mercredi 12 avril 2017

Stressée de l'horloge




Ca doit faire vingt ans que je ne porte plus de montre. Et comme mon vieux Nokia est rarement allumé, je donne l'impression de vivre sans heure. La nana cool, qui peut se permettre d'aller à son propre rythme vu qu'elle bosse à la maison et qu'elle n'a pas d'enfants. 

En réalité, je suis tout sauf décontractée de l'horloge.

J'ai un TOC curieux qui fait que je ne peux commencer à bosser que sur une heure pile, éventuellement la demie. Mais je me soigne: ces derniers temps, j'arrive parfois à m'y mettre à et quart ou moins le quart! 

Je ne supporte pas les gens chroniquement en retard. Je considère ça comme un manque de respect, une façon de dire "Mon temps est plus précieux que le tien, donc, tu peux bien m'attendre". Du coup, le simple fait d'arriver 10 minutes après l'heure indiquée chez des amis qui nous ont invités à dîner me file des palpitations. Au fil des ans, ça été source d'énormément de tensions entre Chouchou - qui a une conception du temps, disons, plutôt élastique - et moi.

Quand j'ai un rendez-vous à 15h40 chez un médecin que je sais toujours très en retard, et que le bus qui dessert Monpatelin à 15h me déposerait devant son cabinet à 15h45, la semaine qui précède, je me dis: "Bah pour 5 minutes, c'est pas grave du tout, il ne s'en apercevra même pas". Le jour J, je prends quand même le bus de 14h, j'arrive à 14h45 et je poireaute jusque vers 17h15 en me traitant d'imbécile psychorigide. Mais j'avance bien dans mon bouquin en cours. 

Si je dois prendre un avion ou un train, je calcule de combien de temps j'ai besoin au pire pour atteindre la gare ou l'aéroport, et je me rajoute encore une marge d'une demi-heure à trois quarts d'heure. Si le départ a lieu avant 10h du matin, la nuit précédente, je suis tellement stressée que je ne dors quasiment pas (d'autant plus que je n'ose ni prendre de somnifère ni mettre de boules Quiès de peur de ne pas entendre mon réveil - du moins, s'il n'est pas victime d'un accident bizarre et se décide bel et bien à sonner). Si quelqu'un doit me conduire, je lui indique une heure de départ un quart d'heure avant l'heure réelle.

Je calcule toujours large, et j'ai horreur de courir. Résultat, lorsque nous sommes en voyage, le programme que je nous avais prévu pour la journée est généralement bouclé vers 15h, et ensuite, nous errons comme des âmes en peine dans le dernier quartier où nous avons atterri. (Et là, j'envisage vaguement de me remettre au geocaching juste pour meubler.)

J'ai très envie de retourner au Japon, d'aller en Australie, de visiter Seoul, Kuala Lumpur ou Hong-Kong, mais outre le manque de temps et de sous ces dernières années, je suis hyper freinée par 1/ la longueur du vol 2/ le gros décalage horaire dans le mauvais sens. J'ai mis vingt ans à caler mon rythme biologique sur des horaires normaux, et le foutre en l'air pour deux ou trois semaines de vacances m'angoisse énormément. 

8 commentaires:

Kleo a dit…

Je te comprends, je suis moi-même une angoissée de l'horloge. Je compte toujours mes déplacements avec une marge d'erreur (de toute façon, dès que je fais une exception, il m'arrive une couille), je suis toujours en avance à mes rendez-vous, quitte à tuer le temps dans la librairie la plus proche (ou à m'emmerder comme un rat mort dans la salle d'attente du pédiatre), et je prévois toujours hyper large quand je dois prendre l'avion. Comme toi, j'ai de plus en plus de mal à dormir la veille d'un départ, surtout matinal.
J'ai la chance de pouvoir me caler facilement sur des horaires normaux, mais je m'aperçois avec l'âge qu'il m'est de plus en plus difficile de me caler sur un décalage horaire de plus de 2-3 heures. Là où j'en avais pour 24h, j'ai mis près de 3 jours à m'adapter lors de notre dernier séjour au Japon (à ma décharge, j'étais enceinte), et le retour du Canada l'été dernier m'a demandé 48h.
En revanche, sur le programme des visites en voyage, j'ai dû me calmer sérieusement depuis l'arrivée de la Crevette qui, bien que de bonne composition, sature en milieu d'après-midi (en même temps...).

Et moi non plus, je ne supporte pas les gens chroniquement en retard :D

Grosquick de la mancha a dit…

Je suis dans le clan des optimistes retardataires et j'en conviens, c'est horripilant. D'ailleurs, je donne toujours rendez-vous dans un endroit où on peut attendre tranquillement (jamais dehors sous la pluie) mais quoi que je fasse, ça n'y manque pas, je suis en retard.
Par contre, je pense que la découverte d'un pays qui te fait envie vaut bien une chamboulement d'horloge biologique(mais malgré mon prénom, je suis rarement la voie de la sagesse).

Sunalee a dit…

Je suis aussi une angoissée du retard mais je me soigne. J'arrive à arriver un peu plus tard que l'heure de l'invitation chez des amis mais chez le médecin, je suis toujours à l'avance. Et je suis super contente quand pour une fois j'arrive à l'heure pile à un rdv avec un(e) ami(e) (mais gênée s'il est déjà là avant moi alors que je suis à l'heure).

Pour le décalage horaire, je n'ai pas trop de soucis vers l'Asie - je souffre bien plus au retour quand je m'endors sans pouvoir résister vers 19h. En voyage organisé, il y a toujours moyen de rattraper du sommeil pendant les trajets en car et quand j'ai été au Japon, je suis arrivée en soirée et le lendemain j'ai fait une grasse matinée. Je n'étais pas bien fraîche mais j'ai finalement visité tout l'après-midi.

PS: juste visiter Kuala Lumpur, c'est un peu juste - il n'y a pas tant que ça à voir. La ville est à combiner avec un circuit.

Lili a dit…

Ah ah, je me reconnais tellement !
J'ai passé mon enfance à attendre ma mère en retard, à attendre que les gens se réveillent ou qu'il soit l'heure, le doigt sur la sonnette depuis 5 minutes...
Par contre, je pars en Australie demain ! Mais moi qui suis réglée comme une horloge, je ne m'attends pas à super bien dormir ;-)

Anneso a dit…

Je partage l'avis de Grosquick : " la découverte d'un pays qui te fait envie vaut bien une chamboulement d'horloge biologique".C'est vrai, un jetlag ,bon,c'est pas agréable mais on s'en remet alors que l'émerveillement d'un beau voyage,on ne s'en remet JAMAIS!

Ness a dit…

Il paraît que les racines de l'angoisse d'arriver en retard et du retard chronique sont les mêmes. Chez moi, c'est à géométrie variable. Je suis du genre à ne pas aimer courir et à trouver indispensable d'arriver à l'heure pour raison morale pour la plupart des rendez-vous (et ça peut vraiment t prendre des propositions démesurées si un couac survient sur le chemin), et pour d'autres, identifiés comme des contextes bienveillants où le respect de l'horloge est moins important ou alors des activités qui peuvent commencer sans moi, des horaires ouverts, je me permets du retard pour ne pas y aller en mobilisant tout mon attirail d'angoisse habituel. C'est moins "mon temps est plus précieux que le vôtre" qu'un peu de terrain gagné sur le stress de l'horloge dans une situation choisie.

Dolceblondie a dit…

Merci pour cet article, ça fait du bien. Ça fait du bien parce que, je pense qu'au fond, on est pas mal à fonctionner comme ça et on se sent parfois seul, on a l'impression d'avoir des TOC, on se trouve "bizarreé. Je suis comme toi, et mon copain est comme le tien, il s'en fou du temps, parfois ça crée des tensions car je suis stressée par le temps, je ne veux pas perdre une minute, je ne veux pas arriver en retard, je ne veux pas arriver trop en avance non plus, je suis stressée et te lire m'a fait du bien.
Merci,
Ali

Anonyme a dit…

Je me suis reconnue dans votre article. Merci ça fait du bien de ne pas se sentir seule 😊