mercredi 16 mars 2016

Continuer à pédaler




Ca ne va pas très bien en ce moment.

Du coup, je fuis tout contact social, toute situation où quelqu'un me demanderait innocemment: "Ca va?" et où je ne pourrais pas répondre par l'affirmative sans que mon mensonge ne se lise sur ma figure. Je ne vais pas commencer à m'épancher, ce n'est pas mon genre et ça n'arrange jamais rien, non ça ne me soulage pas, ça aurait même tendance à me paniquer un peu de m'entendre prononcer les mots à voix haute, comme si ça donnait plus de réalité et davantage de poids à la situation.

Je ne réponds pas aux gentils messages des nouveaux inscrits sur Facebook, je ne me lance pas dans de grandes conversations à coeur ouvert, je ne souhaite pas les anniversaires, je ne passe pas voir les bébés nés récemment, je ne propose pas d'aller boire des cocktails après le boulot parce que je ne veux parler à personne, je veux juste garder la tête dans le guidon et continuer à pédaler sans me laisser un seul instant la possibilité de poser le pied par terre parce que ce serait trop difficile de repartir ensuite.

Continuer à pédaler, c'est tout ce à quoi je suis bonne, la seule méthode que je connaisse pour finir par laisser les ennuis derrière soi. (Et puis c'est excellent pour les fessiers de l'âme.) Succomber au doute et au sentimentalisme ne marche jamais, en tout cas pas pour moi. Il faut juste avancer avancer avancer jusqu'à ce qu'on soit sorti des marécages. Car les marécages ont toujours une fin.

Si vous me cherchez, je suis sur mon vélo. 

17 commentaires:

Gasparde a dit…

Tu sais que je suis dans le coin quand tu descendras du vélo (puis-je te recommander plutôt une barque pour les marécages ? Je pense que même en ramant, ça ira plus vite ;)). Bises, hugs, paillettes de licorne, tout ça.

ARMALITE a dit…

Oui alors j'y ai pensé, mais va trouver une photo de barque un peu sympa sur We Heart it :-D Ou sinon, j'aurais pu écrire des bois au lieu d'un marécage, mais ça faisait moins lugubre. Si la brigade des métaphores pourries vient sonner à ma porte, je ferai la morte et puis voilà ^_^

Nekkonezumi (Ed) a dit…

En tout cas tu pédales jusqu'au pays du chocolat, si j'ai bien compris, c'est pas mal, non ? Et surtout, prends soin de tes mollets et de toute la personne qui va avec : j'y tiens. Poutous.

Antonia Neyrins a dit…

Tu te doutes que je te comprends et que je pédale aussi...même si en vrai je ne sais pas faire de vélo.
Haut les coeurs.

Maman au chocolat a dit…

"Les fessiers de l'âme" ... je retiens :D
C'est exactement la même chose pour moi en ce moment et ça fait plutôt du bien de savoir qu'on est plusieurs à fonctionner pareil !

rosaannoma a dit…

Tu es vachement lucide sur toi même. Bonne route.

Anonyme a dit…

J'ai vécu ça il y a quelques temps...3 ans de vélo, sans m'arrêter. Jusqu'à ce que mon corps, mon coeur, mon âme me dise merde...tant qu'on peut, on tient sur le vélo. Parfois il faut en descendre à contre coeur pour se débarrasser de toute la boue accumulée dans sa fuite. Mais c'est une méthode très efficace quand on est dans une zone marécageuse et qu'on ne peut pas prendre le risque de mettre pied à terre. Pour être enfin arrivée à une zone un peu plus "chocoland" je ne peux que t'encourager à pédaler, et te témoigner tout mon soutient :)

Blanche de Hanovre a dit…

Je te lis avec beaucoup de plaisir depuis 3 ans maintenant mais je n'avais encore jamais osé commenter...
Si, jusqu'à présent, j'avais déjà constaté beaucoup de similitudes dans nos parcours de manière générale et nos façons de fonctionner en particulier ; là, c'est presque du mimétisme synchronisé... :-)
Je n'aurai qu'un mot (presque) : Courage à nous !

camille a dit…

Courage ! Je t'envoie des onde positives et un peu de vent dans le dos, ça aide peut-être à pédaler...

Anonyme a dit…

Hello, le vélo, c'est ma méthode aussi. Parfois mon entourage me dit que ce n'est pas la meilleure méthode mais c'est la seule qui me semble efficace pour moi. Garder la tête haute et donner le meilleur de soi. Et s'accorder des moments loin du monde, des instants d'insouciance pure, et s'autoriser par moment à se regarder dans le miroir et à se dire qu'effectivement là on en bave mais qu'on est fier de soi de tenir le coup et d'avancer malgré tout, de maintenir le cap pour sortir de la tempête.

ElanorLaBelle a dit…

Même méthode ici aussi, incomprise la plupart du temps.
"Je continue à pédaler pour les fessiers de l'âme" ça pourrait faire une belle phrase-mantra ;)
Courage, bises

shermane a dit…

La madame de la (jolie) photo a plutôt l’air de s’être arrêtée pour profiter de la vue :)
Bon courage !

ARMALITE a dit…

C'est qu'elle n'est pas dans un marécage, elle :-D

Jeanne Blue a dit…

Je sors un peu du ton mais le millepertuis est très efficace et sans accoutumance ni effet secondaire (attention, annule l'effet contraceptif de la pilule). Existe en comprimés en pharmacie. Prendre la version forte.
Avec ça, 1000 pensées

Lylou a dit…

Armalite je comprends tout à fait ce que vous ressentez Je ressens la même chose Plus jeune l'avenir en rose mais je constate que plus on avance en âge plus les problèmes deviennent difficile à gérer Alors on mène sa barque comme un automate On s'autorise des moments de plaisir; s'acheter un magazine pour voir les photos de mode; se plonger dans un bon roman;faire de la couture; prendre un crayon et dessiner;mettre une musique qui nous plait et danser...On fait comme on peut pour peindre du rose dans le tableau de sa vie et noyer le gris qui veut toujours refaire surface Je ne vous écris pas "Demain est un autre jour" je me le suis trop répétée Je pense simplement que lorsque ça ne va pas il faut se raccrocher à une bouée comme par exemple les activités qu'on aime tant Lylou

ARMALITE a dit…

Dites Lylou, ça vous dérange si on se tutoie? De toutes mes lectrices/commentatrices régulières, vous êtes la seule à me vouvoyer, ça me fait bizarre :-)

Lylou a dit…

Non ça n'me dérange pas