mercredi 24 mai 2017

30 days of giving




J'ai terminé il y a quelques jours un livre de Cami Walker intitulé "29 Gifts: How a Month of Giving Can Change Your Life". L'auteure y raconte comment, moins d'un mois après son mariage, on lui diagnostique une sclérose en plaques. De trentenaire active, qui gagnait très bien sa vie comme consultante et espérait faire un enfant, elle devient vite infirme, dépendante, endettée et passablement déprimée (on le serait à moins). C'est alors qu'une amie femme-médecine lui conseille de se livrer à une expérience inspirée d'un rite zoulou: pendant 29 jours d'affilée, faire chaque jour un cadeau, matériel ou non, à quelqu'un de son entourage ou à un parfait inconnu. Et bien que Cami Walker soit aussi sceptique que rétive à la base, elle ressent rapidement les bienfaits de ses gestes. Dans un premier temps, elle qui pensait ne plus être bonne à rien découvre qu'elle a encore le pouvoir d'agir de façon signifiante. Donner la met dans une position d'abondance insoupçonnée, là où auparavant elle ne voyait plus que ce qui lui manquait (ce qu'on appelle en psychologie l'état d'esprit de pénurie). Ensuite, elle se rend compte qu'elle crée un cercle vertueux de bonne volonté autour d'elle, une sorte de retour de boomerang karmique positif - et dans son enthousiasme, elle crée un site internet pour aider d'autres gens à transformer leur vie de la même façon.

Ce n'est pas la première fois que je suis tentée par une expérience de ce type. Il y a quelques années, je suivais le blog d'un Américain qui s'était fixé pour but d'effectuer 365 bonnes actions (ce qu'on appelle en anglais les "random acts of kindness") au rythme d'une par jour pendant un an. Je ne sais pas si je tiendrai aussi longtemps que ça, surtout sans mettre les pieds hors de chez moi la plupart des jours. Et mon format de prédilection, c'est plutôt le mois, ce qui est généralement suffisant pour tester une nouvelle habitude et voir si on peut/veut l'incorporer à sa vie de manière plus durable. Je sais que je suis à fond pour le concept, mais je sais aussi que je laisse souvent mourir mes pulsions généreuses par crainte de provoquer de l'embarras ou une réaction négative du destinataire - j'en parlais l'an dernier dans ce billet. Du coup, pour me lancer vraiment, j'ai besoin d'un cadre un peu plus formel que "Allez, la prochaine fois, j'ose!". Et d'un peu de temps de cerveau libre pour me plonger à fond dans l'expérience.

Voilà pourquoi j'ai décidé que ce serait mon projet du mois de juin, durant lequel je compte ne pas bosser. En plus, pendant les derniers jours, je serai en Norvège, ce qui présentera un challenge intéressant! Je ne me fixe pas d'autre règle que de donner une chose par jour et de documenter ce que je ferai ici - non pas pour me vanter, mais parce que je me dis que ça pourrait inspirer d'autres gens avec des dispositions similaires. Je vais juste essayer de sortir un peu de ma zone de confort en mettant l'accent sur les gestes qui me sont les plus difficiles. Par exemple, si je n'ai pas trop de mal à envoyer des sous à des causes qui me touchent, je répugne énormément à témoigner mon affection d'une manière autre que matérielle. Ca fera peut-être une bonne excuse pour me décoincer un peu! Je vous reparle donc de tout ça le mois prochain. Et si quelqu'un a envie de se lancer en même temps que moi, qu'il n'hésite pas à se manifester.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est une très belle idée, j'aime beaucoup le principe :)
Après, j'ai l'impression que de vouloir absolument le faire au quotidien pourrait rendre les choses un peu trop forcées à mon goût... mais ce n'est que moi.

Mélusine

Zéphine (aka Malvi) a dit…

Depuis un peu plus d'un an (depuis que mon petit train train de trentenaire en couple et sans problème à explosé violement), j'ai changé de comportement.
Alors qu'avant je portais en permanence un masque de froideur et de distance, ne sachant pas comment donner et recevoir, je suis devenue bien plus ouverte et généreuse qu'avant.

N'aillant pas des moyens matériels énormes, je donne volontier et sans compter de mon temps, de ma présence, et de mon soutient. Alors qu'avant je voulais être un modèle de perfection à tout point de vue et ne faire que des "vrais beau cadeaux sinon ça ne vaut pas la peine", je me suis rendue compte qu'en réalité ce sont les petits gestes, les petits dons (souvent gratuits) du quotidien qui compte le plus:
- Envoyer une image marrante ou un lien intéressant à un(e) ami(e);
- Donner ma carte de fidélité (complête évidement) à un SDF pour qu'il ai droit à mon café gratuit, ou mon chèque cadeau du supermarché (dans mon pays, on paye tout par carte bancaire, donc je n'ai jamais de monaie sur moi...);
- Déposer une poignée de bonbons sur les bureaux des étudiants qui restent au labo jusqu'à pas d'heure parce que leurs expériences ne fonctionnent pas comme il faut et que leur mémoire est à rendre dans un mois;
- Donner de mon temps pour participer à des recherches scientifiques en tant que cobay: comme je travaille en milieu universitaire scientifique, je suis entourés de jeuunes chercheurs qui ont besoin de collecter des données pour leur thèses, et la plupart des études sont non-invasives, non traumatisantes, ça demande juste de donner un peu de son temps et c'est souvent assez marrant!;
- Partager spontanément mon dinner avec le colocataire qui rentre tard du boulot après un journée de merde, et décider d'ouvrir cette bouteille de vin qui attend une "vraie occasion" pour être bue, alors qu'on est en semaine et que c'est pas raisonnable.
- Faire rire une collègue au bout du rouleau en plaçant ma peluche paresseux (qui normalement trône sur mon bureau) dans des situations différentes chaque jour, là où je suis certaine qu'elle le verra: Socrate le Paresseux en train de taper au clavier, Socrate en train de lire un article scientifique avec un surligneur à la main, Socrate qui se planque dans son tiroire à bonbons pour manger son stock, etc.
- Payer le ticket de bus de la personne devant moi qui se rend compte qu'elle à oublié son portefeuille;...


Tout ça ne me coûte que quelques dollars et/ou un peu de temps ou de patience, mais ces petits gestes ont eu une répercution impressionnante sur ma vie: je suis bien plus épanouie et ouverte que je ne l'étais avant, je prends avec bien plus de phylosophie les contrariétés du quotidien (et pourtant, ces derniers temps n'ont été qu'une accumulation sdans fin d'emmerdes toutes plus grosses le unes que les autres), et j'ai l'impression que plus je donnes, plus je reçoit.

Du coup, je suis tentée moi aussi de donner (que ce soit matériel ou immatériel) un petit peu chaque jour pendant le mois de juin. Je prévois de prendre note de mes "dons" journaliers et d'en déposer la liste en commentaire de la note de blog que tu ne manqueras surement pas d'écrire à la fin du mois ;-)


lescarnetsderoulio a dit…

Je te "kiffe"...vraiment beaucoup, énormément, tu sais...

Mlle Funambuline a dit…

Si tu tombes à court d'idées en Norvège, je pratique souvent le "café suspendu" mais en direct, c'est à dire offrir spontanément le café à un/une inconnu/e qui en commande un juste avant ou après moi. C'est très agréable :-)

ARMALITE a dit…

Mélusine: je me suis interrogée sur l'idée du geste un peu forcé, mais en ce qui me concerne c'est une contrainte que je m'impose parce que j'en ai besoin pour me décider à agir.
Zéphine: oui, les dons non matériels, c'est souvent aussi satisfaisant pour celui qui donne que pour celui qui reçoit. Et je pense publier un billet récapitulatif tous les 10 jours, sinon ça va faire un roman-fleuve à la fin du mois! Ton expérience sera très bienvenue en commentaire. On pourra peut-être se donner mutuellement des idées (pour rester dans le thème!).
Roulio: merci :-)
Fun: dans mon cas il va falloir que ce soit plutôt un thé suspendu :-P

Anonyme a dit…

Ah mais pas de souci :) Nous n'avons pas tous le même mode de fonctionnement, encore heureux ! De mon côté c'est quand cela me traverse. Par exemple, aujourd'hui, acheter une carte postale et tant pis si elle est un peu trop chère pour un ami "parce qu'elle est faite pour lui", faire trois pas hors de la boutique, décider d'en prendre une seconde parce que je me suis subitement souvenue qu'il y a quelqu'un d'autre à qui elle ferait plaisir, juste à envoyer comme ça, sans raison. (Idem pour les mini colis-surprises avec du chocolat à l'Earl Grey une fois que les températures daigneront redescendre un peu, parce qu'une amie a mentionné ce souvenir avec un sourire gourmand.) Il peut se passer trois semaines sans que rien de bien concret ne semble se réaliser, et puis d'un coup, plein de petites choses.
Les petits riens, c'est encore ce que je préfère :)

Mélusine

MadeleineMiranda a dit…

C'est un très joli concept! J'ai hâte de voir comment le mois s'est déroulé et quelles sont tes idées. Personnellement j'essaye d'être généreuse au quotidien, je ne sais pas si j'y arrive forcément... Mon but est toujours de parsemer un peu de bonheur dans le quotidien des autres, mais peut-être faudrait t-il que j'y réfléchis d'avantage.

lescarnetsderoulio a dit…

J'ai hâte, hâte de lire tes aventures altruistes! Je suis sûre que cela nous donnera des idées et que nombre d'entre nous ensuite t’emboîteront le pas...