vendredi 26 février 2016

La nuit le jour




La nuit je ressasse les événements négatifs de la journée
je les monte en épingle
je les pousse jusqu'à leur conclusion la plus improbable et la plus extrême
je me ratatine devant des visions de futur en ruines
des corps en miettes après un accident de voiture
un autre qui se balance sous une poutre
des radios couvertes d'essaims de taches
un toit qui s'effondre 
le monde qui se dérobe sous mes pieds
les murs qui se referment sur moi
et je suffoque en silence toute raide dans le noir

La journée je m'agite pour ne pas penser
je travaille beaucoup je suis très très productive
je fais de l'humour noir parce qu'il faut bien en plaisanter
je remplis mon agenda un apéro un resto un brunch
je mijote des échappées et des petits plats
je coche les tâches accomplies une par une
(avec une certaine satisfaction)
je relativise je me raisonne
mon cerveau rationnel reprend vaguement le dessus dans la lumière
j'inspire j'expire j'inspire j'expire
je suis là dans le présent ignorant la minuscule douleur persistante
les indicateurs au rouge
les signes avant-coureurs de catastrophe
qui n'existent peut-être que dans ma tête
je suis un membre fonctionnel de la société

Puis la nuit revient. 

9 commentaires:

Sabine a dit…

Re gros hug virtuel.
Question : et si tu essayais de faire face à ces peurs en plein jour, en te demandant quelle est la probabilité qu'elles se réalisent, et surtout ce qu'elles cachent ?
La communication non-violente aide pas mal à faire la part des choses sur les fantasmes, les angoisses et les besoins qu'elles couvrent, je trouve. Ce blog est pas mal : http://cnv-apprentiegirafe.blogspot.de/
Sinon, une de mes grosses peurs vient de se réaliser, et ça ne s'arrange pas : ma belle-mère me hait et utilise toutes sortes de techniques de manipulation ("je t'aime malgré tes nombreux défauts, tu es froide, antipathique, immature, méchante, j'ai averti mon fils quand il t'a présentée à moi" etc. "mais je t'aime."). C'est comme si le ciel me tombait sur la tête parce que je croyais que nous avions une bonne relation, mais tant pis. J'apprécie dix fois plus les gens qui m'aiment vraiment. Un jour, un prof nous a dit en stage d'acrobatie que quand une peur se réalisait, on se rendait compte qu'on arrivait à survivre, donc que ce n'était pas si grave.
Là encore, je ne sais pas quelles sont tes peurs, donc si ça se trouve ce que je te dis est complètement à côté de la plaque. Hug virtuel quand même.

EmilieSunny a dit…

Même chose de mon côté très très très très très fort en ce moment alors.... courage <3

Ladypops a dit…

Du chocolat, des bisous et des câlins...

A midi, j'ai dit à Mr E. qui se plaignait de ne pas réussir à vaincre ses peurs que, comme ces dernières naissaient et vivaient dans sa tête, il serait peut-être bon de leur inventer un cimetière ou une poubelle dans laquelle les jeter.

Après l'avoir dit, je me suis dit que j'essaierai ce soir de me faire une jolie poubelle et d'y jeter toutes les horribles pensées qui me viennent...

Un accident de train le jour du retour de Miss A. ? Poubelle. Un accident de voiture pour Mr Pops qui part demain et qui va faire 400km alors qu'il est fatigué ? Poubelle. La semaine prochaine on est en mars et j'ai des amis précieux qui viennent ? Celle-là, je l'a garde, elle va me tenir chaud.

Elle va être énorme ma poubelle...

ARMALITE a dit…

J'ai tellement hâte d'être au 23 <3

Lylou a dit…

La nuit au contraire je me détends Je réfléchis à mes problèmes mais je cherche surtout des solutions ;-)

shermane a dit…

La nuit a cette emprise sur moi aussi, tout devient extrême, justement peut-être parce que je ne suis pas en société.
Mais heureusement, la nuit porte parfois conseil...

Jeanne Blue a dit…

Je réalise que je ne connais pas ma chance car la nuit je dors.

Roulio a dit…

Me too I fais un gros, un énorme hug virtuel, même si j'ai un sacré wagon de retard.
Tu sais, je voudrais en aucun cas te froisser ou t'agacer, car j'avais lu une fois que tu ne voulais absolument pas en entendre parler, mais comment dire, le fait d'aller voir une personne qualifiée et bienveillante, ça peut bigrement aider.
Je parle en connaissance de cause, le pyschiatre qui me suit m'ayant littéralement sauvée la vie. Si je ne l'avais pas eu dans ma vie, je ne pense pas que j'aurais été là, telle que tu ne me vois pas.
Il y a des choses que l'on ne peut confier à personne d'autre. Même nos proches parfois ne peuvent recevoir les casseroles que l'on se traine. Malgré toute leur bonne volonté, quelquefois il arrive que ce soit trop lourd pour eux à porter.

Après toujours faut-il avoir de la chance et tomber sur le bon thérapeute, celui avec qui ça le fera d'emblée, qui saura être dans la pleine bienveillance toussa.
J'espère du fond du coeur que ma réflexion ne t'aura pas embêtée.
Je t'embrasse bien bien fort chère Armalite.

ARMALITE a dit…

Ca ne m'embête pas à partir du moment où ça part d'une bonne intention :-)
J'ai vu deux psys différents il y a quelques années (et même trois en comptant la thérapeute de couple qu'on avait vue avec Chouchou pendant un passage délicat), j'ai détesté chaque minute de chacune de mes séances. Me forcer à parler à un inconnu, alors que je déteste parler de mes problèmes dans l'absolu, c'est juste un procédé haïssable pour moi, je ne supporte pas du tout.