas tellement narcissique que la seule chose qui est allée crescendo tout au long de ma lecture, c'était mon envie de lui mettre des claques. Malgré une idée de départ fort intéressante, c'est un miracle que j'aie tenu jusqu'à la fin. 

lundi 6 août 2018

"Venise n'est pas en Italie" (Ivan Calbérac)


Emile Chamodot est en première, avec un an et demi d'avance. C'est le matheux de sa famille installée à Montargis. En attendant le permis de construire de leur future maison, ses parents et lui vivent dans une caravane au fond de leur terrain. Bien entendu, il n'est pas question que la jolie Pauline, gosse de riches et violoniste émérite pour qui notre héros en pince très fort, découvre que son père est un VRP amateur de maximes foireuses, que sa mère lui teint les cheveux en blond parce qu'elle le trouve plus beau ainsi, et que son frère aîné se spécialisait dans <s>le vol</s> l'emprunt de motos avant d'entrer dans l'armée. Quand elle l'invite à venir le voir en concert à Venise pendant les vacances de Pâques, Emile ne se tient plus de joie... jusqu'à ce que ses parents lui annoncent qu'ils vont l'emmener eux-mêmes en Italie.

C'est à la première personne et sous forme de journal intime qu'Ivan Calbérac a choisi de raconter quelques semaines mouvementées de la vie d'Emile: l'histoire de son premier amour, articulée autour d'un road trip familial cocasse. Mélange de sagesse précoce et de naïveté adolescente, son jeune protagoniste se débat entre l'amour immense qu'il voue à ses parents et la honte que ceux-ci lui inspirent constamment. Que le lecteur qui n'a jamais été mortifié par ses géniteurs à l'âge de 15 ans lui jette la première pierre! Drôle et touchant, "Venise n'est pas en Italie" mérite bien que vous lui fassiez une petite place dans vos lectures de vacances.

dimanche 5 août 2018

La semaine en bref #31





Lundi:
 Ayant ressorti la centrifugeuse pour préparer une soupe froide tomate/poivron rouge/pastèque/fraises, je m'étonne: "Il marche très bien cet appareil, je ne comprends pas pourquoi on ne s'en était pas servis depuis si longtemps". Après, devant la quantité de chair gaspillée et la chiantise du nettoyage, la mémoire me revient.
Au bout de presque 12 ans de vie commune, je finis par craquer et par hurler à Chouchou que s'il commence encore une seule phrase par "Y'a une série qui faisait ça très bien, c'était Les Sopranos...", je le passe par la fenêtre.

vendredi 3 août 2018

Envies d'août





(et puis, on peut planter l'emballage qui contient des graines de fleurs)

cette adorable affiche qu'on dirait conçue pour Chouchou et moi
(justement il y a de la place sur le mur au-dessus de notre lit...)

une commande sur le site Comme avant 
(je suis surtout intéressée par le déo naturel rechargeable, mais aussi par la brosse à dents en bambou et le dentifrice solide)

ce pin's amoureux coquin et rigolo signé Coucou Suzette
(leur site regorge de goodies merveilleusement féministes)

ce kit de broderie face de poulpe, ou cette licorne disséquée 
(en fait, tous les patrons d'OddAnaStitch roxent méchamment)

cette robe violette Cora Kemperman
(qui n'est pas de saison, mais l'automne sera vite là - dit-elle en croisant ses doigts glissants de transpiration)

un test combiné ADN + microbiome
(c'est cher, mais je trouve ça super intéressant; cela dit, est-ce vraiment une bonne idée pour une angoissée dans mon genre?)

une représentation d'ALICE (in Wonderland) par le HK Ballet
(malheureusement, ça ne colle pas avec nos dates de voyage)

jeudi 2 août 2018

Les conversations absurdes #39


Nous finissons de dîner à La Meute.
CHOUCHOU, repoussant son assiette d'un air très satisfait: Hé ben tu vois, j'ai bien fait de prendre la sauce Choron au lieu de la mayo; c'était vraiment beaucoup plus léger.
MOI: Je ne me rends pas compte, je ne sais pas ce qu'il y a dans la sauce Choron. 
CHOUCHOU: C'est une Béarnaise à la tomate. 
MOI: Je ne sais pas non plus ce qu'il y a dans la Béarnaise vu que je n'en mange jamais. 
CHOUCHOU: C'est une sauce à base de beurre. 
MOI: Donc - et corrige-moi si je me trompe -, tu es en train de me dire que le beurre est nettement moins gras que l'huile? 

mercredi 1 août 2018

"Ivy & Abe" (Elizabeth Enfield)


Ivy Trent et Abe McFadden sont des âmes-soeurs, destinées à se rencontrer et à s'aimer. Mais selon le moment et les circonstances dans lesquels ils font connaissance, leur histoire ne prend pas du tout la même tournure...

L'uchronie personnelle est un de mes sous-genres favoris, et je dois dire que j'ai été particulièrement gâtée avec ce roman. Elizabeth Enfield prend le parti de présenter à rebours les différentes vies de ses héros: dans le premier chapitre, ils se rencontrent en 2026, quand ils ont 70 ans et sont veufs tous les deux; dans le deuxième, en 2015, alors qu'ils sont théoriquement libres tous les deux mais qu'Abe reste extrêmement présent dans la vie de son ex-femme; dans le troisième, en 2010, alors qu'Ivy se décide enfin à faire le test pour savoir si elle est porteuse du gène défectueux qui a condamné sa mère et son frère à une fin horrible... Et ainsi de suite jusqu'à leur enfance. 

L'auteure prend un malin plaisir à ne pas dissimuler sa main: ses personnages font très souvent référence au déjà-vu et aux notions de physique quantique régissant les univers parallèles, ce qui rend le lecteur encore plus complice du procédé de création que d'ordinaire. Et une botte de foin tombée d'un camion - l'instrument le plus aléatoire du monde - joue presque toujours un rôle crucial. Je la guettais dans chaque chapitre avec l'impression de voir une main géante descendre du ciel pour la saisir délicatement entre deux ongles et la jeter sur la route. Le truc pourrait paraître maladroit; je l'ai juste trouvé jubilatoire. 

J'ai aussi beaucoup aimé le fait que fondamentalement, Ivy et Abe restent les mêmes personnes dans toutes leurs vies. Ivy est conditionnée par son incertitude d'être ou non porteuse du gène défectueux, et très ambivalente par rapport au fait de découvrir de quoi il retourne; elle travaille toujours dans le tourisme et, quand elle ne rencontre Abe qu'assez tard, elle épouse toujours le même autre homme et a toujours avec lui les mêmes enfants. De son côté, Abe est toujours issu d'une famille nombreuse; il devient toujours concepteur de fontaines et il est toujours très attentionné mais aussi plutôt faible de caractère. 

Ce qui fait qu'une histoire d'amour va durer, ce n'est pas juste de rencontrer la bonne personne: c'est de la rencontrer au bon moment, affirme Elizabeth Enfield en présentant aussi des variations dans lesquelles les deux héros se passent à côté parce que les circonstances sont contre eux. Ce qui contrebalance assez bien le principe un peu trop romantique à mon goût des âmes-soeurs destinées l'une à l'autre. Et qui m'a fait adorer "Ivy and Abe".

Le stress du voyage au long cours





Dans la nuit d'avant-hier, j'ai rêvé qu'en arrivant à l'adresse de notre hôtel à Singapour, on trouvait un carré de trottoir vide, un gros paquet de cartons pliés et des instructions de montage pour une "maisonnette cosy". Ce qui vous donne une petite idée de mon état d'esprit vis-à-vis de ce voyage en Asie dont je rêve pourtant depuis des années.