dimanche 30 juillet 2017

C'était la semaine où... (#30)




...la dame assise à côté de moi dans le TGV a reçu un coup de fil pour l'informer du suicide d'une de ses amies; du coup, elle a passé le reste du voyage à téléphoner en sanglotant bruyamment et en se mouchant dans un Kleenex vite désintégré. Coincée contre la fenêtre, j'aurais donné cher pour être ailleurs.

...pendant mon absence, j'ai reçu une mystérieuse lettre recommandée avec accusé de réception qui, comme je ne suis pas allée la chercher à temps au bureau de Poste, est repartie à son expéditeur sur Paris. J'ai déclaré mes revenus 2016 avant la date-butoir; je ne dois de sous à personne et je ne risque pas d'avoir chopé une contravention vu que je ne conduis pas. Tout de même, ça me turlupine.

"Dernier été à Tokyo" (Cecilia Vinesse)


Sophia, 17 ans, a une semaine pour dire au revoir à Tokyo et à son groupe d'amis expatriés. Mais ses adieux sont gâchés par le retour de Jamie, avec qui elle a toujours eu une relation compliquée. Alors que tout s'écroule autour d'elle, Jamie se révèle pourtant le seul sur qui elle peut compter. Peut-être n'est-il pas trop tard pour leur histoire? Mais que peut-on construire, quand on n'a que sept petits jours? 

D'un côté, les histoires d'amour - a fortiori, les bluettes adolescentes - m'ennuient généralement à mourir. De l'autre, je suis preneuse de tout ce qui peut me ramener à Tokyo par la pensée. Alors malgré quelques réticences, je me suis lancée dans la lecture de "Dernier été à Tokyo".

Comme je m'y attendais, la relation de Sophia et Jamie est parfaitement prévisible et dénuée d'intérêt. La bonne surprise, c'est qu'elle ne prend au final que peu de place. L'essentiel du roman est consacré à l'amour de Sophia pour sa ville d'adoption, dont Cecilia Vinesse restitue parfaitement l'atmosphère (du moins, pour les quartiers où se déroule l'action).

Au gré du compte à rebours indiquant le temps qu'il lui reste à passer à Tokyo, l'auteure sait faire sentir l'impuissance et la frustration de son héroïne - par ailleurs assez gamine et fadasse - face à un changement de vie qu'elle n'a pas choisi et qu'elle rejette de toutes ses forces. Même si mon adolescence n'a pas eu grand-chose de commun avec celle de Sophia, j'ai retrouvé dans "Dernier été à Tokyo" assez d'émotions connues pour me faire oublier son accumulation de clichés amicaux et amoureux. 

samedi 29 juillet 2017

Tostaky-Chantilly




Je suis assise sur une des banquettes en velours vert de la brasserie où j'aime venir bouquiner l'après-midi. Un thé glacé trop sucré devant moi, je lis l'histoire d'un auteur bientôt quinquagénaire confronté à son propre vieillissement. J'ai les pieds gonflés dans mes sandales à talon et je transpire dans ma robe en lin rose pâle. Tout à l'heure, j'ai déjeuné avec une amie et sa fille de 15 ans qui mesure une tête de plus que moi; on a parlé de la sexualité des ados et je me suis sentie antique en repensant à mes premières expériences - si loin. Mon esprit vagabonde. Il serait temps de commencer à organiser notre prochain séjour en Irlande. Vaut-il mieux que j'achète un lave-vaisselle ou que je mette des sous de côté pour changer mon MacBook rapidement? Avec tous les magasins de fringues qu'il y a dans le centre-ville, c'est quand même fou de ne pas réussir à trouver UN débardeur noir en coton épais avec des bretelles un peu larges. Est-ce qu'on réserve un escape game pendant les vacances à Toulouse? Dans un coin de la salle s'élèvent, en sourdine, les premières mesures d'une de mes chansons préférées de tous les temps.

Nous survolons des villes, des autoroutes en friche...

vendredi 28 juillet 2017

"Aujourd'hui tout va changer" (Maria Semple)


Eleanor Flood a conscience qu'elle fait n'importe quoi. Mais aujourd'hui, tout va changer. Aujourd'hui, elle va se doucher et s'habiller. Elle ira au yoga après avoir déposé son fils à l'école. Elle ne jurera pas. Elle prendra l'initiative de faire l'amour avec son mari. Elle achètera local et irradiera le calme. C'est sans compter la relique du passé qui va surgir dans sa vie - l'ébauche d'un roman graphique mettant en scène la soeur à qui elle ne parle plus depuis des années. Et soudain, les objectifs modestes d'Eleanor vont voler en éclats...

D'entrée de jeu, on se doute qu'on va avoir affaire à une héroïne aussi barrée que celle de "Bernadette a disparu", une pépite de drôlerie que j'avais adorée à l'époque de sa parution. Hélas! Si Eléanor est tout aussi asociale et névrosée que Bernadette, elle ne possède aucun de ses côtés attachants. Et même si l'auteure tente de le justifier par une enfance difficile, son narcissisme hallucinant la rend très vite antipathique. Tout au long de la journée qu'on passe avec elle, je n'ai cessé de souhaiter que son pauvre mari la trompe voire la quitte et que son malheureux gamin aille se faire adopter par quelqu'un d'autre. Seuls quelques passages mordants mais très justes, généralement des observations sarcastiques sur la société moderne, m'ont empêchée de lâcher "Aujourd'hui tout va changer" en cours de route. Mais jai survolé les 50 dernières pages et poussé un gros soupir de soulagement à la fin. 

mercredi 26 juillet 2017

Où je recommence à faire des projets



Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais depuis sept ans, j'ai cessé de faire des projets d'avenir. 

Au mois de septembre 2010, on a diagnostiqué un cancer à mon père, et j'ai aussitôt mis entre parenthèses mes projets de grands voyages - je ne voulais pas être à l'autre bout du monde si son état empirait brusquement. Pendant deux ans, j'ai vécu entre Bruxelles, Toulon et Toulouse selon un planning soigneusement calculé et en passant une bonne partie de ma vie dans des TGV. Au final, mon père est mort en octobre 2012, et je n'étais quand même pas près de lui ce jour-là. 

"J'aime le nattô" (Julie Blanchin-Fujita)


Expatriée à Tokyo depuis fin 2009, l'illustratrice Julie Blanchin raconte en images ses aventures nippones: ses appartements de style années 70 et ses petits boulots successifs, sa découverte de la nourriture et des coutumes locales, son apprentissage de la langue japonaise, l'ascension du Mont Fuji avec ses parents venus lui rendre visite, les tremblements de terre de mars 2011, sa rencontre avec celui qu'elle finira par épouser... Elle montre ce qu'elle aime et n'aime pas dans ce pays si différent du nôtre, évoque ses particularités plus ou moins connues: les toilettes sidérales, les transports en commun super efficaces, les vélos qui roulent à tombeau ouvert sur les trottoirs mais aussi l'omniprésence des cafards et des cigales asiatiques appelées semis. Malgré un style graphique assez différent, on pense très fort au "Tokyô sanpo" de Florent Chavouet - et on prend le même plaisir à s'immerger de nouveau dans la culture japonaise vue à travers les yeux d'un(e) gaijin. "J'aime le nattô": un mélange de carnet de voyage et de carnet intime très réussi!





mardi 25 juillet 2017

"Bruxelles est un plaizier" au Bozar




Depuis 40 ans, la boutique Plaizier et ses cartes postales qui montrent la ville sous tous les angles sont une véritable institution à Bruxelles. En ce moment, on peut admirer des centaines d'entre elles au Bozar, classées par quartier ou par thème. Une bonne occasion de mesurer l'évolution architecturale de la capitale belge et de découvrir certains lieux - notamment les maisons Art Déco les moins connues. 

lundi 24 juillet 2017

Où j'achète mes jolies robes




Mes Instagram du week-end dernier m'ont valu plein de compliments sur mes robes. C'est drôle, parce que dans mon groupe d'amies à Bruxelles, je ne suis de loin pas la mieux habillée: Sunalee et Gasparde, par exemple, savent coudre et se font des vêtements magnifiques avec des tissus aux imprimés sublimes qu'elles commandent parfois jusqu'à Hong-Kong. Et même si j'admire beaucoup le résultat, je sais que je ne vais jamais pouvoir en faire autant: d'abord je n'ai pas la place d'installer un atelier couture, ni à Bruxelles ni à Monpatelin; ensuite, je ne possède ni la patience ni la précision nécessaires pour me lancer dans ce genre d'entreprise. Du coup, je me rabats sur ce qui est disponible dans le commerce! 

"One of us is lying" (Karen M. McManus)


Ils sont cinq à être collés ce jour-là. La meilleure élève de terminale, l'athlète le plus prometteur du lycée, la princesse du dernier bal de promo, le marginal qui deale de la drogue après les cours, et le blogueur qui dévoile en ligne tous les secrets des autres. Contrairement aux apparences, nous ne sommes pas dans "The breakfast club", et à la fin de l'heure, seuls quatre d'entre eux sortiront vivants de la salle de retenue. Qui a tué le cinquième, et pourquoi?

Attention: roman jeunesse hautement addictif! Je l'ai commencé un dimanche après-midi et terminé le soir même. Même si son style n'a rien d'extraordinaire (les quatre adolescents dont elle présente tour à tour le point de vue ont tous la même voix, si bien qu'il m'arrivait d'oublier qui était en train de raconter ce qui lui arrivait), l'auteure sait distiller les révélations au compte-goutte et maintenir le lecteur en haleine jusqu'à la fin. Elle montre très bien l'influence des média et des réseaux sociaux sur l'opinion publique, l'impact de la révélation des secrets de chacun, la façon dont les quatre suspects sont mis à l'écart par leurs camarades et se rapprochent les uns des autres pour tenter de résoudre le mystère. Au-delà des archétypes initiaux, elle réussit à faire d'eux des personnages plus complexes que prévu, parfois même surprenants et au final tous attachants. Je ne doute pas qu'un éditeur français proposera bientôt une traduction de "One of us is lying".

dimanche 23 juillet 2017

C'était la semaine où... (#29)




...j'ai reçu un service de presse en format numérique, ouvert le fichier sur mon iPad juste pour vérifier qu'il avait bien chargé et relevé la tête une heure plus tard en ayant lu la moitié du bouquin. Oups.

...on m'a proposé un projet tellement secret que j'ai dû signer une clause de confidentialité pour la seconde fois de ma carrière. Même après négociation, l'à-valoir n'est pas considérable, mais ça fera joli sur mon CV. (Et avec un peu de chance, ça se vendra si bien que je me rattraperai sur les droits d'auteur excédentaires - on peut toujours rêver!)

samedi 22 juillet 2017

"Le parfum des fraises sauvages" (Angela Thirkell)


On devrait inventer une appellation de genre rien que pour ces comédies qui se passent dans la campagne anglaise au cours de la première moitié du XXème siècle, dans la belle maison d'une famille noble ou bourgeoise dotée de multiples rejetons et d'autant de domestiques. Ma dernière découverte en la matière s'appelle "Le parfum des fraises sauvages", et c'est un bijou de drôlerie. Contemporaine de ses personnages, l'auteure se moque allègrement d'eux de bout en bout. La matriarche, lady Emily, est une pipelette d'une étourderie ahurissante, qui brasse de l'air à longueur de journée et laisse derrière elle un sillage de chaos. Son mari se méfie des étrangers, trouve l'éducation nuisible et désapprouve le travail des femmes. Leur fille Agnès se pâme d'admiration devant ses trois jeunes enfants qu'elle se cesse de qualifier de "vilains" avec des trémolos d'extase dans la voix, et chaque fois qu'on lui demande son avis, elle suggère qu'on s'adresse plutôt à son mari Robert, car "un homme peut toujours tout arranger". Leur fils David, charmant bellâtre, assume joyeusement de ne s'intéresser qu'à sa propre personne. Les personnages secondaires sont tous ridicules chacun à sa façon propre. Ecrit au premier degré, ce roman serait un portrait consternant des travers de l'époque. Là, il est aussi délicieux que les fruits des bois dont il porte le nom.

jeudi 20 juillet 2017

"La mélodie familière de la boutique de Sung" (Karin Kalisa)


A l'occasion de la semaine cosmopolite de son école, le petit Minh est sommé d'apporter un "objet culturel" de son pays. Et peu importe qu'il soit né dans ce quartier de Prenzlauer Berg, dans l'ancienne Berlin-Est, et n'ait jamais mis les pieds au Vietnam! Sa grand-mère Hien lui vient en aide en exhumant de sa malle aux souvenirs une marionnette en bois traditionnellement utilisée pour des spectacles aquatiques, dont elle se sert pour conter l'histoire de son immigration en Allemagne. 

Emus, les habitants du quartier se prennent de curiosité pour la culture vietnamienne. Les têtes se couvrent de chapeaux de pailles pointus; les élèves adultes affluent dans le cours de langue de Hien; un potager communautaire se crée pour produire des légumes exotiques, et d'étranges ponts de bambou éphémères apparaissent entre les toits des immeubles...

Premier roman d'une auteure spécialiste de la culture asiatique, "La mélodie familière de la boutique de Sung" est une joyeuse ode à la curiosité envers ceux qui ne nous ressemblent pas, un conte résolument optimiste dont tous les personnages voient leur vie enrichie par l'intérêt qu'ils se mettent à porter à des voisins ignorés jusque là. Et si, comme toutes les oeuvres qui promeuvent la tolérance et l'entente entre les peuples, il peut paraître utopique voire carrément naïf, c'est le genre de naïveté qui fait du bien à l'âme et dont nous avons plus que jamais besoin en ce moment. 

Merci aux éditions Héloïse d'Ormesson pour cette lecture.

Trois ans d'escape games, un petit récapitulatif




Ce mois de juillet marque le troisième anniversaire de notre découverte des escape games. Comme nous avons depuis lors testé pas mal de salles dans plein d'endroits différents, j'ai pensé qu'un petit récapitulatif s'imposait pour mes archives personnelles, et aussi parce que ça pourrait intéresser certains d'entre vous en quête d'un bon scénario dans votre coin! (Cliquez sur les noms pour accéder à mes critiques détaillées.)

mardi 18 juillet 2017

J'essaie d'apprendre...




...à demander - de l'aide, ou autre chose - sans avoir honte
...à m'autoriser la tristesse parfois, et à l'exprimer
...à faire la sourde oreille quand mon-cerveau-ce troll est en roue libre
...à ne pas stresser pour des trucs qui n'en valent pas la peine
...à être plus affectueuse même quand je n'ai rien bu

"La fourmi rouge" (Emilie Chazerand)


Vania Strudel a quinze ans et une prédisposition certaine à la lose. D'abord, elle est affectée par un ptosis congénital, une paupière tombante qu'elle planque sous ses cheveux filasses, ni bruns ni blonds. Ensuite, elle joue de l'hélicon, instrument anti-glamour par excellence, vénère Milan Kundera, n'écoute pas la bonne musique et ne porte pas les bons vêtements pour une ado de son époque. Et puis, son père, qui l'élève seul, exerce le métier vaguement flippant de taxidermiste et roule en voiture couverte de moumoute.

Sa meilleure amie Victoire souffre du fish odor syndrome et pue à des kilomètres à la ronde. Son meilleur ami Pierre-Rachid, dit Pirach, a un père fanatique de l'intégration et une mère qui ne cuisine que des plats français bien du terroir. Grâce à leur amitié, Vania semble s'accommoder plutôt bien de son impopularité... mais redoute quand même son entrée prochaine au lycée. Jusqu'au jour où elle reçoit un mail anonyme qui lui enjoint de dépasser ses blocages pour commencer à vivre vraiment - de s'appuyer sur sa singularité pour devenir une fourmi rouge au milieu des fourmis noires...

Vania est une héroïne formidable, une perdante magnifique dont le sens de la répartie fait irrésistiblement penser à Mireille Laplanche dans "Les petites reines". Malgré ses mensonges récurrents, les erreurs qu'elle commet avec une belle régularité, son égocentrisme, sa mauvaise foi et même sa cruauté occasionnelle, sa voix intérieure témoigne toujours d'un humour si mordant qu'on ne peut que s'attacher à cette ado atypique et l'aimer exactement telle qu'elle est. Drôle et intelligent, "La fourmi rouge" est un formidable plaidoyer pour l'acceptation de ses propres différences, avec une fin pleine de sagesse et d'émotion que je m'en voudrais de vous spoiler. Pour moi, LE roman jeunesse de la rentrée littéraire, et sans doute même de l'année 2017.

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture en avant-première!

dimanche 16 juillet 2017

C'était la semaine où... (#28)




...la robe palmier commandée en soldes chez Collectif est arrivée une heure avant la fin de la promo à -25% supplémentaires sur le site de la marque, et elle m'allait super bien. Malgré ça, j'ai résisté à l'envie d'en acheter une autre (avec un motif d'ombrelles japonaises cette fois). Je commence à avoir de nouveau un stock de vêtements d'été à ma taille et ça n'aurait pas été raisonnable.

...du coup, je me suis dit que j'allais faire un tri dans ma penderie, et j'ai essayé tous les trucs que je n'avais pas portés depuis un moment. Bien entendu, je ne rentre plus dans mes robes préférées (la verte avec les pommes, la jaune avec les pois, la crème avec les chats) - alors que j'ai dû les mettre royalement trois fois chacune pour les économiser. Pfffff.

"How to stop time" (Matt Haig)


Tom Hazard a 439 ans et l'apparence d'un jeune quadragénaire. Il a passé sa longue existence à sillonner le monde sans jamais rester plus de quelques années au même endroit, ni oser s'attacher à personne depuis qu'il a dû quitter son unique amour afin de la protéger. Souvent, il a songé à en finir par pure lassitude. Une seule chose l'aide à tenir: l'espoir de retrouver un jour sa fille Marion qui, elle aussi, vieillit au ralenti...

De Matt Haig, j'avais déjà lu "Rester en vie", un mémoire très intéressant sur son syndrome couplé de dépression et d'anxiété, et le roman "Humains" que je n'avais pas adoré (j'aimais l'idée de base, mais je n'ai pas été convaincue par son traitement). Après la place de l'homme dans l'univers, l'auteur se penche ici sur son rapport au temps - un sujet qui me passionne. 

Mais très vite, j'ai été prise par un sentiment de déjà-vu. Ce héros quasi-immortel. Ces chapitres très courts. Ces aller-retour dans l'espace et le temps. Cette société secrète qui veille sur les "albatros" et protège le secret de leur existence avec des moyens aussi brutaux qu'expéditifs. Tout cela me rappelait furieusement "Les quinze premières vies d'Harry August", mais en beaucoup moins bien écrit, avec une histoire nettement moins passionnante et bien entendu sans la fin magistrale. En découvrant que "How to stop time" allait faire l'objet d'une adaptation cinématographique avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal, j'ai juste eu envie de hurler à l'injustice. Je suppose néanmoins qu'à condition de ne pas avoir lu le roman de Claire North, on peut le trouver assez distrayant. 

vendredi 14 juillet 2017

"One day at a time" saison 1




Ex-infirmière dans l'armée américaine, Penelope Alvarez est retournée à la vie civile après une campagne en Afghanistan durant laquelle elle a été blessée à l'épaule. Elle a dû se séparer de son mari Victor, également soldat et souffrant de SPT, et élève désormais ses enfants Elena et Alex avec l'aide de sa mère cubaine, Lydia...

jeudi 13 juillet 2017

"La libraire de la place aux herbes" (Eric de Kermel)


Lasse de sa vie parisienne, Nathalie s'installe dans la charmante petite ville d'Uzès. Mais ses enfants sont assez grands pour avoir quitté la maison et son mari continue à exercer son activité d'architecte dans la capitale, de sorte qu'assez vite, elle s'ennuie. Un jour, elle remarque sur la place aux Herbes un panneau "A vendre" dans la devanture de la librairie locale. Lectrice passionnée depuis toujours, elle décide de se lancer dans l'aventure. Ce sera pour elle l'occasion de faire quelques belles rencontres, et d'influer sur la vie de ses clients autant qu'eux-mêmes enrichiront la sienne...

Narré à la première personne, "La libraire de la place aux herbes" fait d'abord penser à un témoignage qu'aurait recueilli Eric de Kermel. Mais assez vite, le profil bien particulier des clients de Nathalie, le style très littéraire jusque dans les dialogues et les réflexions intimes qui émaillent le texte font réaliser qu'on est en présence d'une fable humaniste. Chaque chapitre se focalise sur une rencontre précise, dresse le portrait d'un client et raconte ce que la libraire et lui s'apportent mutuellement.

C'est de toute évidence un livre destiné aux amoureux des livres, qui évoque des dizaines d'ouvrages français ou étrangers, classiques ou contemporains, connus ou méconnus, et chante même au passage les louanges d'une ou deux maisons d'édition. En plus d'y piocher quelques idées de lecture, les amateurs hocheront sans doute la tête durant les passages où Nathalie parle de la place que la littérature tient dans sa vie, de l'aide qu'elle lui a apportée par le passé, de la manière dont elle l'aide à structurer son rapport à elle-même, aux autres et au monde.

Si j'avoue avoir été quelque peu rebutée par une écriture manquant de fluidité à mon goût, j'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteur dépeint Uzès et en restitue l'atmosphère typiquement provençale. J'ai aimé aussi la bienveillance qui émane de ses propos, la recherche de sérénité sans aveuglement ni mièvrerie que mène son héroïne. Et surtout cette petite phrase prononcée par une nonne: "Il ne faut jamais se priver d'être heureuse", dans laquelle je retrouve complètement ma propre philosophie de vie. 

Merci aux éditions Eyrolles pour cette lecture.

Où j'apprends à faire des cocktails à base de rhum chez Life Is Beautiful




Mardi matin, Chouchou m'annonce: "J'avais complètement oublié, mais j'ai une formation aujourd'hui, de 18h à 21h". Un peu plus tard, sur la page Facebook de mon bar à cocktails préféré, je vois qu'un désistement de dernière minute a libéré une place pour la masterclass qu'ils organisent le soir même - cette masterclass à laquelle j'avais hésité à m'inscrire parce que je suis difficile à faire bouger les soirs de semaine. C'est un signe: j'envoie aussitôt à Karoline et Harouna un message dont le contenu peut se résumer par "Moi! Moimoimoimoimoi!".

mercredi 12 juillet 2017

[BRUXELLES] Escape Prod: Blacksad, détective privé




Il y a quelques mois, nous nous étions beaucoup amusés dans la salle "L'évasion des Dalton". Alors, quand j'ai découvert qu'un second scénario était disponible chez Escape Prod depuis le 1er juillet, j'ai eu très envie d'essayer - et les organisateurs ont eu la gentillesse d'accepter de nous réinviter. 

"Blacksad, détective privé" reste dans l'univers de la bédé, mais cette fois, c'est celui du personnage de Guarino, qui mène des enquêtes dans le New York des années 50. Vêtu des indispensables imper mastic et Borsalino, les joueurs disposent d'une heure pour fouiller le bureau du mystérieux Horloger et y récupérer le carnet contenant les plans d'une odieuse machination à l'encontre de notre héros...

mardi 11 juillet 2017

Travel bucket list




A l'heure où l'envie de voyager me travaille plus que jamais, il m'a semblé intéressant de dresser une liste de tous les endroits que je voudrais vraiment voir un jour. Ce qui ne signifie pas que je refuserai d'aller ailleurs si j'en ai l'occasion... Enfin, disons que ça dépendra de l'ailleurs!

AMERIQUE DU NORD
CANADA: Montréal
CANADA: Vancouver 
USA: International Balloon Fiesta à Albuquerque (mois d'octobre)
USA: Chicago
USA: Hawaï
USA: World Domination Summit à Portland (mois de juillet)
USA: San Francisco*
USA: Seattle

ASIE
CHINE: Hong-Kong
COREE DE SUD: Séoul
INDONESIE: Bali
JAPON: Osaka
JAPON: Zao Kitsune Mura, le village des renards
JAPON: Miyajima, l'île aux daims
MALAISIE: Kuala Lumpur
SINGAPOUR

EUROPE
ALLEMAGNE: Château de Neuschwanstein
ANGLETERRE: Brighton*
ANGLETERRE: Les Cotswolds
ANGLETERRE: Portmeirion
ECOSSE: Glasgow
ECOSSE: Ile de Skye
ESTONIE: Tallinn 
FINLANDE: Aurore boréale en Laponie 
ISLANDE
ITALIE: Côte Amalfitaine
MALTE
POLOGNE: Gdansk
RUSSIE: Saint-Pétersbourg
SUISSE: Train du chocolat et/ou train du fromage au départ de Montreux

OCEANIE
AUSTRALIE: Melbourne
AUSTRALIE: Câliner un koala dans le Queensland
NOUVELLE-ZELANDE

(Oui, j'aime les villes avant tout; non, je ne suis intéressée ni par l'Amérique Centrale et du Sud, ni par l'Afrique.)

dimanche 9 juillet 2017

C'était la semaine où... (#27)




...j'ai atteint et dépassé le seuil de 5000 articles sur ce blog (en un peu plus de 12 ans, donc). Je serais curieuse de voir ce que ça représente comme investissement en heures d'écriture et d'entretien - mais le chiffre me ferait sans doute peur!
...j'ai eu la mauvaise surprise de découvrir qu'un achat de timbres, payé en carte Visa dans un bureau de poste norvégien, avait été comptabilisé par ma banque comme un retrait d'espèces, et que j'écopais donc de 5,26€ de frais pour une dépense de 12,50€! Mon banquier a accepté de me rétrocéder les frais en question mais a été infoutu de m'expliquer le pourquoi du comment. Voilà qui est très rassurant pour mes futures dépenses hors zone euro.
...n'ayant guère envie de cuisiner vers 21h le fond de frigo qui avait survécu à notre absence d'une semaine, j'ai proposé à Chouchou de manger chez Be Burger à notre descente de la navette de l'aéroport. Bonne pioche: ni la déco ni l'ambiance ne sont ma tassé de thé; en revanche nos deux burgers étaient succulents. Sans parler de la sublime mayonnaise à la truffe.
...je me suis remise au boulot après plus d'un mois d'arrêt avec une vague appréhension, comme si je craignais que ces quelques semaines d'inactivité aient suffi à me faire oublier tous mes réflexes. Ce n'était évidemment pas le cas, ouf.
...une éditrice avec qui je n'ai encore jamais bossé en direct, et à qui j'annonçais un délai de traduction d'un mois (deux en comptant large) pour le texte qu'elle envisageait de me confier, alors qu'elle-même estimait qu'il y avait quatre ou cinq mois de travail, a pris peur en pensant que j'allais bâcler le boulot. C'est bien la première fois que ma rapidité se révèle être un handicap. Vais-je réussir à sauver ce contrat? Vous le saurez au prochain épisode - et moi avec.
...j'ai reçu un mail m'annonçant l'ouverture de la seconde salle d'Escape Prod, demandé s'il était possible d'effectuer un test contre un article, récupéré un code de réservation gratuite, contacté nos partenaires dans le crime habituels pour voir si ça les branchait et bloqué un créneau trois jours plus tard. Durée totale de la procédure: une heure à vue de nez. Ca, c'est de l'efficacité!
...autant nous adorons les pâtes de pois cassés, autant notre test de pâtes de lentilles corail a échoué à nous convaincre. Ca n'a pas vraiment de goût, et la consistance n'est pas top non plus.
...apprenant que je n'avais pas été payée fin juin, alors qu'en principe j'aurais déjà dû l'être fin mai, l'assistante d'une autre de mes éditrices s'est lancée à la poursuite du directeur financier de sa boîte qui l'évitait dans les couloirs pour ne pas avoir à lui répondre, en rouspétant que les traducteurs sont des particuliers, pas des entreprises, et qu'à ce titre ils doivent être payés avant tout le monde. Elle est ma nouvelle héroïne.
...ravie d'avoir dégoté, en plus d'un gilet flamants roses à -30%, une jupe chats pas du tout soldée chez Look 50's, j'en ai posté une photo sur Instagram où plusieurs de mes lectrices se sont immédiatement exclamées qu'elles adoraient l'imprimé de ce tissu d'ameublement Ikea. Qui c'est qui va ressembler à un gros coussin avec sa nouvelle jupe?
...Sunalee m'a appris qu'un article du Morgen désignait le Aku Aku comme un des 10 meilleurs tiki bars du monde. Je n'ai qu'une culture ultra-limitée la matière, mais apparemment, je sais reconnaître un très bon cocktail quand j'en goûte un. Un très mauvais aussi - par exemple, ce truc ignoble au goût de fraise Tagada bu samedi après-midi au Roxi, rue du Bailli.
...on a goûté les nouveaux beignets glacés lors de la dégustation organisée par le Dam Sum. C'est pas mauvais du tout, et le beau tote bag à l'effigie de l'année du coq qu'on nous a offert en partant a immédiatement servi à faire des courses chez M&S.
...pendant que je tentais vainement de remonter la fermeture éclair de la robe Claudia d'Emily & Fin chez Mook's, nous sommes tombés sur... Claudia que nous n'avions pas vue depuis notre dernier cours de yoga dans son ancien chez-elle, il y a 2 ans. Le temps file à une vitesse! (Les kilos aussi: j'ai acheté la robe, mais dans la taille au-dessus de celle que je prenais jusqu'ici.)
...j'ai eu ma soeur au téléphone pour l'anniversaire d'Attila. On ne s'était pas parlé depuis Noël dernier; on ne se verra qu'en coup de vent début août, et mon beau-frère, mes neveux et elle passeront Noël prochain en Thaïlande. Il n'y a pas que mon père que j'ai le sentiment d'avoir perdu depuis quelques années.
...pour me distraire, je me suis immergée dans notre projet-encore-secret avec Chouchou, ce qui nous a permis de procéder à son démarrage en milieu d'après-midi. Je vous révèle tout d'ici quelques semaines!

samedi 8 juillet 2017

"La maison au bord de la nuit" (Catherine Banner)


Au large de la Sicile, sur l'île de Castellamare, caillou fertile bercé par le sirocco et les légendes locales, Amedeo Esposito peut enfin poser ses valises. Elevé à l'orphelinat de Florence, ce médecin a un don pour le bonheur. Or, l'île lui réserve bien des surprises. A commencer par l'amour: partagé entre deux femmes, Amedeo fait le choix de bâtir avec l'une. Et qu'importe si l'abandon de l'autre lui coûte sa réputation et son titre de médecin; avec celle qu'il épouse et les quatre enfants qu'elle lui donne - dont Maria-Grazia, la rescapée, la prunelle de ses yeux -, Amedeo restaure une vieille bâtisse surplombant l'océan et rouvre le café qu'elle abritait. 

C'est ici, dans la maison au bord de la nuit, sur fond de guerre ou de paix, de crise ou de prospérité, que quatre générations d'Esposito vont vivre, mourir, aimer, se déchirer, s'effondrer et se relever sous le regard de la sainte patronne locale, Sant'Agata, toujours prompte à réaliser quelques miracles...

Parfois, j'ai envie d'un roman qui va m'apprendre des choses nouvelles. Ou d'un roman au message fort qui me fera avancer dans mes réflexions sur la vie. Ou encore, d'un roman aux héros duquel je peux m'identifier pour rêver aux chemins que je n'ai pas pris, à ceux que je pourrais encore prendre. Et puis parfois, j'ai juste envie de me laisser absorber complètement par une très bonne histoire. Si celle-ci peut, en plus, me transporter ailleurs et me dépayser du tout au tout, c'est un bonus non négligeable. 

Ainsi "La maison au bord de la nuit", premier roman d'une jeune auteure de 28 ans dont je peux vous garantir qu'on n'a pas fini de voir ses ouvrages sur les tables des librairies. Avec une maîtrise étonnante, elle dépeint les relations au sein d'une minuscule communauté insulaire dans ce qu'elles ont de plus beau - la solidarité en temps de crise - et de plus hideux - la violence exercée par les fascistes durant la 2ème Guerre Mondiale. Elle fait vivre sous nos yeux les membres d'une famille, tous imparfaits et profondément humains dans leurs passions comme leurs failles, mais aussi une île qui devient petit à petit un personnage à part entière avec son histoire, ses humeurs et ses mystères. Une île un peu hors du temps au début, et que la modernité finira par transformer presque malgré elle. Bien que "La maison au bord de la nuit" compte plus de 500 pages, c'est trop vite que le vingtième siècle défile dans la salle du café où l'on croit presque sentir l'odeur des espressos, goûter le croquant des boulettes de riz et entendre marmonner les vieux joueurs de scopa tandis que dehors, une chaleur écrasante pèse sur les flancs rocailleux de Castellamare. Un roman prenant. 

Merci aux Presses de la Cité pour cette lecture. 

vendredi 7 juillet 2017

Ce que je retiens de notre séjour à Oslo




★ La ville possède le meilleur système de transport en commun que j'ai jamais utilisé, avec des bus, des trams, des métros et même des ferries super fréquents, ponctuels, propres et confortables, ainsi qu'une app ultra-pratique comme on en voudrait partout. Mais cela a un prix: 10€ le pass journalier, 3,50€ le voyage unique acheté avant de monter dans le véhicule (à bord, c'est pire). Les titres de transport sont vendus dans 3 chaînes de deli omniprésentes à travers la ville: 7 Eleven, Narvesen et Deli de Luca. Il existe un Oslo Pass pour 24, 48 ou 72h qui permet l'accès gratuit aux transports en commun et à certains musées, mais il est très cher et, d'après mes calculs, pas rentable même pour des stakhanovistes des visites culturelles dans notre genre.

J'ai été sidérée par le contraste très important entre les quartiers périphériques, ultra verts et plaisants, et le centre moche comme tout, avec son bord de mer hérissé de vilains immeubles modernes et envahi par la poussière d'importants travaux de construction. J'ai adoré les premiers et pas du tout apprécié le second. Sans véritables artères commerçantes, ce n'est pas un endroit où, même en faisant abstraction de son esthétique douteuse, il est agréable de flâner. 

★ Le brunch ne fait apparemment pas partie des traditions du week-end à Oslo; il est possible d'en trouver, mais le choix est maigre et pas particulièrement excitant. Idem pour les salons de thé - ou j'ai mal cherché, ou ils sont rares et bien cachés. En revanche, les bars à cocktails pullulent un peu partout, et dans certains, il y a vraiment du level. Je pense avoir bu le truc le plus divin de ma vie chez Aku Aku, dans Thorvald Meyers Gate. Les restos sont chers, et hormis pour deux burgers joints (dont un franchement pas terrible), nous avons toujours mangé à notre appartement Air b'n'b, ce qui nous a permis de respecter un budget nourriture raisonnable. 

★ Les musées sont légion, et bizarrement, un chouïa plus abordables que leurs équivalents en France ou en Belgique. Dans le plus cher de ceux que nous avons visités - le Norsk Teknisk Museum, que j'ai adoré -, l'entrée coûtait environ 16€, mais il y avait facilement de quoi s'occuper une demi-journée entière. 

★ Je n'ai jamais vu autant de gens à poil. 90% des statues ne portent pas le moindre vêtement, et au premier rayon de soleil, les autochtones tombent leurs fringues pour s'allonger sur les pelouses en caleçon ou en bas de bikini. Le rapport au corps et à la nudité semble encore plus décomplexé qu'en Suède ou en Finlande. 

★ Comme partout en Scandinavie (du moins, dans les grandes villes), il est possible de passer des vacances entières sans effectuer un seul retrait d'argent local: les cartes de paiement sont acceptées à peu près partout, même pour un montant minime. 

★ Comme partout en Scandinavie, les autochtones parlent un anglais impeccable et sont généralement hyper serviables envers les touristes. 

★ J'ai été bluffée par la beauté du ciel, d'un bleu très vif plein de gros nuages blancs moutonnants comme on n'en voit jamais en Belgique et très rarement en France. Rien que de lever la tête pour les regarder, j'étais en vacances. Mais nous avons sans doute eu de la chance avec la météo.

★ A moins d'être un rat des villes dans mon genre, je dirais que trois jours bien remplis suffisent pour voir l'essentiel de la capitale norvégienne, donc n'hésitez pas à vous y rendre juste pour un grand week-end!

jeudi 6 juillet 2017

[OSLO] The escape games: Mystery of the pirate ship




J'avoue: c'est avec beaucoup d'hésitation que j'ai réservé un escape game à Oslo. Entre l'escape game assez nul que nous avions fait fin mars à Lausanne et le vraiment très mauvais testé à Lille début juin, je commençais à craindre qu'on soit trop blasés pour les salles "ordinaires" - et même plusieurs années après le début du phénomène, les salles vraiment originales restent difficiles à trouver en Europe hors Budapest. Or, investir une centaine d'euros à deux pour une heure à ne pas s'amuser, ça fait un poil chérot! Mais finalement, l'escape game local qui avait les meilleures appréciations sur Trip Advisor proposait une salle à thème pirates - un truc qu'on n'avait pas déjà fait, et qui est assez irrésistible pour moi comme en témoigne ma bannière. Alors, après avoir posé plein de questions par mail (pour savoir notamment s'il n'y avait pas trop de cadenas et si le niveau d'éclairage était correct à l'intérieur), je me suis lancée avec quelque appréhension. 

Appréhension qui n'a pas diminué quand, arrivée sur place lundi à 14h avec Chouchou, j'ai découvert que la Game Master, Kristina, allait surveiller deux parties en simultané. Comment, dans ce cas, accorder assez d'attention à chacune pour voir ce que les joueurs ont déjà fait et trouvé exactement? De plus, pas d'écran avec chrono à l'intérieur de la salle: nous aurions juste une smartwatch sur laquelle nous recevrions éventuellement des indices. Mon scepticisme était à son comble. Puis en fonçant tête baissée dans l'escalier qui permettait d'accéder à la salle, j'ai manqué m'assommer sur la trappe presque horizontale qui se trouvait en haut. Pas à dire: ça commençait bien!

Et puis mes réserves se sont rapidement envolées, parce que le jeu s'est révélé vraiment très fun. Pas de décor ultra coûteux et ou de mécanismes chiadés: du bricolage et de la récup' en brocante, mais super bien foutu et agencé, avec un grand nombre d'énigmes individuelles juste assez difficiles pour forcer les participants à se creuser les méninges sans non plus les condamner à bloquer trop longtemps sur aucune d'entre elles. Dans toute la partie, Kristina nous a envoyé deux indices. La première fois, nous ne nous en sommes aperçus qu'alors que nous étions déjà deux étapes plus loin; la seconde, nous peinions sur un puzzle et elle nous a donné la clé d'une partie que nous avions déjà réussie. Donc au final, nous avons tout fait sans aide. A deux, c'était beaucoup d'agitation et de fouille tous azimuts, mais dans le bon sens du terme. Il n'y avait pas de goulet d'étranglement dans le scénario; l'un de nous pouvait toujours chercher et avancer en parallèle quand l'autre peinait sur la résolution d'une énigme donnée. 

Pas de trouvaille fracassante, mais plein de petits mécanismes très sympas et surtout hyper cohérents avec le thème. Si la salle est de niveau intermédiaire, ce n'est pas pour la difficulté des puzzles mais plutôt pour leur nombre. Mon seul bémol au final, c'est que la smartwatch ne faisait pas chrono: elle indiquait juste l'heure qu'il était, et comme nous ne l'avions pas consultée au moment d'entrer dans la salle, nous n'avions qu'une très vague idée du temps qui nous restait, ce qui était une forme de stress différente! Sortis à sept secondes de la fin d'après Kristina, nous nous sommes beaucoup, beaucoup amusés dans cette salle sans prétention mais très ludique, que je recommande donc sans réserve. 

Skippergata 18
0152 Oslo

mercredi 5 juillet 2017

Envies de juillet




Voir "Despicable me 3" au cinéma
...et ajouter Jail time Mel à ma collection de Funko Pop à lunettes
Découvrir enfin la suite de "Game of Thrones"
Guetter la réimpression de "J'aime le nattô"
Commander ce tirage d'August Wren
Craquer pour une paire de bottines Noë dans la teinte Esmeraldo
Prévoir un saut à Paris pour visiter l'expo David Hockney au centre Pompidou
Faire un carnet de voyage sur notre séjour à Oslo
Réserver un appart' Air b'n'b pour notre prochain city trip à Dublin
Goûter le Portobello chez Be Burger
Me lancer à fond dans notre projet-encore-secret avec Chouchou

mardi 4 juillet 2017

[OSLO] Où nous sommes deux pirates congelés




Hier soir, nous étions si excités par notre futur projet que nous avons discuté au lit jusqu'à 2h du matin largement passées au lieu de dormir. Résultat, le démarrage est rude aujourd'hui. / Pour la dernière fois, nous prenons le tram à Torshov en direction du centre-ville. / J'ai toujours envie de tout acheter chez Lagerhaus, mais faute de place dans mes bagages, je me retiens. / Encore que... Cette bougie parfumée à l'ananas me tente vraiment. / Chouchou pense qu'on risque de me la confisquer à la sécurité de l'aéroport. / Impossible de trouver une info catégorique sur internet: tant pis, je la prends, on verra bien. / Tout à fait par hasard, tomber sur Outland, un immense magasin pour geeks plein de romans de fantasy (en norvégien ou en anglais), de comics et de manga, de figurines, de jeux de société, de casse-tête et de Lego. / Dans une boutique Odd Molly, j'essaie une robe très belle et très bien soldée. Je rentre à l'aise dans la taille 1, mais elle fait un peu trop hippie pour moi, donc je la repose. / Je suis tellement raisonnable que je m'effraie moi-même. / Le fauteuil en velours pourpre DANS les toilettes de The escape games: pourquoi? / La salle pirates, où nous transpirons copieusement entre 14h20 et 15h20, aura droit à son billet dédié, mais en gros: beaucoup de fun. 







Un coup d'oeil au grand magasin Steen & Strom, le Printemps Haussman local, juste histoire de. / Le maquillage, je m'en fous, les fringues, y'a que des marques étrangères (françaises pour beaucoup), et la déco, y'en a pas. / Mais Chouchou passe quand même un moment au rayon Lego de l'étage des jouets, pour la forme. / "Regarde, me dit-il. Maintenant, il y a des personnages féminins dans les boîtes." Dénombrement rapide. "Ouais, une sur cinq. Je rappelle que nous composons toujours la moitié de l'humanité et pas 20%, merci, bisous." / Ces carrés de pizzas achetés au food court pour combler notre petit creux de 16h sont juste fabuleux. / En plus, ça m'évitera d'être soûle tout de suite au Magic Ice Bar. / ...Lequel vient juste de se vider suite au départ des passagers d'un bateau touristique, de sorte que nous sommes seuls dans la salle, sans même la barmaid qui tarde à se manifester. / Clairement, il faut venir pour l'originalité de l'endroit et pas pour la déliciosité des cocktails super basiques. / "J'ai eu la main lourde sur l'aquavit, me prévient la barmaid, vous voulez que je le recommence?" "Non non c'est bon ça ira." / En fait, l'aquavit, c'est la vodka scandinave: c'est transparent, ça ne goûte rien donc on ne se méfie pas, et paf! 




Le Hard Rock Café local est à 130 mètres, ce serait ballot de ne pas aller voir la boutique. / 80% des T-shirts sont des modèles pour hommes - mais quelle surprise. Pourtant, la moitié de l'humanité pourvue d'un vagin doit s'habiller aussi; elle est même réputée pour aimer particulièrement ça. / Me voyant passer avec un magnet évoquant le Vigelands Parken à la main, le manager m'informe fièrement que c'est lui qui l'a dessiné, et on se lance dans une grande discussion vu qu'il a géré le restaurant de Nice pendant 2 ans et qu'étant originaire de Hongrie, il a l'habitude des escape games. / Pendant ce temps, Chouchou patiente sur le côté. Mais bon, il a un T-shirt, lui. / Il était censé pleuvoir presque toute la semaine à Oslo, et au final, nous n'aurons reçu que trois pauvres gouttes de pluie en retournant prendre le tram à Kontraskjaert.

lundi 3 juillet 2017

Les dépenses intentionnelles de juin




Les dépenses intentionnelles que j'ai faites ce mois-ci (hors vacances à Oslo)
Immatériel:
Lunch x 5 (Peck 47, Lakson, Makisu, La fabbrica di Marco, Mamma lova trattoria)
Goûter x 3 (Le Chamo x2, Simple Simon)
Cocktails x 2 (Café Floréo, Le Berger)
Dîner x 3 (Yamato, Les têtes d'ail, Taverne Avedis)
Escape game "Braquage à la lilloise"
Massage "Clear your mind" au Serendip Spa
2 billets d'avion pour Dublin en octobre
Don mensuel récurrent à l'Auberge des Migrants
Matériel:
17 livres, 1 magazine (Frankie)
Bouquet de pivoines roses
Produits de bain Lush
Exfoliant pieds au gingembre Bomb
2 masques visage à usage unique

Les dépenses que j'ai envisagées et renoncé à faire
Couverture en tricot jaune chez Maisons du Monde: J'ai déjà plusieurs plaids crochetés de mes blanches mains. Et puis c'est pas du tout la saison. 
Jupe longue Lillith, blanche avec motifs kaki: Elle était superbe, elle m'allait très bien, mais même au magasin de déstockage, elle coûtait encore plus de 100€, et surtout je n'avais aucun haut pour aller avec.
Robe asymétrique cos, en soldes: C'était une merveille, mais qui ne tombait pas comme il fallait sur moi. Je l'aimais tant que j'ai failli la prendre quand même en espérant que ma couturière puisse l'ajuster, mais la coupe était vraiment trop particulière, snif.
Saut en tyrolienne Kollensvevet: Dans les 130€ par personne, glups. Et la tyrolienne depuis le haut de l'Atomium ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable: filer vers le sol, c'est nettement moins spectaculaire que traverser une gorge naturelle (par exemple). 

Bilan du mois:
Première fois que je programme un don récurrent à une association, mais la question des migrants me taraude en permanence donc c'était plus que justifié.
Premier achat de chaussures depuis les soldes d'été 2016, je crois. J'en avais besoin, donc ça va! En revanche, j'aurais pu et dû me dispenser du sac à dos, très mignon mais ne correspondant pas à mes besoins (j'aime les sacs que je peux porter en bandoulière croisée; comme ça, j'ai à la fois les mains libres et facilement accès à mes affaires).
Pas mal de restos, glaciers, salons de thé et bars à cocktails; c'est un peu la saison qui veut ça - et seule ou accompagnée, c'est toujours un plaisir.
Ma PAL débordait fin mai, et je me disais qu'il faudrait que je freine sur les achats de livres. A la place, je me suis débarrassée des bouquins qui traînaient depuis trop longtemps sur mon étagère et dont la fenêtre de désirabilité s'était refermée. Et j'en ai encore acheté d'autres - que j'ai lus, au moins!

[OSLO] Où je vais finir par penser qu'une loi norvégienne interdit aux artistes de foutre des vêtements à leurs oeuvres


Je tiens une grosse flemme ce matin, et si on glandait à l'appart' jusqu'à l'heure du déjeuner? / Les pâtes saumon-asperges d'hier soir sont nettement meilleures réchauffées. / A mon avis, nous sommes les premiers et les derniers touristes qui prennent la peine de se traîner jusqu'au parc de sculptures Peer Gynt. / ...Peer Gynt qui, contrairement à ce que j'ai toujours cru, n'est donc pas la VO de "Pierre et le loup" - ou alors, il faut qu'on m'explique ce que ce gorille fout là. / Et le type assis la bite à l'air sur un cheval à bascule, aussi. / N'empêche que même les ensembles HLM d'Oslo sont nickel, avec plein d'espaces verts bien entretenus et d'aires de jeux super fun. 






Nettement plus de monde au parc Ekeberg où on peut également admirer des sculptures (dont la rigolote Vénus à tiroirs-qui-s'ouvrent-pour-de-vrai de Dali et un tas d'autres sujets à poil). / Sauf que ce n'est pas un parc mais une forêt qui monte et descend dans tous les sens, avec un plan vraiment pas très clair, et qu'on va finir par se paumer en cherchant l'installation de Marina Abramovic. / Qui se révèle être un simple cadre évidé devant lequel l'artiste suggère de se placer en fermant les yeux pour pousser un grand cri face au panorama. / Non parce qu'apparemment, c'est ici qu'Edvard Munch a vécu le moment qui lui a inspiré son célèbre tableau. / J'avoue, je me sens flouée. / Au moins, il y a une belle statue de Botero à la sortie. 










Puisque l'art a décidé de nous frustrer aujourd'hui, rabattons-nous sur une valeur sûre: l'alliance du thé et de la bouffe, alias un afternoon tea. / La salle Bibliotekbaren de l'hôtel Bristol est superbe, à la fois luxueuse et cozy, surtout qu'on nous attribue un des jolis box garni d'un canapé Chesterfield. / Par contre, l'afternoon tea est de loin le plus maigre qu'on nous ait jamais servi: trois triangles de pain de mie, quatre bouchées sucrées, un bébé scone (je ne savais même pas qu'on pouvait les faire aussi petits) et un thé pour plus de 32€ par personne, y'a vraiment de l'abus. / Néanmoins, nous passons deux heures délicieuses à lire au calme et avoir une discussion qui pourrait bien présager de grandes choses pour l'avenir; donc, on va dire que c'était quand même un investissement judicieux. 





Miracle: une boutique pour touristes, ouverte le dimanche de surcroît! Vite, vendez-moi des cartes postales! / On aura à peine dépassé les 11000 pas aujourd'hui. Et j'ai encore faim: que peut-on bricoler avec ce brocoli?