lundi 19 octobre 2015

"Fatima"


Immigrée algérienne, Fatima est divorcée de son mari et élève seule ses deux filles Nesrine, 18 ans, et Souad, 15 ans, dans une ville anonyme du sud de la France. Pour financer les études de médecine de l'aînée, elle part de chez elle à 6 heures le matin et rentre après la tombée de la nuit. Entre les deux, elle fait des ménages chez des gens qui, parce qu'elle parle mal le français et porte un foulard, la prennent pour une idiote, une voleuse ou une tire-au-flanc. Sa cadette en pleine révolte adolescente s'attire des ennuis au collège et la traite avec mépris à cause de son travail. Pour déverser tout ce qu'elle a sur le coeur, le soir, Fatima écrit dans un grand cahier...

"Fatima" aurait pu s'intituler "Portrait d'une femme digne". L'héroïne, qui n'est là ni pour toucher les allocs en se tournant les pouces ni pour piquer le travail des Français, émeut par sa droiture et sa capacité à tout encaisser sans broncher, mais elle possède des profondeurs insoupçonnées qui ne se révèlent qu'à qui veut bien les voir. Tout au long du film, le jeu des trois comédiennes principales est si juste; les situations sont si bien observées et les dialogues si naturels qu'on croirait regarder un documentaire et non une oeuvre de fiction. Dommage, vraiment: ceux qui gagneraient à le voir n'iront certainement pas.




1 commentaire:

AuroreInParis a dit…

J'ai hésité en voyant l'affiche, sans savoir ce que c'était. Je ne suis pas certaine d'avoir l'occasion d'y aller, il n'est pas vraiment dans mes priorités ...