jeudi 31 août 2017

"Pachinko" (Min Jin Lee)


Dans un petit village de pêcheurs au sud de la Corée, sous l'occupation japonaise au début du XXème siècle. Sunja, 15 ans, a perdu son père et tient avec sa mère une modeste pension où toutes deux travaillent très dur pour subvenir aux besoin de leurs clients. Lorsque la jeune fille tombe enceinte d'un yakuza marié, son avenir se trouve compromis. 

Mais Isak, un prêtre chrétien à la santé fragile dont elle s'est occupée pendant qu'il souffrait de pneumonie, lui offre une chance de salut: il l'épousera, donnera son nom à l'enfant et l'emmènera avec elle au Japon pour y commencer une nouvelle vie. A leur arrivée à Osaka, Sunja se rend vite compte qu'ils sont condamnés à une pauvreté et une discrimination perpétuelles dans un pays qui ne veut pas d'eux... 

"Pachinko", c'est une chronique qui s'étend de 1911 à 1989, et qui retrace l'évolution d'une famille d'immigrés coréens au Japon, avec une emphase particulière sur la période très difficile de la Seconde Guerre Mondiale. Le manque d'argent, la faim chaque jour, le racisme ordinaire modèlent tragiquement la vie de Sunja. Pourtant, cette femme fière et dure à la tâche ne baisse pas les bras et, sans se rebeller ouvertement contre son sort, tente toujours de tirer le meilleur parti de la situation. 

Mais si ses deux fils vont réussir à se sortir de la misère grâce au pachinko, un jeu d'argent typiquement japonais, leurs origines les empêcheront à tout jamais d'être considérés comme des gens respectables dans le seul pays qu'ils auront connu. Récit bien documenté, très réaliste et dépourvu de pathos, "Pachinko" montre le Japon sous son jour le moins glorieux, celui d'une xénophobie rampante qui perdure à travers les générations. Il n'a pas encore été traduit en français.

Août 2017



mercredi 30 août 2017

Lectures d'Août 2017




ROMANS
- La beauté des jours (Claudie Gallay) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Comment Papa est devenu danseuse étoile (Gavin's Clemente-Ruiz) ♥︎
- Le début des haricots (Fanny Gayral) ♥︎♥︎♥︎
- Le tour du monde en 72 jours (Nellie Bly)
- Meet me at the Cupcake Café (Jenny Colgan) ♥︎♥︎
- Indice de bonheur moyen (David Machado) ♥︎♥︎
- Petites surprises sur le chemin du bonheur (Monica Wood) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Une histoire des abeilles (Maja Lunde) ♥︎♥︎♥︎
- Sang maudit (Ange) ♥︎♥︎♥︎
- Saving paradise T1: En proie au rêve (Lise Syven) ♥︎♥︎♥︎
- Le gang des rêves (Luca di Fulvio) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Pachinko (Min Jin Lee) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Vous connaissez peut-être (Joann Sfar)

BEDE/MANGA
- Les nouvelles aventures de Lapinot: Un monde un peu meilleur (Lewis Trondheim) ♥︎♥︎
- Ornithomaniacs (Daria Schmitt) ♥︎♥︎♥︎
- Francis est papa (Jake/Claire) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le jour où elle a pris son envol (Marko/Béka) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Gloutons & dragons T2 (Ryoko Kui) ♥︎♥︎♥︎
- March comes in like a lion T5 (Chica Umino) ♥︎♥︎♥︎
- Toutes mes nuits sans dormir (Leslie Stein) ♥︎♥︎

DIVERS
- Goodbye things: On minimalist living (Fumio Sasaki) ♥︎♥︎♥︎
- Le tango d'Antonella (Magali Le Huche) ♥︎♥︎♥︎

mardi 29 août 2017

"Game of Thrones": impressions sur la saison 7 (avec des tonnes de SPOILERS dedans)



La septième et avant-dernière saison de "Game of Thrones" vient juste de s'achever, et elle a été plus qu'un peu particulière. D'abord parce qu'on a largement dépassé ce qui est écrit dans les livres, et que l'histoire est désormais une découverte pour tout le monde. Ensuite parce qu'après de longues années à parler de l'arrivée de l'hiver et à voir se profiler la guerre contre les zombies des glaces, on aborde enfin l'affrontement final. Les personnages éparpillés sur deux continents depuis le début convergent les uns vers les autres pour des rencontres très attendues. 

dimanche 27 août 2017

C'était la semaine où... (#34)




...comme Chouchou dort vraiment très mal depuis quelques semaines, on a instauré la règle "Au lit à 22h sans écrans". Je savais que le livre en papier de bois d'arbre ferait un comeback triomphant dans l'autre moitié de notre lit, un jour.

...NeoOffice s'est mis à jour tout seul, perturbant salement mes habitudes de travail à moins de 48h d'une remise de trad. Je n'ai pas réussi à trouver comment "fixer" la police dans la fenêtre de caractères spéciaux; du coup chaque fois que je dois taper un "ç", un "à", un "é" majuscule ou un e dans l'o, c'est le drame.

vendredi 25 août 2017

"Le tango d'Antonella" (Magali Le Huche)


Antonella vit au dernier étage de son immeuble. De là, elle peut appeler ses amis les oiseaux et les cacher dans son immense chevelure pour aller danser le tango - sa grande passion. Un jour, un aviateur prénommé Helmut s'écrase dans un arbre voisin. C'est le coup de foudre. Mais Antonella est une passagère problématique, et Helmut un piètre danseur. Les deux tourtereaux trouveront-ils quand même le moyen de vivre leur histoire? 

Après "Verte" et "Eléctrico 28", "Le tango d'Antonella" est le 3ème album jeunesse de l'illustratrice Magali Le Huche par lequel je me laisse charmer. Ici, elle signe également le scénario, dans une même veine tendre et joyeuse à la fois, pleine d'une fantaisie qui enchante le quotidien et donne envie de vivre dans un de ses albums. Au passage, elle glisse une invitation à accepter l'autre tel qu'il est et à se créer une façon de vivre taillée sur mesure. Je suis définitivement fan. 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture. 



jeudi 24 août 2017

"Le gang des rêves" (Luca di Fulvio)


1909. Cetta Luminati a quinze ans et un bébé de six mois quand elle quitte sa famille et son Italie natale pour se rendre aux Etats-Unis. A leur arrivée, son fils est rebaptisé Christmas et la jeune fille attire l'attention de Sal, un gangster laid et bourru qui l'envoie travailler dans une maison close. Mais rien ne peut entamer la détermination de Cetta: grâce à elle, son fils sera américain. 

1922. Christmas rêve de devenir quelqu'un malgré la pauvreté du quartier dans lequel il a grandi. Et pour cela, il ne voit qu'un moyen - devenir un chef de bande respecté. Jusqu'au soir où il sauve une gamine de treize ans qui vient d'être battue, violée, mutilée et laissée pour morte. Ruth Isaacson est issue d'une riche famille juive, et en dépit de tout ce qui les sépare, Christmas tombe immédiatement et violemment amoureux d'elle...

Un roman historique qui parle du rêve américain, mais aussi de la fascination exercée par la radio et par le cinéma. Une chronique sociale qui dit la misère des immigrés, le désespoir ou la criminalité auxquels ils sont poussés, les tensions communautaires, le racisme ordinaire envers les Noirs, les violences faites aux femmes. Une histoire d'amour impossible à première vue et pourtant plus fort que tout. Une série de portraits magnifiques, extraordinairement vivants et humains. "Le gang des rêves" est tout cela et bien plus encore. Une saga réaliste et bien documentée, comportant des scènes très dures, et qui déborde pourtant d'énergie et d'espoir. Près de mille pages dans lesquelles on s'absorbe totalement et dont on regrette de voir arriver la fin. Mon gros coup de coeur du mois d'août. 

mercredi 23 août 2017

"My stuff", formidable documentaire sur le minimalisme


Petri Luukkainen, jeune auteur et réalisateur finlandais, est en pleine crise existentielle. Quand sa petite amie l'a quitté trois ans plus tôt, il s'est mis à entasser des objets pour combler le vide laissé par son départ. Prenant conscience de l'absurdité de cette attitude, il décide de mener une expérience qu'il documentera avec sa caméra. Il va mettre absolument toutes ses affaires - électroménager, mobilier et vêtements compris - dans une unité de stockage. Puis, pendant un an, il récupèrera un objet par jour, et un objet seulement. Et il n'aura pas le droit d'acheter quoi que ce soit en plus.

Le premier jour, on le voit sortir de chez lui complètement nu avant l'aube, fouiller une poubelle pour y trouver un journal et courir à travers les rues enneigées mais désertes, le journal devant ses parties génitales, jusqu'à son unité de stockage où il récupère un manteau. Il dort enveloppé dans celui-ci à même le sol de son appartement vide. Le second jour, il attend qu'il soit presque minuit pour pouvoir récupérer deux objets d'un coup: une couette et une paire de chaussures. Au bout d'une semaine, il parvient à retourner au travail, et très vite, il laisse passer plusieurs jours sans se rendre à son unité de stockage.

mardi 22 août 2017

C'chicounou




Nous étions déjà fans de l'Oriento, le deuxième restaurant bruxellois du jeune chef Georges Baghdi Sar, mais nous n'avions pas encore testé son "bar à tapas libano-syrien" situé non loin de la place Flagey - une omission réparée depuis vendredi soir! 

Curieux de goûter un maximum de choses, nous avons choisi le menu dégustation pour 2 personnes comprenant 3 entrées froides, 2 entrées chaudes, 2 grillades et 2 salades pour 38€, plus une eau pétillante pour Chouchou et un verre de Syrah pour moi (d'habitude, j'évite de boire du vin rouge le soir, mais je raffole de celui-là pour son côté très parfumé et râpeux à la fois). 




Servis assez rapidement (il n'était que 19h et la salle était encore presque vide), nous nous sommes partagé des feuilles de vigne, une aubergine fumée en sauce et surtout un moutabale peu photogénique mais sublime à s'en lécher les doigts. 




Après ça, des petites saucisses boeuf-agneau piquantes (il en manque deux dans le plat, déjà englouties avant que je pense à faire une photo) et une portion généreuse de foul mdamas: des fèves à la crème de sésame et au citron, une véritable tuerie engloutie sans le moindre remords vu que, hé, les légumes secs, c'est excellent pour la santé!




Pour conclure, brochette d'agneau et gambas grillées avec leur petite salade verte. Et comme à ce stade on n'avait plus faim du tout, on s'est passés de dessert. C'était un repas excellent, et nous reviendrons volontiers chez C'chicounou. Deux bémols cependant: la salle devient assez bruyante quand elle se remplit (à partir de 19h30 ce jour-là), et le restaurant n'accepte que les paiements en liquide.

Rue de la Levure 29
1050 Bruxelles
Ouvert du lundi au samedi, de 18h à 23h

lundi 21 août 2017

Sale touriste




D'après tout ce que je lis sur internet et les commentaires que me laissent aimablement des gens auxquels je n'ai jamais demandé leur avis sur la question, il n'existe qu'une seule bonne manière de voyager: à savoir, s'immerger dans la Natûûûre. Si tu vas en Norvège, il faut voir des fjords. Si tu vas au Maroc, te balader dans le désert à dos de chameau. Si tu vas en Thaïlande, arpenter la jungle autour de Chiang Mai est le minimum syndical. Pour les USA, New York est une destination tolérable grâce au cinéma qui a surexcité l'imaginaire collectif à son sujet, sinon, c'est tournée obligatoire des parcs nationaux. On est prié de s'extasier dûment sur le bon air pur, la faune et la flore sauvages, les paysages quand même autrement plus grandioses que nos villes bétonnées. Sinon, on n'est pas un voyageur - juste un sale touriste moutonnier. Nonobstant le fait qu'il y a sans doute autant de vacanciers étrangers dans les fjords norvégiens, le désert marocain et la jungle thaïe qu'à Oslo, Marrakech ou Bangkok, et que si l'endroit était aussi sauvage que le fantasment ceux qui en font la pub, ils ne seraient jamais arrivés jusque là en premier lieu. 

dimanche 20 août 2017

C'était la semaine où... (#33)




...nous avons décidé de ce que nous voulions faire en Irlande début octobre. Pas de road trip en fin de compte, mais deux villes au lieu d'une: Galway (qui l'a emporté d'une courte tête sur Cork) et Dublin, avec peut-être une journée à Kilkenny au milieu. Pour voir la Chaussée des Géants qui se trouve tout au nord, il faudra revenir une autre fois.

...j'ai lancé une nouvelle ronde de poches et, malgré une période traditionnellement hyper creuse sur les blogs, reçu 30 demandes d'inscription - dont deux qui sont hélas arrivées trop tard. Que les participantes n'oublient pas de m'envoyer le titre de l'ouvrage qu'elles ont choisi de faire découvrir à leur correspondante, et d'accuser réception de celui qui leur est parvenu!

"Ornithomaniacs" (Daria Schmitt)


La mère de Niniche veut faire d'elle un phénomène de foire. Il faut dire que l'adolescente de quatorze ans est née avec deux petites ailes de plumes dans le dos... et ne rêve que de se les faire enlever. Un jour, croyant se rendre dans une clinique recommandée par son amie Tina, elle tombe sur deux étranges personnages: Icare momifié et le professeur Balaeniceps Rex. Tous deux se proposent avec enthousiasme de lui apprendre à voler. Mais leur dévouement est intéressé, et bientôt, le piège se referme sur Niniche...

Si c'est le somptueux graphisme de cette bédé qui a d'abord attiré mon attention en librairie, je peux vous assurer que je n'ai pas non plus été déçue par son histoire. A la fois dessinatrice et scénariste, Daria Schmitt livre ici une fable gothique envoûtante, sorte d'"Alice au pays des oiseaux" d'une centaine de pages en noir et blanc très dense. D'abord onirique et cruelle,  elle finit par basculer dans la légèreté et l'absurde sur le dernier quart. Mais même si ce changement de ton peut désarçonner, "Ornithomaniacs" reste un régal pour les yeux comme pour l'imagination.




jeudi 17 août 2017

"Art is comic" au MIMA: où sont les femmes?




C'est en avril dernier, après les attaques terroristes à Bruxelles, qu'est née l'idée de cette exposition: une réponse humoristique à la haine. Le concept est merveilleux et bien exécuté, avec des artistes dont le travail met en lumière les travers de la société qui contribuent à alimenter la violence et les tourne habilement en ridicule, tout en conservant un côté généralement esthétique et accessible à tous (chose assez rare dans l'art contemporain pour être soulignée).

"Une histoire des abeilles" (Maja Lunde)


Angleterre, 1851. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Cependant, la découverte de l'apiculture réveille son orgueil échu: pour impressionner son fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire. 
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle: son unique fils, converti au végétarisme, rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée par l'inquiétante disparition des abeilles? 
Chine, 2098. Les insectes ont disparu. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser la nature à la main. Pour son petit garçon, elle rêve d'un avenir meilleur. Mais lorsque ce dernier est victime d'un accident, Tao doit se plonger dans les origines du plus grand désastre de l'humanité. 

Si vous vous intéressez un tant soit peu à l'actualité et surtout à l'écologie, vous n'avez pu manquer d'entendre les avertissements au sujet de la mortalité effarante des abeilles, en raison des pesticides et du changement climatique. Il est probable que l'espèce disparaîtra dans un avenir proche, bouleversant l'agriculture mondiale et entraînant des famines un peu partout. C'est donc à un sujet particulièrement anxiogène que s'attaque l'auteure norvégienne Maja Lunde dans son premier roman pour adultes.

Et pourtant, au premier abord, il semblerait que la question des abeilles ne soit qu'un accessoire pour parler de lien parental et de transmission. William et George, les narrateurs dont le récit se déroule pendant l'histoire connue, sont avides de léguer quelque chose à leur fils presque adulte et désespérés de voir celui-ci leur échapper un peu plus chaque jour. Pour Tao en revanche, il ne s'agit pas de perpétuer un quelconque héritage familial mais bien de permettre à son fils de 3 ans d'accéder à une condition meilleure que la sienne dans un futur extrêmement lugubre où hormis pour les élites, les gens ne mangent plus à leur faim et n'ont aucune perspective d'épanouissement professionnel ou personnel.

En alternant les contextes à chaque chapitre, l'auteure tisse une toile au coeur de laquelle les passions individuelles s'inscrivent dans un contexte plus large aussi bien dans l'espace que dans le temps, et assez richement documenté pour faire froid dans le dos. Si vous cherchez un bouquin feel good, passez votre chemin: "Une histoire des abeilles" n'est pas pour vous. Si en revanche vous êtes prêt pour de l'anticipation qui alarme et fait réfléchir, vous devriez prendre plaisir à la lecture de ce roman original, bien écrit et plaisamment traduit. 

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture.

mardi 15 août 2017

Trois intentions pour la rentrée




Oui, je sais, on est à peine le 15 août. Mais déjà, on sent un début de reprise d'activité. Les soldes sont terminés et les collections automne-hiver ont fait leur apparition dans les magasins; mes éditrices et mes interlocuteurs pour les deux blogs rentrent peu à peu de vacances; quant à la météo, à Bruxelles, elle a viré à l'automne depuis belle lurette. Surtout, j'ai passé un séjour affreux chez ma mère, au point que j'ai renoncé à en raconter les trois derniers jours ici, et quitté Toulouse dans un état moral assez pitoyable. Du coup, j'ai besoin de me fixer des objectifs pour avancer au lieu de pleurnicher sur des choses qu'il n'est pas en mon pouvoir de changer. Voici donc mes trois intentions principales pour la rentrée.

dimanche 13 août 2017

"Petites surprises sur le chemin du bonheur" (Monica Wood)


Ona Vitkus a quitté sa Lituanie natale lorsqu'elle avait 4 ans pour émigrer aux USA avec ses parents. Désormais âgée de plus d'un siècle, elle vit seule depuis longtemps quand elle se lie d'amitié avec le jeune scout envoyé pour l'aider tous les dimanche. Puis le jeune scout décède, et c'est son père, musicien passionné mais géniteur déficient, qui entreprend d'honorer le contrat passé avec la vieille dame. Très vite, il découvre que l'enfant avait mis une idée folle dans la tête de celle-ci: entrer au Livre Guinness des Records...

Ne vous fiez ni à son titre un peu cucul, ni à son illustration de couverture intrigante. Dans "Petites surprises sur le chemin du bonheur", il n'est pas question de baleines volantes ou de leçons de développement personnel, mais d'un petit garçon très spécial qui m'a parfois rappelé T.S. Spivet, de son père qui fuit depuis toujours les responsabilités affectives et d'une vieille dame bourrue mais attachante, bien décidée à ne pas céder aux indignités du grand âge. De la façon dont ils vont s'apprivoiser (parfois à contrecoeur), se soutenir et s'aider, et de ce que cela changera de fondamental dans leur existence.

Monica Wood, dont c'est le premier roman, alterne passé et présent d'une façon qui dynamise son récit et évite de le rendre trop larmoyant - puisque pour le lecteur, l'enfant est encore présent à chaque étape de l'histoire. Sans passer outre l'injustice du deuil et ses effets dévastateurs, notamment sur la mère, l'auteure sait insuffler à son récit un puissant élan de vie et d'espoir. Si vous avez lu et aimé "Vieux, râleur et suicidaire - la vie selon Ove" et "Ma grand-mère vous passe le bonjour" de Fredrik Bakman, ou si vous cherchez tout simplement un roman humaniste qui fasse chaud au coeur, je vous recommande la lecture de "Petites surprises sur le chemin du bonheur". Pour ma part, je l'ai dévoré d'un trait ce dimanche...

Merci aux éditions Kero pour cette lecture.

Ronde de poches de la rentrée




Pour ce mini-swap, je vous propose d'envoyer à quelqu'un un livre que vous avez particulièrement aimé, et recevoir de quelqu'un d'autre un livre que lui-même a particulièrement aimé. Du coup, le choix des ouvrages ne tiendra pas compte des goûts du destinataire. En effet, je me suis aperçue lors des rondes de poches précédentes qu'en indiquant des thèmes spécifiques, une proportion significative de participants recevaient des livres qu'ils avaient déjà lus, et je me suis dit que ce serait plus sympa que chacun sorte de sa zone de confort littéraire et, avec un peu de chance, fasse une vraie découverte.

samedi 12 août 2017

Please welcome: Moody & Cookie!




Durant notre séjour à Oslo, nous avons décidé que nous voulions que les voyages prennent une part de plus en plus grande dans notre vie. Notre objectif principal est désormais de trouver des moyens d'en faire davantage, et de les mettre en valeur le mieux possible. Dans cette optique, nous avons créé un nouveau compte Instagram: @moodyandcookie. Nous avons commencé par y republier des photos de nos vacances norvégiennes qui avaient déjà été vues sur le compte de Chouchou, mais à partir de maintenant, nous ne l'alimenterons qu'avec des images inédites. Afin de toucher un public plus large, tous les textes seront en anglais et mélangeront infos touristiques et point de vue personnel. J'espère vous y retrouver nombreux!

vendredi 11 août 2017

[TOULOUSE] Toulousescape: Le mystère de la dame rouge




Pour cette seconde salle de la semaine, réputée très difficile selon les avis des joueurs passés avant nous, Chouchou et moi avions fait appel à notre copain Kettch que nous n'avions pas réussi à voir depuis longtemps et qui se trouvait justement en vacances à Toulouse en même temps que nous. Il n'avait encore jamais eu l'occasion de tester un escape game; c'était donc une bonne occasion!

Lily Black a été assassinée dans des circonstances étranges - puis, l'un après l'autre, tous les membres de sa famille proche. Chaque fois, une mystérieuse dame habillée tout de rouge a été aperçue sur les lieux. Alors que nous enquêtons sur cette série de crimes, nous sommes enlevés, et c'est donc les yeux bandés, guidés par notre maître de jeu Sandrine, que nous pénétrons dans la salle de jeu...

jeudi 10 août 2017

[TOULOUSE] Adventure Rooms: Le tour du magicien




Si nous avions déjà fait les deux salles actuellement proposées par l'Adventure Rooms de Toulon, nous n'avions en revanche essayé aucun des scénarios (tous différents car développés au niveau local) proposés par l'antenne toulousaine de cette franchise. Sur les quatre disponibles, j'ai choisi "Le tour du magicien" pour son thème original - nous commençons à en avoir un peu marre des décors de bureaux et de laboratoires ainsi que des évasions ou cambriolages en tout genre. 

mercredi 9 août 2017

Une semaine à Toulouse #6




Mardi

8h30. Je suis réveillée depuis un quart d'heure et traîne au lit avec un début de migraine virulent, quand soudain! Le jardinier de ma mère commence à passer la tondeuse devant la fenêtre ouverte de notre chambre. J'ai rarement imaginé autant de façons de trucider quelqu'un en aussi peu de temps. 

Aujourd'hui, donc: 18° et pluie. La robette et les sandales étant exclues, je me décide à me rabattre sur un vieux jean à genou troué que j'avais laissé ici du temps de la maladie de mon père. C'est du 38 et je rentre encore dedans, alléluia! Par contre, je n'avais pas porté de pantalon depuis 3 ans (ou 4?) et je me sens horriblement négligée avec mon T-shirt et mes Converse basses.

mardi 8 août 2017

Une semaine à Toulouse #5




Lundi

"Hé ben, avec vous, y'a jamais de restes!". Seigneur, empêchez-moi de répondre: "Oui, mais je ne petit-déjeune pas et je ne m'enfile pas deux plaques de chocolat plus un paquet de biscuits dans l'après-midi; du coup, une cuisse de poulet et une portion de salade de tomates, ça ne me paraît pas délirant comme lunch". 

Il a l'air de faire moins chaud aujourd'hui; je vais mettre ma robe noire en dentelle anglaise bien épaisse entièrement doublée. 

lundi 7 août 2017

Une semaine à Toulouse #4




Dimanche

Les tomates sont trop grosses; la pâte feuilletée sortie prématurément du frigo refuse de se décoller du papier sulfurisé; on n'a pas de cercle à tarte. Je prédis un énorme ratage. 

...Finalement, ma Tatin de tomates est méga bonne. Pour le recyclage dans la voyance, je crois que c'est mort.

dimanche 6 août 2017

Une semaine à Toulouse #3




Samedi

La moitié du temps, on ne m'écoute pas quand je parle; l'autre moitié, on entend l'inverse de ce que j'ai dit - et en plus, on m'engueule. Je suis à deux doigts de la crise de nerfs. 

Un des bébés de Huan Huan est mort dans la nuit, Darklulu est au plus mal. 

samedi 5 août 2017

Une semaine à Toulouse #2




Vendredi 

Je n'ai toujours pas reçu le virement qui devait arriver sur mon compte fin mai, puis fin juin, puis fin juillet - et bien entendu, pas davantage le virement suivant prévu pour fin juillet. J'essaie de rester calme, mais plus de 5000€ de trou dans ma trésorerie, ça fait mal.

Ma mère hurle dix bonnes minutes sur sa souris sans fil qui ne fonctionne pas, dans le registre: "Heureusement qu'on m'avait dit qu'il n'y avait jamais de problème avec les Mac!" ("on" = moi, qui me trouve dans la pièce voisine), avant de se rendre compte qu'elle a oublié de l'allumer.

"Le début des haricots" (Fanny Gayral)


Médecin urgentiste, Anna consacre toute sa vie et son énergie à ce métier qu'elle adore, mais où elle se trouve entièrement sous la coupe de son père - un éminent cardiologue qui terrorise tout son entourage. Le jour où elle commet une grave faute professionnelle, la jeune femme craint d'avoir fichu sa carrière en l'air. Alors, au lieu de se rendre au prestigieux congrès où elle doit présenter le résultat des travaux de son père, elle s'inscrit sur un coup de tête à un stage de psychothérapie intégrative. Elle ne croit pas beaucoup à ce qu'elle considère comme du blabla ésotérique, mais à ce stade, elle a grand besoin que quelque chose change dans sa vie...

Premier roman d'une médecin qui non seulement sait de quoi elle parle, mais qui possède aussi un joli brin de plume, "Le début des haricots" raconte avec beaucoup d'humour comment la méditation et la thérapie de groupe vont permettre à une jeune femme trop docile, depuis toujours sous l'emprise d'une figure paternelle écrasante, de se trouver elle-même et de choisir sa propre voie. Parfois, nous dit-il, les catastrophes sont l'occasion d'un nouveau départ, et ce qu'on prend pour la fin de tout n'est en fait que le commencement de quelque chose de meilleur. Un roman sympathique, résolument positif et optimiste. 

Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture. 

vendredi 4 août 2017

Une semaine à Toulouse #1




Jeudi

S'il y a de la clim' dans cet Intercités, on ne peut pas dire qu'elle fasse beaucoup d'effet. Le grand jeu des cinq prochaines heures: bouger le moindre possible et ne pas me toucher moi-même.

Identification d'un nouveau super-pouvoir pourri: systématiquement choisir un mauvais bouquin pour meubler mes longs trajets.

jeudi 3 août 2017

"La beauté des jours" (Claudie Gallay)


Jeanne a 43 ans, un mari épousé très jeune, des jumelles qui ont quitté la maison pour étudier dans la ville voisine de Lyon et un emploi de guichetière à la Poste. Elle aime savourer son macaron du mardi, regarder passer le train de 18h01 en imaginant la vie des gens à l'intérieur, guetter le renard qui vient parfois boire dans son jardin, monter à Dunkerque tous les ans pour les vacances d'été. Son existence routinière et plaisante lui convient parfaitement. Jusqu'au jour où un cadre se déroche de son mur, lui rappelant l'intérêt qu'elle portait autrefois à l'artiste slave Marina Abramović. Presque au même moment, Jeanne tombe par hasard sur son ancien amour de lycée, Martin, revenu dans la région pour restaurer une chapelle. Deux fenêtres s'ouvrent pour elle sur de nouveaux horizons, la poussant à s'interroger sur ses aspirations profondes et inavouées...

Si les narratrices de "Seule Venise", "Les déferlantes", "L'amour est une île" ou "Une part de ciel" se caractérisaient toutes par leur solitude, leur déracinement et leur perte de repères familiers, Jeanne est tout l'opposé: fermement attachée à la terre qui l'a vue naître et à sa famille paysanne toute proche, épouse et mère apparemment comblée qui trouve une forme de plénitude dans ses habitudes bien ancrées. Pourtant, elle aussi va tout remettre en cause: d'abord en se prenant de fascination pour une artiste aux performances extrêmes, parfois dérangeantes, qui interrogent son rapport à ses propres peurs; puis en renouant avec un homme très différent de son mari qui va aiguillonner sa soif nouvelle de culture et lui faire porter un regard critique sur l'amour solide mais prévisible qu'elle partage avec Rémy. 

Comme toujours, Claudie Gallay s'attache à décrire dans un style très simple et avec beaucoup de minutie des choses apparemment anodines qui, mieux que n'importe quelle réflexion alambiquée, mettent en évidence la mécanique de l'âme de son héroïne. Pleine de pudeur, sa littérature du quotidien et de l'ordinaire est parfois traversée de formules fulgurantes comme "l'émerveillement de vivre ce que l'on a déjà commencé à perdre" ou "on cherche à se comporter au mieux devant l'inéluctable".  "La beauté des jours" pourrait être une ode à la pleine conscience si cette expression ne semblait pas parfaitement déplacée dans l'univers sans affectation de Jeanne. C'est un roman qui parle des choix fondamentaux tapis dans chacun de nos gestes, parfois à notre insu et parfois de façon très délibérée. Un roman que, sans surprise, j'ai adoré. 

Merci aux éditions Actes Sud pour cette lecture en avant-première!

mercredi 2 août 2017

Envies d'août




Voir "Hirune Hime" au cinéma
Manger un bibimbap au Boli Café
Se faire un goûter-lecture au Chapristea
Tester les cocktails du Fat Cat ou de l'Apothicaire
Essayer la salle "Dame rouge" de Toulousescape
Aller dîner au C'chicounou
Boire un verre sur la terrasse du Grand Casino Viage
Aller voir l'expo de street art The crystal ship
Commencer une série de livres photos avec les jolies couvertures Rifle Paper
Lire le nouveau Lola Lafon
Organiser (peut-être) un swap de rentrée
Préparer le voyage en Irlande de début octobre
Mener à bien mon challenge pompes

mardi 1 août 2017

Lectures de Juillet 2017




ROMANS
- La maison au bord de la nuit (Catherine Banner) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- La librairie de la place aux herbes (Eric de Kermel) ♥︎♥︎
- Rotherweird (Andrew Caldecott)
- How to stop time (Matt Haig) ♥︎♥︎
- La mélodie familière de la boutique de Sung (Karin Kalisa) ♥︎♥︎♥︎
- La fourmi rouge (Emilie Chazerand) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Le parfum des fraises sauvages (Angela Thirkell) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Not working (Lisa Owens) ♥︎
- One of us is lying (Karen M. McManus) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Il est temps de suivre un régime et d'apprendre à voler (Michelle Ballanger)
- Today will be different (Maria Semple) ♥︎
- Dernier été à Tokyo (Cécilia Vinesse) ♥︎♥︎♥︎
- Less (Andrew Sean Greer) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- L'homme de la mer (Jang Deok-Hyun) ♥︎♥︎
- Dernière heure T1 (Yû) ♥︎
- J'aime le nattô (Julie Blanchin Fujita) ♥︎♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- Milk and honey (Rupi Kaur) ♥︎♥︎♥︎

"Less" (Andrew Sean Greer)


Arthur Less voit approcher son cinquantième anniversaire avec une certaine anxiété. Son éditeur a refusé son troisième roman, et l'homme avec qui il vient de passer 9 ans épouse bientôt quelqu'un d'autre. En quête d'un prétexte pour ne pas assister au mariage, Less décide d'accepter toutes les invitations qu'on lui a envoyées. Il ira à New York pour interviewer un auteur bien plus connu que lui, au Mexique pour faire une conférence, en Italie pour assister à la remise d'un prix qu'il ne remportera probablement pas, en Allemagne pour donner un cours universitaire, au Maroc pour participer à un voyage organisé en l'honneur des 50 ans d'une inconnue, en Inde pour faire une retraite et tenter de rattraper son manuscrit, et enfin au Japon pour écrire un article sur le kaizeki...

Après "Les vies parallèles de Greta Wells" (que j'ai adoré) et "L'histoire d'un mariage" (qui m'a laissée plutôt froide), "Less" est le troisième roman d'Andrew Sean Greer que je lis, et j'avoue avoir été époustouflée par la capacité de cet auteur à traiter des thèmes aussi différents dans un style nouveau à chaque fois. Ici, sa prose est un véritable enchantement, fluide et désinvolte, vivace et éloquente, subtile et ironique.

J'aurais aimé "Less" même si le sujet m'avait moins touchée - mais il se trouve qu'en plus de l'écriture brillante, le thème avait tout pour me plaire. Less est un héros inattendu, qui pourrait verser dans le pathétique voire le ridicule s'il n'était si humain donc si touchant. Au fil de ses mésaventures cocasses, de ses découvertes culturelles et de ses rencontres improbables, il fait la paix avec son passé, apprend à profiter du présent et à porter sur l'avenir un regard plus serein. A la fois comédie fine, ode au voyage et incitation à la pleine conscience, ce roman est pour moi un très gros coup de coeur.

"- Strange to be almost fifty, no? I feel like I just understood how to be young.
- Yes! It's like the last day in a foreign country. You finally figure out where to get coffee, and drinks, and a good steak. And then you have to leave. And you won't ever be back."

"It is, after all, almost a miracle they are here. Not because they've survived the booze, the hashish, the migraines. Not that at all. It's that they've survived everything in life, humiliations and disappointments and heartaches and missed opportunities, bad dads and bad jobs and bad sex and bad drugs, all the trips and mistakes and face-plants of life, to have made it to fifty and to have made it here: to this frosted-cake landscape, these mountains of gold, the little table they can now see sitting on the dune, set with olives and pita and glasses and wine chilling on ice, with the sun waiting more patiently than any camel for their arrival. So, yes. As with almost every sunset, but with this one on particular: shut the fuck up."

EDIT 8/2/19: Désormais disponible en français sous le titre "Les tribulations d'Arthur Mineur", dans une traduction de Jacqueline Chambon.