mardi 27 octobre 2015

La vie donne, la vie reprend




C'est une belle journée d'automne.

Grâce au passage à l'heure d'hiver, j'ai réussi à me lever à 7h30 ce matin. Résultat, à 11h, j'ai fini de bosser. Je potasse l'épisode 8 de mon cours sur La science du bonheur, consacré à la gratitude - un thème qui me parle beaucoup. En ce moment, je suis reconnaissante pour les grossesses de deux de mes copines, dont une a vraiment beaucoup galéré pour tomber enceinte alors que de toute évidence elle était faite pour devenir maman. Je suis reconnaissante pour la naissance, hier, de Célestine la coquine débarquée avec une semaine d'avance et une odeur de crêpes. Je suis reconnaissante d'avoir retrouvé ma soif d'étudier et d'apprendre plein de nouvelles choses. Je suis reconnaissante, même, pour les circonstances contraires qui vont sans doute me pousser avec un fusil dans le dos sur une voie que je n'aurais jamais prise autrement, par paresse ou par peur. Je suis reconnaissante que ma soeur envisage de venir avec sa famille nous rendre visite au printemps prochain. Je suis reconnaissante pour la douce lumière dorée qui éclaire les arbres aujourd'hui, pour ce ciel bleu si rare à Bruxelles surtout en cette saison.

Je propose à Chouchou d'aller déjeuner ensemble à l'extérieur, s'il n'a pas trop de travail. Le Yéti 2, dont j'aurais voulu lui faire goûter le fabuleux banh-mi, est fermé le mardi. Alors, nous poussons à pied jusqu'à la place Flagey. Assez vite, je fourre mon écharpe dans mon sac et regrette d'avoir mis un manteau plutôt qu'une veste de mi-saison. Nous avons de la chance: en début de service, il y a encore de la place au resto végétarien AMI que nous affectionnons tous les deux. Par contre, pour les crapuleuses boulettes de lentilles, il faudra revenir un autre jour. Ce sera donc un burger emmental et une salade au boulgour pour Chouchou, et une assiette composée pour moi, le tout arrosé d'un thé glacé maison.

Quand nous sortons repus et pas culpabilisés pour deux sous, Chouchou reprend le chemin de la maison tandis que je saute dans le 71 direction le centre-ville. Je n'ai pas de but précis, juste l'envie de profiter du beau temps et de faire mes 10 000 pas. Je passe chez Sterling Books et chez Waterstone's, mais aucun des deux n'a le dernier Frankie. Au Nong Cha, le vendeur ne me demande même plus ce que je veux: il sait que je suis accro au You Zi Hua Cha et que je ne peux pas vivre sans. Cette fois, je prends aussi du thé au jasmin dont Chouchou et moi raffolons le soir après le dîner. Petit tour des boutiques de bédé et de comics en admirant les milliards de figurines Funko Pop dans leur vitrine - c'est vraiment le dernier truc à la mode. Je remonte à pied jusqu'aux Galeries Royales. Une fois n'est pas coutume, je m'aventure chez Tropismes où je repère quelques bouquins en français et me laisse tenter par un ouvrage de Sandrine Martin. Par contre, j'arrive à passer devant chez Méert sans céder aux sirènes de la religieuse abricot-amandes, vive moi.

Je remonte jusqu'à la gare centrale pour prendre le 71 dans l'autre sens, descends à Trône et retire des sous chez ING pour pouvoir m'offrir ma crêpe à l'ananas du mardi au camion Ty Penty, square de Meeus. Comme d'habitude, je galère pour la manger proprement en marchant. Au niveau de la gare du Luxembourg, j'hésite: aller bouquiner chez Arthur's avec un thé? Non, j'ai envie de rentrer retrouver Chouchou. Un dernier arrêt chez mon fleuriste; les premières renoncules n'arriveront que mi-novembre, mais ce bouquet de petites tulipes violettes les remplacera très bien en attendant. 
Je finis le trajet à pied en songeant à la manière dont mes habitudes de consommation ont évolué ces dernières années. Maintenant, une virée shopping, c'est deux sachets de thé, une bédé et un bouquet de fleurs. Il me paraît bien loin le temps où je rentrais chez moi les bras chargés de sacs de marques contenant des fringues ruineuses que je ne porterais probablement pas. Aujourd'hui, je ne sors plus des magasins avec la nausée mais le pas léger.

Et puis quand j'arrive à la maison avec mon coeur en bandoulière, mon mur Facebook est noyé de larmes.

Yal vient de mourir.

Il se battait contre son crabe du poumon depuis un moment déjà, et les médecins avaient avoué ne plus rien pouvoir faire pour lui. Donc, ce n'est pas une surprise, mais c'est quand même un choc.

La vie donne, la vie reprend.

Le bonheur le plus doux peut coexister avec le chagrin le plus poignant.

J'espère que ce crustacé de malheur l'emmène vers un au-delà plus grandiose que tout ce qu'il a imaginé un jour dans ses romans. 

7 commentaires:

ladentdure a dit…

Ton article tombe à pic...La période que vit mon entourage (amis et famille) est assez difficile. Des malades, des morts, de la tristesse...Je ne suis pas touchée directement, mais voir des papas qui meurent d'un cancer, des grand-mamans gravement handicapées après un AVC, ça fait mal...Un espoir, que tout aille bientôt mieux...

Pascale a dit…

Célestine, c'est la petite soeur d'Oscar?

ARMALITE a dit…

Pascale: oui!

Lorelei a dit…

malheureusement on ne peut rien y faire...mais c'est si triste....j'espère qu'il trouvera la paix et sera délivré de ses souffrances là où il sera maintenant...
bisous ;)

Ness a dit…

Toutes mes pensées les plus réconfortantes <3

Roulio a dit…

Moi aussi je t"envoie mes pensées les plus réconfortantes, je sais pas bien quoi dire, mais sûrement qu'en ces tristes tristes moments, il n'y a rien à dire...je pense bien fort à toi, jolie fée aux collants dessinés...Des bisous.

dola a dit…

Un de tes plus beaux posts peut-être. Plein de justesse et d'émotion.