mardi 31 mai 2016

Mai 2016



Lectures de Mai 2016




ROMANS
- "I am Radar" (Reif Larsen)
- "Academy street" (Mary Costello) ♥︎♥︎
- "L'héritière des Raeven T1: Sorcière malgré elle" (Méropée Malo)
- "Rhapsodie française" (Antoine Laurain) ♥︎♥︎♥︎
- "Journal d'un vampire en pyjama" (Mathias Malzieu) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La vie en mieux" (Anna Gavalda)
- "Hélianthe" (Stefano Benni)
- "La facture" (Jonas Karlsson) ♥︎
- "Summer at the Little Beach Street Bakery" (Jenny Colgan) ♥︎♥︎♥︎
- "L'enfant de l'étranger" (Alan Hollinghurst)
- "The Gentlemen Bastards T3: The republic of thieves" (Scott Lynch)  ♥︎♥︎
- "Les ferrailleurs T1: Le château" (Edward Carey) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La poupée de Kafka" (Fabrice Colin)
- "The last days of Rabbit Hayes" (Anna McPartlin) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "La valse de Valeyri" (Gudmundur Andri Thorsson) ♥︎♥︎♥︎
- "Abattoir 5" (Kurt Vonnegut)
- "All the birds in the sky" (Charlie Jane Anders) ♥︎♥︎♥︎

BEDE/MANGA
- "Sur la pointe des pieds T1: A la rencontre de l'hiver" (Jidi/A. Geng) ♥︎♥︎♥︎
- "Notre univers en expansion" (Alex Robinson) ♥︎
- "Le temps des Mitaines T2: Coeur de renard" (Loïc Clément/Anne Montel) ♥︎♥︎♥︎
- "Le monde de Ran T1" (Aki Irie) ♥︎♥︎

DIVERS
- [Challenge non-fiction] "Le charme discret de l'intestin" (Giulia Enders) ♥︎♥︎♥︎♥︎
- "The principles of uncertainty" (Maira Kalman)* ♥︎♥︎♥︎
- "Mourir d'amour en été" (Plonk & Replonk)
- "Haikus du temps présent" (Mayuzumi Madoka) ♥︎♥︎♥︎

lundi 30 mai 2016

Lasagna Tiramisù: le bonheur est dans l'assiette




Vendredi soir, répondant à une invitation de l'agence Cinna, nous avons dîné dans ce restaurant italien au concept simple mais alléchant: proposer chaque jour 5 ou 6 variétés de lasagnes (dont au moins une végétarienne) et autant de variétés de tiramisù, choisies parmi une centaine de recettes-maison qui tournent en fonction des saisons et des produits disponibles. En effet, José, créateur de Lasagna Tiramisù avec son épouse Simona, attache une grande importance à la qualité et à la fraîcheur de ses matières premières. Les autres principes qui régissent son travail? Chaleur de l'accueil, respect des personnes, absence de gaspillage. Avant même l'apparition du moindre plat sur notre table, nous étions totalement séduits par ce chef d'entreprise aussi dynamique que profondément humain, avec une conception et une éthique du travail qu'on aimerait plus largement répandues. 






Pour commencer, nous avons eu droit à une sublime assiette de charcuterie et de fromages italiens (les petits appétits peuvent également opter pour l'une des salades dont la composition, comme celle des lasagnes et du tiramisù, change chaque jour). Je garde un souvenir particulièrement ému du saucisson qui fondait dans la bouche, du miel à la truffe dont le lard était arrosé, et d'un étonnant gorgonzola à la fleur d'oranger. Chouchou, lui, a adoré la 'nduja trop piquante pour mes papilles délicates. L'ensemble était accompagné d'un pain croustillant et encore tiède, car fabriqué maison - miam.




Passons au plat de résistance: les lasagnes. Il faut savoir que José souhaite proposer "les meilleures du monde" - vive la saine ambition! Parmi les variétés du jour, j'ai choisi la melanzane, aux aubergines frites et à la mozzarella fumée, tandis que Chouchou décidément séduit optait pour la 'nduja. Nos plats individuels sont arrivés accompagnés d'une petite salade verte au vinaigre balsamique pour la touche fraîcheur. Niveau vin, comme je souhaitais du blanc, José m'a proposé un Vigna del Vulcano de 2011 fabriqué à partir de raisin ayant poussé sur les pentes du Vésuve, ce qui lui donne un goût minéral absolument sublime et une longévité exceptionnelle (il est garanti 10 ans, contre plutôt 4 ou 5 pour la plupart des vins blancs à ce qu'il paraît). C'était pour moi une magnifique découverte. Et les lasagnes? Délicieuses, évidemment!





J'avoue qu'arrivée à ce stade du repas, je calais sérieusement. Et en plus, oserais-je l'avouer? Je n'aime pas du tout le café, donc le tiramisù n'est pas mon dessert préféré. Du coup, nous en avons pris un pour deux, à la noisette, et je me suis contentée de goûter la couche mousseuse du dessus. Sa légèreté ne m'a pas surprise: José nous avait prévenus qu'il utilisait une crème à seulement 30% de matières grasses, de sorte que le goût de la noisette ressortait superbement bien. Comme les lasagnes, le tiramisù est proposé en portion de taille raisonnable, ce qui permet de ne pas ressortir du restaurant l'estomac complètement explosé.





Est-il besoin de préciser que nous avons été complètement charmés, à la fois par le maître des lieux et par le merveilleux repas que nous venions de faire? Ou que nous reviendrons sûrement goûter les nombreuses autres recettes du restaurant? 

Deux précisions utiles: 
- Lasagnà Tiramisù, c'est aussi un service de traiteur pour vos dîners à la maison, et de catering pour vos réceptions diverses et variées. 
- Les recettes du jour (qui peuvent changer du midi au soir selon la demande) sont visibles sur la page d'accueil du site internet


Lasagna Tiramisù
Rue Stevin 82
(Quartier Schuman; métro 1 ou 5, station Maalbeek)
et 
Rue du Page 31
(Quartier Châtelain; tram 81, arrêt Trinité)
Ouvert du lundi au samedi,
de 11h à 15h30 et de 19h à 22h

[BRUXELLES] 60 Minutes: La chambre du Manneken Pis




Pour notre 16ème escape game (oui, déjà!), nous avions choisi une salle bruxelloise recommandée par un des game masters d'Escape Hunt: la chambre du Manneken Pis. Nous faisions pour l'occasion équipe avec nos amis Philou et Stef, initiés l'an dernier dans une salle lilloise pas terrible dont je me garderai de citer le nom ici - heureusement pour nous, ça ne les avait pas dégoûtés et ils étaient tout prêts à remettre ça. Du coup, j'espérais vraiment, vraiment que l'expérience serait bonne cette fois! 




C'est toujours difficile de vanter les spécificités d'un escape game sans en spoiler l'intrigue. Alors, en quelques mots: la chambre du Manneken Pis (celle d'un petit garçon, donc remplie de jeux...) propose un gameplay hyper ludique, basé non pas sur la résolution d'énigmes mais plutôt sur des mécanismes et manipulations aussi fun que bien trouvés. Ce n'est pas une salle difficile; nous l'avons bouclée en moins de 47 minutes, ce qui d'après les photos d'autres équipes publiées sur la page Facebook de 60 minutes semble être la moyenne générale. Elle me semble donc très indiquée pour des débutants, surtout ceux qui pourraient être rebutés par l'aspect un peu "intellectuel" d'autres salles. Et même les habitués que nous commençons à être ont pris beaucoup de plaisir à s'amuser dans cette astucieuse chambre. 60 minutes prépare l'ouverture d'une salle de niveau intermédiaire à la même adresse dans les mois à venir; autant dire que nous sommes tout disposés à la tester!

Rue Saint-Jean 37
1000 Bruxelles

dimanche 29 mai 2016

Les joies de la semaine #21




Lundi: c'est le candidat écolo qui remporte les présidentielles autrichiennes face à l'extrême-droite / découvrir en avant-première le tome 2 du "Temps des Mitaines" / revendu en direct un de mes Bruxelles-Paris de vendredi / vraiment émouvant, le déjà fameux "Hold the door"

Mardi: trouvé les deux paires de chaussures dont j'avais besoin pour crapahuter, bien moins cher sur Amazon que chez Sarenza / prendre le temps d'aller déjeuner avec Chouchou au marché de la place du Luxembourg / la super tarte au citron du Sin Street Food

Mercredi: un goûter-lecture au Comptoir Florian / la scène de sexe au téléphone entre Alison et Donnie dans l'épisode 404 d'"Orphan Black"

Jeudi: profiter de la vente privée Les Néréides pour rafler deux jolis colliers de la collection Fond Marin à un prix ridicule / la date de remise de cette énorme bédé est reculée de deux semaines, ce qui m'arrange énormément / j'aurai donc réussi à revendre les 4 billets de notre séjour annulé à Epinal, et en perdant seulement 6€ en tout / le "I'd be lost without you" lancé sèchement par Amy à Sheldon

Vendredi: Henri-Ze-Kat a survécu à son opération / Chouchou reçoit enfin le papier qui lui manquait pour boucler un dossier très important / ...et il décroche une grosse mission pro / le merveilleux repas chez Lasagna & Tiramisù

Samedi: le mini-massage des pieds avant qu'on se lève / avoir le temps de déjeuner vite fait chez AMI en sortant du Delhaize / vraiment bien s'amuser dans la salle du Manneken Pis chez 60 minutes avec Philou et Stef / la sublime carte du monde au mur du Comptoir Florian du centre-ville / un très agréable moment au salon de thé Ladurée / "Cinq centimètres par seconde", du même réalisateur que "Le jardin des mots": mélancolie magnifique

Dimanche: poids stable malgré les (gros) écarts des derniers jours / avoir dans le congélo de la rhubarbe prête à l'emploi pour préparer une tarte / un chouette brunch chez Chyl avec Philou et Stef

...et aussi, sans jour particulier: le gilet paon de chez Collectif acheté pendant les soldes d'hiver est parfait pour réchauffer une robe d'été / aller se coucher avec un bouquin alors qu'il fait encore jour dehors / les petits pschits de Brume Relaxante à la fleur d'oranger que je mets sur mon oreiller le soir / avoir zéro regret de sécher les Imaginales cette année

jeudi 26 mai 2016

"Les derniers jours de Rabbit Hayes" (Anna McPartlin)


Mia Hayes, surnommée Rabbit par tous ses proches, arrive au centre de soins palliatifs où elle va bientôt finir ses jours. Bien qu'elle n'ait que 40 ans et un féroce appétit de vivre, le cancer du sein qu'elle croyait avoir vaincu quelques années plus tôt est revenu en force, métastasant dans son foie, ses poumons et ses os. Alors, sa famille et ses amis se rassemblent autour d'elle pour lui dire au revoir...

Bon, présenté comme ça, il est certain que ça n'a pas l'air gai. D'ailleurs ça ne l'est pas, malgré de beaux moments d'humour noir irrévérencieux comme je les aime. Accompagner vers la mort une personne aimée encore jeune et qui souffre, ou se trouver soi-même dans cette position, c'est sans doute le pire cauchemar de beaucoup de gens. De ce postulat tragique, Anna McPartlin réussit pourtant à tirer un roman lumineux où l'amour l'emporte sur la douleur.

C'est que de l'amour, il y en a à revendre dans cette famille irlandaise, même si ça n'empêche pas Rabbit et sa mère de s'engueuler parce que l'une est farouchement athée et l'autre Catholique fervente. Grace, la soeur aînée qui a eu quatre garçons et peine à gérer le pré-diabète du petit dernier, se demande comment faire de la place dans sa maison déjà pleine à craquer à sa nièce bientôt orpheline. Davey, le frère batteur qui a réussi dans son métier mais jamais eu de relation amoureuse de plus de quatre mois, accourt en lâchant la tournée américaine d'une star de la country. Molly et Jack, la mère fonceuse et le père taiseux, refusent de croire leur benjamine perdue et se battent pour lui trouver un traitement expérimental. Juliet, douze ans, brave petit soldat qui prend soin de sa mère au quotidien depuis des années, est persuadée que Rabbit sera bientôt guérie et attend son retour à la maison encore plus impatiemment que ses premières règles.

Au-dessus d'eux tous plane l'ombre de Johnny, le très talentueux et très charismatique chanteur de l'ancien groupe de Davey qui fut aussi le premier amour de Rabbit. Au fil des jours, ses souvenirs s'égrènent et son histoire fait douloureusement écho à celle de l'héroïne, lui apportant une perspective et une épaisseurs poignantes. J'ai juste regretté que le blog sur le cancer de Rabbit ne soit mentionné que quelques fois en passant; il me semble qu'il aurait soit fallu l'intégrer davantage à la narration, soit l'oublier complètement. Ce détail mis à part, "Les derniers jours de Rabbit Hayes" est un roman très réussi, pas une leçon de vie et de mort mais une de ces fictions qui nourrissent l'âme et éventuellement la réflexion. Moi, en tout cas, malgré son sujet difficile, il m'a fait beaucoup de bien.

Never have I ever



Jamais au grand jamais je n'ai

... souffert d'une fracture (hormis l'extraction de mes dents de sagesse, toutes les opérations que j'ai subies étaient liées à mon endométriose)
... eu la grippe (je touche du bois; j'ai également été très épargnée par les maladies infantiles)
... perdu de points sur mon permis (je conduis rarement, ça aide)
... couché avec une personne d'une autre couleur (non que je sois hostile au principe, mais je me rends compte que depuis que j'ai quitté le système scolaire, je n'ai pratiquement plus jamais eu de racisés dans mon entourage - certes assez réduit du fait que je bosse à la maison et suis à peu près aussi sociable qu'une palourde)
... eu plus de cinq ans de différence avec mes partenaires (sauf si quelqu'un m'a menti: je demande rarement une pièce d'identité avant de passer à l'action)
... franchi l'Equateur (mais j'espère bien aller en Australie un de ces quatre)
... foutu les pieds au Club Med (les vacances farniente c'est pas mon truc; les activités de groupe me donnent envie de me pendre, et je ne vous parle même pas de l'ambiance façon GO)
... fraudé le moindre centime au fisc (à la base, j'étais très fière de payer des impôts; aujourd'hui, je continue à régler ce que je dois par principe, même en n'étant plus du tout d'accord sur l'usage qu'en fait notre bon gouvernement)
... cru en un quelconque pouvoir supérieur (y'a des fois où j'aurais bien aimé, mais rien à faire)
... rêvé de me marier (on finira sans doute par le faire avec Chouchou, mais dans la plus stricte intimité et pour des raisons bassement matérielles)
... fantasmé sur l'idée d'être une femme entretenue (je tiens à mon indépendance matérielle d'une façon presque maladive)
... eu envie d'être célèbre (mon ego se porte super bien et je n'ai aucun besoin de validation, du coup je n'en verrais pas l'intérêt)
... envisagé la chirurgie esthétique (j'avais expliqué pourquoi ici)
... pris part à une manifestation (la dernière fois que je me suis retrouvée dans une foule très dense, j'étais à un cheveu de l'attaque de panique)
... fait du stop (vu la confiance innée que m'inspire mon prochain, ça ne risquait pas)
... eu droit à des congés payés (j'ai vaguement bossé comme salariée pendant 3 ans avant de devenir traductrice free lance, mais jamais assez longtemps dans la même boîte)
... porté de mocassins (dans mon top 3 des chaussures les plus hideuses, avec les Crocs et les sandales en élastique à scratch)
... lu le moindre bouquin de Jane Austen (et de tout un tas d'autres auteurs classiques, vu qu'en matière d'art et de culture les vieux trucs m'emmerdent royalement)
... regardé aucun des films de la trilogie du "Parrain" (ma culture cinématographique est pitoyable, sauf pour les films sortis entre 1988 et 1991, période à laquelle je disposais d'une carte étudiant et me faisais chier comme un rat mort à Toulouse)
... vu un renard en vrai (le spécimen empaillé qui a trôné sur la télé de mes grands-parents maternels pendant toute mon enfance ne compte évidemment pas)
... réussi à lever un seul sourcil (et croyez-moi, je suis très jalouse des gens qui y arrivent, ça me servirait si souvent!)
... su faire sauter les crêpes (mais Chouchou est très doué, alors ça va!)
... mangé une tablette de chocolat d'un coup (généralement, une barre, c'est mon maximum avant d'être écoeurée)

mardi 24 mai 2016

"Kotonoha no niwa" ("Le jardin des mots")


Takao a quinze ans. Son rêve: concevoir et fabriquer des chaussures. Il vit avec sa mère qui n'est jamais là, et son frère aîné qui s'apprête à déménager. Aussi, c'est surtout lui qui s'occupe des tâches domestiques, en plus du boulot alimentaire qu'il fait le soir et pendant les vacances scolaires. Au milieu de son existence si bien remplie, Takao ne s'accorde qu'une fenêtre de liberté: les matins pluvieux, il sèche les cours pour aller dessiner dans un jardin public du quartier de Shinjuku. Et chaque fois, il y croise une jeune femme qui fait de son côté le travail buissonnier pour lire en buvant de la bière et en mangeant du chocolat...

Bien qu'il ne dure que 49 mn, "Kotonoha no niwa" compense largement sa brièveté par l'incroyable beauté de son graphisme. Jamais je n'avais vu la pluie si bien rendue dans un film d'animation, au point de presque sentir le pétrichor depuis mon canapé! Les scènes de traversée d'une grande ville en métro sont aussi réussies que la représentation des gestes du quotidien telle la préparation d'un repas. Et le fond se révèle à la hauteur de la forme avec sa réflexion sur la difficulté d'être adulte, menée avec une subtilité toute asiatique et baignée par une atmosphère puissamment mélancolique. N'ayons pas peur des mots: cet anime est un pur chef-d'oeuvre.



lundi 23 mai 2016

"Les ferrailleurs T1: Le château" (Edward Carey)


Au milieu d'un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, gigantesque puzzle architectural, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier qui le suivra toute sa vie. Clod a quinze ans et possède un don singulier: il est capable d'entendre parler les objets... Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît. Les murmures des objets se font de plus en plus insistants. Dehors, une terrible tempête menace. Et voici qu'une jeune orpheline se présente à la porte du Château...

J'avoue: ce roman est une entorse à ma règle "Pas d'achats de livres en mai". Mais je suis passée à la Fnac la veille d'un voyage en train de 7 heures, alors que j'avais déjà épuisé toute la lecture emportée à l'aller, et l'illustration de couverture m'a fait de l'oeil - sans parler de sa texture légèrement gaufrée. Je ne regrette absolument pas mon craquage. "Les ferrailleurs" s'annonce dans ce tome 1 comme une série à nulle autre pareille, même si on peut lui trouve une parenté avec "les délices steampunk d'Otomo ou de China Miéville, féerie machinique peuplée de cauchemars gothiques", pour reprendre les mots de François Angelier.

Dans une atmosphère lugubre à souhait évoluent deux adolescents orphelins qui racontent l'histoire tour à tour: Clod Ferrayor, garçon en culotte courte au physique peu avantageux, souffre-douleur de ses cousins plus robustes, et Lucy Pennant, servante rousse et rebelle qui refuse d'oublier son vrai nom ou d'accepter qu'elle est condamnée à ne jamais sortir du Château. Quelques témoignages éclairants d'autres domestiques et membres de la famille Ferrayor viennent se mêler à leur récit croisé, illustré de dessins réalisés par Edward Carey.

J'ai adoré l'idée selon laquelle chaque habitant du Château possède un "objet de ses jours", cadeau de naissance qui en dit long sur sa personnalité et dont le contact se révèle aussi intime qu'un acte sexuel. Mais ce n'est que l'un des éléments qui contribuent à bâtir un univers très singulier, repoussant et fascinant en égale mesure. L'intensité dramatique ne faiblit jamais tout au long de ce tome 1, et la fin spectaculaire (il y aurait moyen d'en tirer une fabuleuse adaptation au cinéma) donne très envie d'enchaîner immédiatement sur le tome 2. Une belle découverte.

La Machine, nouveau bar steampunk à Bruxelles





Pour l'ambiance steampunk, à Paris, il y a Le Dernier Bar Avant la Fin du Monde. Mais à Bruxelles, rien du tout jusqu'au mois dernier. Puis La Machine a ouvert discrètement le 11 mai face aux Halles Saint-Géry, à deux pas de la Bourse... Sitôt informée, je m'y suis précipitée pour tester. 







Au rez-de-chaussée, une salle de dimensions moyennes à la déco très agréable, avec des pièces réalisées spécialement pour l'occasion par un artiste local - la créature ailée suspendue au plafond, notamment. Dans le fond, une scène surélevée vouée à accueillir des groupes de musique. Sur le côté, un escalier qui monte vers les réserves et un autre qui descend au sous-sol, tous deux décorés de portraits photographiques ambiance steampunk. En bas, outre les toilettes, des casiers à cadenas pour les gens qui voudraient laisser sac, manteau, voire habits de ville histoire d'enfiler une tenue à la mode vaporiste, mais aussi un fumoir bien aéré et confortablement meublé d'un grand canapé Chesterfield. 






Bref, c'est un bel endroit dont la conception a visiblement été soignée dans le moindre détail. Sans grande publicité, il était déjà bondé samedi en fin d'après-midi... J'ai profité de la happy hour pour commander un des quatre Cocktails Classics (caipirinha, caipiroska, margarita, mojito à 8€) disponibles avant 22h - après ça, la carte s'allonge considérablement! Les amateurs de bière, eux, pourront choisir parmi une soixantaine de variétés. La Machine propose également toute sorte d'alcools forts à consommer seuls, du vin et un tas de boissons sans alcool, dont une demi-douzaine de thés et infusions. Et en cas de petite faim, de très appétissantes assiettes mixtes charcuterie/fromage/pain à 12€. 

Il va sans dire que je suis tout à fait séduite par La Machine et qu'on risque de m'y voir souvent. J'ai hâte de découvrir le genre de musique qui s'y jouera en live. Même pour des non-amateurs de steampunk, je pense que son emplacement au coeur du centre-ville, son ambiance originale et sa carte foisonnante en feront très vite un endroit en vue. Inauguration officielle du 10 au 12 juin. 

Place Saint-Géry 2
1000 Bruxelles
Ouvert du mardi au jeudi à partir de 16h
et du vendredi au dimanche à partir de 11h

dimanche 22 mai 2016

Les joies de la semaine #20





Lundi: me plonger avec délice dans "The republic of thieves" / le niveau 3 du 30 Day Shred me paraît gérable cette fois / le hug qui fait chaud au coeur dans "Game of Thrones"

Mardi: l'adorable et très efficace technicien de chez Orange vient résoudre mon problème de ligne, branche correctement mon téléphone et m'explique comment économiser 16€ d'abonnement par mois / le joli papillon blanc qui volète devant la fenêtre de mon bureau / le soir sur Skype avec Chouchou, une longue conversation sur le thème "Neurotransmetteurs et bactéries: quid du libre arbitre?"

Mercredi: une grasse matinée en pleine semaine / très bon déjeuner-lecture en terrasse du resto gastronomique de Monpatelin / consacrer une journée à off à mettre de l'ordre dans l'appartement / ma dentiste qui accepte de me recevoir en urgence demain après-midi

Jeudi: à moi la Tamara saveur menthe neuve pour 60€ sur eBay! / revendu mon second billet de train Paris-Epinal, toujours grâce à KelBillet / "ce n'est qu'une petite blessure qui guérira d'elle-même; je vous le garantis à 99%, et pour le 1% qui reste, je vous fais une ordonnance histoire de vous tranquilliser", me dit ma dentiste, cette excellente femme / et hop, un bon-cadeau Amazon dans mon escarcelle

Vendredi: découvrir l'affiche de "Gilmore Girls: A year in the life", d'ici la fin de l'année sur Netflix / un voyage en train avec correspondance sans aucun incident ni retard malgré les restes de grève / mon billet d'hier en petite Une de HelloCoton / profitant des super promos pour les 20 ans du Thalys, décrocher deux aller-retour à Amsterdam pour 80€ / un beau bouquet chez Végétal / le délicieux canard aux crêpes du Tom Yam

Samedi: Loïc me propose d'être relectrice sur "Le temps des Mitaines 2" / ça fait plaisir de voir le centre si animé à l'occasion de la Zinneke Parade / j'aime vraiment beaucoup ce nouveau bar steampunk - il faudra y revenir en costume / deux caipiroskas plus tard, l'agréable impression de flotter / diabolique, la mayonnaise citron-basilic du Bia Mara 

Dimanche: "puisque c'est le dernier survivant, désormais nous l'appellerons Ken!" / escape game à Edimbourg le mois prochain: réservé / logement à Amsterdam début septembre: réservé - avec beaucoup de difficulté, mais réservé / sans doute un des meilleurs anime que j'ai vu de ma vie

samedi 21 mai 2016

"Les Salauds Gentilshommes T3: La république des voleurs" (Scott Lynch)


Empoisonné à la fin du tome 2, Locke Lamora se meurt malgré tous les efforts de son fidèle compagnon Jean Tannen. C'est alors que surgit Patience, une Mage-Esclave qui leur propose un marché. Elle sauvera Locke s'il consent faire campagne pour l'un des deux principaux partis politiques qui, tous les cinq ans, se disputent les 19 sièges du Konseil de Karthain. Mais ce n'est pas tout: pour l'empêcher de gagner, l'opposition a embauché au même poste une certaine Sabetha Belacoros, voleuse émérite et surtout grand amour perdu de Locke...

Cinq ans se sont écoulés entre la parution des tomes 2 et 3 de cette série de fantasy, six ans durant lesquels l'auteur a lutté contre la dépression. A cela, il faut ajouter que j'ai gardé "La république des voleurs" trois ans dans ma PAL, alors que j'avais adoré les "Les mensonges de Locke Lamora" et "Des horizons rouge sang". L'intuition, peut-être - car j'ai été fort déçue par ce tome. 

Si Scott Lynch reprend sa structure habituelle consistant à mener en parallèle une histoire de la jeunesse des Salauds Gentilshommes et une histoire du présent de Locke, cette fois, la ville dans laquelle il envoie son héros n'est pas un dixième aussi fascinante que Camorr et Tal Verrar précédemment. Au lieu des arnaques incroyablement complexes qui faisaient tout le suspens des deux premiers tomes, il ne nous offre ici qu'une série de ruses minables et de manoeuvres d'intimidation sans intérêt. La fameuse Sabetha, dont on avait beaucoup entendu parler sans jamais la voir, se révèle incroyablement crispante, une emmerdeuse de première devant laquelle Locke se change en toutou pitoyable. Leur relation à peu près réaliste dans la partie de l'histoire où ils sont adolescents devient carrément pénible une fois qu'ils sont devenus adultes, et prend toute la place au détriment du scénario ou du développement des personnages secondaires. 

Restent malgré tout l'écriture plaisante de Scott Lynch, ses dialogues sarcastiques à souhait, ses insultes colorées et étonnamment crues, et surtout l'espoir qu'il redresse la barre dans les prochains tomes. Après que sa sortie ait été repoussée plusieurs fois, "The Thorn of Emberlain" devrait paraître en septembre de cette année. Un peu échaudée par "La république des voleurs", j'attendrai sans doute sa sortie en poche pour l'acheter. 

jeudi 19 mai 2016

Où je dois me rendre à la cruelle évidence





Je suis peinarde dans le bus, en train de lutter contre un vague mal au coeur parce que je veux finir le troisième tome des Salauds Gentilshommes d'ici demain et que du coup, je lis depuis Monpatelin alors que je sais très bien que c'est une mauvaise idée. Entre Amigas et Champ de Mars, quelqu'un s'arrête près de mon siège et une petite voix lance timidement: "Excusez-moi, madame". 

Je lève la tête. Une blondinette de quinze ans environ, le teint frais bien qu'un peu acnéique, pas un poil de maquillage, me fixe avec de grands yeux innocents et pleins de confiance. Si elle veut me taper une clope, elle est mal barrée. 

"Moui?" 

Elle se retourne vers le fond du bus et désigne un sac à dos en toile kaki sur la banquette. "Le monsieur qui était assis là est descendu à l'arrêt précédent en laissant ça." Et elle attend en continuant à me fixer benoîtement. 

Un doute me saisit: la robe rouge que je porte aujourd'hui serait-elle le nouvel uniforme de la Police des Objets Abandonnés? Sérieusement, pourquoi cette gamine me dit ça, à moi? 

Puis je regarde les autres passagers. A l'arrière, des jeunes à divers états de l'avachissement. A l'avant, des vieux à divers stades de la liquéfaction. Alors, la lumière se fait dans mon esprit. 

Je suis dans ce bus ce qui ressemble le plus à une Adulte Compétente et Responsable (hormis le chauffeur qui a les mains occupées et un air pas super commode). 

Flûte. J'imagine que les lunettes rigolotes et le vernis à paillettes ne suffisent plus à masquer la triste réalité. 

mardi 17 mai 2016

Obsessions du moment





- Les dorayaki (faute d'en trouver des frais à Bruxelles, j'en achète des industriels sous emballage plastique individuel au Tagawa, et déjà bien contente d'avoir ceux-là...)

- Les pivoines (la saison est courte, j'en profite à fond)

- Les figurines Funko Pop, surtout si elles ont des lunettes (il y a quelques années, je collectionnais les grandes Kimi Doll; il faut croire que j'aime compliquer le dépoussiérage de mes bibliothèques!)

- Les méduses sous verre (à Toulon, en haut de la rue Paul Lendrin, il y a une boutique appelée Le Petit Bazar qui vend des espèces de presse-papier de tailles diverses avec des méduses blanches ou noires à l'intérieure; je trouve ça sublime et j'en ai déjà acheté deux)

- Chercher des robes Anatopik sur eBay (j'adore les modèles de cette marque mais les trouve beaucoup trop chers pour la qualité; du coup, je piste tout ce que je peux trouver d'occasion en 40 et en très bon état)

- Boire mon thé dans une jolie tasse en porcelaine le soir (les mugs, c'est très pratique en journée pendant que je bosse, mais ça manque un peu de raffinement)

- La saison 6 de "Game of Thrones" (après un démarrage particulièrement mou, j'ai fait de petits bonds de joie sur mon canapé hier soir devant l'épisode 4 - allez les fiiiiiiiiiilles!)

- Les bouquins de développement personnel dont la lecture nourrit ma réflexion et mon évolution (parce que la thérapie c'est pas du tout mon truc, qu'il faut bien avancer quand même et que c'est le moyen qui me correspond le mieux)

- Voir réapparaître ma taille au milieu des bourrelets (mon 2ème 30 Day Shred se passe bien, le problème sera de trouver quoi faire ensuite pour continuer à bouger plusieurs fois par semaine)

- La mer (j'ai envie de balades en fin de journée sur une vraie grande plage déserte, de sable encore un peu chaud sous les pieds nus, de vent dans la figure et d'odeurs iodées)

- Les voyages lointains (un de mes potes est en Australie en ce moment; les VIP font leur tour habituel des parcs nationaux américains, et moi je n'en peux plus de trépigner devant mon ordinateur - au point de me dire que si Chouchou ne peut pas m'accompagner, je pars toute seule l'an prochain)

Et vous, c'est quoi vos "trucs" du moment?

"Notre univers en expansion" (Alex Robinson)


Scott attend son deuxième enfant et prêche les joies de la parentalité tout en trompant sa femme qui ne manifeste plus assez d'enthousiasme pour le sexe. Billy ne se sent pas prêt à devenir père et commence à paniquer quand sa compagne lui annonce qu'elle est enceinte. Brownie, enfin, a divorcé et se satisfait parfaitement d'une vie de célibataire consacrée à jouer aux jeux vidéo et à fumer de l'herbe. Une fois par mois, ces presque quadragénaires se retrouvent pour jouer au box ball et discuter de leur vie... 

Misère. Je suis certaine qu'Alex Robinson s'imaginait faire le portrait d'une bande de potes représentatifs de leur époque, épingler avec une tendre lucidité ces enfants des années 70-80 qui tendent à rester d'éternels adolescents... Au lieu de ça, il livre un roman graphique d'un sexisme navrant, bourré de clichés négatifs, avec des personnages atrocement caricaturaux. Les femmes sont adultes mais un peu chiantes et mères (effectives ou potentielles) avant tout autre chose. Les hommes sont immatures, lâches et infoutus de supporter de ne plus être la préoccupation n°1 de leur partenaire une fois parents. Sans le rapprochement cosmologique bien foutu de la fin, j'aurais mis le feu à cette bédé. Là, j'ai juste eu très envie d'allumer la machine à distribuer des baffes.



lundi 16 mai 2016

Concours "Miss Dumplin": la gagnante!




C'est Tyl' qui remporte l'exemplaire de "Miss Dumplin" mis en jeu; je l'invite à m'envoyer son adresse postale par mail à: leroseetlenoir@hotmail.com

Merci à tous les participants et à bientôt pour d'autres concours!

dimanche 15 mai 2016

Les joies de la semaine #19





Lundi: premier jour où je peux bosser en débardeur-culotte / remporté l'enchère eBay sur la jolie jupe Anatopik que je convoitais / finalement il fait du bien au moral, ce "Journal d'un vampire en pyjama" / réussir à répondre très calmement à des mails pros qui me foutent dans une rogne noire

Mardi: arrivée simultanée de deux virements qui se faisaient attendre / ne pas galérer dans le niveau 2 du 30 Day Shred, sauf pendant les 3 dernières minutes / entamer le savon-qui-sent-bon du dernier swap Perfect Strangers / reçu une petite enveloppe de papeterie kawai envoyée par Sandrine (si l'intéressée me lit: je ne retrouve pas ton mail pour te remercier!)

Mercredi: mon billet d'hier est en petite Une de HelloCoton / j'ai dû courir, mais je n'ai pas raté le bus de 18h55 / reçu mes exemplaires de traducteur de "Miss Dumplin": je vais pouvoir organiser un concours sur l'Annexe / il semblerait que j'aie rebouché efficacement les trous par lesquels les fourmis entraient dans ma mezzanine / au crépuscule, de magnifiques tours de nuages gris foncé par ma fenêtre

Jeudi: la jupe Anatopik est déjà arrivée et elle me va super bien / un délicieux lunch solo dans le resto gastronomique où j'allais autrefois avec l'Homme-ce-chacal-jaune, et qui a récemment changé de propriétaires / m'offrir une jolie tasse en porcelaine ornée de fleurs et 100g de mélange Kimono du Comptoir Français du Thé

Vendredi: ces pivoines rose foncé sont magnifiques / rattrapé sans douleur mon petit retard de boulot / le plombier passe enfin changer mon mitigeur de cuisine et déplacer le lave-linge dans la salle de bain / récompense non-alimentaire du jour: un bain moussant à la lavande / revendu un de mes billets Paris-Epinal par l'intermédiaire de KelBillet.com

Samedi: réussir à me motiver pour faire mon fitness à 10h du matin / une petite méduse noire pour tenir compagnie aux deux grandes blanches / l'air tout heureux de Marco quand il m'annonce qu'il sera papa pour la première fois dans deux semaines / les fabuleux raviolis à la chicorée rouge de Lorenzo / au bout de la 8ème pharmacie, trouver enfin un pot de Milical au chocolat / ressortir avec bonheur mes lunettes de soleil pour siroter un thé glacé à la terrasse du Chantilly, puis un mojito à celle de l'Oasis

Dimanche: après dix ans de vains essais, enfin réussi à sortir le tiroir à lessive de mon lave-linge pour le nettoyer / au terme d'une longue conversation en MP avec O&L, décider d'aller à Nantes pour les Utopiales fin octobre: à nous le carrousel des fonds marins! / réserver un escape game avec Philou et Stef le dernier samedi du mois

N'oubliez pas: vous avez jusqu'à ce soir minuit pour participer 

samedi 14 mai 2016

Les moulins à vent





Je ne voudrais pas m'avancer, mais je crois que la crise d'angoisse qui m'a pourri la vie ces derniers mois est terminée. J'avais eu une semaine de répit au moment de la visite de ma soeur à Bruxelles avant de rechuter assez sévèrement, mais là, je sens que je tiens le bon bout. Je n'ai plus mal au ventre et je retrouve le recul lucide qui avait totalement disparu depuis mi-février. Jeudi, j'ai même annulé le rendez-vous que j'avais pris avec mon généraliste pour lui réclamer des examens et/ou des anxiolytiques dignes de ce nom. 

Je ne suis pas certaine que quiconque se soit rendu compte à quel point j'allais mal. Les jours les plus difficiles, je n'osais pas prendre le métro parce que j'avais des visions de moi en train de me jeter sous un train juste pour que ça s'arrête. Je n'avais aucune envie de mourir, mais je n'en pouvais plus d'être enfermée dans ma tête avec toutes ces pensées qui me torturaient. Sauf qu'à l'extérieur, je me comportais normalement. Je ne pleurais pas; je ne restais pas prostrée. Bon, j'étais encore plus asociale que d'habitude et pas très loquace même à la maison, mais mon boulot était fait, mes corvées administratives et ménagères aussi. Je suis anxieuse, pas dépressive. Assurer le quotidien quoi qu'il arrive, c'est le seul moyen que je connais de ne pas me laisser couler. Quand je bosse sur un texte, mes idées noires sont suspendues pour quelques heures. Du coup, je suis extrêmement productive dans mes périodes de grande détresse. 

Et je n'en parle pas, ou très peu. Pourquoi faire? Ca ne me soulage pas, au contraire: ça donne encore plus de réalité à mes fantasmes morbides, et ça inquiète mon entourage. Même face à mon médecin, je n'arrive pas à mettre en mots le mal qui me ronge, ou plutôt, je n'arrive pas à prononcer ces mots. J'ai beau savoir que mon anxiété atroce n'est pas un défaut de ma volonté ou un signe d'auto-complaisance outrancière, je n'arrive pas à me défaire d'une honte paralysante vis-à-vis d'elle. Je mène une vie de super-privilégiée. Je n'ai AUCUNE raison de me plaindre. Si j'en avais, sans doute mon angoisse irrationnelle n'aurait-elle pas la place de se développer: je serais bien trop occupée à m'inquiéter pour des raisons concrètes, à lutter contre de vrais problèmes. Mes idées noires, c'est un peu comme les moulins à vent de Don Quichotte, un adversaire qui n'existe que dans mon imagination. J'ai fini de me battre contre eux pour cette fois. Mais je sais qu'ils reviendront.

vendredi 13 mai 2016

"Journal d'un vampire en pyjama" (Mathias Malzieu)


En novembre 2013, Mathias Malzieu se découvre atteint d'aplasie médullaire, une méchante maladie auto-immune qui détruit sa moelle osseuse. Commence alors une course-poursuite contre ses globules et ses plaquettes en voie d'extinction pour réussir à assurer le lancement de son premier film "Jack et la mécanique du coeur". Puis c'est l'enfermement en chambre stérile, et les traitements lourds qui se succèdent sans garantie de réussite...

"La maladie ne prend ni week-ends ni vacances, c'est du vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, mais je crois pouvoir le dire le plus calmement et puissamment possible, je suis heureux. Je sens une force nouvelle m'envahir sous les tonnes de plomb qui ralentissent mes pas. 
Cela n'enlève rien à la peur, heureusement que j'ai peur. L'inverse serait un signe de déni. Ce serait comme ne pas avoir le trac avant de monter sur scène à l'Olympia, ou en avoir trop et rester paralysé dans les loges. Il faut y aller!"

Pendant sa maladie, le chanteur/écrivain/réalisateur porté par l'amour de ses proches ainsi que par une formidable énergie créatrice tient un journal dont, après sa guérison, sera tiré ce "Journal d'un vampire en pyjama". Et parce que l'histoire se termine bien, même une flippée des hôpitaux comme moi peut suivre son parcours sans trop d'angoisse, voire en y trouvant une certaine forme d'apaisement. La douceur et le dévouement du personnel hospitalier, le soutien sans faille de son amoureuse, la volonté de de vivre inentamée de l'auteur, son obstination à tirer le meilleur de cette expérience difficile avant même de savoir s'il en réchappera, et puis bien sûr sa plume si particulière composent un témoignage fort et émouvant, parfois drôle, souvent tendre et surtout étonnamment vivifiant.

"Je vais entamer une carrière d'homme poétique.  Etablir un programme de rêves à partager et m'y tenir. Je veux vivre le mieux possible, pour ne pas insulter ceux qui m'ont donné leur sang, leur temps, leur moelle osseuse."

mercredi 11 mai 2016

Concours: "Miss Dumplin"


Willowdean est grosse, et alors? Pas besoin d'être super slim pour s'assumer. Jusqu'au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il vraiment l'aimer? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne sont que des seconds rôles... Un seul moyen pour retrouver confiance en elle: faire la chose la plus inimaginable qui soit et s'inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, une ex-miss filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates hors normes, Will va prouver au monde, et surtout à elle-même, qu'elle a aussi sa place sous les projecteurs. 
"Il me dit que je suis belle. 
Je me dis que je suis grosse. 
Et si j'étais les deux en même temps?"

J'ai adoré traduire ce roman jeunesse pêchu à l'héroïne hors-normes, et pas seulement à cause de sa taille de vêtements: par exemple, c'est une fan absolue de Dolly Parton! "Miss Dumplin" sort aujourd'hui en librairie, et je vous propose d'en gagner un de mes exemplaires de traducteur. Pour ça, dites-moi en commentaire qui était votre idole quand vous aviez seize ans (l'âge de Willowdean dans le roman). Clôture du concours dimanche à minuit; tirage au sort et annonce du résultat lundi. Envoi en Europe uniquement. Bonne chance à tous!

mardi 10 mai 2016

Avant internet



Le film mythique de mon adolescence; j'ai dû le voir 3 fois rien qu'au cinéma

Ce mois-ci, entre autres objectifs, je me suis fixé de passer moins de temps devant un écran (essentiellement ordinateur et tablette dans mon cas). J'ai lu récemment que les rayons bleus émis par ces derniers favorisaient l'apparition de la DMLA - c'est-à-dire, la perte de la vision de près - dès la cinquantaine. J'ai 45 ans passés, et ne plus pouvoir lire est l'une de mes plus grandes trouilles dans la vie. Donc, j'ai résolu de m'arracher à mon MacBook quand je ne suis pas en train de travailler, de bloguer ou de faire quelque chose de vaguement utile. Ca tombe bien, parce qu'un autre de mes objectifs du mois est de faire radicalement baisser ma PAL. Mais je me suis rendu compte qu'hormis lire, je ne sais plus guère m'occuper sans une connexion internet. 

Pourtant, j'appartiens à une génération qui a grandi sans ça. J'ai acheté mon premier PC en 1994, à l'âge de 23 ans, pour l'unique raison que je commençais à bosser en free lance et que j'en avais besoin comme outil de travail. Et je n'ai découvert internet que deux ans plus tard. Donc, j'ai passé toute mon adolescence sans ordinateur, mais aussi sans vie sociale (ou presque), et rétrospectivement, je me demande bien ce que je pouvais foutre de mon temps libre, sachant que mes devoirs étaient très vite expédiés à la sortie de l'école. 

Je me souviens que je regardais pas mal la télé en fin d'après-midi et le mercredi - les premiers anime qui arrivaient en Europe, notamment, et qui m'ont donné envie d'apprendre le japonais un peu plus tard. J'étais déjà boulimique de lecture, mais je n'avais pas des tonnes de bouquins à disposition. J'écrivais dans mon journal (l'équivalent de mon blog d'aujourd'hui, lecteurs en moins). J'écoutais beaucoup de musique, chose que je ne fais plus du tout aujourd'hui: d'abord de la variété française et du rock, puis de la cold wave, du metal et du goth en vieillissant. Je prenais des cours de danse classique et de modern jazz, ce qui devenait assez chronophage dès le printemps avec la préparation du gala de fin d'année. Et vers 15 ans, je me suis mise aux jeux de rôles qui ont très vite occupé une place importante dans ma vie, puisque c'est grâce à eux que j'ai pu démarrer professionnellement dans la traduction quelques années plus tard. 

Finalement, il me semble que mes activités étaient plus variées qu'aujourd'hui - je sortais et bougeais davantage, je voyais plus de gens même si je n'avais pas d'amis proches. Internet m'a ouvert des portes fabuleuses et permis des dizaines de rencontres enrichissantes, mais il m'a aussi vissée à ma chaise en encourageant mon tempérament d'ours de maison. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles je refuse de prendre un smartphone: je n'ai pas besoin qu'on encourage mon addiction; les rares fois où je me traîne dans le Grand Dehors, je veux en profiter pleinement au lieu de rester le nez collé à un écran juste plus petit que celui que j'ai chez moi. 

Et vous - si vous avez grandi avant l'avènement d'internet, vous occupiez votre temps libre à quoi quand vous étiez plus jeune? Qu'est-ce que l'apparition d'internet a changé dans vos activités et votre mode de vie? 

"Rhapsodie française" (Antoine Laurain)


33 ans: c'est le temps qu'aura mis, pour parvenir à son destinataire, la lettre l'informant que le directeur artistique de Polydor avait beaucoup aimé la maquette de son groupe de cold wave et l'invitait à prendre contact avec lui. Entre-temps, bien entendu, les Hologramme se sont dissous faute de succès. Alain est devenu médecin, comme son père, et s'ennuie un peu entre l'épidémie de gastro qui sévit chez ses patients et une épouse qui le trompe depuis le départ de leurs enfants. Alors, il va reprendre contact avec les autres membres du groupe. Le bassiste est devenu le leader d'un mouvement d'extrême-droite. Le synthé s'est installé en Thaïlande où il tient un hôtel. Le batteur a fait carrière dans l'art contemporain. Le producteur, homme d'affaires génial, est pressenti pour se présenter à la présidence de la République. Quant à la chanteuse, elle a dû se marier et changer de nom, car impossible de retrouver sa trace...

D'Antoine Laurain, j'avais déjà beaucoup aimé "La femme au carnet rouge" qui mettait en scène une jolie romance. Dans "Rhapsodie française", l'auteur ressuscite le rêve de jeunes adultes pour l'opposer à ce que la vie a fait d'eux. C'est une histoire qui joue à fond sur le facteur nostalgie, sur les "et si...?" du chemin qu'on n'a pas emprunté, sur la perte des illusions que tout adulte a forcément subie, et qui en profite pour dresser au passage un état des lieux plutôt ironique de la société française. Si certaines trajectoires individuelles semblent peu réalistes, on se laisse emporter avec plaisir par les retournements scénaristiques jusqu'à un twist final aussi parfait qu'inattendu. Un très agréable moment de lecture.

dimanche 8 mai 2016

Les joies de la semaine #18





Lundi: le reste de la tarte à la rhubarbe d'hier pour le petit-déjeuner / ma mère qui m'affirme que les petits étaient ravis de leur bref séjour à Bruxelles / éliminé 15 articles de ma penderie, dont 3 manteaux volumineux / les naans coriandre-ail de chez M&S, parfait accompagnement pour mes carottes à la forestière / le moment que tous les fans de GoT attendaient depuis 10 mois / une invitation au prochain déjeuner presse de Sushi Shop

Mardi: pour profiter du beau temps, une balade dans le centre / commencer le nouveau Flow International devant une limonade maison chez Les Gens Que J'Aime / non, cette robe Cora Kemperman n'est pas de saison, mais elle me va trop bien (en M, de surcroît) / spaghetti ail-citron préparés par Chouchou et dégustés avec modération devant la série du soir

Mercredi: me décider à prendre ces foutus rendez-vous médicaux / la première glace de l'année: une boule caramel beurre salé chez le Framboisier Doré / acheter le #30 de Oh Comely, sur le thème des soeurs / bouquiner chez Umami devant une tasse de Fuka-Mushi Sencha / étonnamment bon, le Beijing Fresh du Dam Sum (rhum, lime, basilic thaï, poivre de sichuan, sirop de je-sais-plus-quoi)

Jeudi: El Capitan, enfin installé / une bonne journée de travail sans distraction en ce jeudi de l'Ascension / réussir à faire la première séance de mon nouveau 30 Day Shred sans devoir m'interrompre pendant le cardio, et en utilisant des poids de 2,5 kilos pour certains exercices de muscu

Vendredi: Sadiq Khan élu maire de Londres / reçu les deux bouquins envoyés par BBL, avec un trop chouette petit mot / tenu jusqu'au bout de la 2ème séance de 30 Day Shred malgré les courbatures d'hier / ôter définitivement mon Jawbone / sortir jambes nues et en sandales, avec ma jolie jupe Foxs / une soirée de printemps idéale au Brussels Food Truck Festival, avec notamment un mémorable pulled pork sandwich

Samedi: la déchetterie, c'est fait, et c'était même un peu moins long que d'habitude / retourner au Brussels Food Truck Festival, et goûter dans l'ordre: un cocktail Blue Coast Pirate (rhum blanc, curaçao bleu, Malibu, ananas), un lobster roll, un matcha cake aux fruits rouges, un hot-dog à la florentine et une gaufre chorizo-ricotta / allongée sur une pelouse du parc Royal, digérer en regardant passer les nuages

Dimanche: la conversation absurde avec Chouchou au saut du lit, commencée par: "Regarde, je suis une chauve-souris!" et poursuivie par "Si les chauve-souris n'ont pas de moustache gauloise dans les zoos, c'est parce qu'on la leur rase" et "Des sourcils rigolos, ça ne suffit pas pour tenir accroché au plafond" / ce soir, premier barbecue de l'année chez les Gasparde

"Academy Street" (Mary Costello)


Fille d'un petit propriétaire terrien irlandais, Tess voit sa vie bouleversée par la mort de sa mère adorée alors qu'elle n'a que 7 ans. Sa jeunesse campagnarde n'est pourtant pas exempte de douceur. Devenue adulte, elle passe un diplôme d'infirmière et va s'installer à New York où elle retrouve sa soeur aînée Claire. Mais sa nature passive l'empêche de se faire des amis, ou d'agir de manière décisive lorsqu'elle tombe amoureuse, si bien que le bonheur la fuira toute sa vie. Tandis qu'elle perd peu à peu tous les gens qu'elle aime, Tess se réfugie dans la lecture et apprend à faire son deuil d'un monde auquel elle n'a toujours participé que de loin.

Moins de 200 pages, c'est très peu pour balayer toute une existence, ou du moins, ça le serait s'il arrivait autre chose à Tess que tomber enceinte la seule fois où elle couche avec un homme. Pour le reste, l'héroïne du premier roman de Mary Costello se contente de se laisser ballotter par les événements et de compter ses morts avec plus de résignation que de douleur, semble-t-il. J'ai rarement eu autant envie de secouer un personnage de fiction comme un prunier en lui disant: "Mais fais quelque chose, bon sang!". La quasi absence de dialogues n'aide pas à lutter contre l'impression d'une femme sans voix et sans volonté.

Et c'est bien dommage, car malgré tout, "Academy Street" se laisse lire avec un certain plaisir. Il y a une sensibilité frémissante dans l'écriture, du talent dans la description de rares instants de bonheur fugaces et inarticulés, une mélancolie puissante qui se dégage de l'ensemble. Dans l'ensemble, un roman plutôt déprimant, mais qui peut néanmoins plaire.

"Cette nuit-là elle rêva. Elle entendit la terre pleurer. A l'aube elle écouta l'appel claironnant de la ville. Des rues qui attendaient ses pas. Des portes à ouvrir, des livres à lire, sa vie telle qu'elle l'avait vécue. Et toutes ces journées à traverser, les journées interminables, les nuits, les pièces silencieuses. Il n'y avait pas d'Eden, il n'y en aurait pas, pas d'élan flamboyant, pas de métamorphose. Rien que du temps, et des tâches allégées par le souvenir de l'amour, et des jours comme tous les autres où elle mettrait un pied devant l'autre et poursuivrait sa route, obéissant au destin."

samedi 7 mai 2016

Brussels Food Truck Festival: courez vous régaler!





A l'occasion de la Fête de l'Iris, et jusqu'à dimanche soir, le Brussels Food Truc Festival (qui est, à en croire les organisateurs, la plus grande manifestation de ce genre au monde), a envahi les allées du Parc Royal pour le plus grand bonheur des gourmands de tout poil. Nous y sommes allés hier avec Chouchou, par une soirée de printemps absolument idéale, et nous avons été épatés autant par le nombre des camions présents que par la variété des plats proposés. Outre les grands classiques genre pizzas et burgers à un peu tout (y compris au crocodile, si si!), on trouve de la cuisine tex-mex, thaï, vietnamienne ou japonaise, des spécialités véganes, des stands entiers dédiés au homard, à l'houmous, au fromage ou aux bananes plantain, et même un qui vend ces insectes dont il paraît qu'ils sont la source de protéines du futur. Côté boissons, du vin et de la bière à gogo, un bar à champagne et un autre à cocktails, du café, du thé, du bubble tea... 








Il faudrait être vraiment difficile pour ne rien trouver à son goût. Ne l'étant pas, nous n'avons eu que l'embarras du choix. J'ai testé un banhmi correct sans plus (8€) et, après avoir hésité avec un croissant au homard (5€), un sandwich au pulled pork fabuleux (9,50€) que je n'ai jamais réussi à finir tant il était énorme. La queue devant le bar à cocktails m'ayant découragée, je me suis contentée d'un verre de Tariquet bien frais (3€). De son côté, Chouchou a opté pour un sandwich au poulet chez Foodies on Tour (7€) et un autre au pulled pork (9,50€) chez StrEAT chef, le tout arrosé par une limonade maison de chez Barefoot Coffee(3€). Je pense que l'intérêt gustatif des plats est forcément inégal, mais que le plaisir réside aussi dans le fait de comparer les offres et de dénicher les pépites. 













Les camions venus des quatre coins de l'Europe sont un spectacle à eux tout seuls - petits ou grands, combis VW ou AirStreams à l'ancienne, avec des noms souvent rigolos et des décos plus délirantes les unes que les autres. On peut manger en déambulant parmi la foule (au risque et péril de ses vêtements), tenter de récupérer une des tables basses ou hautes prises d'assaut, s'asseoir dans l'herbe pour pique-niquer sur les pelouses centrales ou se réfugier comme nous l'avons fait sur le bord du bassin. Tout est possible, et il serait vraiment dommage de manquer ce festival si convivial et agréable, surtout avec la météo magnifique promise ce week-end!