vendredi 30 juin 2017

Juin 2017



[OSLO] Où je monte sur un bateau et m'ennuie devant des photos




Endormie après 1h, réveillée à 6: ça pique un peu ce matin. / Au moins, la grosse chaleur est retombée; je peux même ressortir blouson et collants. / C'est dingue le nombre de jeunes pères qu'on voit se balader seuls avec leurs tout petits enfants dans cette ville. / Les flamants roses au-dessus de l'abribus du port d'Aker Brygge: pourquoi? / Grâce aux Day Pass d'hier qui courent jusqu'à 11h15, le voyage d'une heure et demie jusqu'à Drobak ne va nous coûter que 2€ chacun - plus 7,30€ le retour, ce qui sera franchement raisonnable pour peu que mon estomac descende de ce ferry aussi plein qu'il y est monté. / Si le niveau de la Baltique monte ne serait-ce que d'une Armalite (soit 1,54m), toutes ces jolies maisons vont se retrouver les pieds dans l'eau. 







1h10 à Drobak, c'est juste le temps de photographier le conciliabule de sirènes sur le port, se dire que les habitants ne doivent pas avoir d'autre occupation que repeindre leurs façades pimpantes tous les 3 mois et entretenir leurs ravissants rosiers, avaler des boreks et un des meilleurs cheesecakes aux fraises de ma vie dans une mignonne boulangerie qu'on croirait tout droit sortie d'un roman de Jenny Colgan, admirer la bibliothèque à l'arrache et passer en trombe devant la boutique du Père Noël pour ne pas se retrouver coincés là jusqu'au soir. / On tient une demi-heure sur le pont supérieur du ferry avant de se replier à l'intérieur en se disant qu'on ressortira juste avant l'arrivée à Oslo pour photographier les îles autour. Et puis on s'endort comme deux petites crottes pour ne se réveiller qu'à l'entrée d'Aker Brygge. 




Pendant que Chouchou discute ferme au téléphone avec un client, je bouquine à une table devant le Museet for Samtidskunst. / Je viens de survivre à 3h de bateau, je vais bien survivre à un petit musée d'art contemporain. / ...Je survis mais je m'ennuie pendant l'expo photo Snap dont le sujet (l'art du portrait depuis 1880 à aujourd'hui) avait pourtant tout pour me plaire. / Par contre, la salle avec les moitiés inférieures de gens qui rampent par terre ou jaillissent des murs, bizarrement, j'aime bien. Je comprends que dalle, mais j'aime bien. 







En fait, autant les quartiers périphériques sont superbes, autant le centre d'Oslo est moche et inintéressant. / Je me réjouissais de visiter le D og A, musée de design et d'architecture - hélas, il est entre deux expos. / Bon, ben on va lire un peu (et reposer nos pieds) sur la pelouse face à la rivière en attendant l'ouverture du bar tiki que j'ai repéré hier. / Chez cos, j'essaie une robe magnifique, avec une coupe asymétrique et un imprimé de monstera bleu foncé sur fond kaki. Il reste du 38 grand maxi, et miracle! Je rentre dedans, mais... je suis un peu serrée à la poitrine, et ça poche dans le dos. Elle était soldée à -70%; je la repose en pleurant presque et en disant à Chouchou: "Viens, allons noyer mon chagrin dans l'alcool". 





Du moins le cocktail que je commande chez Aku aku est-il délicieux: un Missionary's downfall préparé sur une base de rhum bien pimenté qui forme un contrepoint agréable au sucré des fruits. / 16 000 pas en ayant passé la moitié de la journée assis à fond de cale, c'est pas mal du tout. / Ce soir, on se régale de linguine à la Funambuline. Et demain, on fait grasse mat'!

jeudi 29 juin 2017

Lectures de Juin 2017




ROMANS
- La passe-miroir T3: La mémoire de Babel (Christelle Dabos) ♥︎♥︎♥︎
- Eleanor Oliphant is completely fine (Gail Honeyman) ♥︎♥︎♥︎♥︎♥︎
- Petits miracles au bureau des objets trouvés (Salvatore Basile)
- Show devant (Lilly Brett) ♥︎♥︎
- Monsieur Han (Hwang Sok-Yong) ♥︎
- How not to disappear (Clare Furniss) ♥︎♥︎♥︎
- Une allure folle (Isabelle Spaak) ♥︎
- Outrun the moon (Stacey Lee) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Comment maximiser (enfin) ses vacances (Anne Percin) ♥︎♥︎
- Les sorcières du clan du nord T1: Le sortilège de minuit (Irena Brignull) ♥︎♥︎
- Les jonquilles de Green Park (Jérôme Attal)
- The idiot (Elif Batuman)
- La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane (Abby Clements) ♥︎♥︎
- Bonheur fantôme (Anne Percin) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- Danser (Astrid Eliard) ♥︎♥︎♥︎
- The forever house (Veronica Henry) ♥︎♥︎♥︎
- Coeur-Naufrage (Delphine Bertholon) ♥︎♥︎
- Hier encore c'était l'été (Julie de Lestrange) ♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- Banana girl (Kei Lam) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- L'adoption T2: La Garua (Zidrou/Monin) ♥︎♥︎♥︎
- Quand le cirque est venu (Wilfrid Lupano/Stéphane Fert) ♥︎♥︎♥︎
- Prends bien soin de toi (Grégory Mardon) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- L'album de l'année (Fabcaro) ♥︎♥︎♥︎
- Les beaux étés T3: Mam'zelle Estérel (Zidrou/Jordi Lafèbre) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- March comes in like a lion T4 (Chica Umino) ♥︎♥︎
- Gloutons & dragons T1 (Ryoko Kui) ♥︎♥︎♥︎

DIVERS
- Eléctrico 28 (Davide Cali/Magali Le Huche) ♥︎♥︎♥︎

[OSLO] Où on meurt de chaud parmi les maisons de vikings et les statues des gens tout nus




Les orteils de Chouchou survivront-ils à une semaine dans un appart' dont tous les seuils sont surélevés? Le suspense est intense. / Des oeufs au plat, du jambon, du fromage, euh... Je vais ajouter une moitié d'avocat histoire qu'on ait un gros petit-déj' pas exclusivement protéiné. Et soyons fous - on va le prendre sur ce joli petit balcon garni d'hortensias. / La minute de courage qui va sauver ma journée: arrivée dans la rue, me rendre compte que je suis bien trop couverte pour la température qu'il fait et remonter à l'appart' poser mon blouson en cuir. / En fait, on aurait même dû apporter nos lunettes de soleil. / Je suis épatée par la fréquence des bus et des trams, ainsi que par la qualité de la signalisation dans les transports en commun. Sans parler de la gentillesse des chauffeurs qui attendent les gens qui courent vers leur véhicule. / Le Norsk Folke Museum, c'est très sympa, mais ça ne me donne pas la même impression d'être remontée dans le temps que Skansen à Stockholm: c'est moins grand, moins sauvage, il n'y a pas d'animaux et les gens sont beaucoup trop nombreux! / Gros coup de coeur pour une des photos de l'exposition Queering Sapmi, qui montre des couples samis gays alignés au bord d'une grande étendue blanche (un lac gelé?), en costume traditionnel et dos tourné à l'objectif - une des filles met la main aux fesses de sa copine, c'est mignon comme tout.







L'heure du sacrifice a sonné: suivons Chouchou au musée des drakkars. / Le gros avantage, c'est qu'on en a vite fait le tour.  / Et que je peux retirer mes collants dans les toilettes avant de mourir de chaud. / Le savon à la menthe frappé d'une tête de viking à 13€, peut-être pas, mais je devrais réussir à caser ce joli mug rouge dans la valise du retour.




Vigeland Park, en fait, c'est le royaume des tout nus: les 200 statues qui forment un ensemble aussi impressionnant qu'exubérant, mais aussi les gens sur les pelouses. / Par contre, le soleil m'éblouit tellement que je vais faire un malaise si on ne se met pas très vite à l'ombre.








A l'Oslo Bymuseum, le chouette néon "Oslove" refuse catégoriquement de se laisser photographier. / J'ai le droit de m'asseoir, là? Bon, on va faire comme si, et si quelqu'un nous rappelle à l'ordre, on prendra notre plus belle tête de touristes idiots.




La grande roue a des cabines ouvertes mais n'est pas assez haute pour offrir un beau point de vue sur la ville. / Désolée, café Angst: j'aime beaucoup ta déco et ta terrasse couverte, mais tes cocktails sont d'un banal! / Par contre, le Botanisk propose huit chouettes créations originelles; le plafond dégouline de plantes vertes qui donnent une lumière filtrée très agréable, et une bonne odeur de menthe mélangée à d'autres herbes aromatiques flotte dans l'air.





Effectivement, l'Illegal Burger n'est pas évident à trouver. Et je ne veux pas faire ma chieuse, mais mon sandwich est deux fois et demi plus cher et nettement moins bon que celui que j'avais mangé à Lisbonne en mars dernier. / Les fruits et légumes ne nous auront pas fait mal aujourd'hui. Heureusement qu'on a sauté un repas sur les trois.



mercredi 28 juin 2017

[OSLO] Où nous débarquons et nous promenons au bord de l'eau




Dernière capitale scandinave qui manquait à notre palmarès de voyageurs urbains: nous voilà! / Le chauffeur de la navette ressemble à Boulet en plus jeune et propose gentiment de nous prévenir quand on arrivera à Vogstgata. / En plus, il y a le wifi à bord - voyons si l'éditrice à qui j'ai envoyé un mail mal inspiré depuis l'aéroport de Zaventem m'a déjà répondu. / ...Non. Bon, ben je vais continuer à flipper en silence alors. / Ou pas, car le paysage est quand même vachement vert, le ciel vachement bleu, et notre premier aperçu de la Norvège vachement beau. / Ah oui, je comprends pourquoi ça coûtait 16€ l'aller simple: en fait, on est presque à 50 bornes de la ville. / Je kiffe vraiment la boutique de déco 50's au coin de la rue, mais où est l'entrée de notre air b'n'b, bordel? 




Cet appart' est bourré du charme typiquement scandinave que j'espérais y trouver; dommage pour la salle de bain minuscule qui va nous obliger à nous contorsionner au moment de la douche. / La proprio tarde et je crève la dalle: partons faire les courses toute seule au supermarché du coin pendant que Chouchou assure les obligations sociales du couple. / 5€ le pain complet, plus de 7€ la barquette de fraises, 4€ le sachet de parmesan râpé de la même marque que celle que j'achète à 1,59€ chez Delhaize: je sens qu'on ne va pas grossir pendant ce séjour. / Zut, ils avaient des pivoines rose pâle superbes à un prix décent (sans doute parce qu'elles ne se mangent pas), mais je suis super chargée et j'ai la flemme de refaire tout le tour du magasin. / "Alors pour ce soir euh j'ai pris des frites au four et du poisson pané idem façon fish and chips; je sais, c'est ni local ni diététique mais je compte qu'on marchera beaucoup pendant ces vacances." / D'ailleurs, allons faire une promenade digestive au bord de l'Akerselva voisine. 




Rhâââ mais c'est joli comme tout! Je n'aurais pas imaginé Oslo si verte, et pourtant! / Et puis ça doit pas trop craindre, il est 23h passé et ça fait déjà trois filles seules qu'on croise en train de se balader benoîtement l'oreille collée à leur portable. / Par contre, je suis bien désolée de voir que la mode débile des cadenas d'amour est arrivée jusqu'ici. / Bilan de la journée: 14200 pas, mais il faut y aller progressivement! / Minuit et demie et il reste encore de la lumière dans le ciel. La Scandinavie en été, c'est juste miraculeux. 

"How not to disappear" (Clare Furniss)


Les vacance d'été de Hattie ne se passent pas tout à fait comme prévu. Ses deux meilleurs amis l'ont abandonnée: Reuben s'est enfui en Europe pour "se trouver", tandis que Kat a accompagné sa nouvelle chérie à Edimbourg. Pendant ce temps, Hattie se retrouve coincée chez elle à garder ses jeunes frère et soeur et à gérer les disputes autour du remariage de sa mère. Oh, et elle vient juste de découvrir qu'elle est enceinte, alors qu'elle n'a pas encore fini le lycée. 

C'est alors que Gloria, sa grand-tante dont tout le monde ignorait jusqu'à l'existence, débarque dans sa vie. Férocement indépendante et très amatrice de gin, elle présente les premiers signes de démence sénile. Ensemble, Hattie et elle se lancent dans un road trip - Gloria pour affronter enfin les secrets de son passé avant qu'ils ne s'effacent de sa mémoire, Hattie pour faire le choix difficile qui déterminera son avenir... 

Si les road trips et la perte de mémoire sont deux sujets qui m'interpellent, c'est bien la première fois que je les voyais réunis, qui plus est dans un roman jeunesse. La narration à la première personne alterne entre Hattie, une ado bien d'aujourd'hui, et Gloria, qui se remémore sa propre jeunesse à une époque où tout était très différent. Bien entendu, son histoire est tragique - et si je déplore qu'elle utilise un ressort narratif trop souvent employé à mon goût, je dois admettre qu'ici, il est vraiment bien amené. Des longueurs dans les deux premiers tiers m'ont presque fait abandonner ma lecture, mais j'ai eu raison de m'accrocher, parce que la fin de "How not to disappear" est extrêmement émouvante et délivre un très joli message: ce qui détermine notre identité, ce ne sont pas nos souvenirs mais nos émotions. 

mardi 27 juin 2017

J'ai testé: le blanchissement des dents à la maison avec Smile Detox




Comme j'ai attendu trop longtemps pour faire retirer mes dents de sagesse, elles ont perturbé l'alignement du reste de mon râtelier, poussant mes canines en avant - surtout la gauche. Ca m'a toujours gênée sur les photos où je souris. Et puis le drôle d'écart entre ma canine et mon incisive gauches fait que j'ai du mal à me brosser correctement à cet endroit, où se forme systématiquement une tache de coloration alimentaire brune à cause de tout le thé que je bois. Ce qui aggrave mon complexe, même si je soupçonne que je suis la seule à remarquer ce défaut. (Vous examinez beaucoup les dents de vos amis, vous? Moi pas trop.) 

Si elle disparaît à chaque détartrage, cette tache se reforme toujours au bout d'un mois ou deux et s'accentue au fil du temps. Or cette année, ma douce dentiste étant en congé maternité et ma douillettitude m'empêchant de faire confiance à son remplaçant, j'ai dû repousser mon détartrage de deux mois. Je ne me voyais cependant pas me balader avec ma foutue tache jusqu'en novembre; du coup, j'ai décidé de tester un produit dont le look rétro avait attiré mon regard chez Sephora où j'étais entrée pour acheter tout autre chose. 

Smile Detox, c'est un kit de blanchissement des dents qui existe en cure de 14, 28 ou 42 jours. Composé d'huile de coco, de charbon actif et d'un arôme au choix - menthe, réglisse ou baies rouges -, il fonctionne selon le principe de l'oil pulling. En pratique, chaque jour, on se verse dans la bouche le contenu d'un des sachets, qu'on fait  circuler doucement pendant 10 minutes avant de le recracher. La texture de l'huile de coco étant très particulière, la première fois, j'ai eu envie de vomir et trouvé l'expérience franchement désagréable. Mais très vite, j'ai cessé d'y prêter attention. Et les résultats ne se sont pas fait attendre: au bout de quatre ou cinq jours, je constatais déjà que ma tache pâlissait, et le reste de mes dents me semblait moins jaune. Aujourd'hui, à la fin de la cure de 14 jours, il ne reste plus qu'une vague ombre de ma tache, impossible à discerner à moins de coller le nez dessus. (Non, je ne posterai pas de gros plan de mes dents mal alignées sur internet, il va falloir me croire sur parole.)

Je n'ai jamais fait de blanchissement en cabinet, et j'imagine que les produits utilisés par les dentistes sont encore beaucoup plus efficaces que ça - sans doute plus coûteux, aussi. Il est également possible que tous les émails ne réagissent pas de la même façon et que j'aie eu de la chance avec le mien. Quoi qu'il en soit, je suis hyper satisfaite de ce traitement, que j'envisage de réitérer chaque année entre deux détartrages. La prochaine fois, je tente même le 28 jours!

lundi 26 juin 2017

"Bonheur fantôme" (Anne Percin)


Du jour au lendemain, Pierre, 28 ans, a tout quitté pour aller s'installer à la campagne, dans une bicoque pleine de courants d'air en bordure de départementale. Tout, c'est-à-dire Paris, ses amis, le monde du mannequinat, sa thèse avortée sur Simone Weil... Dans ce coin très vert, un peu paumé, il soigne ses chiens, ramasse des vieilleries qu'il revend, s'occupe de son potager et se convainc qu'il a fait le bon choix en optant pour la décroissance. A ses heures perdues, il écoute en boucle les vieilles chansons tristes de Mouloudji et écrit la biographie de Rosa Bonheur, une peintre féministe du XIXème siècle. Mais quelle raison profonde a poussé ce jeune homme à la beauté féroce à se mettre ainsi en retrait du monde?

C'est par ses romans jeunesse que j'ai découvert Anne Percin, mais c'est avec ce roman très adulte qu'elle aura achevé de me conquérir. Introspectif et d'une intensité presque douloureuse, "Bonheur fantôme" dresse le portrait d'un être complexe tourmenté par ses démons et par un amour qui continue à le crucifier au-delà de tous ses renoncements. La description de sa vie solitaire et contemplative à la campagne m'a fait penser à du Thomas Vinau en plus âpre. Une belle plongée en eaux apparemment troubles mais, au bout du compte, d'une limpidité étonnante. 

Partir une semaine (ou même plus) avec juste un bagage cabine, oui, c'est possible!




Depuis que j'ai cessé de faire du shopping comme si le commerce allait passer de mode, j'ai pris l'habitude de voyager léger, avec juste un bagage cabine dont tout le contenu est choisi soigneusement et rangé de façon optimale. Ainsi, pas de risque de lumbago ou de valise perdue; de plus, je gagne du temps à mon arrivée en vacances, puisque je peux sortir directement de l'aéroport, et à mon retour à la maison, puisque je n'ai pas de bagage à déposer à un comptoir et que je peux me rendre tout droit à la porte d'embarquement. Ca vous tente? Voici la liste des trucs que j'utilise. Evidemment, elle fonctionne surtout pour des voyages urbains qui ne nécessitent pas d'emporter des tonnes de matériel! Pensez city trip plutôt que trek dans les Andes...

- J'évite de voyager avec les compagnies low cost qui n'autorisent aucun accessoire en plus du bagage à main. (C'est le cas notamment d'Easy Jet.) Pour un prix pas plus élevé, Brussels Airlines propose une option Check & Go avec laquelle on peut prendre un sac à main ou une sacoche d'ordinateur en plus d'une petite valise, à condition de ne pas dépasser les dimensions autorisées - suffisantes pour mon très grand sac à main Nat & Nin que vous pouvez admirer ci-dessous - et un poids total de 12 kilos. D'autres compagnies régulières font sûrement la même chose...

- Je porte toutes mes affaires les plus encombrantes sur moi lors des voyages aller et retour. Je roule les autres bien serré dans ma valise, comme ça, elles prennent moins de place et ne se froissent pas. Je pars avec deux paires de chaussures seulement (dont une à mes pieds): des boots et des babies ou des baskets de ville en hiver, des sandales et des ballerines en été. Et des vêtements tous coordonnés entre eux - souvent avec une dominante noire agrémentée de quelques touches de rouge -, correspondant à la météo prévisionnelle que j'ai vérifiée avant mon départ. Au pire, s'il me manque une fringue une fois sur place, j'achète une version pas chère chez H&M ou équivalent. Je profite aussi de mes voyages pour "finir" mes vêtements fatigués et les mettre à la poubelle le dernier jour, ce qui me permet de gagner un peu de place pour rapporter des souvenirs. 

- Je loge en Air B'n'B, en faisant attention à ce que les appartements que je choisis disposent d'une machine à laver. Ainsi, je peux partir avec moins de tenues complètes que de jours de vacances. Lors de mes voyages au Japon, où je fréquentais des hostels pas forcément bien équipés, j'avais pris l'habitude d'emporter un mini-séchoir à pinces et de la lessive à la main pour nettoyer chaque soir mes sous-vêtements, mes T-shirts et mes pantalons que je faisais exprès d'acheter dans une toile synthétique rapide à sécher.

- Je n'emporte que des cosmétiques en format voyage - 100ml maximum -, soit parce qu'ils sont disponibles ainsi dans le commerce, soit parce que j'en ai versé une petite quantité dans des flacons vides conçus pour ça (Sephora vend un "kit-week-end" super pratique). Pour mes cheveux, sur des séjours de moins d'une semaine, une bombe de shampoing sec m'évite de m'encombrer de tout mon matériel de coiffage. Sur des séjours plus longs, je m'assure au moins de la présence d'un sèche-cheveux à l'endroit où je loge. 

- Comme je n'ai pas de liseuse - sûrement idéale dans ces conditions -, j'emporte un ou deux livres de poche et les abandonne sur place une fois terminés, ce qui là aussi me permet de libérer un chouïa d'espace pour de menus souvenirs. Si je tombe à court de lecture pendant mon séjour, je me ravitaille dans une librairie anglaise. Etant donné que je privilégie un style de vacances très actif (par opposition aux vacances de type glande sur la plage ou en bord de piscine), ça n'arrive de toute façon pas souvent. 

- Pour les quelques souvenirs que je rapporte, je jette mon dévolu sur des objets très peu volumineux: cartes postales, carnets et autre menue papeterie, magnets, bijoux fantaisie, T-shirts, épices locales, cailloux ou sable ramassé sur place...




Et vous, vous avez des astuces pour partir en vacances le moins chargés possible? 

dimanche 25 juin 2017

"Danser" (Astrid Eliard)


Ils sont trois, âgés de treize ans, qui viennent d'entrer en première division à l'école de danse de l'Opéra de Paris: Chine la discrète, ravie d'échapper à une mère célibataire et négligente; Delphine la sociable qui passe son temps à l'infirmerie et se cache pour pleurer parce que ses parents lui manquent trop; Stéphane le cadet d'une famille de cinq garçons, prodige au physique disgracieux que les hormones commencent à tourmenter. Ils ont les mêmes problèmes, les mêmes interrogations, les mêmes doutes que tous les adolescents, mais doivent les mettre de côté pour se plier aux exigences de leur vocation précoce. Car pour devenir une Etoile comme ils en rêvent tous, ils ne peuvent se permettre aucun manquement à la discipline et doivent rester maîtres de leur corps en toutes circonstances...

Les amateurs de danse classique savent déjà combien l'apprentissage des petits rats est réputé difficile; les autres le découvriront ici à travers les trois jeunes héros qui tour à tour racontent la naissance de leur passion et leur adaptation à la vie de cet internat très particulier. A un âge où on ne pense souvent qu'à s'amuser et à enchaîner les expériences nouvelles, eux ont déjà choisi leur carrière et doivent presque tout lui sacrifier. Astrid Eliard pourrait forcer le trait en insistant sur la fatigue physique, les dérapages alimentaires ou les rivalités entre élèves; au lieu de ça, sans nier ces derniers, elle choisit de se concentrer sur l'intimité de ses personnages, leurs pensées les plus sincères et leurs sentiments les plus délicats ou les plus vifs. Un roman qui se lit d'un trait, et dont je regrette seulement la fin un peu abrupte.

C'était la semaine où... (#25)




...au troisième essai, j'ai réussi à reboucher le bon micro-trou dans la poutre de ma mezzanine. Me voilà débarrassée des fourmis et des résidus d'isolant sur mon oreiller jusqu'à nouvel ordre (= jusqu'à ce qu'elles trouvent un autre trou par où passer).
...j'ai testé la nouvelle trattoria sur la jolie place dame Sibille avec Kiki, que je n'avais pas vue depuis une éternité. La bouffe était bonne, mais la compagnie était mieux.
...le sorbet chocolat noir à la fleur de sel de chez Fred que j'ai mangé en guise de dessert valait le détour lui aussi. 
...je me suis offert un rafraîchissement de coupe et de colo chez mon coiffeur historique. 30% moins cher que chez Wakko, 60% moins bien. Pffff.
...Attila s'est fait enlever les dents de sagesse sous anesthésie générale. Il était un peu gonflé, mais moins hamster que son père il y a 25 ans.
...à peine deux semaines après son licenciement économique, Autre Moi a déjà retrouvé un boulot mieux payé que le précédent. Champagne!
...un nouvel attentat (foireux, heureusement) a eu lieu à la gare Centrale de Bruxelles. Ca commence à faire un peu beaucoup, là.
...je me suis tapé une petite crise d'angoisse après être partie de chez moi: avais-je bien éteint la clim? J'étais à peu près sûre de l'avoir fait, mais pas à 100%; du coup, je voyais des images apocalyptiques d'appareil en surchauffe provoquant un court-circuit et un incendie à peine moins spectaculaire que celui de la tour Grenfell. Mon cerveau, ce troll.
...j'ai passé deux jours du côté d'Avignon avec Isa. On a testé le salon de thé Simple Simon (bof), découvert plein de petites boutiques de déco ultra-sympas, dîné dans un resto grec-arménien qui fait de fabuleuses assiettes de mezze, beaucoup marché dans les rues piétonnes le soir de la fête de la musique, et surtout parlé-parlé-parlé pendant des heures. A refaire!
...après des semaines de recherches vaines à Bruxelles comme à Toulon, j'ai enfin dégoté une paire de sandales correspondant à mon cahier des charges - dans un chouette magasin nommé Ma deuxième mule du Pape où la vendeuse pestait contre sa fille qui avait oublié d'aller à un oral de rattrapage.
...j'ai reçu la confirmation d'un des deux projets que j'évoquais la semaine dernière. Je vais donc rebosser avec mon plus vieil éditeur, qui ne m'avait pas donné de boulot depuis avril 2016 - youpi!
...j'ai testé la méthode de Funambuline, mon Pasta Guru officiel, pour cuire de bêtes spaghetti sauce tomate. C'était dix fois meilleur que d'habitude; je ne préparerai plus jamais mes pâtes autrement. Et puis, ça fait une passoire en moins à nettoyer (Team Feignasse).
...un éditeur auquel je me demandais comment annoncer que, au vu des conditions dans lesquelles s'était déroulée notre précédente collaboration, je ne souhaitais pas poursuivre la série que je faisais pour lui, m'a envoyé un mail pour me dire: "La traduction du tome suivant était urgente; comme vous n'aimez pas commencer un travail avant que le contrat correspondait ait été signé, j'ai préféré confier ça à quelqu'un d'autre". Bon, ben ça résout le problème.
...après simulation sur plusieurs grandes villes européennes (Dublin, Tallinn, Rome et Glasgow), c'est la capitale irlandaise qui remporte le titre de "destination de notre city trip d'automne 2017", essentiellement pour des raisons budgétaires. On aura gratté deux nouveaux pays cette année, ça me réjouit d'avance.
...deux jours après avoir parlé de Claudie Gallay à Isa en mentionnant combien je déplorais qu'elle n'ait rien publié depuis plusieurs années, Actes Sud annonce la parution de son prochain roman mi-août - quel bonheur! C'est l'une de mes écrivaines françaises préférées.
...on a fait un tour en ville avec Gasparde et Bohemond. Gasparde a acheté un bouquin, Bohemond une pince à boulettes, Chouchou un Funko Pop Harley Quinn, et moi: rien. Je suis une héroïne.
...Ernest Hedgingway est mort. Repose en paix, petit hérisson.
...on a testé la série "One day at a time". Les rires enregistrés me gonflent sévère, mais sinon, ça a l'air pas mal.
...comme je m'y attendais, Chouchou a incrusté le musée Munch et les trois musées de bateaux dans la liste des trucs à faire à Oslo. J'ai prévenu que pour ces derniers, je n'en ferais qu'un, et je suis curieuse de voir lequel il va choisir: le Kon Tiki, le drakkar, le Fram?

samedi 24 juin 2017

Les conversations absurdes #12


CHOUCHOU: J'aime encore plus ta bibliothèque que ton cul.
MOI: Hélas, contrairement à lui, elle n'a plus la place de s'étendre.

"Gloutons & dragons T1" (Ryoko Kui)


C'est un groupe d'aventuriers tout ce qu'il y a de plus classique, parti à l'assaut d'un de ces donjons dans lesquels plusieurs de mes alter ego ont traîné leurs guêtres durant une bonne partie de mon adolescence. Quand sa soeur se fait gober par un dragon, le guerrier de la bande décide de repartir à l'assaut pour la délivrer avant qu'elle ne soit digérée. Le voleur est partant pour le suivre; la magicienne elfe crève la dalle et veut manger d'abord. Mais leurs fonds sont au plus bas, et on trouve peu de tavernes dans les sous-sols infestés de pièges et de créatures redoutables. Heureusement, nos aventuriers croisent le chemin d'un nain très versé dans la cuisine de monstres...

"Gloutons & dragons": le manga qui invente la gastronomic fantasy, clame la quatrième de couverture de ce tome 1. Et de fait, comme dans tout bon manga culinaire qui se respecte, chaque chapitre porte le titre d'un plat dont on suit la préparation et la dégustation. Sauf qu'ici, les personnages n'achètent pas les ingrédients au supermarché: ils doivent les chasser en risquant leur peau. Si le guerrier bien propre sur lui nourrit des fantasmes gustatifs délirants, la magicienne elfe, en revanche, pousse des cris hystériques devant le contenu de sa gamelle - avant de finir par admettre que c'est étonnamment délicieux. Quant au nain, il tient absolument à ce que l'équilibre diététique soit respecté et fournit la composition en protéines, en graisses, en vitamines et en minéraux de chacune de ses recettes.

J'ignore si les lecteurs biclassés rôlistes/gourmands, et donc susceptibles de goûter pleinement le piquant de cette série, sont légion. Mais j'en fais définitivement partie. Comment éplucher une mandragore? Y a-t-il quelque chose à bouffer dans une armure animée? Dans le basilic, du serpent et du coq, qui est la tête et qui est la queue? Comment récupérer l'huile du piège censé vous ébouillanter pour faire plutôt une bonne friture? "Gloutons & dragons" répond à toutes ces questions que vous ne vous êtes jamais posées, et plus encore! Un mélange  aussi improbable que réussi.

vendredi 23 juin 2017

"La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane" (Abby Clements)


Anna, 28 ans, est responsable marketing du Royal Pavilion, à Brighton, et vient d'acheter un appartement où elle compte s'installer avec son petit ami Jon et le jeune fils de celui-ci, Alfie. Sa soeur cadette Imogène bourlingue en Thaïlande où elle prend des photos sous-marine en vue de monter une exposition. A la mort de leur grand-mère bien-aimée, Viviane, elles héritent de sa boutique de crèmes glacées rétro qui vivotait à grand-mal depuis quelques années. Ce qui ne cadre pas du tout avec leurs projets de vie respectifs...

Visiblement, la recette qui permet à Jenny Colgan de cartonner dans les ventes fait des émules! Le problème, c'est qu'Abby Clements n'est pas aussi douée pour restituer des atmosphères qui font rêver, que ses dialogues sont loin d'être aussi vifs et que son histoire ne ménage pas la moindre surprise. Prévisible et nettement moins savoureux que les glaces de ses héroïnes, "La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane" est tout juste potable comme lecture de train ou de plage - vite lu, vite oublié. 

mardi 20 juin 2017

10 articles #7




5. Du coup, comment donner du sens à votre vie? En vous posant très sérieusement ces 7 questions incongrues en apparence. (En anglais)

6. Les grandes leçons du développement personnel, reformulées en plus terre-à-terre. (En anglais)

7. Pourquoi c'est important de savoir perdre du temps.  (En anglais)

8. Et aussi: au boulot comme dans le sport, ou la poursuite de n'importe quel objectif, il est crucial de marquer des pauses(En anglais)

9. Comment pratiquer la pleine conscience sous la douche. (En anglais)

10. J'ai toujours déploré que l'argent soit un sujet tabou. Sarah VonBargen est de mon avis, et elle explique très bien pourquoi on devrait vraiment en parler. (En anglais)

lundi 19 juin 2017

"Eléctrico 28" (Davide Cali/Magali Le Huche)


Bonjour, je m'appelle Armalite et j'achète des livres pour enfants juste pour les jolis dessins. Ici, ceux de Magali Le Huche dont j'avais adoré la version illustrée du roman jeunesse "Verte" de Marie Desplechin. En plus, l'histoire se passe à Lisbonne, une ville que j'adore et où j'ai déjà séjourné deux fois. Le tram 28, d'un jaune bien pimpant, est une institution là-bas: il monte et descend à travers les quartiers populaires, dans des passages parfois à peine plus larges que lui et en dessinant des virages hyper serrés.

Amadeo est le conducteur d'un de ces trams, un grand romantique qui se plaît à favoriser les rapprochements entre amoureux transis à l'aide de trois manoeuvres de son cru. Jusqu'au jour où il se retrouve à la retraite et se sent un peu seul... L'histoire est tendre et pleine de charme, l'atmosphère de Lisbonne rendue avec beaucoup de justesse. "Eléctrico 28": une jolie invitation au voyage et aux bisous, à partir de 3 ans et sans limite d'âge!



La glu



Début juin, je me lançais dans un projet 30 days of giving dont j'avais expliqué l'origine et le principe ici. Comme je voulais sortir de ma zone de confort et, plutôt que des dons ponctuels en argent ou en objets que je fais facilement à longueur d'année, offrir du temps ou de l'attention, je me suis rapidement heurtée à mes propres limites. 

C'est incroyable ce que ça peut me coûter d'avoir le moindre geste affectueux envers quelqu'un de mon entourage. Vous vous souvenez de ce que dit le renard au Petit Prince dans le roman de Saint-Exupéry? On devient responsable de ce qu'on apprivoise. Et moi, je ne veux être responsable de personne. Pas juste matériellement, comme on peut l'être envers un enfant, mais aussi affectivement. Et pas parce que je suis irresponsable, mais au contraire, parce que je prends toutes mes responsabilités (réelles ou imaginaires) hyper au sérieux. 

En bientôt 23 ans de carrière, dans un métier où rendre son travail en retard est, sinon la norme, au moins un incident assez fréquent, je n'ai réclamé de délai que deux fois: 48h quand j'ai divorcé et organisé en catastrophe mon déménagement vers les USA, 24h quand le cancer de mon père a été diagnostiqué et que je suis descendue à Toulouse pour les aider, ma mère et lui. Pour le reste, même malade comme un chien ou noyée au fond d'un puits d'angoisse, je m'arrange toujours pour rendre mes traductions dans les temps. 

Du coup, je répugne à prendre n'importe quelle forme d'engagement, parce que je mesure très bien à quel point je vais me sentir liée. Et, connaissant mes réactions instinctives, à quel point ça me donnera envie de m'enfuir. Depuis des années, Chouchou et moi, on se dit que ça serait bien de se marier pour de bêtes raisons administratives. Je suis d'accord sur le principe, mais je traîne les pieds: j'ai trop peur, une fois que j'aurai signé au bas du foutu papier, de me sentir prise à la gorge et de commencer à étouffer. Ou que Chouchou se transforme en monstre du jour au lendemain et que je ne puisse lui échapper qu'au terme d'une bataille juridique pénible. J'ai déjà un divorce à mon actif; je sais comment ça se passe parfois. Rien que le fait de l'aimer autant me met au bord de la panique quand j'y pense trop. 

Cette phobie affective fait aussi de moi une mauvaise amie, quelqu'un sur qui on ne peut pas compter pour prêter une épaule compatissante: je ne veux pas que quiconque commence à avoir besoin de moi, parce qu'alors je vais me sentir tenue de répondre toujours présente même quand je n'aurai pas envie ou que ça ne m'arrangera pas. Parfois, quand mes proches ont des soucis d'une nature qui me touche particulièrement, j'ai l'impulsion de leur dire: "Je suis là pour en discuter si tu veux". Et puis neuf fois sur dix, je me retiens. Même chose pour mon empathie défaillante: il ne s'agit pas d'un défaut de fabrication mais d'un choix délibéré. Je ne veux pas me mettre à la place des autres; je ne veux pas ressentir leur souffrance. Les miennes me foutent déjà suffisamment en l'air. Les sentiments, c'est de la glu où on se prend les pattes et le coeur. 

dimanche 18 juin 2017

C'était la semaine où... (#24)




...je suis rentrée à Monpatelin en oubliant mes lunettes de soleil et ma crème solaire à Bruxelles. Du coup, le meuble de l'entrée chez Chouchou a la classe totale en D&G, et le placard de la salle de bain est bien protégé contre les mélanomes.
 ...j'aurais mieux profité de la 1ère classe dans le TGV si je n'avais pas attrapé une migraine de chaleur. Ou, pour voir le verre à moitié plein: ma migraine de chaleur aurait sans doute été encore plus pénible en seconde. 
...j'ai reçu un mail d'une assistante éditoriale m'informant que l'à-valoir d'une trad que j'avais rendue mi-avril avait été mal calculé et qu'en fait, ils me devaient dans les 1800€ supplémentaires. Impression d'avoir gagné des sous gratuits (alors qu'en fait, pas du tout) et gratitude pour l'honnêteté de mon client. 
...l'association de gestion agréée dont je me suis fait radier fin 2016 m'a envoyé une facture au titre de 2017. Comme je signalais la chose par mail, on m'a répondu que ah oui, pardon, ma demande avait été bien prise en compte mais pas informatiquement. Du coup, en fait, elle avait été notée de quelle façon? Sur un Post-It? Dans un coin de la tête de la secrétaire?
...j'ai presque dû supplier ma fleuriste de me vendre un bouquet des dernières pivoines de la saison. "Mais regardez, elles sont pas terribles et elles vont s'ouvrir tout de suite!" faisait-elle valoir. "Je m'en fouuuuus, après y'en a plus jusqu'en mai prochain!" me suis-je entendue hululer avec toute la retenue qui me caractérise. 
...je me suis adonnée à un de mes plus grands plaisirs: lire un bon roman (en l'occurrence, "Outrun the moon") à la terrasse du Chamo, en sirotant un cocktail glacé face à la mer. J'avoue une préférence certaine pour le Planteur, mixé avec du sorbet à l'ananas.
...j'ai essayé une robe Comptoir des Cotonniers que je trouvais superbe. Le miroir m'a jeté à la figure que ce sentiment n'était hélas pas réciproque. Tant pis, j'ai fait des économies.
...j'ai dîné avec Fleur aux Têtes d'ail. On ne s'était pas vues depuis octobre dernier; c'est donc une année scolaire entière qui vient de filer sans que je m'en aperçoive. Mais bon, elle est toujours Team Voiture et Lentilles, moi Team Transports en Commun et Lunettes, et nous continuons toutes les deux à refuser de prendre un smartphone.
...j'ai préféré reporter mon détartrage annuel à novembre, moment où ma douce dentiste rentrera de congé maternité, plutôt que prendre le risque de me faire charcuter les gencives deux mois plus tôt par son remplaçant (qui est très bien si ça se trouve, mais bon).
...deux ans et demi après mon dernier frottis, je me suis enfin décidée à chercher et à prendre rendez-vous avec une nouvelle gynéco - vu que l'ancienne me filait des crises d'angoisse à elle toute seule.
...j'ai bu mon premier punch de l'année à la terrasse du bar de Monpatelin, et même pris quelques couleurs (mais du côté droit uniquement).
...à 5 mn d'intervalle, j'ai reçu deux mails pros m'annonçant de chouettes collaborations potentielles. Je croise les doigts!
...quand je suis montée dans le bus, le chauffeur m'a dit très poliment: "Si je peux me permettre, voilà une bien jolie pinup". Comme quoi, même à un âge canonique et avec pas mal de kilos surnuméraires, une petite robe à pois, des lunettes funky et un vernis rouge vif font toujours la blague.
...mon ophtalmo a mesuré la surtension dans mon oeil droit: elle se maintient juste en-dessous du seuil où il faut commencer à traiter. Pourvu que ça dure.
...j'ai découvert que la grande boulangerie au coin de la place Noël Blanche vendait des msemen pas mauvais du tout. Mon estomac est joie.
...j'ai assisté à la conférence de Fabrice Midal qui venait présenter son bouquin "Foutez-vous la paix!" au Théâtre Le Colbert. Intéressant même si dans l'ensemble, je trouve sa théorie un peu simpliste et pas adaptée à tous les cas. Et puis, ça m'a donné l'occasion d'échanger quelques phrases avec Julie du blog From Toulon with love.
...j'ai commencé à préparer notre séjour norvégien. Et malheureusement, on ne va pas pouvoir faire l'excursion dans les fjords dont Chouchou rêvait: trop cher, et surtout trop long à caser dans une journée au départ d'Oslo. Idéalement, il aurait fallu effectuer la boucle depuis Bergen, ou au moins passer une nuit sur place. J'avoue, je suis déçue (et je culpabilise un peu, aussi).
...je me suis acheté le premier maillot de bain que j'ai essayé. Non, ce n'est pas le modèle des mes rêves (celui qui me ferait miraculeusement la silhouette de Betty Page), mais il est sobre, fonctionnel, à ma taille, et il coûtait moins de 40€ chez Monoprix. Comme ça, je suis parée au cas où on aurait l'occasion de se baigner en Norvège.
...pendant que je bouquinais le tome 4 de "March comes in like a lion" en attendant ma délicieuse pizza napolitaine chez Marco, la nouvelle serveuse italienne m'a déclaré dans un français hésitant que le meilleur manga du monde, c'était "One piece". Le serveur du Chantilly ayant dit la même chose à Chouchou le mois dernier, je me suis demandé s'il y avait conspiration.
...j'ai fait dédicacer "Eléctrico 28" par Magali Le Huche chez Contrebandes, et nous avons chanté en choeur les louanges de ce pays génial qu'est le Portugal.
...j'ai entamé une Smile Detox. Dès le premier sachet à base d'huile de coco vidé dans ma bouche, j'ai été prise d'une violente envie de vomir tant la consistance était ignoble. Elles vont être longues, ces 14 fois 10 minutes.
...j'ai testé ce masque au yaourt acheté chez Sephora. Il a fait des grumeaux monstrueux, pire qu'une pâte à crêpes. J'aime bien essayer des trucs nouveaux, mais là, c'était un magnifique ratage.
...j'ai testé aussi le fameux bain noir. Bilan: en fait, c'est violet très foncé, pailleté et joli. Ca sent assez bon, ça ne laisse pas de "morceaux" ou autres résidus dans la baignoire. Mais la couleur est planquée par la mousse, et au final, ça fait quand même cher pour un seul bain. Surtout quand, comme moi, on sort de l'eau au bout d'un quart d'heure. 
...pour la première fois de ma vie, j'ai voté de la même couleur que mon teint (non, "cachet d'aspirine" et "bidet" ne sont pas des options de vote). Mais dans ma circonscription, il restait droite ou droite, soit même pas une possibilité de faire barrage à qui ou quoi que ce soit.
...pour me venger, j'ai joué du rebouche-tout et du couteau de peintre sur la poutre de ma mezzanine, celle dont les micro-trous laissent entrer les fourmis dans ma chambre et tomber une pluie de particules d'isolant vert pile sur mon oreiller. Je croise les doigts pour que ça suffise.

"Les sorcières du clan du Nord T1: Le sortilège de minuit" (Irena Brignull)


Il y a 300 ans, une prophétie a prédit qu'une Hawkweed deviendrait la nouvelle reine de tous les clans de sorcières. Crécerelle Hawkweed tient à ce que le pouvoir revienne à sa fille Surelle. Alors, quand sa soeur Charlock accouche à son tour, elle se débrouille pour échanger magiquement le bébé contre une autre fillette née au même moment.

Ainsi Poppy, brune et ombrageuse, grandit-elle au sein d'une famille ordinaire en provoquant à la fois la folie de sa mère et quantité de phénomènes qui échappent à sa compréhension. De son côté, Clarée, blonde et douce, mène la triste existence d'une sorcière sans pouvoir méprisée par toutes ses soeurs. Mais à l'adolescence, le destin finit par les réunir - et contre toute attente, une amitié très forte grandit entre elles...

J'avoue: plus encore que le thème, c'est la superbe couverture embossée de "Le sortilège de minuit" qui m'a donné envie de le lire. Qu'il s'agisse du physique des deux héroïnes, de leur façon de s'habiller ou de l'endroit dont elles sortent, tout ce qui les oppose y est parfaitement illustré. Poppy et Clarée ont grandi avec l'impression de ne pas être à leur place, un sentiment commun à beaucoup d'adolescent(e)s. Sauf que dans leur cas, elles ont raison sur un plan très littéral! 

Plusieurs choses m'ont agréablement surprise dans ce premier roman d'Irena Brignull. D'abord, au lieu de situer cette histoire dans un monde de fantasy ou un passé vaguement historique, l'auteure choisit de la faire se dérouler de nos jours dans un pays occidental qui n'est jamais nommé - mais où on boit du Coca zéro. Comme elle s'abstient également de moderniser le concept de sorcières, elle produit un authentique choc de cultures entre le clan archaïque installé dans des roulottes au fond des bois et le monde extérieur qui est celui que connaissent tous les lecteurs. (En contrepartie, on a parfois du mal à suspendre son incrédulité: il semble impossible que les sorcières n'aient jamais été découvertes et, avec tous leurs pouvoirs, se contentent de vivre en recluses sur un territoire aussi limité!)

Autre bonne surprise: l'atmosphère très noire, surtout pour un roman jeunesse. La mère de Poppy est devenue folle et a dû être internée; son père tient la jeune fille responsable de tous leurs malheurs et ne lui prodigue jamais la moindre marque d'affection. Leo, le garçon qui va bientôt se retrouver tiraillé entre Poppy et Clarée, est SDF depuis plusieurs années, et l'auteure présente ses conditions de vie sous un angle des plus réalistes qui tord le coeur. Je ne suis pas fan des triangles amoureux, bien trop fréquents à mon goût dans la littérature jeunesse, mais le personnage de Leo est ici celui que j'ai trouvé le plus attachant. 

Le point faible de ce tome 1, c'est qu'il explore assez peu le fonctionnement de la société des sorcières (il ne s'attarde pas non plus sur le monde ordinaire où Poppy a grandi, mais on s'en fout, parce que tous les lecteurs le connaissent déjà). Par exemple, chaque clan vivant tout seul dans son coin en auto-suffisance, on peine à comprendre l'intérêt et la fonction d'une reine, ou la raison pour laquelle les sorcières sont prêtes à s'entre-tuer pour des questions de succession, ce qui amoindrit l'impact de la confrontation finale. Mais comme il s'agit d'une série, j'imagine que le sujet sera abordé dans les tomes suivants. 

Merci à Gallimard Jeunesse pour cette lecture. 

samedi 17 juin 2017

"Miss you" (Kate Eberlen)


Teresa et Angus se croisent pour la première fois à Florence, à la fin de l'été 1997. Teresa est alors sur le point de perdre sa mère d'un cancer et de voir ses rêves d'études universitaires s'envoler car elle est la seule à bien vouloir s'occuper de sa petite soeur autiste, Hope. De son côté, Angus court pour oublier que quelques mois plus tôt, son frère aîné Ross - le fils préféré de leurs parents - est mort dans un accident de ski. Il s'apprête à faire médecine comme le défunt, mais sans aucun enthousiasme. Au fil des ans, Teresa et Angus ne vont cesser de se rater partout où ils iront avant de se découvrir à un moment où il semble qu'il n'y a plus d'espoir pour eux...

Si cette présentation de "Miss you" vous rappelle "Un jour" de David Nicholls, c'est bien normal - moi-même, je n'ai cessé de comparer les deux durant ma lecture. Mais le roman de Kate Eberlen, lui, fait fi de tout souci de vraisemblance. Seize ans de rencontres manquées pour que, à la fin, les deux héros se rappellent qu'ils se sont parlé pendant trente secondes lors de leurs précédentes vacances en Italie. J'avoue, je suis jalouse de leur mémoire. En revanche, ils peuvent se garder le manque de discernement qui leur fait enchaîner des choix de vie épouvantables jusqu'au moment où le coup de foudre les frappe enfin et où ils commencent à parler mariage au bout de 24 heures.

On ne dirait pas, mais j'ai dévoré "Miss you". Malgré l'énorme suspension d'incrédulité qu'il exige du lecteur, je l'ai trouvé bien écrit, à la fois touchant et réaliste dans sa façon d'aborder des sujets difficiles tels que le deuil, l'autisme ou le cancer. J'ai apprécié le fait que les vies parallèles des deux héros se faisaient écho de maintes façons, de sorte qu'ils semblaient réellement destinés l'un à l'autre. Et j'ai beaucoup apprécié la conclusion de Gus, dans le genre "De toute façon, on ne sait jamais de quoi demain sera fait". Puis ce n'est pas tous les jours qu'on lit une histoire d'amour qui s'arrête au moment de la rencontre des amoureux!

Article publié à l'origine en septembre 2016, 
et mis à jour en raison de la parution de l'ouvrage en français depuis cette date

vendredi 16 juin 2017

"Comment maximiser (enfin) ses vacances" (Anne Percin)


MAXIME MAINARD EST DE RETOUR!

Pardonnez-moi de crier, mais j'ai littéralement bondi de joie en découvrant au hasard du rayon jeunesse de ma Fnac qu'Anne Percin venait de sortir un quatrième tome des aventures de son héros si gouailleur et attachant. Déjà deux ans que j'avais dévoré les trois premiers, et je n'espérais pas revoir Maxime un jour. Pour une bonne surprise...

Dans "Comment maximiser (enfin) ses vacances", Maxime vient de décrocher son bac avec mention très bien et... d'être recalé à l'entrée de Sciences Po, où il rêvait de faire ses études depuis toujours. C'est l'occasion d'explorer sa nouvelle passion pour la musique. Maxime embarque les autres membres de son groupe de rock, mais aussi ses potes Alex et Kévin, sa petite amie Natacha et même sa soeur Alice: direction le bassin d'Arcachon, où le Kremlin a été engagé pour se produire durant le festival de la Moule...

Autant le dire de suite: je n'ai pas tout aimé dans cette "saison 4". L'humour de Maxime, qui me faisait mourir de rire jusqu'ici, m'a paru souvent forcé, et extrêmement lourdingue par moments. Surtout, j'ai eu un gros problème avec le fait que, lors de ses disputes avec Natacha, tous deux se bousculent et se mettent des claques. Je trouve que banaliser la violence physique sous prétexte qu'il s'agit de jeunes gens au tempérament vif est un parti pris dangereux lorsqu'on s'adresse à un lectorat adolescent. Même s'il ne s'agit que de deux ou trois scènes courtes sur 400 pages, c'est un élément qui m'a beaucoup dérangée, voire choquée.

A côté de ça, l'auteure décrit très bien les sentiments de Maxime lorsqu'il est sur scène, la façon dont la musique le transporte. Et j'ai aimé qu'elle l'amène à remettre son avenir en question, à s'interroger sur ce qu'il veut vraiment et à envisager des possibilités nouvelles - c'est, de nos jours, un thème qui peut parler à beaucoup d'adultes! C'était chouette aussi d'en apprendre davantage sur les acolytes de Maxime, notamment les trois autres membres du Kremlin, et de les voir évoluer au fil du temps. Dans l'ensemble, malgré tout, un bilan de lecture mitigé qui m'empêche de souhaiter une "saison 5".

Envies de juin




Avoir le coup de foudre pour un maillot de bain vu sur internet ou dans un magazine et qu'il m'aille du premier coup pour que je ne doive pas m'infliger tout un après-midi à faire des essayages déprimants, merci, bisous
M'offrir cette bougie parfumée Trilogy de Woodwick pour l'été, et puis celle-là pour l'automne
Passer à l'orange avec le vernis OPI No tan lines
Tester le bain noir pailleté
Ajouter ce mignon Nazgûl Funko Pop à ma collection
Rêver d'une Neko Box française
Tester la box littéraire Le Ptit Colli
Bruncher végétarien à la terrasse du Stam
Aller au cinéma voir "Wonder Woman"
Visiter la nouvelle expo "Art is comic" du MIMA
Manger des soupes glacées tous les jours (la recette de ma préférée est ici)
Avoir une météo décente pour nos vacances à Oslo